15 février 2018

Point papeterie : prendre des notes...

 

Dans le premier article du site, les trois clefs de l'inspiration, un des premiers conseils que je permettais de donner était le suivant : « gardez toujours un carnet/journal sur vous pour recueillir sur l'instant toute cette matière à votre portée. ». C'est un principe auquel je ne déroge jamais. Si, par malheur, je sors munie d'un micro-sac de soirée et donc sans carnet, je finis toujours par le regretter...

 

 

La folie de la prise de note : une obsession utile

 

Si vous pratiquez une activité artistique, que ce soit le dessin, l'aquarelle, l'écriture ou la fabrication de bijoux, vous savez que l'inspiration peut surgir n'importe où, n'importe quand. Or, il n'y a pas de phénomène plus frustrant que de perdre une bonne idée. Je ne parle pas d'écrire un sonnet en dix minutes dans le métro -quoique...- mais de cette phrase, ce thème ou ce vers qui naît en une seconde à la vue d'un passant, d'un ciel particulièrement beau, ou en entendant une mélodie, une phrase, un bruit. Bref, je ne compte pas les fois où au détour d'une journée ordinaire j'arrête tout pour m'exclamer : « Mais bien sûr ! ». Certains de ses « éclairs de génie » se sont bien entendu révélés des impasses mais quelques uns sont à l'origine de mes meilleures productions.

Si vous ne vous passionnez par pour un art au sens strict du terme, cela n'a aucune importance. La prise de note concerne tout un chacun.... Pour garder en mémoire le nom d'un restaurant qu'on nous conseille, une vanne désopilante ou même la petite phrase drôle et adorable du petit dernier. Le regret de ne pas avoir suffisamment noté les bonnes idées se fait particulièrement ressentir au moment des fêtes ou à l'approche des anniversaires : « Mais si, il m'avait parlé d'un truc qu'il lui faisait envie. Un bouquin. Un certain Arthur machin truc. Argh, j'arrive pas à me rappeler... » À défaut d'avoir griffonné l'idée cadeau -et d'avoir conservé le fameux post-it-, on se retrouve à offrir la bouteille de vin ou les chocolats mille fois offerts !

Je vous parlais de post-it car je connais pas mal de personnes qui utilisent ce genre de choses. Je ne dis pas qu'ils sont inutiles mais, personnellement, j'ai tendance à les perdre. Maintenant j'essaie de les coller dans mon agenda, mon carnet de note où n'importe quel « lieu » qui me permettra de les retrouver. Si vous voulez pratiquer la prise de notes au mieux, il existe plusieurs possibilités selon vos besoins...

 

Les cahiers, carnets et les autres...

Commençons par un outil très pratique mais que je n'utilise presque jamais pour prendre des notes : le smartphone. Si cela ne me correspond pas, vous pouvez très bien y trouver votre compte. Si vous désirez essayer le téléphone pour remplacer vos post-it, choisissez une application dédiée – elles sont nombreuses et souvent gratuites. La seule que j'ai pu expérimenter et qui semble la plus connue -et une des plus plébiscitées- est Evernote. N'hésitez pas à l'essayer.

Peut-être que, comme moi, vous préférez le papier. L'offre étant colossale, le mieux reste de choisir le format qui vous paraît le plus pratique. Beaucoup apprécient les petits cahiers format 9x14cm. En effet ils rentrent dans n'importe quel sac ! De mon côté je n'en utilise pas de cette taille car j'adore avoir beaucoup de place pour écrire. Si je possède un agenda en A6, il ne me sert qu'à noter quelques rendez-vous mais jamais à prendre de notes. Il me faut au moins un A5 (148 x 210 mm) ! Pour cela j'ai très longtemps utilisé des carnets A5 moleskine qui me servaient de journal intime/carnet de notes/cahier de brouillon,...

Ce genre de supports suppose que l'on écrit au kilomètre. Au mieux on inscrit la date et nos notes sont « rangées » chronologiquement. Si vous prenez peu de notes, ce système peut suffire. Personnellement j'ai besoin de plus « d'ordre »... Et je pense avoir trouvé l'outil parfait pour moi...



Mon allier personnel : le Traveler's Notebook

 

Pour ne pas mélanger les informations, je me retrouvais souvent avec deux, trois ou même quatre carnets ! Non seulement je n'ai pas envie de me balader avec une valise mais j'avais la fâcheuse tendance d'oublier ou de perdre mes fameux carnets... J'ai donc essayé de trouver une solution.

Le système de Traveler's notebook a été la réponse à mon problème. Mais qu'est-ce qu'un Traveler's notebook ? C'est une couverture -en cuir ou immitation cuir- qui permet, avec un simple système d'élastiques, d'y insérer des carnets -un à quatre pour la plupart des modèles.

 

Ainsi on peut choisir une fonction à chaque carnet. Souvent muni d'un passant à stylo, on a tout sous la main ! Je possède un traveler's notebook de la marque Dokibook et je ne peux plus m'en passer. J'ai pris ce modèle car il comporte quatre élastiques ce qui signifie que j'ai pu y mettre autant de carnets. Vous voulez savoir comment j'utilise ces derniers ? Le premier me sert de to-do list, le deuxième me permet de prendre des notes (de lecture ou lorsque j'assiste à une conférence), le troisième recueille mes recherches sur l'écriture et le dernier est une sorte de cahier de brouillon multi-fonctions. Je ne l'emmène par partout avec moi -je peux prendre une note exceptionnelle dans mon journal intime qui, lui, m'accompagne partout- mais je l'ai souvent dans le sac. Si vous choisissez le traveler's notebook, sachez qu'il existe plusieurs formats mais que la taille la plus commune est de 11x21cm.

Le modèle de traveler's notebook que je possède...

Voilà pour la prise de note... En espérant que cet article vous sera d'une quelconque utilité. Il faudra d'ailleurs que je vous fasse un article sur la manière d'utiliser ses notes -et je me dépêche d'écrire cette idée dans mon traveler !



Et vous, ami lecteur, touché par cette obsession de la prise de notes ?

 

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10 février 2018

La littérature au Moyen-Âge - Contexte

 

Comme je l’annonçais lundi, j'ai décidé de vous parler littérature française, plus exactement histoire de la littérature française, à raison d'une à deux fois par mois.

Plus jeune, lorsque mon cœur balançait entre histoire et littérature, je m'imaginais parfois en médiéviste chevronnée qui manipulerait de précieux manuscrits les mains munies de gants blancs -depuis j'ai appris que ceux-ci étaient déconseillés...- . Il était donc hors de question de faire l'impasse sur le Moyen-Âge dans notre histoire de la littérature française !

Pourtant le Moyen-Âge reste, à mon sens, une des périodes les plus complexes à comprendre. Déjà parce qu'elle dure mille ans et que l'ambition de la réduire à quelques notions semble insensée. Bien entendu je ne compte pas traiter du sujet avec un seul article. Aussi j'ai décidé de vous faire profiter de quelques préliminaires -et qui n'aime pas cela ?-. Car la littérature médiévale a quelques particularités et il paraît raisonnable d'en faire un bref résumé.

 

I. Une question de langues

 

Avant toute chose, il faut comprendre qu'au Moyen-Âge, il n'y avait pas une seule langue mais plusieurs. Les deux principales étaient la langue d'Oc et la langue d'Oïl, toutes deux issues du gallo-romain.

La langue d'oc (ou occitan) prédominait dans le sud de la France, encore aujourd'hui elle est la langue régionale la plus parlée en France. Bien que nous n'allons pas nous appesantir sur la littérature occitane, il faut garder à l'esprit qu'elle a été très importante au Moyen-Âge. De nombreux textes nous sont parvenus, un des premiers d'entre eux étant la Chanson de Sainte fois au XIe siècle.

C'est pourtant de la langue d'Oïl que nous vient la langue qui est nôtre aujourd'hui. Si dans un premier temps elle se confond avec l'ancien français, les deux langues deviendront distinctes à la fin du Moyen-Âge. En vérité on ne devrait pas parler de la langues d'Oïl mais des langues d'Oïl puisque que l'ancien français n'est qu'un des dialectes considérés comme telles. Parmi eux on peut compter, entre autres, le lorrain, le picard, le normand, le bourguignon,... Il semble que ce soit le francien -parlé en Île-de-France- qui deviendra la norme du français littéraire dès la seconde moitié du XIIe siècle.

Pourtant, comme nous allons le voir dans la suite de l'article, il n'y a pas seulement un bilinguisme à cette époque mais un trilinguisme. Car à la langue d'Oc et aux langues d'Oïl, on peut rajouter la langues des lettrés : le latin.


Manuscrit de Guillaume de Tudèle et continuateur anonyme, Chanson de la Croisade contre les Albigeois, manuscrit de 1250-1300 écrit en occitan ancien

 

II. De l'écrit de la langue vulgaire

 

Si les gens du peuple parlaient le dialecte de leur région, les lettrés devaient maîtriser le latin puisque tous les écrits étaient rédigés dans cette langue. Cette domination sera mise à mal au Concile de Tours en 813 quand les évêques, rassemblés par Charlemagne, recommandèrent de prêcher en roman. C'est toujours mieux de comprendre quand on nous explique comment éviter l'Enfer ! Cet événement marque la reconnaissance du roman comme langue. On pourrait penser que le Concile a immédiatement révolutionné l'écrit mais c'est très loin d'être le cas. Il faudra attendre 842 pour que le premier texte écrit dans une autre langue soit attesté. Il s'agit des Serments de Strasbourg qui signe une alliance militaire entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. Quant au premier texte littéraire, il faudra encore attendre au moins 38 ans !

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Manuscrit de Nithard, petit-fils de Charlemagne, dans lequel il rapporte l'épisode des serments de Strasbourg

C'est à partir fin du IXe siècle qu'apparaissent des textes composés en langue vulgaire. Notez aussi que le roman littéraire est d'abord en vers. Ce n'est que dans la seconde moitié du XIIe siècle que la prose commence à apparaître comme forme littéraire.

Malgré tout, le latin reste la langue savante. La rivalité avec le roman s'affirmera au XIe siècle avec la chanson de geste -je vous en parlerai plus longuement- et au XIIe siècle avec la poésie lyrique en langue occitane. Ce sont ces textes qui donnent au roman et à l'occitan le statut de langue littéraire.

À partir du XIIe siècle, tous les domaines -sauf peut-être la théologie et la philosophie- d'abord réservés au latin sont investis en français. Mais cela ne doit pas nous faire oublier l'influence énorme du latin classique et médiéval tout au long du Moyen-Âge.

 

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Charlemagne et Pépin le Bossu. Copie réalisée au Xe siècle d’un manuscrit original datant d’entre 829 et 836 | Wikimédia Commons

III. Une transmission très limitée

 

Même rédigés en langue vulgaire les livres sont réservés à une élite restreinte. La culture est essentiellement transmise à l'orale. Lorsque l'on étudie de près les œuvres littéraires médiévales, il est indispensable de garder cette particularité à l'esprit : les textes sont crées pour être dits ou chantés.

Quant aux livres manuscrits il sont transcrits à la main par des copistes. Non seulement la pratique est longue et fastidieuse mais elle reste surtout onéreuse. Un nombre limité de manuscrits nous est donc parvenu. De plus certains d'entre eux sont très abîmés et ne permettent pas d’accéder à l'intégralité de l’œuvre, comme pour les fragments du Tristan de Béroul. Même quand le parchemin est en bon état, il ne faut pas oublier que le contenu varie toujours d'une copie à l'autre.

À partir du XIVe siècle, les milieux aristocratiques et la haute bourgeoisie s'intéressent à la question et commandent des manuscrits. Il y a même des collectionneurs célèbres comme Jean de Berry ou René d'Anjou.

 

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Comme vous venez de le voir le contexte linguistique et éditorial du Moyen-Âge reste particulier et il me semble difficile de comprendre la littérature de cette période sans prendre en compte cet environnement. Maintenant que c'est fait, je vous donne rendez-vous dans deux semaines pour assister à rien de moins qu'à la naissance de notre littérature !

 

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08 février 2018

Du bienfait des rituels sur la créativité...

 

Au printemps dernier, je vous parlais des jours où je n'avais pas envie d'écrire et de mes astuces pour entrer en écriture. J'abordais alors la question d'un rituel d'écriture. Parce qu'il y a peu, j'ai eu besoin de transformer mon propre rituel, j'ai eu envie de revenir plus longuement sur le principe...

 

Un rituel... C'est-à-dire ?

 

Alors que je respectais depuis des années un rituel, je ne me suis rendue compte de son existence qu'à la lecture du livre de la chorégraphe Twyla Tharp « The Creative Habit : learn it and use it for life ». Pour cette artiste, les rituels entretiennent la créativité. Mais qu'est-ce qu'un rituel ? Ce sont des habitudes, une routine que l'on effectue avant d'écrire, de peindre, de composer.

Certains de nos plus éminents écrivains avaient des manies assez incongrues : Hugo écrivait ses essais complètement nu, Rostand travaillait dans sa baignoire, quant à Hemingway, c'est debout qu'il produisait ses cinq-cent mots quotidiens, et seulement après avoir taillé tous ses crayons. Sans tomber dans les TOC, pourquoi ne pas choisir un « rituel d'écriture » ?

 

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 Hemingway en 1950

 

Un rituel... Mais pourquoi ?

 

Le simple fait d’accomplir un rituel -que ce soit de se préparer un thé ou de mettre un CD de Mozart- nous met dans des dispositions créatrices. Notre esprit « sait » que l'on va travailler. En quelque sorte il se met en mode « création ». Après tout, si le simple fait de sourire -même déprimé- nous met de meilleure humeur, pourquoi ne pourrions-nous pas « apprendre à notre cerveau » qu'une tasse de Lapsang Souchong -thé noir fumé de Chine-est un signal pour convoquer l'inspiration ?

 

 

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Un rituel... Mais comment ?

Bien entendu certains artistes ne s'appuient pas sur un ritue mais le mieux est d’expérimenter avant de se décider. Pour d'autres -dont je suis- la mise en place d'une routine se fait naturellement. N'oublions pas qu'un rituel n'est pas gravé dans le marbre, rien n'empêche de le varier. À une certaine période, je n'écrivais qu'à la bibliothèque de ma ville, puis c'était le soir, quand mes enfants dormaient. Désormais, j'ai seulement besoin d'ouvrir mon agenda d'écriture à la bonne page et de m’asseoir devant le clavier. On peut aussi avoir plusieurs rituels selon les conditions d'écriture. À l'extérieur, c'est de mon carnet dont j'ai besoin -il faudra d'ailleurs que je vous le présente-.

Dans tous les ateliers de l'Écrhistoires sur l'écriture de fiction (Le Personnage/Le Dialogue/Construction d'un roman/Travailler un texte,...), un conseil revient avec régularité : votre travail aura tout à gagner si vous vous connaissez. Alors commencez par vous observer. Aimez-vous boire un café en écrivant ? Y-a-t-il des petites choses qui facilitent votre travail ? Débusquez-les pour les ritualiser et -après quelques semaines- faites le point sur la qualité de votre inspiration quand vous les utilisez.

 

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Et vous, un rituel avant de créer ?

 

05 février 2018

La poésie - mais kezako ?



Lorsque l'on écrit, il semble judicieux d'acquérir une certaine culture littéraire. Et parce que j'aime la littérature -son histoire et ses complexités- j'ai décidé de vous parler régulièrement des différents genres qui existent.

 

Le mot poésie possède une longue et riche histoire. Il nous vient du latin poesis signifiant « poésie, œuvre poétique, genre poétique ». Si on remonte encore le fil du temps, le terme latin est lui-même dérivé du grec poiein (créer, fabriquer un poème). Dans le Larousse on définit la poésie par l'art d'évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l'union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers. Ce travail de la langue est un des désirs les plus anciens de notre humanité, cet appétit n'avait pas seulement des motivations de beauté, le jeu sur la musicalité et le rythme est né d'un besoin bien plus pragmatique...

I. Un exercice né avec l'homme ?

 

De manière personnelle j'aime définir la poésie via la dimension d'oralité. Car la poésie, qu'elle soit en vers ou en prose, est d'abord écrite pour être écoutée. Pourquoi un tel attachement à cet aspect ? Car la poésie est sans doute née du besoin de transmission orale. De nombreuses traditions orales relèvent de la poésie. Par exemple celle des griots africains, les bardes en Afrique occidentale.

De quelle manière cette tradition orale a été le berceau de la poésie ? La recherche d'une rythmique ainsi que l'utilisation de vers ou d'effets sonores étaient motivés par la mémorisation. Tous ces procédés étaient des moyens mnémotechniques. Si je suis aussi affirmative c'est que la poésie pour transmettre une tradition orale et des mythes fondateurs est apparue dans la plupart des civilisations. En Afrique, comme nous l'avons dit plus haut mais aussi en Mésopotamie avec l'épopée de Gilgamesh, dans l'Égypte antique, en Grèce avec l'Iliade et l'Odyssée,... L'apparition de l'écriture n'a pas empêché cette tradition orale de perdurer. N'oublions pas que la lecture et l'écriture étant longtemps restées l'apanage d'une élite, la majorité des gens avaient besoin de cette oralité.

Comme nous l'avons vu, la poésie en tant qu'art de jouer sur les rythmes et la musicalité remonte à l'antiquité. Pourtant, et bien qu'il n'en reste aucune trace, ne peut-on pas penser, à la lumière de son existence sur tous les continents, que les hommes de la préhistoire possédaient eux aussi une tradition orale empreinte de poésie ?

 

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Buste de Homère

II. D'abord le travail de la langue

La production poétique est d'abord une question d'outils littéraires. C'est l'utilisation de ces derniers qui donne une dimension poétique à un texte. Bien sûr on ne peut définir la poésie par un seul de ces procédés. La poésie n'est pas la versification comme elle ne se limite pas aux figures de style.

En linguistique on décrit la poésie comme un énoncé centré sur la forme, le signifiant. Poussé à l’extrême cette attention donnera le calligramme. Partir de cette définition permet de garder à l'esprit combien la poésie diffère selon la langue et la culture. On ne rime pas en anglais de la même manière qu'en français. Si on tourne le regard vers d'autres continents, la poésie s'éloigne encore plus de ce que nous connaissons. Ainsi le Haïku qui ne comporte aucune rime.

La recherche de musicalité me paraît au centre de cette volonté de travailler la forme. On prête attention à la matérialité des mots. Pour cela on dispose d'outils autour des sons comme les allitérations ou les assonances, les rimes ou l'utilisation de refrain. Quant au rythme il est ciselé aussi bien par le nombre de syllabes que par le jeu des accents, de la ponctuation,...

Mais on ne peut pas parler poésie sans s'attacher au pouvoir d'évocation des images. Les figures de style, parmi lesquelles la métaphores, la comparaison ou l'oxymore, permettent de « frapper » l'esprit du lecteur.

Cette multiplication des possibilités donne à la poésie une richesse incroyable...

 

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Guillaume Apollinaire - Calligramme - Poème du 9 février 1915 - Reconnais-toi

 

III. Des formes diverses et variées

Dans cette dernière partie, je vais me concentrer sur la poésie française, celle que je connais le mieux... Au fil des siècle, elle a d'abord été assujettie à un cadre particulièrement rigide avant de s'affranchir. 

Longtemps les poèmes à forme fixe ont dominé le paysage littéraire. Si tout le monde connaît le sonnet, n'oublions pas la ballade, l'ode, le rondeau ou le lai (surtout représenté par Marie de France). Ces « modèles » sont complexes aussi je pense qu'ils méritent chacun un article... Même lorsque les poèmes fixes n'ont plus été la norme, la poésie a longtemps tourné autour du vers et de la rime. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la poésie a avant tout été une question de nombre de pieds, de la qualité des rimes,... bref de versification.

Par la suite les poètes se sont libérés de ces règles. D'abord avec le vers libre puis via le poème en prose. N'oublions pas aussi les artistes qui se sont préoccupés de la graphie avec Apollinaire et ses Calligrammes ou Mallarmé et Reverdy.

La poésie présente mille visages et elle n'a cessé de varier au fil des plumes et des siècles. Je prévois de m'appesantir sur certaines de ses formes dans les mois à venir. Parce que connaître quelques uns des ces visages, c'est se donner la possibilité de jouer avec les codes, avec les cadres. Bref de faire, justement, de la poésie.

 

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Pierre Reverdy



Une forme de poésie préférée ?

 





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03 février 2018

Consigne d'écriture n°19 - «Titres de films »

 

La consigne

 

Prendre 10 titres de films issus du classement IMDb et les utiliser en logo-rallye, c'est à dire les intégrer dans le texte que vous écrirez pour l'occasion... Voici les titres que je voulais insérer dans ma proposition : les évadés, la vie est belle, Léon, psychose, les lumières de la ville, le pianiste, la vie des autres, sueurs froides, du silence et des ombres, là-haut.

 

 

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Mon texte

 

Le club de la solitude

 

La climatisation poussive ne parvenait pas à rafraîchir l'air lourd et moite. Certains clients s'éventaient avec leur serviette cramoisie, imprimant à leur geste le rythme de la musique jouée sur scène. L'homme ne prenait pas cette peine : il supportait vaillamment la chaleur, même aggravée par le bourbon. Il enviait ceux qui avaient déjà déserté la ville, les évadés de l'été. Dans les rues ne restaient que les touristes et les pauvres hères dont il faisait parti. Il lui en aurait fallu du courage pour se dire que la vie est belle alors que l'air brûlait dans la cage à poule qui lui servait d'appartement. Léon pensait que cette chaleur, avec la promiscuité de la ville, pouvait rendre fou. Oui, la température avait joué un rôle dans la maladie de son voisin. Le quinquagénaire avait complètement craqué. Ses crises terribles avait obligé sa propre fille à le faire interner. Le vieux était toujours en pleine psychose.

La porte du club s'ouvrit sur un couple séduisant et Léon jeta un regard dehors où les lumières de la ville restaient invisibles dans la ruelle étroite. Alors qu'il reprenait une gorgée d'alcool, le pianiste entama une improvisation sur In a sentimental mood – des maître Ellington et Coltrane –, captant son attention. Très vite il préféra de nouveau observer les autres clients. Car Léon adorait cela : traîner dans les lieux public pour contempler la vie des autres. Comme pour se distraire de la solitude. Léon ne voyait pas le mal. D'ailleurs sa manie avait fini par sauver la vie d'un client quand, l'autre soir, celui-ci, soudain le visage rouge et mouillé de sueurs froides, avait porté la main sur sur cœur. Personne n'avait remarqué. Sauf Léon. Qui avait pu appeler les secours.

Un dernier coup de bourbon... Après l'atmosphère du club, l'air extérieur semble presque frais. Il sera bientôt à la maison où ne l'attendent que du silence et des ombres. Tous les soirs, c'est pareil, Léon retrouve la douleur de sa solitude. Il s'arrête là, au milieu de la ruelle, et, tête levée, ferme les yeux. Il tente de secouer sa tristesse, de se donner un peu d’énergie et quand il parvient enfin à entrouvrir les paupières, c'est pour voir que là-haut, pour une fois, il peut voir les étoiles. La musique, étouffée, lui parvient.

Alors il sourit.

 

 

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01 février 2018

Point ch'orthographe : les mots composés

 

Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les mots composés

Si vous faites parti des abonnés à la newsletter -dans le cas contraire, il vous suffit de rentrer votre adresse mail dans le formulaire à droite-, vous savez que j'ai récemment bataillé avec un accord. Alors que je corrigeais un texte, je me suis heurtée au pluriel du terme « tête-à-tête ». Sans la consultation de mon ami le Bled, impossible d'être certaine de la règle. J'ai immédiatement pensé à l'Écrhistoires ! Pourquoi ne pas aborder cette histoire des mots composés ?

 

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Un mot composé : kézako ?

Mais non ami lecteur, je ne vous prends pas pour des ignares, c'est seulement que j'aime la précision alors autant commencer par le début...

Qu'est-ce qu'un mot composé ? C'est un mot nouveau que l'on a obtenu par juxtaposition de mots déjà existants. Cette juxtaposition peut se faire de plusieurs manières.

On peut souder les mots comme un gentilhomme, un marchepied ou longtemps. Il est aussi possible de les lier par un trait d'union, c'est le cas pour un chasse-neige, un après-midi, un avant-propos. À la place de la ponctuation on peut utiliser une préposition : une salle à manger, une pomme de terre, une machine à laver. Enfin on peut simplement juxtaposer les mots en question, c'est à dire les mettre l'un après l'autre tels une chaise longue, tout à coup ou un compte rendu.

 

La règle c'est la vie !

 

La règle est plutôt simple : les nom et adjectifs s'accordent. Une basse-cour deviendra donc des basses-cours. Si deux noms sont unis par une préposition, en général seul le premier nom s'accorde, tel des chefs-d’œuvre. Enfin, notez que si un adjectif a une valeur adverbial alors il ne s'accordera pas. Voyons deux exemples pour que ce soit un peu plus clair : on dira des haut-parleurs et des long-courriers.

Les verbes, prépositions et adverbes ne s'accordent pas. Cela donnera des laisser-passer et des pince-sans-rire.

Le meilleur exemple pour comprendre la règle sont les mots composés avec le terme « garde ». Lorsque ce dernier est employé comme un nom, il s'accorde : des gardes-malades, des gardes-chasses. Mais si « garde » est utilisé en tant que verbe, il ne s'accordera pas : des garde-manger, des garde-robes.

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Le Chat, de Philippe Geluck

Quand la règle s'emmêle : les cas particuliers

Dans notre belle mais tortueuse langue française, il y a toujours des exceptions. Et ouais... Déjà le sens peut jouer et imposer un pluriel dans un mot composé au singulier. Dans un porte-bagages, la logique veut que l'on mette plusieurs sacs ou valises... Le contraire existe aussi. Ainsi dans des timbres-poste, la préposition « pour » (des timbres pour la poste) est sous-entendue.

Encore plus fort avec cette histoire de sens, on dit des pot-au-feu car on mettra des légumes dans UN pot sur LE feu. Après explication cela semble logique mais, franchement, j'ai tendance à l'oublier pendant que j'écris.

Enfin, une petite règle à se rappeler : le premier mot d'un mot composé se terminant par la voyelle -O ne s'accorde pas. On dira des primo-arrivants et des auto-écoles.

 

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Les mots-composés sont des petits fourbes mais si on garde quelques éléments en tête, on devrait s'en sortir. Et en cas de gros doutes, il suffit d'aller interroger notre pote monsieur Larousse...



Et vous, amis lecteurs, existe-il un point de la langue française que vous auriez besoin de réviser ?

 

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25 janvier 2018

Tenir un journal intime - comment ?

 

Peut-être avez-vous eu l'occasion de lire mon article sur les 5 bonnes raisons de tenir un journal intime. Si c'est le cas, vous approuvez peut-être sans vous être lancé. Il faut dire que si cette habitude ne fait pas parti de votre quotidien, c'est parfois un peu étrange de commencer. On ne sait pas forcément de quelle manière s'y prendre... Dans cet article je parle de journal « écrit », pour l'Art Journal c'est par .



 

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Un journal... Mais dans quoi ?

Si vous avez plus de dix ans, on oublie le carnet à cadenas ! Surtout que ce système est aussi sécurisé que faire ripaille au bord d'une autoroute. Bien entendu, nul besoin d'investir, après tout j'ai commencé mon journal dans un de ces cahiers de brouillons vendu par cinq. Par contre vous pouvez désirer un support sympa.

 

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Attention toutefois au piège du perfectionnisme : choisir un carnet trop luxueux, en vrai cuir par exemple, risque de vous donner des angoisses si par malheur vous vous risquez à raturer. Personnellement, j'aime que mon journal soit comme ma vie, joyeusement bordélique. Il existe des carnets esthétiques à prix correct, les Clairefontaine, les Moleskine ou les fameux Leuchtturm1917 -chouchous des adeptes du Bullet Journal-.

 

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Concernant le format du support, le A4 me semble un peu grand. Ensuite cela dépendra de l'usage que vous ferez de votre journal : si vous désirez l'emporter partout une taille de 13 par 21 ou même de 9 par 14 pourrait vous convenir.

Depuis plusieurs mois, je tiens mon propre journal dans mon agenda -un Domino de Filofax en A5-. Lorsque j'ai besoin d'archiver un trimestre, je transfère les feuilles dans des classeurs tout simples.

Et le stylo ? ça n'a, bien sûr, aucune importance. Je déconseille le crayon à papier si vous désirez conservez vos journaux mais un simple bic noir conviendra tout à fait.

 

Question de temps et de régularité

Quand on tient un journal depuis longtemps on ne fait pas vraiment attention à la régularité. Il passe parfois des semaines avec seulement quelques feuillets griffonnées et, dans d'autres périodes, j'écris plusieurs pages par jour. Si je peux me permettre cette souplesse, c'est parce que l'écriture intime fait parti de mon hygiène de vie. Quand on débute, je pense qu'il faut mieux miser sur une certaine régularité. Rien de chronophage toutefois : le but est d'intégrer une routine pas de s'épuiser. Pour la fréquence commencer par un rythme très léger, une ou deux fois par semaine. Livre à vous de multiplier par la suite les séances d'écriture dans votre journal.

 

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George Goodwin Kilburne (1839-1924), Penning a Letter

Surtout ne cherchez pas à écrire bien ou joliment. Employez le vocabulaire que vous utilisez habituellement. Un journal intime n'a pas, à priori, de vocation littéraire. Si vous pratiquez l'écriture dite créative, vous pouvez vous amusez avec des consignes. Au fil du temps, votre journal deviendra sans doute un laboratoire d'idée, une usine à créativité. Mais comme pour les autres, ne vous précipitez ni dans le perfectionnisme ni dans un cahier des charges particuliers. Un journal intime doit avant tout rester un espace de liberté.

 

Mais je raconte quoi ?

 

Comme je le disais au-dessus, c'est un espace totalement libre. Certains d'entre vous verront dans cette infinité de possibilités une stimulation à leur créativité, d'autres pourraient se retrouver paralysés : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».

Si vous faites parti de la seconde catégorie, point d'inquiétude, vous pouvez vous appuyer sur un cadre pendant quelques temps. Pourquoi ne pas commencer par répondre au questionnaire de Proust ? Ou encore écrire votre « portrait chinois » ?

Après vous pouvez centrez une partie de votre journal autour d'un thème particulier comme les livres que vous lisez / films que vous voyez ou votre professionnelle/sentimentale/spirituelle. Enfin, n'oubliez pas que vous avez tout loisir s'expérimenter autant de choses que vous le voulez. À force vous verrez ce qui est le plus enrichissant pour vous...

Si vous n'appréciez pas cette liberté, il existe aussi des petits ouvrages très pratique comme celui-ci :

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Et vous, des conseils à donner pour tenir un journal ?

 

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20 janvier 2018

Consigne d'écriture n°18 - «Incipit tiré d'un livre»

 

La consigne

 

Incipit au hasard d'un livre Phrase tirée de Gaspard de la nuit, Aloysius Bertrand, Mercure de France, 1920 ( 103-104). Livre III, V, Le Clair de Lune : « Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le grillon de mon foyer vaticinait tout bas. »

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Mon texte

 

Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le grillon de mon foyer vaticinait tout bas. Sous mes pieds-nus, le plancher grossier et sur ma peau la chaleur moite de cette nuit de juillet. Curieux de ce qui provoquait les plaintes des deux misérables, je m'approchai et jetai un regard avide sur l'extérieur : un vieillard s'entretenait avec Auguste, le mendiant presque officiel de notre quartier. Depuis que nous habitions la rue, je le croisais régulièrement. Toujours vêtu de quelques puantes guenilles, il traînait ses vieilles guêtres sous nos porches, vivotant de charité et d'absinthe. Régulièrement, la maréchaussée le ramassait pour le déposer à l'hospice d'où il sortait au plus vite pour rejoindre ce qu'il considérait comme son foyer. Selon Louise, la lavandière, Auguste avait laissé sa raison et sa jambe gauche lors de la guerre de Crimée. L'homme, inoffensif, rendait de menus services aux honnêtes gens contre un peu de pain. Même le père Antoine le traitait presque avec bienveillance alors que l'homme d'Église montrait une intransigeance peu commune envers la vermine des rues. Pour l'heure, Auguste subissait la colère du vieillard. Une obscure querelle où il semblait question d'une affaire de cœur ainsi que du vol de 20 francs. Vivement pris à parti, notre mendigot reculait à mesure que son vieil interlocuteur élevait la voix. Hélas, malgré mon intérêt pour l'affaire, je prenais cette dernière en cours de route. Désormais, Auguste se défendait âprement :

— C'te calotte! J'aurais dû la recorder c'te toupie ! Plutôt l'trou que ça ! J'ai jamais vu tes vingts balles. Plutôt faire la tortue que rincer un zigue. D'façon, la gueuse t'avait laissé.1

Malgré sa silhouette chétive, le vieux souleva le mendiant par le col... Si je voyais ses lèvres bouger, impossible d'entendre ce qu'il disait. Encore une fois, Auguste protesta vivement :

— Pas ma faute si la coquine t'a rincé ! Tout ça pour ses guibes2

Le pauvre hère ne put continuer, secoué en tout sens par son compère. Je me penchais un peu, espérant mieux voir la scène quand Marie m'interrompit :

— Ferme donc cette fenêtre et viens dormir.

Avec un soupir, j’obtempérais et me recouchais. Après plusieurs minutes à me retourner dans le lit, je me rendis à l'évidence : entre les ronflements sonores de mon épouse, replongée dans le sommeil, et la harangue sous nos fenêtres : impossible de m'endormir. Il fallait que ces traîne-savates empêchent le repos des honnêtes gens ! Mon sang s'échauffa et bientôt je me relevais, résolu à leur lancer le contenu de notre pot de chambre. Hélas, nulle miction n'avait rempli le récipient et, aveuglé par la fatigue et la colère, je jetais quelques habits sur mes épaules et sortait armé d'un tisonnier.

La dispute avait dégénéré... L'infirme gisait à présent dans le caniveau, inconscient, tandis que le vieux continuait à lui crier des injures. Résolu, je lui demandai de déguerpir au plus vite s'il ne voulait pas que j'en appelle aux forces de police. Sourd à mes menaces, il changea de cible et d'une poigne solide m'agrippa le bras. Sans plus raisonner, je levais le tisonnier, espérant qu'il me lâcherait. Le bougre ne bougea pas d'un pouce et je le frappai violemment sur la tempe. Le vieillard s'écroula dans un bruit mou. Pour ne plus se relever. La peur au ventre devant mon forfait, je me réfugiais chez nous, fermai à double tour et attendit l'aube. Déjà, je me voyais couvert d'opprobre, condamné au bagne ou, plus probablement, à la guillotine. C'est ma femme qui apaisa mon angoisse :

— Tu sais ce que m'a appris Louise ? Auguste, le mendiant... Il a été arrêté pour meurtre. Il a tué un vieil homme pour le détrousser. C'est avec lui qu'il se querellait cette nuit, tu te souviens ? Bah... Il fallait bien que cela arrive. Un vagabond pareil...

Je hochai la tête :

— Au moins les honnêtes gens seront plus tranquilles...

Le feu bien reparti, je reposais le tisonnier en souriant.

 

1Calotte : teigneuse ; Recorder : tuer ; Faire la tortue : jeûner ; Rincer: voler ; Zigue : ami

2Rincer : voler ; Guibe : jambe ;

 

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18 janvier 2018

Madie – Mercier, Filippi et Raymond

 

Genre : Roman graphique

Pays : France

Date de publication : mars 2013

Maison d'édition : Casterman

Collection : KSTR

Prix : 15 euros

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Résumé : De nos jours, à Lunéville dans l’est de la France, Madie jouit d’une existence apparemment satisfaisante et épanouie, entre son métier de médecin généraliste, le couple qu’elle forme depuis sept ans avec son compagnon Édouard et les amis qui les côtoient depuis de nombreuses années. Mais lorsqu’elle apprend que son ancien amour de jeunesse, Frédéric, que tout le monde pensait mort, est en fait bien vivant, Madie se laisse submerger par une crise existentielle comme elle n’en avait encore jamais connue…

 

La chronique précédente de cette catégorie concernait déjà une « BD ». Curieux, car mes incursions dans ce genre littéraire restent non seulement récentes mais timides... J'avoue que le début de cet intérêt balbutiant coïncide avec l'ouverture d'un magasin de déstockage près de chez moi. Il faut dire que les BD et romans graphiques pêchent par leur prix. Et puis je n'y connais pas grand chose. Alors les dégotter pour un prix modique me permet de « m'initier » en douceur. Bref, c'est ainsi que j'ai déniché l'ouvrage qui nous intéresse aujourd'hui...

 

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Mon Avis

 

L'histoire de cette Maddie m'a touché plus que prévu. Cette chronique de mœurs, douce et amère, commence par un enterrement où se retrouvent plusieurs amis, dont notre héroïne. Une absence est au centre des émotions de la jeune femme : celle de son amour de jeunesse, mort depuis longtemps et fils de la défunte. Peu après cette triste journée, Madie apprend que ce dernier serait toujours vivant.

Les secrets de famille, le couple, la mort, l'absence, la quête de soi... Ce roman graphique aborde nombre de questions qui me touchent particulièrement. J'ai aimé les dessins assez simples et la subtilité de l'errance de Madie. Pourtant cette lecture ne m'aura pas totalement satisfaite. J'ai trouvé que le parcours de la jeune femme manquait un peu de profondeur, on effleure beaucoup là où j'aurais aimé qu'on explore...

Cela restera toutefois un moment plaisant qui m'encourage à continuer d'explorer le genre.

 

Dites... Vous savez quelle est la différence entre roman graphique et bande dessinée ?

 

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11 janvier 2018

Fonctions des passages descriptifs

 

Dans tous les ateliers de l'Écrhistoires abordant la fiction, nous insistons sur une chose : toute bonne scène possède une fonction. Si vous ne voyez pas à quoi sert tel ou tel passage, il faut au mieux le retravailler, au pire le supprimer. Il en est de même pour la description. Sans fonction précise, autant éparpiller les éléments qui la constituent au fil de votre récit...

 

Faire avancer le récit

 

En premier lieu, la description peut faire avancer le schmilblick... Par exemple pour préparer une scène à venir. Ainsi dans un roman policier, décrire une pièce avec un indice qui traîne ici ou là, offre l'opportunité d'amener le récit vers la résolution du crime. Et quel plaisir, lors de la relecture d'un roman à énigme -ou whodunit en anglais- de découvrir ces éléments au fil de l'ouvrage !

 

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Caractériser un personnage

 

Ensuite la description peut compléter la caractérisation d'un personnage. Imaginons un exemple... Une femme psycho-rigide que nous appellerons Liliane. Elle souffre peut-être même de TOC1. Ainsi Liliane pourrait tenir sa maison de manière obsessionnelle et une description de sa cuisine exagérément immaculée montrera cet aspect de sa personnalité.

Décrire l'environnement d'un personnage pour le caractériser est un outil intéressant. Elizabeth George, auteure de romans policiers, insiste sur ce point dans Mes secrets d'écrivain  : « Décrivez l'environnement d'un personnage et vous montrez qui il est ».

 

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Une question de rythme

 

Nous venons de passer en revue les deux fonctions que peut posséder une scène. Il reste une utilité que la description offre et qui lui est particulière : freiner le récit. Un procédé qui s'avère parfois salutaire.

Un passage descriptif provoque une rupture dans la narration, une pause, durant laquelle le lecteur ralentit. Dans les récits dont l'intrigue est complexe ou le rythme très soutenu, une respiration peut être bienvenue. Mal utilisée la description peut exagérément étirer l'action et lasser le lecteur. Il faut donc savoir doser et seule la pratique le permet aisément. Bref on revient toujours aux fondamentaux...



Et vous, vous utilisez les descriptions dans quel but ?

1Troubles obsessionnels compulsifs

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