09 décembre 2017

Consigne d'écriture n°16 - «Une fable»

 

La consigne

Écrivez une fable. Pour la forme, libre à vous... Mais surtout amusez-vous !

 

 

Mon texte

 

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La punk et le joueur de sitar

Une punk en soucis de voisinage

À force de jouer à fond de sa guitare

Vit la police, si elle n'était point sage

Lui promettre quelques mois au mitard.

Hélas, la rebelle, sourde à ces menaces

S'en alla défier tout le quartier

Et s'écria au centre de la place :

« Fuck the police, vous faites vraiment chier ! »

Un galant, surprenant cette complainte

Et trouvant la punk de fort belle mine

Voulut savoir à quoi rimait ses plaintes

Et voici ce que lui dit la coquine :

« Toutes les commères s'en vont en cabale

Car, mon mignon, âme esseulée s'ennuie

En mal d'amour pour que mon cœur s'emballe

Je joue du punk à toute heure de la nuit. »

Le damoiseau émut par tant de grâce

Lui fit alors cette proposition :

« Si ma sérénade vous laisse de glace

Je prendrais publiquement position

Sur l'honneur, je punirais ces commères

D'avoir alerté ces maudits gendarmes

Mais si mes chants vous rendent moins amère

Vous me céderez et rendrez les armes.

Dès lors, abandonnant votre colère

Vous ne jouerez que de mon instrument

Et serez comblée par les quelques airs

Que je vous offrirais en tant qu'amant. »

La punk, attendrie, en fit la promesse

Et le soupirant sortit sa sitar

Il en joua si bien, avec tant d'adresse

Qu'elle voulu aussi en jouer sans retard.

L'amour ayant conquis ce cœur volage

Ses guitares se turent désormais

Confirmant ainsi ce puissant adage

Il vaut bien mieux sitar que jamais.

 

 

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07 décembre 2017

Le talent et la sueur...

 

Comme je l'évoquais dans le premier billet sur ce site, les artistes éveillent un fantasme dans l'imaginaire populaire : l'auteur qui serait par miracle touché par la muse puis, dans une sorte de fièvre créatrice, produirait un chef d’œuvre. Bien sûr...

On parle de talent pour presque tout : les langues étrangères, la cuisine, l'Art, le bricolage, la broderie, le sport,... Mais quelle est vraiment la place de ce talent par rapport au travail ?

 

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I. Mais c'est quoi le talent ?

 

Selon mon pote le Larousse, le talent c'est simplement l'aptitude particulière à faire quelque chose et une capacité, un don remarquable dans le domaine artistique. Cette capacité vient d'où ? Y aurait-il, comme dans les contes, une bonne fée qui se pencherait sur certains poupons pour leur octroyer quelque don remarquable ? Posons la vraie question : est-ce la capacité ou le désir qui vient en premier ? La meilleure réponse nous vient d'un grand monsieur de la chanson : Jacques Brel. Dans un entretien radiophonique, plus précisément une interview à Knokke (Begique), le chanteur expliquait : Je suis convaincu d'une chose : le talent ça n'existe pas. Le talent c'est d'avoir l'envie de faire quelque chose. Je prétend qu'un homme qui rêve tout d'un coup qu'il a envie de manger un homard. Il a le talent, à ce moment là, pour manger un homard, pour le savourer convenablement et je crois qu'avoir envie de réaliser un rêve, c'est le talent. Tout le restant, c'est de la sueur, c'est de la transpiration, de la discipline. Je suis sure de ça. L'art je ne sais pas ce que c'est. Les artistes, je connais pas. Je crois qu'il y a des gens qui travaille à quelque chose.

 

 

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II. Et les génies ? Et les prodiges ?

 

Si on décide de parler de désir, il semble impossible de croire que ce dernier suffira. Un prodige du piano devra passer des heures à son instrument. Peu importe nos facilités, sans sueur elles ne resteront que cela, de simples facilités. Dans le sport de haut niveau, personne ne viendrai remettre en question la valeur d'un entraînement assidu. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour un écrivain, un peintre ou un sculpteur ? Concentrons-nous un peu sur la littérature, domaine que je connais le mieux...

Le fait est que les grands auteurs sont des travailleurs acharnés. Pour preuve, il suffit d'un tout petit coup d’œil à quelques manuscrits... Ratures, notes : on peut voir combien l'auteur travaille son texte.

Le grand Charles Dickens, par exemple, avec A Christmas carol :

 

Manuscrit

 

Un autre exemple ? Monsieur Flaubert écrivait dans sa correspondance : « Dieu ! que ma Bovary m’embête ! J’en arrive à la conviction quelquefois qu’il est impossible d’écrire » - lettre à Louise, 10 avril 1853. Cet extrait – ainsi que la photo du manuscrit au-dessus-, nous montre à quel point ces auteurs travaillaient pour produire un texte un abouti.

 

III. Une histoire de temps... Ce qu'en dit la psychologie.

Le psychologue suédois K. Anders Ericsson s'est justement penché sur cette question. Pour se faire, il a mené des recherches dès les années 90. Avec deux confrères, il s'est intéressé à la pratique de violonistes de l'Académie de Musique de Berlin. Il a divisé les musiciens en trois groupes : les futurs solistes, les interprètes de bon niveau et ceux destinés à une carrière dans le professorat. Tous ayant commencé à 5 ans. Ceux du premier groupe atteignaient (avec plus de 30 heures par semaine de paratique) au moins 10 000 heures d'exercice. Le deuxième groupe arrivait quant à lui à 8000 heures et le troisième 4000 heures.

Cette « théorie des 10 000 heures » a été popularisée par le journaliste du New Yorker Malcolm Gladwell dans plusieurs ouvrages sur la réussite. Même le neurologue Daniel Levitin le confirme : « Que les études portent sur des basketteurs, des romanciers, des patineurs, des joueurs d'échecs ou des criminels passés maîtres, le nombre des 10.000 heures revient constamment ».

 

 

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Dress rehearsal - Greg Olsen

 

Face à tout cela, certains risquent de se décourager : « Il est trop tard pour moi ! J'ai déjà X ans... alors 10 000 heures, ce n'est même pas la peine... » Premièrement cette théorie n'est justement qu'une théorie. Elle signifie simplement que le travail vient d'abord. Peu importe le niveau de départ, à l'arrivée c'est bien la pratique qui fait la plus grande différence. Deuxièmement, dites-vous bien que quelqu'un de 48 ans qui consacrerait 1 heure par jour à l'écriture ou à l'apprentissage du piano, aurait toujours, à 58 ans, 3 650 de pratique de plus que celui qui se serait découragé. Bref, le travail n'est jamais perdu !

 

Alors, prêt à se retrousser joyeusement les manches ?

 

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30 novembre 2017

Instant plaisir : le magazine Flow

 

Aujourd'hui sort le dernier numéro du seul magazine auquel je suis fidèle, je t'en parlais d'ailleurs ici ! Comme j'écris mes articles en avance, il me sera impossible de te parler de cet opus. Cette chronique concerne donc le numéro 20, sorti le 12 octobre.

Genre : Magazine

Rythme de parution : tous les deux mois

Numéro : 20

Rédactrice en chef : Gwendoline Michaelis

Prix : 7,50

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Appartenant résolument à la catégorie « Lifestyle » aborde nombre de sujet mais toujours à travers le prisme de la psychologie positive. Bref une revue sans doute très « bobo » ! C'est sans doute pour cela que je l'adore. Depuis que j'ai découvert Flow, je ne manque aucune parution et attends toujours avec impatience le moment où je pourrais le savourer.

Chaque numéro est conçu autour d'un thème, en octobre Enchanter la vie. Ensuite on trouve plusieurs catégories :

- Belles rencontres « Des portraits de personnes créatives talentueuses et une ouverture sur le monde. »

- Esprit libre : « Des sujets qui invitent à la découverte, la réflexion et à avoir une vision positive de la vie. »

- Petits plaisirs : « Du shopping et des recettes pour se faire plaisir. »

- Douceur de vivre : « Des conseils pour rendre son quotidien plus doux.

 

Mon Avis

 

Ce qui frappe quand on feuillette Flow, c'est le soin consacré à la mise en page. Beaucoup d'illustrations sur un papier luxueux avec parfois de vraies prises de risque visuelles.

Ainsi sur l'article « La philosophie au féminin » :

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En parlant illustrations, chaque numéro comporte plusieurs intercalaires facilement détachable montrent le travail d'un artiste. Pour octobre, c'est Irene Sophia qui a été mise à l'honneur. De quoi donner envie de les mettre sous cadre -saluons la qualité de l'impression!- :

Intercalaire

Le prix élevé de Flow ne se justifie pas seulement par le papier, le magazine est un véritable moment de lecture. Par exemple, l'article « Et si on mettait plus de grâce dans notre vie ? » nous donne de véritables pistes pour enchanter la vie sans nous faire la leçon.

Grâce

Enfin Flow ne connaîtrait peut-être pas un  tel succès -il a été élu Meilleur titre de presse magazine de l’année 2017, lors du Grand Prix des médias CB News- sans ses cadeaux papeterie. Chaque numéro un ou deux godies nous attendent. Cette fois, ce sont trois pochettes cadeaux :

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Poster, carnets... Ce petit plus ravira les amoureux du papier.

Inutile de le dire : chaque numéro de Flow reste pour une mois une occasion de me poser quelques minutes, de préférence avec une tasse de thé ou de chocolat chaud... Un moment bien-être que je ne raterai pour rien au monde !

 

Vous connaissez Flow ?

 

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25 novembre 2017

Consigne d'écriture n°15 - «Logo rallye musical»

 

La consigne

Cela commence avec une explosion Choisissez un album que vous appréciez -en français hein...-. Vous devrez inclure chaque titre de chanson. Par exemple, pour le dernier album d'Orelsan, il faudrait inclure : la fête est finie, San, basique, tout va bien, défaite de famille, la lumière, bonne meuf, quand est-ce que ça s'arrête, Christophe, zone, dans ma ville on traîne, la pluie, paradis, notes pour plus tard. À toi de jouer !

    

Mon texte

 

Pour cet exercice, j'ai choisi un album qui a accompagné mes jeunes années. Sorti lorsque j'avais 15 ans, « Alors »  du génial groupe de rock français Pigalle, je ne saurai trop vous recommander de l'écouter si vous ne connaissez pas. Je devais donc inclure dans mon texte : alors, geindre, faut pas s'inquiéter, Betty, à quoi servent les prières, parking, joyeux anniversaire, qu'importe les spasmes, ronde, si dormir faisait, allaient-ils s'aimer ?, Il Incesta, anguille, fond de cale, il y a dans les rues de la ville, il faudra bien t'asseoir.

 

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Alors que ses journées consistent à écouter geindre les clients, elle-même ne se permet pas la moindre lamentation. Pour ses collègues, elle reste la petite boulotte du poste 201. Celle toujours de bonne humeur, prête à s'esclaffer à la machine à café, la gentille blonde qui ne perd jamais son calme. Même quand le vingtième appel de la journée s'ouvre sur des insultes. D'ailleurs, les nouveaux se retrouvent sous son aile et, depuis huit ans qu'elle travaille dans l'immense centre d'appel, elle a formé la majorité des employés. Parce que personne ne reste très longtemps dans le call center. Tante Josiane lui dit souvent qu'elle finira par craquer, qu'elle échouera en maison de repos, sa cervelle de moineau noyée dans les calmants. Qui peut subir une telle pression sans finir cinglé ? « Faut pas s'inquiéter pour moi, Josiane. » répond en souriant Betty. Puis elle repart en chantonnant un refrain des années 80. Mais elle ne démissionne pas.
Le matin, elle se rend à pied à l'arrêt de bus. À Basfroi, Antoine monte et se faufile à côté d'elle. Régulièrement le jeune homme, un grand échalas aux yeux globuleux, lui propose un ciné. Il a deux passions dans la vie : regarder la F1 à la télé et les gros seins. Faut dire que Betty est abondante de partout et Antoine s'adresse toujours à sa poitrine avec beaucoup de tendresse. Elle décline mais il ne baisse pas les bras. Il supplie le Dieu Nichon pour qu'un jour la blonde lui cède. Mais à quoi servent les prières en matière de sexe ? Betty continue de refuser en souriant.
Ce mardi ne fait pas exception. Comme toujours, elle entre par le parking pour pointer plus rapidement. Betty allume son ordinateur avant de se tourner vers sa voisine. Elle lui claque une bise par dessus la cloison. La collègue lui lance un généreux « Joyeuxanniversaire ! Trente ans, ça se fête ! ». Betty avait complètement oublié l’événement et, toute à sa surprise, elle regarde Aurélie sans répondre. La grande brune, aussi fine et molle que du fil dentaire, plaisante un moment sur son grand âge puis retourne à son poste. Trente ans... Betty a trente ans. La jeune femme sent son estomac tressauter et des points noirs dansent devant ses yeux. Avant de pouvoir s'abandonner à cette angoisse, le téléphone sonne. Qu'importe les spasmes de panique qui montent en elle, il lui faut répondre. Replaçant son sourire habituel, Betty se plonge dans le travail. Elle subit les humiliations habituelles avec son pragmatisme légendaire. La douleur arrive en une petite heure. Avant la fin de la journée, la migraine sera intolérable et le casque insupportable. Depuis quelques mois, son médecin l'a arrêtée plusieurs fois et insiste pour qu'elle consulte un ORL. Elle a souri au docteur mais ne fera rien.
Peu avant sa pause, elle reçoit une convocation chez Trottier. Une sueur glacée la fait frissonner : le chef de plateau délègue tout aux superviseurs alors pourquoi veut-il la voir ? La jeune femme se lève et l'étau semble se resserrer autour de son crâne. Comme si son cœur, désormais logé derrière son front, voulait s'échapper. En passant devant le mur vitré du couloir, elle jette un coup d’œil sur sa silhouette ronde et tire plusieurs fois sur sa tunique. La migraine s'intensifie et Betty se demande comment elle va pouvoir parler. Si dormir faisait passer les symptômes... Mais parfois elle se lève avec la douleur. Elle masse sa nuque en marchant. Le grand chauve l'attend, son costume gris impeccable. Depuis deux mois, tout le monde sait qu'il est d'une humeur d'ogre un jour de disette. Il faut dire qu'un petit scandale secoue le centre d'appel. Une rumeur persistait depuis longtemps sur lui et Caressi, une téléconseillère aux allures de poupée gonflable. On avait remarqué leur parade nuptiale. L'homme marié ne cessait de mater la jeune femme et cette dernière passait son temps à minauder avec lui. Bientôt les paris avaient été lancés : allaient-ils s'aimer et commettre l'adultère ? Puis on avait appris que madame Trottier demandait le divorce. Elle les aurait surpris en fort mauvaise posture.
Betty sait tout cela et qu'elle risque de s'en prendre plein à la tête. Le chef de plateau commence son discours bien huilé. Chiffres à l'appui, il lui reproche de manquer de dynamisme. Ensuite il lui passe un enregistrement et souligne chacune de ses faiblesses. Face à ce procès, Betty garde le silence. La douleur augmente encore. Mais il attend qu'elle s'excuse, qu'elle promette de faire mieux, de devenir une téléconseillère modèle. La jeune femme, incapable de parler, se contente de lui sourire, contrite. Ce qui semble agacer Trottier qui, le regard froid, lui lance :
« Je suppose qu'il ne faut pas s'étonner que votre mollesse ne se cantonne pas seulement à vos fesses. »
La valse des points noirs s’accélèrent et Betty a l'impression qu'on lui enfonce un sabre dans la boite crânienne.
C'est là que la colère arrive.
Une colère dont elle ne se savait pas capable. Elle a pourtant eu son lot d'injustices, Betty... Même quand elle se souvient de l'alcoolisme de maman. Même quand le moment affreux lui revient, ce que papa a fait. Cette nuit où il incesta.
Betty essaie de revenir à la réalité mais le moment présent glisse comme une anguille entre ses pensées. La chaise de bureau est toute légère entre ses mains et c'est sans aucune lenteur, sans aucune mollesse qu'elle la lève au-dessus de sa tête. Elle frappe. Et frappe encore. Elle n'aurait jamais cru que tuer quelqu'un ferait si peu de bruit. Celui-ci n'empire même pas sa migraine. Bien moins que les voix aigres dans le casque... Il y a du sang sur sa tunique. Sur ses mains. Il ne respire plus mais la flaque de sang continue de s'étendre sur la moquette grisâtre. C'est joli ce contraste... Elle prend le téléphone.
La police arrive très vite. Bientôt, elle se retrouve à expliquer :
« Faut noter que j'vous ai appelé. Que je me suis livrée tout de suite et tout ça. Faut que j'appelle un avocat ? Comme dans les séries ? Parce que je suis honnête. Je connais pas d'avocat moi... Ni rien. Ça va coûter cher ? J'suis pas à fond de cale mais j'suis pas riche... Notez-le que j'suis pas riche. Que je vous suive ? Je risque de rentrer tard ? J'aime pas rentrer la nuit. Il y a de ces cinglés dans les rues de la ville... J'veux pas me faire agresser. Même que l'autre soir, y avait des racailles dans le bus. Et j'étais toute seule. J'ai eu peur en montant. Je savais pas si je devais rester. Puis je me suis dit « Betty, il faudra bien t'asseoir alors vas-y, ne les regarde pas, c'est tout». Mais j'ai eu peur. Ça a souvent peur... Une femme seule...  »
Personne ne semble l'écouter, alors Betty se penche vers celui qui la pousse et murmure : « On pourrait pas s'arrêter faire une course, m'sieur l'agent ? Sinon j'pourrais pas faire de gâteau. »
Puis elle ajoute, avec un sourire éclatant :
« Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. »

 

23 novembre 2017

Les verbes faibles, un problème ?

 

Sur certains sites -et dans quelques ouvrages- il est courant de lire qu'un écrivant doit faire la chasse aux « verbes faibles ». Les principes d'écriture restent toujours utiles mais il ne s''agit aucunement de les suivre aveuglément. J'ai eu envie de revenir sur cette notion.

Verbes faibles, une notion juste ?

 

Si l'anglais ne vous est totalement étranger, vous savez que les verbes faibles correspondent, dans cette langue, aux verbes réguliers. Il en est de même en allemand. Utiliser ce même adjectif engendre donc une certaine confusion. D'ailleurs on trouve parfois d'autres termes pour qualifier ces verbes : pauvres, ternes, passe-partout.

Peu importe le nom qu'on choisit de leur donner, les verbes faibles sont ceux que l'on utilise à tout bout de champ : être, avoir et faire. On peut leur adjoindre : devoir, mettre, prendre, aller, pouvoir et dire. On emploie aussi beaucoup sembler, regarder, continuer de, se sentir, voir...

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Faiblesse ou simplicité ?

 

Ceux qui choisissent de les nommer « verbes faibles » expliquent que ces verbes affaiblissent la phrase. Ceux qui les appellent « pauvres » justifient cette préférence par opposition avec un vocabulaire « riche ». Hélas, la popularité de ce principe « faire la chasse aux verbes faibles » a conduit certains écrivants à tomber dans l'excès. Ils veulent les remplacer au maximum et à force d'abuser du dictionnaire des synonymes, leur prose devient lourde, ampoulée, peu naturelle.

Je préfère utiliser le qualificatif de « passe-partout » car c'est bien cela qui pose problème. Employer « être », « aller » ou « avoir » peut tout à fait convenir. Là où il faut rester attentif c'est aux répétitions et à l'imprécision. Au-delà de ces écueils, je ne vois pas pourquoi on les remplacerait...

 

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Les remplacer ?

 

Ainsi l'objectif ne sera pas de proscrire une liste de verbe mais de faire le choix le plus pertinent.

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Dans le paragraphe qui suit j'ai surligné les verbes considérés comme passe-partout :

Seul le crissement des pas sur le gravier perturba le silence de la nuit. Sous le couvert de l'obscurité, impossible de deviner qui elle était sous la large cape bordée de fourrure. Seule certitude : la main qui maintenait la capuche était du sexe féminin. Un esclave, lanterne à bout de bras, vint l'accueillir. Sur son visage étroit, il y avait une soumission lasse. Nul n'aurait pu penser qu'il connaissait l'identité de la dame. En vérité, la morsure du fouet lui avait enseigné la discrétion plus sûrement que la loyauté. Avec une révérence, il fit signe à la femme de le suivre.

A chaque occurrence, je me suis demandé si le verbe gênait et s'il pouvait être remplacé. Comme vous le verrez, on peut tout à fait changer la construction d'une phrase ou jouer sur la ponctuation pour éviter les répétitions.

Seul le crissement des pas sur le gravier perturba le silence de la nuit. Sous le couvert de l'obscurité, impossible de deviner qui se cachait derrière l'élégante silhouette, sous la large cape bordée de fourrure. Seule certitude : la main qui maintenait la capuche appartenait au sexe féminin. Un esclave, lanterne à bout de bras, vint l'accueillir. Sur son visage étroit : une soumission lasse. Nul n'aurait pu penser qu'il connaissait l'identité de la dame. En vérité, la morsure du fouet lui avait enseigné la discrétion plus sûrement que la loyauté. Avec une révérence, il fit signe à la femme de le suivre.

En matière d'écriture, aucune règle ne doit être suivie aveuglement. Gardez à l'esprit qu'une correction doit d'abord servir le texte.

 

Que pensez-vous de cette « règle » ?

 

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16 novembre 2017

Débuter un Bullet Journal

 

Au moment de la rentrée, j'avais publié un article sur l'organisation. Toute une partie était consacrée au Bullet Journal sans pourtant en donner le mode d'emploi.

Pour beaucoup, Ryder Carroll a réinventé la roue mais nul besoin d'idée révolutionnaire, le principe se révèle bien pensé ! Depuis que le designer américain a partagé le Bullet Journal, il connaît un succès impressionnant. Il suffit d'un tour sur Pinterest pour s'en rendre compte. En quoi consiste le Bullet Journal ? Il s'agit, dans un carnet, de regrouper agenda, to-do list, journal, notes,...

Or comme je l'expliquais en septembre, ce système est devenu un moyen d'expression créative. Et c'est très bien ! Sauf que la profusion de pages joliment illustrées peut effaroucher quiconque veut s'essayer au Bullet.

Si vous avez envie de tenter le coup, je ne saurais trop vous conseiller de faire au plus simple. Puis, au bout de quelques semaines -ou mois-, éventuellement de décorer un peu vos pages. La règle est de ne jamais empiéter sur la raison d'être véritable du BuJo : mieux gérer son temps pour en gagner.

 

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Twitter: @rydercarroll

 

Pour commencer...le matériel

 

Sans doute, quelque part chez vous, traîne un petit carnet ou un simple cahier d'écolier. Pas la peine d'investir ! Si dans trois ou six mois la méthode vous convient encore, il sera toujours temps de vous faire plaisir avec un support plus luxueux.

Vous avez un cahier ? Très bien ! Prenez un stylo et une règle.

Et bien vous avez tout ce qu'il vous faut !

 

Matériel

Un matériel minimaliste



La notice de votre Bullet : les clefs

 

Pour mieux visualiser tâches et rendez-vous, on va utiliser différentes « puces ». Sur l'illustration ne figurent que quelques possibilités, à vous d'enrichir la page de vos propres « clefs ».

 

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Le GPS du Bullet : l'index

 

Après la page « clefs », intervient l'index. Une à quatre pages selon l'épaisseur de votre support... Pour cela, rien de plus simple : une colonne "numéros de page", une colonne "intitulés". Il suffira ensuite de numéroter chaque page terminée avant de l'inscrire dans l'index.

 

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Les calendriers

 

Ensuite arrive la partie organisation/agenda. Pour pouvoir noter vos engagements à l'avance, il vous faudra un emplacement « future log » :

 

Futurelog

Une vue mensuelle vous permettra de vérifier en un coup d’œil vos disponibilité lors de la prise de rendez-vous :

 

Novembre

Bien que je n'utilise plus de vue hebdomadaire depuis quelques semaines, vous pouvez tout à fait en créer une :

 

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Au quotidien : les vues journalières

 

Chaque matin -ou la veille au soir-, il vous suffira de note la date du jour puis les évènements et tâches prévue. Un conseil : pour le moment ne préparer pas ces pages en avance au risque de vous retrouver au limiter quand dans un agenda lambda.

 

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Surtout pas de pression, si vous n'avez pas eu le temps -ou l'envie- de terminer vos tâches, contentez-vous de reporter celles concernées au lendemain. À mort la culpabilité !

 

Les collections

 

Sous ce terme, on trouve un peu de tout. Vous avez envie de disposer d'une liste de livres à lire ? Créez-la ! Ou vous aimez noter les citations qui vous parlent ? Allez-y ! Pas de limite aux collections. Et qu'importe qu'elles soient au milieu de votre mois de novembre : l'index permet de les retrouver.

 

Citations

 

Un outil de motivation : les pages de suivie ou tracker

 

Quand on essaie de mettre en place une nouvelle habitude, toutes les aides sont bienvenues ! Le Bullet Journal peut être un allier précieux en la matière. Par exemple, si on veut faire du yoga tous les jours, on peut se faire un tableau où il suffira de cocher les jours durant lesquels on a réussi son challenge.

 

Yoga

 

 

Attention de ne pas multiplier les bonnes résolutions, mieux vaut prendre le temps d'ancrer une pratique. S'atteler à plusieurs défis risque d'épuiser votre volonté. Surtout restons bienveillant envers soi !

Un dernier conseil avant de vous laisser : prenez le temps d'adapter votre Bullet. Cette personnalisation ne se fera pas en quelques jours. Et n'oubliez pas que rien n'est gravé dans le marbre. Une méthode d'organisation doit s'adapter à votre caractère, non l'inverse. Ainsi j'aime que les choses soient rangées donc les collections et trackers mélangés et éparpillés ne me convenaient pas. J'ai décidé de tenir mon BuJo dans un planner, avec des intercalaires dédiés à chaque section.

 

Et vous, quelle organisation vous convient ?

 

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11 novembre 2017

Consigne d'écriture n°14 - «Explosion»

 

La consigne

 

Cela commence avec une explosion

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Mon texte

Tout a commencé avec une explosion.

La journée me promettait une symphonie de contraintes. Un lundi comme les autres, avec son lot de ragots autour de la machine à café, sa ribambelle de courriers à ouvrir, de mails à trier, d'appels à transférer. Mon tailleur gris semblait assorti à mon emploi du temps. Des mois que je me désolais quotidiennement sur l'échec de ma vie : dix ans sans évolution professionnelle -secrétaire éternellement dévolue aux tâche ingrates- et une trajectoire amoureuse fade comme une soupe de navets... Même mon chat me faisait la gueule depuis que je l'avais abandonné pour une croisière moribonde avec ma mère. D'ailleurs j'étais à deux félins de devenir la folle aux chats : ce cliché de la vieille fille dont nous nous moquions tant mes copines et moi. Maintenant, elles sont toutes trop occupées, avec des marmots partagés avec leurs ex-maris et des familles décomposées comme l'est mon existence. Sauf que moi je n'ai rien à recomposer. Alors je continue à me lamenter, semaine après semaine. Sur ma solitude, l'ingratitude de mes proches, ma mère et sa mémoire en dentelle, ma sœur et ses problèmes de fric, mon cousin et ses cures de désintoxication. Ma thérapeute, lasse d'entendre mes jérémiades, a espacé nos séances.

9h32. Une enveloppe de plus. L'invitation s'adressait à la patronne de ma patronne. Un carton épais et mat fleurant bon les petits fours et les coupes de champagnes autour d’œuvres snobinardes. Je savais que madame Grimalier ne se rendait pas aux vernissages. La garce profitait, en plus d'une carrière florissante, d'une horde d'amants. Plus séduisants et plus jeunes que ne devraient le permettre les convenances. Pas le temps pour hanter les galeries d'art. Bref, cette entrée gratuite pour le royaume des couguars me faisait de l’œil. Je m'imaginais déjà : moi et ma petite robe noire qui ne m'allait pas si mal... Je me dégoterais un artiste de vingt ans à la barbe fournie persuadé de faire face à une femme de pouvoirs. Dans l'espoir que je finance sa carrière balbutiante de photographe underground, il se jetterait dans mon lit.

Alors oui, je n'avais pas résisté à l'attrait de mon fantasme. Le carton avait rejoint ma mauvaise imitation de sac haute couture. Rien que de sortir un lundi soir, ailleurs qu'au cinéma du coin -mon abonnement mensuel me tenant lieu de vie sociale-, c'était un séisme dans ma routine.

Ma petite robe noire et moi, on s'est offert le luxe d'un taxi.

Mon niveau d'attente revu à la baisse, j'attendais des plaisirs simples de la soirée : un moment à m’imaginer dans la peau d'une autre. Tant pis pour l'artiste de vingt-cinq ans sans le sou et sous mon charme de femme mûre... Oui, si je pouvais me gaver de petits fours en bonne compagnie, ce serait une réussite !

Le lieu, étroit et à moitié désert, se trouvait coincé entre un restaurant à sushis et un bar à tapas. Le genre de galerie miteuse à servir du mousseux à la place du champagne et des toasts au pâté au lieu de verrine de mousseline saumon fumée sous sa chantilly de fromage de chèvre. Tant pis.

Puis une explosion.

De couleurs et d'émotions. Une toile immense pour ce lieu minuscule. Le tout résolument contemporain. À mille lieux des impressionnistes que j'adore.

Une explosion de force dans les coups de pinceaux.

Là, quelque part dans mes entrailles tièdes, une chaleur monte. Mes yeux me brûlent. Chaque courbe me murmure un secret. Pour moi seule.

Rien ne peut empêcher ma bulle d'amertume d'éclater, fichant dans mon cœur comateux des bris de douleur et de désir. Devant moi, l’œuvre se trouble, filtrée par mes larmes.

Finalement je suis vivante.

 

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09 novembre 2017

L'Âme du monde – Frédéric Lenoir

 

Genre : Conte philosophique

Pays : France

Date de publication : mai 2012

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 60

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Résumé : Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s'appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l'Antiquité appellent l'Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Depuis la sortie de L'Âme du monde, en 2012, j'avais tout fait pour éviter de le lire. Pourquoi ? À cause d'un double traumatisme littéraire. Le premier date de mes années lycée... Il est dû à Zadig ou la Destinée. Alors que j'avais lu et apprécié nombre d'ouvrages considérés par mes pairs comme ennuyeux, j'avoue ne pas avoir survécu à ce vaurien de Voltaire. Puis, la même année que la parution de l'Âme du monde, j'ai eu l'audace de me plonger dans L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle... Expérience désastreuse. Après tout cela, j'avoue que la seule idée de lire ce qu'on me présentait comme un conte spirituel me donnait de l'urticaire.

Sauf que je ne m'étais pas assez renseignée sur l'auteur. Alors que le curriculum vitæ de monsieur Gounelle me laisse un peu dubitative celui de Frédéric Lenoir me semble plutôt rassurant. Philosophe et sociologue, il est chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

C'est pour cela, qu'après avoir tant fui cet ouvrage, j'ai décidé de m'y plonger toute entière.

Mon Avis

 

Ce conte spirituel a été pour moi un joli moment de lecture... Hélas ce genre comporte, et là c'est une question de préférences personnelles, un défaut important : sa brièveté ! En effet j'aurais voulu, en lieu et place d'un court récit de seulement 160 pages, un gros roman riche et foisonnant ! Ou au moins un peu plus de détails... Or un conte a pour principe premier de tendre vers une narration universelle. Une histoire qui parlerait à tous et toutes, au-delà de toute nationalité, de toute religion, de toute culture.

Notons que malgré certains articles et certaines critiques, L'Âme du monde n'est certes pas un Conte philosophique. En effet ce dernier critique la société et le pouvoir en place, ce qui n'est pas tellement le cas du récit de Lenoir -ou de manière totalement superficielle-. De plus rappelons que le Conte philosophique a émergé comme une réponse à la censure que subissaient les philosophes des Lumières.

Bref, j'ai beaucoup aimé L'Âme du monde même si certaines réactions du personnage de l'adolescente -Natina- m'ont semblé un peu ridicules -une telle innocence chez une jeune fille de 14 ans, élevée à l'occidentale, me paraît incohérente-. Mais quelques petites imperfections ne portent guère préjudice à l'ouvrage et je suis sortie de ma lecture bien heureuse d'avoir succombé !

Je vous laisse avec une citation qui m'a particulièrement touchée :

« Malheureux l'homme qui ne sait pas qu'il possède deux grands trésors à l'intérieur de lui-même : la clarté de l'esprit, qui peut le rendre libre, et la bonté du cœur, qui peut le rendre heureux. »

Et vous amis lecteurs, vous aimez les contes philosophiques ?

 

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02 novembre 2017

Les émotions de vos personnages

 

Comme l'a justement écrit le britannique Anthony Burgess, auteur de A Clockwork Orange (1962) -adapté par Kubrick-, « Sans personnage, pas de roman ». Or, même avec des personnages bien construits, l'intérêt de ces derniers, au-delà de leur rôle dans l'intrigue, est de réagir. Un héros sans émotion ne serait qu'une marionnette de carton-pâte ! Mais de quelle manière montrer ces émotions ? Comment parvenir à une certaine authenticité ?

 

 

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La très chouette illustration de Jeff

 

Transmettre c'est d'abord connaître

 

Pour transmettre les émotions de ses personnages, encore faut-il les maîtriser. En général on parle de 6 émotions de base : la tristesse, la joie, la peur, la colère, le dégoût et la surprise. Les émotions secondaires, elles, sont innombrables (la honte, la nostalgie, l'amertume,...).

Compter sur sa seule expérience me semble compliqué et on peut très bien travailler en amont sur les émotions.

Tout d'abord les siennes, en tenant un journal et en gardant un carnet toujours sur soi -à force de vous le marteler, vous commencez à connaître la mélodie...-. Vous éprouvez de la colère ? Très bien ! Profitez-en pour écrire ce qui se passe en vous. Ne vous cantonnez pas seulement au marasme intérieur mais décrivez-en les manifestations physiques.

Ensuite celles des autres. Un écrivain, et un artiste quelque soit son domaine de prédilection, est un observateur. Il ne perd pas une occasion de nourrir sa connaissance de la nature humaine. Là encore, prenez des notes.

Toute la matière que vous rassemblerez au quotidien vous fournira une merveilleuse source d'inspiration pour votre travail.

 

 

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À personnage unique, expression unique ?



Si vous avez pris le temps de travailler en amont, vous avez sans doute remarqué qu'il existe une multitude de manières d'exprimer une même émotion. Un tel aura la colère bruyante, tel autre introverti et glacial.

Afin d'exprimer ce que ressent un personnage, il faut savoir comment il vivra la joie, la tristesse, la colère,... Cela en restant cohérent avec sa psychologie.

Plus vous aurez caractérisé vos personnages, plus la manière dont ils exprimeront leurs émotions ira de soi.

 

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Montrer plus que décrire...

 

Tout écrivant qui a lu des ouvrages théoriques a été confronté au précepte suivant « showing, not telling » c'est à dire "montrer, ne pas dire". Il semble que cette règle soit issue de la dramaturgie mais je sais que c'est un des principes de Stephen King, docteur ès suspens. Comment faire la différence entre dire et montrer ? Rien ne vaut un exemple :

La jeune femme sentit la peur lui vriller l'estomac et ferma son sac  : comment échapper à cet homme ?

La jeune femme jeta un coup d’œil en arrière avant de fermer son sac d'une main tremblante. Le souffle court, elle accéléra son pas : comment échapper à cet homme ?

Dans la seconde proposition, on évite d'employer le mot peur mais on tente de décrire les manifestations de cette dernière. Montrer permet au lecteur de ressentir plus d'empathie envers un personnage.

Lorsque vous voulez qu'un personnage montre une émotion particulière, vous pouvez aussi vous appuyer sur ses expressions faciales et sa gestuelle. Si la scène concernée comporte des dialogues, l'émotion pourra tout à fait influencer ces derniers : les inflexions de la voix, le débit, la ponctuation... Nul besoin de faire tout un paragraphe sur ce que ressent le personnage, quelques mots bien choisi auront parfois un plus impacte que de grandes descriptions.

 

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Le très bon animé Vice-versa

Comme toujours c'est en écrivant qu'on devient écrivain. N'hésitez pas à expérimenter, explorer, essayer. Personnellement, j'adore que mes personnages soient en proie à des émotions fortes... D'ailleurs ma préférence va vers la colère, si passionnante à décrire et si efficace pour faire avancer le récit...



Et vous, une émotion préférée quand il s'agit de vos personnages ?

 

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28 octobre 2017

Consigne d'écriture n°13 - «Haïku»

 

 

La consigne

 

Écrire un haïku, c'est à dire un court poème comportant trois séquences (5/7/5 syllabes).

 

 

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Mon texte

Cil baigné de larmes
Frémissement de paupière
Voilà : enfin libre !

   Manuel ouvert
Les sourcils un peu froncés
Tiens, un papillon !

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