25 janvier 2018

Tenir un journal intime - comment ?

 

Peut-être avez-vous eu l'occasion de lire mon article sur les 5 bonnes raisons de tenir un journal intime. Si c'est le cas, vous approuvez peut-être sans vous être lancé. Il faut dire que si cette habitude ne fait pas parti de votre quotidien, c'est parfois un peu étrange de commencer. On ne sait pas forcément de quelle manière s'y prendre... Dans cet article je parle de journal « écrit », pour l'Art Journal c'est par .



 

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Un journal... Mais dans quoi ?

Si vous avez plus de dix ans, on oublie le carnet à cadenas ! Surtout que ce système est aussi sécurisé que faire ripaille au bord d'une autoroute. Bien entendu, nul besoin d'investir, après tout j'ai commencé mon journal dans un de ces cahiers de brouillons vendu par cinq. Par contre vous pouvez désirer un support sympa.

 

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Attention toutefois au piège du perfectionnisme : choisir un carnet trop luxueux, en vrai cuir par exemple, risque de vous donner des angoisses si par malheur vous vous risquez à raturer. Personnellement, j'aime que mon journal soit comme ma vie, joyeusement bordélique. Il existe des carnets esthétiques à prix correct, les Clairefontaine, les Moleskine ou les fameux Leuchtturm1917 -chouchous des adeptes du Bullet Journal-.

 

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Concernant le format du support, le A4 me semble un peu grand. Ensuite cela dépendra de l'usage que vous ferez de votre journal : si vous désirez l'emporter partout une taille de 13 par 21 ou même de 9 par 14 pourrait vous convenir.

Depuis plusieurs mois, je tiens mon propre journal dans mon agenda -un Domino de Filofax en A5-. Lorsque j'ai besoin d'archiver un trimestre, je transfère les feuilles dans des classeurs tout simples.

Et le stylo ? ça n'a, bien sûr, aucune importance. Je déconseille le crayon à papier si vous désirez conservez vos journaux mais un simple bic noir conviendra tout à fait.

 

Question de temps et de régularité

Quand on tient un journal depuis longtemps on ne fait pas vraiment attention à la régularité. Il passe parfois des semaines avec seulement quelques feuillets griffonnées et, dans d'autres périodes, j'écris plusieurs pages par jour. Si je peux me permettre cette souplesse, c'est parce que l'écriture intime fait parti de mon hygiène de vie. Quand on débute, je pense qu'il faut mieux miser sur une certaine régularité. Rien de chronophage toutefois : le but est d'intégrer une routine pas de s'épuiser. Pour la fréquence commencer par un rythme très léger, une ou deux fois par semaine. Livre à vous de multiplier par la suite les séances d'écriture dans votre journal.

 

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George Goodwin Kilburne (1839-1924), Penning a Letter

Surtout ne cherchez pas à écrire bien ou joliment. Employez le vocabulaire que vous utilisez habituellement. Un journal intime n'a pas, à priori, de vocation littéraire. Si vous pratiquez l'écriture dite créative, vous pouvez vous amusez avec des consignes. Au fil du temps, votre journal deviendra sans doute un laboratoire d'idée, une usine à créativité. Mais comme pour les autres, ne vous précipitez ni dans le perfectionnisme ni dans un cahier des charges particuliers. Un journal intime doit avant tout rester un espace de liberté.

 

Mais je raconte quoi ?

 

Comme je le disais au-dessus, c'est un espace totalement libre. Certains d'entre vous verront dans cette infinité de possibilités une stimulation à leur créativité, d'autres pourraient se retrouver paralysés : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».

Si vous faites parti de la seconde catégorie, point d'inquiétude, vous pouvez vous appuyer sur un cadre pendant quelques temps. Pourquoi ne pas commencer par répondre au questionnaire de Proust ? Ou encore écrire votre « portrait chinois » ?

Après vous pouvez centrez une partie de votre journal autour d'un thème particulier comme les livres que vous lisez / films que vous voyez ou votre professionnelle/sentimentale/spirituelle. Enfin, n'oubliez pas que vous avez tout loisir s'expérimenter autant de choses que vous le voulez. À force vous verrez ce qui est le plus enrichissant pour vous...

Si vous n'appréciez pas cette liberté, il existe aussi des petits ouvrages très pratique comme celui-ci :

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Et vous, des conseils à donner pour tenir un journal ?

 

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20 janvier 2018

Consigne d'écriture n°18 - «Incipit tiré d'un livre»

 

La consigne

 

Incipit au hasard d'un livre Phrase tirée de Gaspard de la nuit, Aloysius Bertrand, Mercure de France, 1920 ( 103-104). Livre III, V, Le Clair de Lune : « Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le grillon de mon foyer vaticinait tout bas. »

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Mon texte

 

Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le grillon de mon foyer vaticinait tout bas. Sous mes pieds-nus, le plancher grossier et sur ma peau la chaleur moite de cette nuit de juillet. Curieux de ce qui provoquait les plaintes des deux misérables, je m'approchai et jetai un regard avide sur l'extérieur : un vieillard s'entretenait avec Auguste, le mendiant presque officiel de notre quartier. Depuis que nous habitions la rue, je le croisais régulièrement. Toujours vêtu de quelques puantes guenilles, il traînait ses vieilles guêtres sous nos porches, vivotant de charité et d'absinthe. Régulièrement, la maréchaussée le ramassait pour le déposer à l'hospice d'où il sortait au plus vite pour rejoindre ce qu'il considérait comme son foyer. Selon Louise, la lavandière, Auguste avait laissé sa raison et sa jambe gauche lors de la guerre de Crimée. L'homme, inoffensif, rendait de menus services aux honnêtes gens contre un peu de pain. Même le père Antoine le traitait presque avec bienveillance alors que l'homme d'Église montrait une intransigeance peu commune envers la vermine des rues. Pour l'heure, Auguste subissait la colère du vieillard. Une obscure querelle où il semblait question d'une affaire de cœur ainsi que du vol de 20 francs. Vivement pris à parti, notre mendigot reculait à mesure que son vieil interlocuteur élevait la voix. Hélas, malgré mon intérêt pour l'affaire, je prenais cette dernière en cours de route. Désormais, Auguste se défendait âprement :

— C'te calotte! J'aurais dû la recorder c'te toupie ! Plutôt l'trou que ça ! J'ai jamais vu tes vingts balles. Plutôt faire la tortue que rincer un zigue. D'façon, la gueuse t'avait laissé.1

Malgré sa silhouette chétive, le vieux souleva le mendiant par le col... Si je voyais ses lèvres bouger, impossible d'entendre ce qu'il disait. Encore une fois, Auguste protesta vivement :

— Pas ma faute si la coquine t'a rincé ! Tout ça pour ses guibes2

Le pauvre hère ne put continuer, secoué en tout sens par son compère. Je me penchais un peu, espérant mieux voir la scène quand Marie m'interrompit :

— Ferme donc cette fenêtre et viens dormir.

Avec un soupir, j’obtempérais et me recouchais. Après plusieurs minutes à me retourner dans le lit, je me rendis à l'évidence : entre les ronflements sonores de mon épouse, replongée dans le sommeil, et la harangue sous nos fenêtres : impossible de m'endormir. Il fallait que ces traîne-savates empêchent le repos des honnêtes gens ! Mon sang s'échauffa et bientôt je me relevais, résolu à leur lancer le contenu de notre pot de chambre. Hélas, nulle miction n'avait rempli le récipient et, aveuglé par la fatigue et la colère, je jetais quelques habits sur mes épaules et sortait armé d'un tisonnier.

La dispute avait dégénéré... L'infirme gisait à présent dans le caniveau, inconscient, tandis que le vieux continuait à lui crier des injures. Résolu, je lui demandai de déguerpir au plus vite s'il ne voulait pas que j'en appelle aux forces de police. Sourd à mes menaces, il changea de cible et d'une poigne solide m'agrippa le bras. Sans plus raisonner, je levais le tisonnier, espérant qu'il me lâcherait. Le bougre ne bougea pas d'un pouce et je le frappai violemment sur la tempe. Le vieillard s'écroula dans un bruit mou. Pour ne plus se relever. La peur au ventre devant mon forfait, je me réfugiais chez nous, fermai à double tour et attendit l'aube. Déjà, je me voyais couvert d'opprobre, condamné au bagne ou, plus probablement, à la guillotine. C'est ma femme qui apaisa mon angoisse :

— Tu sais ce que m'a appris Louise ? Auguste, le mendiant... Il a été arrêté pour meurtre. Il a tué un vieil homme pour le détrousser. C'est avec lui qu'il se querellait cette nuit, tu te souviens ? Bah... Il fallait bien que cela arrive. Un vagabond pareil...

Je hochai la tête :

— Au moins les honnêtes gens seront plus tranquilles...

Le feu bien reparti, je reposais le tisonnier en souriant.

 

1Calotte : teigneuse ; Recorder : tuer ; Faire la tortue : jeûner ; Rincer: voler ; Zigue : ami

2Rincer : voler ; Guibe : jambe ;

 

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18 janvier 2018

Madie – Mercier, Filippi et Raymond

 

Genre : Roman graphique

Pays : France

Date de publication : mars 2013

Maison d'édition : Casterman

Collection : KSTR

Prix : 15 euros

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Résumé : De nos jours, à Lunéville dans l’est de la France, Madie jouit d’une existence apparemment satisfaisante et épanouie, entre son métier de médecin généraliste, le couple qu’elle forme depuis sept ans avec son compagnon Édouard et les amis qui les côtoient depuis de nombreuses années. Mais lorsqu’elle apprend que son ancien amour de jeunesse, Frédéric, que tout le monde pensait mort, est en fait bien vivant, Madie se laisse submerger par une crise existentielle comme elle n’en avait encore jamais connue…

 

La chronique précédente de cette catégorie concernait déjà une « BD ». Curieux, car mes incursions dans ce genre littéraire restent non seulement récentes mais timides... J'avoue que le début de cet intérêt balbutiant coïncide avec l'ouverture d'un magasin de déstockage près de chez moi. Il faut dire que les BD et romans graphiques pêchent par leur prix. Et puis je n'y connais pas grand chose. Alors les dégotter pour un prix modique me permet de « m'initier » en douceur. Bref, c'est ainsi que j'ai déniché l'ouvrage qui nous intéresse aujourd'hui...

 

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Mon Avis

 

L'histoire de cette Maddie m'a touché plus que prévu. Cette chronique de mœurs, douce et amère, commence par un enterrement où se retrouvent plusieurs amis, dont notre héroïne. Une absence est au centre des émotions de la jeune femme : celle de son amour de jeunesse, mort depuis longtemps et fils de la défunte. Peu après cette triste journée, Madie apprend que ce dernier serait toujours vivant.

Les secrets de famille, le couple, la mort, l'absence, la quête de soi... Ce roman graphique aborde nombre de questions qui me touchent particulièrement. J'ai aimé les dessins assez simples et la subtilité de l'errance de Madie. Pourtant cette lecture ne m'aura pas totalement satisfaite. J'ai trouvé que le parcours de la jeune femme manquait un peu de profondeur, on effleure beaucoup là où j'aurais aimé qu'on explore...

Cela restera toutefois un moment plaisant qui m'encourage à continuer d'explorer le genre.

 

Dites... Vous savez quelle est la différence entre roman graphique et bande dessinée ?

 

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11 janvier 2018

Fonctions des passages descriptifs

 

Dans tous les ateliers de l'Écrhistoires abordant la fiction, nous insistons sur une chose : toute bonne scène possède une fonction. Si vous ne voyez pas à quoi sert tel ou tel passage, il faut au mieux le retravailler, au pire le supprimer. Il en est de même pour la description. Sans fonction précise, autant éparpiller les éléments qui la constituent au fil de votre récit...

 

Faire avancer le récit

 

En premier lieu, la description peut faire avancer le schmilblick... Par exemple pour préparer une scène à venir. Ainsi dans un roman policier, décrire une pièce avec un indice qui traîne ici ou là, offre l'opportunité d'amener le récit vers la résolution du crime. Et quel plaisir, lors de la relecture d'un roman à énigme -ou whodunit en anglais- de découvrir ces éléments au fil de l'ouvrage !

 

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Caractériser un personnage

 

Ensuite la description peut compléter la caractérisation d'un personnage. Imaginons un exemple... Une femme psycho-rigide que nous appellerons Liliane. Elle souffre peut-être même de TOC1. Ainsi Liliane pourrait tenir sa maison de manière obsessionnelle et une description de sa cuisine exagérément immaculée montrera cet aspect de sa personnalité.

Décrire l'environnement d'un personnage pour le caractériser est un outil intéressant. Elizabeth George, auteure de romans policiers, insiste sur ce point dans Mes secrets d'écrivain  : « Décrivez l'environnement d'un personnage et vous montrez qui il est ».

 

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Une question de rythme

 

Nous venons de passer en revue les deux fonctions que peut posséder une scène. Il reste une utilité que la description offre et qui lui est particulière : freiner le récit. Un procédé qui s'avère parfois salutaire.

Un passage descriptif provoque une rupture dans la narration, une pause, durant laquelle le lecteur ralentit. Dans les récits dont l'intrigue est complexe ou le rythme très soutenu, une respiration peut être bienvenue. Mal utilisée la description peut exagérément étirer l'action et lasser le lecteur. Il faut donc savoir doser et seule la pratique le permet aisément. Bref on revient toujours aux fondamentaux...



Et vous, vous utilisez les descriptions dans quel but ?

1Troubles obsessionnels compulsifs

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04 janvier 2018

Dans ma boîte à outil : la montre et le ciel

 

Dans le roman sur lequel je travaille en ce moment, un aspect m'offre des migraines : la météo. Le chapitre qui m'occupe depuis quelques semaines se passe en Bretagne en octobre 2013. Cette petite difficulté -rapidement surmontée- m'a donné envie de vous parler de tous ces « détails » autour du temps. Bien entendu on peut décider que personne n'ira vérifier qu'il pleuvait effectivement ce jour-là ou que le 03 octobre était bien un mardi. Pourtant si vous êtes comme moi et appréciez la rigueur, ces questions auront leur importance...

 

L'agenda où la chronologie dans une narration



Même lorsque nos écrits prennent place dans un monde contemporain, on ne doit pas oublier une certaine exactitude. Vous écrivez de la science-fiction ou de la fantasy ? Afin de rendre votre univers/mythologie réaliste, vous avez tout intérêt à soigner les détails. L'ordre chronologique doit être irréprochable. Pour vous aider, vous pouvez construire une chronologie.

Plusieurs méthodes sont possibles : à la main, sous forme de liste ou de frise, à l'ordinateur. Internet offre quelques sites qui peuvent faciliter la vie.

Le site français Chrono-frise est bien conçu bien qu'assez austère. L'avantage est qu'il n'y a pas besoin de s'inscrire pour créer une frise.

 

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Sur Preceden, l'interface est plus esthétique et -à mon sens- plus agréable mais il faudra vous créer un compte -fort heureusement celui-ci est gratuit-.

 

Chronologie

 

Qu'importe la méthode ou le support utilisé, je vous conseille de mettre votre chronologie par écrit afin de ne pas vous retrouver avec des incohérences...

 

La montre ou la question du calendrier



Si disposer d'une chronologie aide pour les projets longs, encore faut-il que les informations y figurant soient exactes ! Le petit détail qui tue ? Le jour de la semaine. Parce que soyons francs : qui sait quel jour correspond à une date ? Tenez, le 7 juillet 1945...

 

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Heureusement il existe des sites qui offrent la possibilité de rentrer n'importe quelle date pour trouver le jour qui lui correspond. Personnellement, j'utilise le site Ephemeride mais il en existe beaucoup d'autres...

 

Ephemeride

 

Le ciel ou la question de la lune, du soleil et des nuages

 

Le montre et le calendrier ne sont pas les seuls outils indispensables à l'auteur soucieux des détails... Le ciel nous promet des variations. La météo tout d’abord... Le site de météo france nous donne l'opportunité de choisir un lieu et une date :

 

Météo

 

Une fois ces informations sélectionnées, une météo succincte s'affiche :

 

Temps passé

 

 

L'autre aspect du ciel concerne la lune et le soleil. Calendrier lunaire pour la première, heures de lever et de coucher pour le second.

Sur le site mentionné plus haut, Ephemeride, on trouve facilement un calendrier lunaire et solaire.

 

Si ces questions vous semblent secondaires, libre à vous de ne pas utiliser les outils proposés dans cet articles. Si, comme moi, vous prêtez attention à ces détails, j'espère que ces adresses vous seront utiles...



Et vous, attaché aux détail ou pas du tout ?