Si vous traînez vos guêtres sur la toile, à la recherche de conseils pour écrire, vous le savez : les règles se suivent et parfois se contredisent. Prévoir ou non un plan, utiliser des verbes de parole ou en minimiser l'usage, faire ou non des fiches de personnages... L'écriture au long court n'est pas chose aisée et on tâtonne avant de trouver notre manière de travailler.

Il existe pourtant un point sur lequel tout le monde se retrouve. Une base que dans toutes les master class, dans tous les ouvrages consacrés à l'écriture, figurant sur tous les sites sérieux : pour écrire, il faut lire ! J'en parlais déjà dans le premier article de l'Écrhistoires...

 

Delfin Enjolras

Jeune femme lisant près d'une fenêtre, Delphin Enjolras

 

Les bienfaits valables pour tous

 

Avant même d'aborder la lecture pour l'écrivant, n’oublions pas ce qu'elle apporte à tous. Souvent ses aficionados mettent en haut de la liste ses bienfaits intellectuels. S'ils demeurent indéniables, ce n'est certes pas ce qui me vient à l'esprit quand je pense au roman qui m'attend paisiblement. Alors quoi ? Laissez-moi emprunter les mots de David Lewis, neuropsychiatre de renom : « S'abandonner à la lecture est une forme ultime de détente ».

Quinze minutes -ou moins- plongée dans une bonne histoire et je me sens aussi bien qu'après une séance de méditation. Pour moi, c'est une façon simple de revenir à « l'ici et maintenant », loin de toute angoisse, de tout tracas, de toute rumination. Un bain moussant à emporter partout avec soi... Pourquoi s'en priver ?

L'avantage avec le côté déstressant de la lecture est qu'il concerne tous les bouquins. Qu'importe le genre, la qualité littéraire, tout ça tout ça ; tant qu'on lit avec plaisir !

 

Le second bienfait universel est l'enrichissement de sa culture générale. Dans la majorité des histoires, il y a quelque chose à apprendre, à comprendre. Même le pire récit nous questionnera. Adolescente, j'ai eu une période «histoire d'amour sur fond historique » -qui a duré looooongtemps-. Encore aujourd'hui j’apprécie les romances froufroutantes. Certains de mes proches -et d'autres- m'ont fait part à ce propos de leur réserve. Si je ne vais pas aller jusqu'à crier au snobisme -quoique-, je dois mettre les points sur les i : c'est en dévorant une des innombrables séries de Benzoni que ma curiosité pour l'histoire s'est éveillée. Quelques mois à suivre une héroïne sur fond de renaissance florentine et je me suis retrouvée, à quinze ans, absorbée dans une biographie de Laurent de Médicis. Cette fenêtre se serait-elle ouverte sans la lecture ? Ce n'est pas certain.

 

Bien-être général, ouverture sur le monde : des bienfaits en pagaille...

Pour les écrivants, lire va bien au-delà...

 

Une mine d'or

Oui, la lecture reste LA formation initiale de quiconque ambitionne d'écrire ! Si vous faites partie de cette caste, lire devrait être une activité quotidienne. Autant que l'écriture. Voici la liste -non exhaustive- de ce que vous apporte(ra) la lecture :

  • Des outils littéraires

On pense souvent à l'orthographe. Lorsque je fréquentais les bancs de l'école -hier selon moi, naguère selon mes enfants...- les dictées étaient mon talon d’Achille. Immanquablement on me conseillait la lecture... Sauf que j'étais déjà fanatique -combien de fois maman a dû m'arracher de quelque roman ?-. Ce qui vaut pour certains ne fonctionne pas pour tous. Mais ce serait dommage de ne pas tenter le coup... Et nous pouvons ajouter l'enrichissement du vocabulaire, la compréhension de ce qui fonctionne (ou pas), des figures de style, des modèles de constructions narratives...

  • Le pillage honnête

Dans mon article, Les trois clefs de l'inspiration, je me permets d'utiliser l'expression « Kleptomane créatif » d'Austin Kleon. Ce pillage honnête englobe les ouvrages qu'on lit. Je ne parle pas de plagiat mais bien de nourrir son inspiration, voir de se trouver des maîtres d'écriture, ces écrivains que l'on admire et qui nous donnent la force de continuer malgré les difficultés.

  • L'épanouissement du sens critique

Plus on lit plus on devient exigeant. On aiguise notre esprit critique, or ce dernier reste un atout pour retravailler un texte.

  • Affiner nos goûts et donc nos envie

Savoir ce que l'on aime lire est le premier pas pour définir ce que l'on désire écrire. Logique.

  • Augmentation des capacités de lecteur

Au dix-huitième siècle, le journaliste et politicien irlandais Richard Steele (1672-1729) l'avait déjà compris : « Lire est à l'esprit ce que la gymnastique est pour le corps. ».

Outre cette gymnastique de la concentration et de la mémoire, vous lirez plus vite, du moins plus efficacement. Pain béni pour l'auteur ! Parce qu'écrire implique de faire des recherches, lire vite vous fera gagner du temps.

 

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La -sublime- Bibliothèque nationale du Chili

Nous l'avons vu, la lecture est une activité cruciale pour progresser. Reste un point que je n'ai pas abordé : les mauvais livres. À titre personnel, j'ai autant -si ce n'est plus- appris des mauvais livres que des bons. Ce phénomène, qui étonnent certains de mes clients, mériterait une chronique à part entière... Aussi je vous laisse pour le noter dans ma To do list...



Et vous, la lecture tient quelle place dans votre vie ?