31 août 2017

La plume et le clavier : un duel à l'aube ?

 

Sur les sites consacrés à la fiction, dans les manuels théoriques mais aussi au sein des ateliers d'écriture, le sujet continue de faire débat : écrire à la main ou directement sur ordinateur. De la même manière que les lecteurs d'Epub s'opposent souvent à ceux qui préfèrent le poids d'un ouvrage entre leurs mains, la plume et le clavier semblent scinder les écrivants en deux clans.

En dehors de toute considération philosophique, il me paraît utile de simplement comprendre ce que ces deux écoles ont à nous offrir. Ces outils, au-delà de toute considération métaphysique, peuvent et doivent se mettre au service de notre créativité.

Nota Bene : il ne sera question ici que de papier et d'ordinateur. Quant à la possibilité d'écrire sur une tablette ou un smartphone, j'avoue que je n'ai jamais vraiment tenté l'expérience.

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I. Comparatif technique

Commençons cette réflexion par le plus évident : les avantages et inconvénients de chaque outil... Ceux qui privilégient l'écriture à la main ont l'avantage de pouvoir écrire partout et dans -presque- toutes les conditions : dans les transports en commun, debout ou même allongé dans le lit, en pleine nature,... Il suffit de disposer d'un bout de papier et d'un crayon. Quoi de plus nomade ? Au contraire l'ordinateur demande quelques aménagements. On peut tout à fait utiliser un portable à l'extérieur mais il faut le prévoir : transport, batterie,... S'il nous vient une envie subite d'écrire, ce sera plus compliqué...

Si utiliser un stylo apporte -pour certain- une dimension de « plaisir », on a tendance à se fatiguer au bout d'un moment. Surtout quand on a perdu l'habitude d'écrire à la main. Bien entendu plus on « pratique » et plus on dispose d’endurance mais pour avoir souffert de tendinites à répétition lorsque j'étais étudiante, il y a une limite. Le clavier n'a pas ce désavantage même si la fatigue oculaire à cause de l'écran peut devenir, à long terme, tout aussi handicapant.

Enfin, il est parfois intéressant de regarder les brouillons à la main. Nos ratures nous permettent de comprendre de quelle manière on travaille un texte. Les changements sont visibles alors que sur écran on supprime ce qui ne nous convient pas. Hélas cet avantage est contrebalancé par le fait qu'il est compliqué de corriger un texte écrit à la main. Il faudra recopier plusieurs fois les mêmes choses... Chaque version d'un projet prendra beaucoup de temps puisqu'on doit tout réécrire.

Au contraire, l'ordinateur permet de changer une partie de son texte sans tout recopier. On peut déplacer des paragraphes entiers sans se fatiguer...

Bref, que ce soit pour l'écriture manuscrite ou sur clavier, il existe autant d'avantages que d'inconvénients... Comment savoir quel outil utiliser ? En premier lieu, il convient d'apprendre à se connaître...

II. Apprendre à se connaître

 

Cette partie revient dans tellement de mes articles et de mes ateliers que le précepte d'apprendre à se connaître devient une règle de vie... Comme toujours, prenez donc le temps nécessaire pour vous observer. Écrire à la main ou taper sur clavier change-t-il quelque chose à votre inspiration, à votre efficacité, à votre créativité ?

Afin de vous aider, je ne saurais trop vous conseiller la tenue d'un journal d'auteur/d'écrivant. Prendre le temps -5 à 10 min par jour ou séance- de noter vos ressentis, vos difficultés, vos impressions vous permettra de comprendre votre processus créatif et, par conséquent, de le parfaire.

 

III. Choisir le bon outil au bon moment

 

Après avoir pris le temps de lister les avantages et inconvénients de chaque outil puis d'apprendre à vous connaître, le conseil qui nous intéresse coule de source. Il s'agit d'utiliser la plume ou le clavier selon vos propres préférences et particularités. Vous expliquer de quelle manière je procède me permettra d'être plus claire...

À la main, j'écris toutes mes réflexions, idées, notes parce qu'allumer mon ordinateur à chaque fois me semble fastidieux. Concernant mes écrits intimes -comme la tenue de mon journal-, j'utilise aussi un stylo.

Quant au reste, je le tape afin de pouvoir retravailler facilement mes textes. Il existe une exception : la poésie. Je suis incapable d’écrire le premier jet d'un poème sur ordinateur, j'ai besoin de papier. Peut-être parce que le genre poétique exige une réflexion pour chaque mot, que c'est un travail de grande précision...

Vous le voyez, je ne défends ni le clavier ni la plume, les deux me semblent complémentaires selon ce que l'on écrit et pourquoi. À vous de trouver le fonctionnement qui vous conviendra le mieux. Pour finir avec le sujet, un petit conseil... Lorsque je bloque sur une scène ou un passage, changer d'outil me permet parfois de renouveler l'inspiration. Passer au stylo quand je travaille sur écran a souvent donné un nouveau souffle à mon écriture. Une manière simple de surmonter certains obstacles...

 

Et vous, plutôt plume ou clavier ?

 


24 août 2017

05 « révélations » sur l'écriture et moi

 

Alors que les vacances s'apprêtent à laisser place à l’effervescence de septembre, avec sa cohorte de contraintes et de déplaisirs, j'ai eu envie de publier un article un peu superficiel. Une bafouille légère et égocentrique. Depuis le début de l'Écrhistoires -à part sur ma présentation- j'ai rarement parlé de moi. Alors pourquoi ne pas prendre quelques instants pour faire quelques confidences sur ma personne ?

  1. Comment je suis tombée dans l'écriture

Avec pour thème l'écriture sous toutes ses formes, la première information à vous livrer allait de soit : comment ma passion est née...

Cette relation intense et merveilleuse date de mon enfance, du CM1 pour être précise. J'avais donc neuf ans et j'ai écris un poème. Quelques lignes avec de mauvaises rimes... Les sensations expérimentées alors ont « scellé » mon destin. Comment décrire cet instant crucial ? Ce n'était pas un simple instant de plaisir ou de joie. C'était une sensation presque spirituelle, l'impression de voler, de planer intellectuellement. Se transcender soi-même par la force si modeste de quelques mots. Depuis, je suis sans cesse à la recherche de cet instant de grâce -que je revis régulièrement en écrivant-, ce moment divin où tout n'est qu'harmonie en moi : « je suis à ma place, là, en train d'écrire ces mots qui me semblent faire partie de moi ».

  1. La papeterie...c'est la vie !

Cette courte phrase pourrait figurer sur ma tombe tant je suis une fanatique de tout ce qui touche à la papeterie. Carnet, organiseur, stylo, papier, cahiers... Mon système d'organisation quotidien reflète cette monomanie, il faudra d'ailleurs que je vous en parle plus dans le détail à l'occasion.

 

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  1. Les jeux vidéos : une source d'inspiration

Je vous en parlais récemment, la musique tient une place de choix dans mon processus créatif. Et j'évoquais rapidement la possibilité d'écouter des OST de jeux vidéo pour s'inspirer. Mais pas seulement... Je fais partie de la génération qui a grandi avec les consoles, la Megadrive d'abrod puis la Playstation à l'adolescence. L'univers des jeux vidéos a nourri mon imagination et donc mon écriture.

  1. L’œil de Sauron l'écrivain

Je suis écrivain. Ce n'est pas un métier mais un trait de mon être le plus profond. Peu importe où et avec qui je me trouve, je reste écrivain. Cette aspect de ma personnalité colore mon quotidien pour le meilleur....et pour le pire. Prenons le plaisir d'un film ou de suivre une série... Impossible de me défaire de mon « œil d'écrivain » ! Il y a toujours une part de moi qui examine la structure narrative du récit ou l'écriture des dialogues. Avec le temps j'ai compris que je devais garder mes réflexions pour moi : elles avaient la fâcheuse tendance à agacer mes compagnons de visionnage. Les pauvres...

  1. Je vais très bien....merci

Bien que je sache désormais taire mes analyses cinématographiques, mes proches ne sortent pas indemne de ma tumultueuse activité. Il arrive fréquemment que je pose les questions les plus incongrus : « Quel arbre est le plus commun dans les forêt de Bretagne ? » ou « Comment on dit « ma chérie » en grec ? ». Cette manie n'est pas très gênante même si elle sucite parfois quelques ricanements. Le problème survient quand j'écris des scènes « violentes ». À ce moment-là mes interrogations prennent une tournure inquiétante pour qui me connait mal. Du genre : « Quel bruit fait un corps qui tombe du huitième étage ? », « Est-ce que l'on peut vraiment dissoudre complètement un cadavre dans l'acide. »

Je ne vous parlerais même pas de mes recherches internet (Comment fabriquer un explosif avec détonateur) qui, si j'étais américaine, provoquerais la visite très officielle d'agents du gouvernement -oups-.

Voilà pour ces quelques confidences sur mon rapport à l'écriture... Cela ne fera pas la couverture de Gala mais je suis contente de me dévoiler un peu.



Avez-vous des manies liées à une passion ?



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17 août 2017

Et si on arrêtait de se maltraiter ?

 

Le terme bienveillance -grand frère de gratitude- semble sur toutes les lèvres et au bout de tous les stylos. Les magazines bien-être comme les ouvrages de développement personnel nous somment de montrer de la bienveillance envers autrui. Je ne parle pas de gentillesse et encore moins de faiblesse, seulement d'humanité.

Si nous tentons souvent de ne pas nous laisser dominer par nos émotions dans nos rapports avec l'extérieur, nous avons trop souvent tendance à perdre toute mesure quand il s'agit de ce que nous pensons de nous-même. Avant même de tenter de pratiquer la communication non violente pour assainir nos rapports au monde, il s'agit de prendre soin de soi.

I. Nos émotions incarnées : la petite voix intérieure

Possédez-vous une petite voix intérieure ? Vous savez cette entité qui tient aussi bien le rôle de conscience que de donneuse de leçon... Cette petite voix est fortement liée à nos émotions et, selon notre humeur, elle pourra nous encourager comme nous démolir.

Au premier abord, on a l'impression de n'avoir aucune prise sur cette voix. La mienne célèbre parfois mes réussites « Bravo ! » ou me martèle mes limites « Tu es nulle », « Tu n'y arrivera jamais ». Imaginez un enfant de six ans... Il apprend à lire. Or partout où il va, il est accompagné d'un adulte qui ne cesse de clamer : « Tu ne sauras jamais lire ! » « Tu es bête ! » « C'est trop difficile pour toi ! ». Croyez-vous que l'écolier réussira ? Il serait d'un caractère exceptionnel s'il parvenait à faire abstraction de ce personnage malveillant.

Pourquoi serions-nous différent de cet enfant ? Si on laisse notre voix intérieure saper toute notre confiance, nous rabaisser ou nous rappeler nos échecs, comment pourrions-nous avancer dans la vie ?

Avant même de se demander comment rendre cette petite voix bienveillante à notre égard, il s'agit déjà de prendre le temps de l'écouter.

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Un petit exercice pour vous... La prochaine fois que vous vous sentirez mal à l'aise -à cause d'un échec ou d'une situation délicate- prenez le temps de noter ce que vous vous dites. Quels termes emploie cette petite voix ? Si elle utilise des mots qui vous blessent ou vous confortent dans un fonctionnement malsain, vous aurez peut-être envie de cesser cette maltraitance mentale. Pour cela, il faudra déjà comprendre d'où vient cette voix intérieure...

II. Comprendre notre voix intérieure

 

Exercer une influence sur cette petite voix reste compliqué, particulièrement lorsqu'une ou des émotions fortes nous submergent. Il n'y a pas d'antidote miracle mais un long processus puis une pratique imparfaite et résolue de « tendre à la bienveillance ».

Avant toute chose, il s'agit d'écouter cette petite voix. Pas de l'entendre et de se laisser porter par elle, au mépris de notre bien-être, mais d'être attentif à ce qu'elle nous raconte vraiment. D'où vient-elle ? Seulement d'une émotion passagère ? C'est possible. Par exemple quand je perds patience avec mes enfants et me met à crier, je me retrouve à ressentir de la colère contre moi. La petite voix qui s'élève alors me serine que je suis une mauvaise mère, que je suis nulle, incapable de gérer mon rôle. Cette petite voix, qu'exprime-t-elle derrière cette colère ? Un besoin de perfectionnisme impossible à tenir, le besoin d'être une maman bienveillante. Depuis que j'ai compris cela, je ne rumine plus pendant des heures sur ma nullité. Je pose une action juste : si besoin je vais parler avec l'enfant sur lequel j'ai crié. Je lui explique que j'aurais voulu garder mon sang-froid, pourquoi je n'y suis pas parvenue,... Avant, ce genre de crises finissait par une grosse déprime. Désormais, une fois la discussion faite, je me sens encore plus motivée à tendre vers l'éducation que je veux offrir à mes enfants.

Hélas, cette prise de conscience ne suffit pas toujours à gérer cette voix ou -encore mieux- à la remplacer par de la bienveillance. Dans ce cas, la voix en question provient de quelque chose de plus profond, de plus ancien. Une amie souffrant de troubles du comportement alimentaire avait, après chaque crise, un long passage de culpabilité. La petite voix qu'elle entendait lui disait des choses terribles. Après avoir travaillé là-dessus, elle s'est rendu compte que cette voix reprenait à son compte des propos qu'elle avait entendu pendant l'enfance sur son manque de contrôle et sa silhouette pulpeuse.

Savoir d'où viennent les propos malveillants qui s'élèvent en nous est la première étape pour ne plus nous maltraiter. En effet, le processus sera différent selon leur provenance.

III. Changer de voix

 

Travailler sur ces voix n'est pas facile, on a besoin de patience et de courage.

 

Lorsque ces propos naissent d'une émotion, on doit créer un espace suffisant entre soi et l'émotion. Une zone sereine dans laquelle placer une action bienveillante pour soi comme pour les autres. Il existe de nombreuses manières d'apprendre à gérer ses émotions : l'écriture, la méditation, le sport, le yoga, une thérapie,... sont autant d'outils qui peuvent nous aider. Là encore, les maîtres mots sont bienveillance sans complaisance, c'est à dire s'entraîner à regarder nos émotions. Se dire : « Tiens, je ressens de la colère. J'avais besoin de me sentir une mère bienveillante et ma fatigue a pris le dessus. Je vais prendre le temps de laisser passer cette colère puis aller en parler avec ma fille. Lui expliquer les choses pour fermer la crise sur une conversation pertinente. »

Sur le papier, les choses sont simples. Pourtant « simple » ne signifie pas « facile », n'est-ce pas ?

Les voix du passé demandent un travail en amont. Il faut prendre le temps de consoler l'enfant qui a été blessé et façonné par ses voix. Si le passé n'est pas « réglé », il convient de travailler dessus. Ici, les choses sont parfois compliquées à gérer seul, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, que ce soit dans son entourage ou celle d'un professionnel.

 

 

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De manière tout à fait personnelle, j'écris régulièrement ce que me disent ces petites voix. Cette pratique possède un double avantage : elle installe une distance entre mes émotions et moi-même et permet de comprendre d'où viennent tels ou tels termes.

Depuis quelques mois, mes petites voix tendent vers la bienveillance. C'est loin d'être parfait mais, à force, je gère de mieux en mieux mes émotions et parviens à choisir de poser une action qui me convient plutôt que de tomber dans la rumination ou les comportements néfastes. Parfois, quand j'ai l'impression de stagner, je regarde en arrière et je me dis que peu importe l'imperfection, ce qui compte c'est le chemin parcouru et le fait de continuer à avancer.


 

Et vous, ami lecteur, quelles voix vous accompagnent ?



10 août 2017

Personnages : dix éléments indispensables

 

Dans l'écriture de fiction -romanesque ou scénaristique- la place des personnages est primordiale. Que serait Orgueil et Préjugé sans la fougueuse Elizabeth Bennet et le charismatique MrDarcy ? Aurions-nous la même fascination pour le roman d'Oscar Wilde sans l'humanité trouble de Dorian Gray ?

Soyons franc : il n'existe pas de recette magique qui permette d'obtenir ce petit quelque chose en plus, cette magie qui transforme un être de papier en une incarnation de chair et de sang. Néanmoins certains aspects me semblent indispensables pour tendre vers cet idéal. Ces quelques éléments ne feront pas de miracle mais vous aideront à construire vos personnages.

Certains auteurs élaborent soigneusement des « fiches de personnage » avant même de commencer à écrire. Ce n'est pas mon cas mais peu importe la méthodologie ; à terme les personnages principaux comportent tous ces dix ingrédients.

I. Une carte d’identité

  1. Un état civil

Commençons par le plus évident : l'état-civil ! Pas besoin de connaître tous les détails mais vous devrez pour le moins savoir le nom et l'âge de votre personnage.

Pour ce qui est de nommer les héros -ou personnages secondaires-, il existe plusieurs écoles. Certains se focaliseront sur la sonorité, d'autres sur la véracité -prénom en adéquation avec l'époque par exemple-, il y en a même qui misent sur un lien entre le nom et le rôle / caractère du personnage. Qu'importe... N'oubliez pas que rien n'est gravé dans le marbre, je suis en train d'écrire une trilogie et mon héroïne vient juste de changer de prénom alors que j'en suis au milieu du deuxième opus !

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  1. Un physique

Ici pas la peine de connaître le moindre grain de beauté de notre personnage mais de garder une trace de son apparence générale : couleur des yeux / cheveux / stature / particularité physique. Il s'agit de ne pas se contredire lorsque l'on travaille sur un projet long.

  1. Une particularité

Personnellement j'aime bien octroyer à chacun de mes personnages une « particularité », quelque chose qu'il sera le seul à posséder dans le récit. Ce ne doit pas forcément être une rareté, seulement un signe extérieur qui marquera l'esprit du lecteur et différenciera facilement ce personnage des autres : des tâches de rousseur, le port de lunettes, un tatouage, une calvitie précoce...



Avec cela vous aurez les données de base du personnage mais rien qui le rendra véritablement attachant ou intéressant. C'est tout juste une enveloppe reconnaissable... Il est temps de lui donner une humanité.



II. Une humanité

  1. Un passé

Inutile de le rappeler, le passé est ce qui nous façonne : que nous nous construisions pour ou contre, grâce ou malgré, il me semble compliqué de comprendre quelqu'un sans savoir d'où il vient. Il en sera de même pour vos personnages. Là encore pas besoin de leur composer une biographie exhaustive, gardez à l'esprit quelques éléments de sa vie AVANT le temps du récit. Il ne sera peut-être pas pertinent de donner toutes ces infos au lecteur, cela permettra surtout la cohérence dans la trajectoire du personnage.

Par exemple savoir que votre héros n'a pas pu faire d'études à cause d'une enfance pauvre aura une influence sur son rapport au savoir, à la culture ou à l'argent.

  1. Des aspérités

Là il s'agit surtout des personnages principaux : un héros trop parfait ou un « méchant » seulement monstrueux n'ont que peu d'intérêt. Tout être humain a des contradictions, des aspérités, des zones d'ombre et de lumière. À vous de jouer avec cela pour donner à vos personnages une complexité suffisamment intéressante pour apporter un plus au récit sans pour autant tomber dans le cliché.

  1. Un mode de fonctionnement

Savoir comment fonctionne un personnage est fondamental. Celui-ci est-il dominé par une vision manichéenne du monde, un respect de l'ordre et des règles ? Alors il réagira aux événements extérieur en gardant ce fonctionnement.

  1. Une voix

La voix combine la manière de penser et de s'exprimer. Cette notion arrive en dernier de cette partie parce qu'elle découle de tout le reste. Le vocabulaire utilisé changera en fonction du milieu dont est issu le personnage ainsi que de sa capacité à apprendre... Le phrasé et le rythme ne sera pas le même selon qu'il est introverti ou très sociale. En prenant tout cela en compte, vous parviendrez plus facilement à donner une coloration unique à cette voix. Dans l'idéal, un dialogue devrait être imputable à un personnage donné parce que « reconnaissable ».

III. Une existence « narrative »

  1. Un rôle dans l'histoire ou la narration

Puisque nous avons désormais un personnage complet, avec un passé, un fonctionnement, une apparence,... il est temps de le placer dans le récit. De la même façon qu'un producteur/réalisateur engagera un acteur pour un rôle précis, il convient de savoir lequel incarnera le personnage en question. Pour les héros ou l'antagoniste, la question paraît d'une simplicité enfantine... Mais pour les autres ? Pourquoi ce personnage existe-t-il ? Pour aider le héros ? Pour apporter un peu de légèreté dans le récit ? Un personnage, même bon, doit servir à quelque chose.

  1. Un objectif

Là on revient au fonctionnement de notre personnage. Qu'importe son rôle dans le récit, il doit avoir un « objectif ». Ce dernier est le ressort qui le fera agir. Prenons un exemple : le collègue du héros existe pour lui faire perdre son emploi, il dénoncera une faute grave de notre personnage principal et le fera licencier. Mais pourquoi faire cela ? Est-ce un homme si ambitieux qu'il est prêt à tout pour évincer un « concurrent » ? Un père de famille nombreuse qui agit à contrecœur, par peur de perdre lui-même son emploi ?

  1. Un arc dramatique travaillé

On appelle arc dramatique la trajectoire émotionnel du personnage, comment les événements narratifs vont le transformer, le révéler... Un héros ou un personnage secondaire ne sera pas le même au début et à la fin de son existence dans le récit. De la même façon que le caractère du personnage aura une influence sur sa manière d'agir aux événements, ces derniers auront à leur tour une influence sur lui. Par exemple une héroïne très jeune confrontée plusieurs fois à la trahison deviendra sans doute plus méfiante.

Connaître l'arc dramatique d'un personnage permet d'être attentif à garder le récit dans une dynamique, à ne pas trop s'égarer en cours de route.

 

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Cet article aborde de nombreuses notions... S'il rappelle les fondamentaux, j'espère avoir l'occasion de revenir plus précisément sur chacun de ses éléments.

Il est inutile de faire une liste de ces « indispensables » à chaque fois que vous écrivez mais cela devient intéressant quand un personnage vous semble faible. Pour vous aider à trouver ce qui « cloche ».

 

Quel exemple de personnage particulièrement réussi vous vient à l'esprit ?

 

03 août 2017

1001 dessins faciles à la japonaise - Kamo

 

Genre : Pratique

Pays : Japon

Date de publication : 2015 pour cette édition

Maison d'édition : Dessin et Tolra

Prix : 8,90 €

 

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Présentation de l'éditeur : 5 chapitres, divisés en 51 leçons concises et ludiques, avec le niveau de difficulté indiqué, pour apprendre les rudiments du dessin Kawaï. Une maquette dynamique et colorée avec de nombreuses illustrations. Des doubles pages de photos avec des idées de customisation avec les dessins kawaï (T-shirt, couverture de livre, cartes, emballages cadeaux…)

Mon Avis

 

Que ce soit dans mon journal intime ou dans mon agenda -ou mon Bullet Journal, il faudra que je revienne en parler plus longuement-, j'adore agrémenter mes pages de petites illustrations faciles à faire. Cela met un peu de fantaisie et de bonne humeur dans la routine ! Lorsqu'à Noël dernier, j'offrais à ma fille un autre ouvrage de Kamo Apprendre à dessiner à la japonaise, je ne pensais pas passer mon temps à lui piquer. Si bien que mon ado en a eu vite marre et que j'ai fini par me commander le bouquin qui nous intéresse aujourd'hui.

 

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1001 dessins faciles à la japonaise est un peu moins complet que le premier mais il est néanmoins devenu un allier de taille pour moi. Divisé en quatre grandes parties selon les saisons, il m'inspire quand j'ai envie d'illustrer mes journées sans prise de tête. Pour ceux qui se considèrent comme dénués de toute aptitude dans ce domaine, je conseillerais plutôt Apprendre à dessiner à la japonaise qui comporte plus d'explications pas-à-pas.

Bonus non négligeable : grâce aux livres de Kamo, j'espère bien devenir une championne au Pictionary !

 

Et vous, prêts à illustrer vos agendas ?

 

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27 juillet 2017

Habiller ses dialogues

 

Dans la littérature contemporaine, encore plus de divertissement, les dialogues tiennent une place primordiale. Pour le confirmer, il suffit d'entrer dans une librairie et de feuilleter quelques romans.

Donner une « voix » aux personnage s'apparente à un art à part entière et j'aurai l'occasion d'aborder le sujet dans les mois à venir. Mais avant même de se poser des questions aussi délicates que « Un dialogue doit-il être réaliste ? » ou « Quelles fonctions doivent occuper le dialoque dans un roman ? », il me semblait primordiale de parler typographie.

En effet, un dialogue ne se présente pas n'importe comment. L'habiller de la bonne ponctuation, c'est déjà faire preuve d'une rigueur appréciable pour le lecteur.

Citation

 

I. Les guillemets, une question de pays ?



La typographie est une question complexe et je suis loin d'être une spécialiste. Je peux seulement partager ce que j'ai appris au fil du temps.

Commençons par les guillemets... On pourrait croire que la question est d'une simplicité d'école primaire : ouvrez-les en début de dialogue et n'oubliez pas les refermer ! Si seulement cela se résumait à une histoire d'ouverture et de fermeture...

En effet il en existe de deux sortes, les anglais :

 

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Et les français, qui ont reçu l'aval de l'Académie française :

 

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Si vous choisissez d'ouvrir vos dialogues -et de les fermer- avec des guillemets, il va sans dire que vous utiliserez les seconds. A moins que vous n'écriviez dans la langue de Shakespeare -et dans ce cas, permettez-moi, si ce n'est pas votre langue maternelle, de vous exprimez mon admiration-...

Les dialogues peuvent donc être introduits par des guillemets ouverts que vous fermerez à la fin.

Notez bien qu'on n'encadre pas chaque réplique et que la règle suivante s'applique en français : une paire de guillemets par dialogue.

« Prends ton manteau, dit-il en se levant. On s'en va. »

Ensuite, quand il y a échange de répliques, on n'ouvre pas les guillemets à chaque fois, on marque chaque changement d'interlocuteur par un tiret, élément sur lequel vous ne devez pas faillir si vous désirez présenter un tapuscrit le plus professionnel possible.

II. Tiret, une question de rigueur !

Prenons d'ailleurs le temps d'aborder la question de ces fameux tirets. Contrairement à ce que beaucoup pensent, non les tirets de dialogue ne sont ni des tirets simples,

- Prends ton manteau...

Ni des tirets bas :

_ Prends ton manteau...

On garde les premiers pour les utiliser en trait d'union dans les mots composés ou les soudures grammaticales ( par exemple y a-t-il).

Pour les dialogues, on se sert des tirets cadratins :

Prends ton manteau...

Si vous avez besoin d'indications techniques pour les utiliser dans les traitements de texte les plus courant (Word et OpenOffice), signalez-le moi en commentaire, je ferais un tuto sur le sujet dans les mois à venir.

III. Faire des choix : pourquoi, comment ?

Dans la littérature contemporaine, il existe plusieurs manières de présenter ses dialogues. Si la solution classique reste le combo ouverture/fermeture de guillemet + tiret cadratin, il existe une autre manière de marquer vos dialogues. Elle est de plus en plus l'usage dans l'édition contemporaine. On se passe de guillemet et on se contente d'utiliser des tirets.

De manière tout à fait personnelle, voici les choix auxquels je me tiens. Dans les écrits où il y a très peu de dialogue, j'utilise des guillemets. Pour ceux qui sont riches en discours direct, je m'en passe avec soulagement.

Le domaine de la typographie est une discipline complexe et je ne suis pas une spécialiste, je me limiterai donc à ce que nous venons de voir. De plus, si votre travail est édité, il va sans dire que des professionnels de la question sauront peaufiner tout cela bien mieux que n'importe quel amateur...

Peu importe le choix que vous ferez, sachez qu'il faut rester cohérent et s'y tenir tout au long de votre tapuscrit.



Et vous, quel choix pour vos dialogues ?

 

 

20 juillet 2017

La musique, un allier pour créer ?

 

Depuis l’ouverture de l'Écrhistoires, j'ai déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'inspiration et de mes astuces pour entrer en écriture. Les conditions pratiques pendant que l'on écrit demeurent aussi importantes que les points précédents. Quand on aborde la créativité, il existe presque autant de possibilités que de pratiquants. Il me semble donc impossible de traiter du sujet en un seul article.

Pour commencer, j'ai fait le choix de parler de nos oreilles : le silence et ses liens avec la concentration, la place que peut tenir la musique dans l'écriture -ou le dessin, la peinture, la sculpture-,...

Bien entendu, il ne s'agit pas d'établir des règles mais seulement d'explorer quelques pistes de réflexion.

 

 

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I. Silence or not silence ?

 

Silence or not silence ? La question du silence dépend avant tout de la place de l'écriture dans votre vie. Professionnel des mots, vous disposerez généralement du temps et de l'espace nécessaire pour travailler, donc de calme. Dans ce cas, pas de problème... Par contre si vous jonglez entre diverses activités et que faire de la place à l'écriture tient du numéro de voltige, vous aurez tout à gagner à pouvoir écrire dans toutes les circonstances, même dans le bruit.

Se concentrer et faire abstraction du reste est une question d’entraînement. Si votre maison ne connaît pas le silence, inutile d'attendre les quinze minutes de calme mensuel pour écrire. Attendre n'est jamais la bonne décision lorsque l'on désire faire de la place à un activité. Il faut adapter cette dernière à notre quotidien, non l'inverse. Forcez-vous à écrire dans le bruit et bientôt vous serez capable de travailler sans difficulté dans le vacarme !

 

II. Comme bruit de fond...

 

Pourtant, il se peut que certaines circonstances vous rendent la concentration vraiment trop laborieuse -écrire dans un café bondé par exemple-. Il existe alors la possibilité – ô combien salvatrice ! - de mettre des écouteurs et de taper au gré d'une playlist... La musique ne sert alors qu'à masquer ce qui pourrait perturber votre travail. Un joli bruit de fond. Pour cela, de manière tout à fait personnelle, j'adore Bach. Mais vous pouvez utilisez presque n'importe quelle musique. Attention toutefois aux morceaux comportant des paroles : les mots de la chansons peuvent agir comme des interférences dans les vôtres. Si vraiment vous ne concevez pas la musique sans voix, alors choisissez plutôt des interprètes qui officient dans une langue que vous ne comprenez pas. Ainsi, il m'arrive fréquemment d'écrire avec de la J-pop ou de la K-pop (japonaise et coréenne). N'hésitez pas à tester afin de trouver ce qui vous conviendra le mieux.

 

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III. Comme aide à l'inspiration

 

Si la musique sert aisément de filtre au quotidien pour permettre de s'isoler mentalement, il ne faut pas la sous-estimer  car elle peut devenir un allier véritable !

Vous êtes sensible aux ambiances musicales ? Alors établissez des playlists par type de scène. Tels morceaux pour des scènes épiques, tel album pour des passages romantiques, tel musicien ou compositeur pour les chapitres tragiques,...

Afin de gagner du temps, il existe tout un pan de la musique permettant de dénicher facilement des compositions à forte coloration émotionnelle : les OST, (ou BO pour bande originale) ! Que ce soit de film, de série ou de jeux vidéos (argh, les merveilleuses musiques des Final Fantasy... Une mine d'or pour écrire!), vous trouverez de quoi nourrir votre inspiration. Il suffira ensuite de constituer des playlist dédiées avec des noms aussi évocateur que « Scène de bataille » ou « Tragédie ».

 

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Exceptée la question des morceaux chantés, les pistes proposés précédemment peuvent sans problème s'appliquer à d'autres activités... Car la musique n'adoucit pas seulement les mœurs, elle est une source à part entière d'inspiration !

 

Et vous, quelle la place de la musique dans votre vie ?

 

15 juillet 2017

Consigne d'écriture n°9 - épiphore

La consigne

Écrire un texte -sujet et forme libre- utilisant l'épiphore - figure de style consistant en la répétition, à la fin de deux ou de plusieurs groupes de phrases ou de vers qui se succèdent, d'un même mot ou d'un même groupe de mots -.

 

Mon texte

 

Les épreuves en intérim

La vie palpite toujours

La joie succède aux abîmes

Et la nuit succède au jour

Dans les victoires ou les deuils

La leçon n'est pas facile

La fatigue au coin de l’œil

La sagesse au bord des cils

 

Sans artifice

De son aiguille

Le temps nous tisse

À bout de fil

Vois ce qui brille

Comme une envie

Jamais facile

Reste la vie

La vie fragile

Comme une envie

Reste la vie

Au bord des cils

 

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13 juillet 2017

Le Journal Visuel et autres formes de journaux intimes

 

Alors que dans tout les autres domaines, je tente avec force conviction de garder intime mes croyances et conviction, je tombe immanquablement dans le prosélytisme dès que l'écriture est abordée. Ainsi, je reste toute pleine de fierté parce que E. une de mes plus proches amies tient désormais un journal intime, elle qui n'est pas, comme moi, passionnée par l'écriture.

Pour preuve de mon obsession « convertir mon entourage à cette pratique-, la publication dernièrement d'un article sur le sujet.

 

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Convaincre de l'existence de ces bienfaits ne suffit pourtant pas, en général, à convertir mon entourage. Parce que les mots ne sont pas des outils naturels pour tout le monde. Or POURQUOI un journal devrait-il passer nécessairement par l'écrit ? C'est pour tout ceux qui préfèrent d'autres moyens d'expression que je voulais écrire la chronique que je vous livre aujourd'hui.

 

I. Art journal et journal visuel, même chose ou pas ?

 

Pour récolter plus de clics, j'aurais pu titrer cet article l'Art Journal. Ce dernier fait tant d'émules sur les réseaux sociaux. J'avais brièvement évoqué le sujet sur l'Écrhistoires lorsque je rappelais que la créativité est à tout le monde. J'expliquais que c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Personnellement -après avoir essayé plusieurs formes d'expression- je fais la différence entre Art Journal et Journal Visuel.

Le premier est un carnet dans lequel on expérimente diverses techniques autours de l'Art Visuel. Peinture acrylique, gouache, collage, dessin, aquarelle,... Un exercice passionnant mais qui intéresse surtout les adeptes d'Art créatif. Même si la forme reste d'une liberté extraordinaire, l'Art Journal pourrait faire peur à ceux d'entre nous qui ne se sentent pas de dispositions pour les arts plastiques.

Ce que je nomme Journal Visuel c'est le fait de garder une trace de ce que l'on veut -événement ou émotion- de manière la plus simple possible. Ce qui compte c'est s'exprimer. Visuellement, non artistiquement.

 

II. Quand on n'a pas de « prédisposition » pour le dessin, on fait comment ?

 

Un journal visuel sans prétention artistique, voilà ma proposition. Pour commencer pas besoin de grand chose : un cahier, de la colle et un peu de temps. Parce que le terme visuel permet tout, comme nous le montre la définition du terme, sur le site de Larousse : « relatif au sens de la vue », « Relatif aux images, à ce que l'on perçoit par la vue ». Remarquez que toute velléité de faire dans le « beau » est absente. Cela peut simplement consister à coller quelques photos ou des tickets de cinéma, de dessiner des émoticônes pour exprimer l'humeur du jour ou du moment,...

Reste néanmoins que rien ne vous empêche de vous amuser à illustrer ce journal. Comme le Journal Visuel demeure avant toute chose intime, et n'a pas vocation à être publié sur Pinterest ou Instagram, ne vous mettez pas la pression ! Pour débuter, vous pouvez essayer avec des collages composés d'images que vous trouvez belles, de souvenirs qui vous touchent, de papier aux couleurs que vous préférez... Lâchez-vous et, comme un enfant sait admirablement le faire devant une feuille blanche et une boîte de feutres, appréciez simplement cet espace de liberté. Enfin, on peut très bien s'amuser à faire un mixe entre écrit et visuel. Bref, amusez-vous !

Pour aller plus loin il existe des ouvrages, ludiques et pédagogiques, qui permettent à n'importe lequel d'entre nous de dessiner. Je vous en présenterai un ou deux à l'occasion, promis.

 

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Une page de mon Art Journal

 

III. Après le Bujo le Budi

 

Toute mon activité professionnelle tourne autour des mots -les vôtres et les miens-, aussi j'avoue que le soir, fatiguée après ma journée, je n'ai plus très envie de tenir un journal intime au sens où je l'entendais il y a encore cinq ans.

Si j'ai toujours besoin de garder une trace de mon quotidien, je ne le fais plus de la même manière. Laissez-moi vous expliquer...

Depuis quelques années, nous assistons à la déferlante du Bullet Journal. L'idée étant de créer son propre agenda afin d'organiser au mieux son quotidien. J'ai déjà évoqué ce système -dans cet article-. Si j'ai adopté en partie cette pratique, je l'ai tellement adaptée à ce qui me convient qu'elle a donné naissance à une sorte de cousine éloignée. Comme je souffre de la manie de vouloir nommer les choses, j'ai décidé d'appeler celle-ci le Bullet Diary, ou BuDI.

C'est un journal intime qui systématise des rubriques. Voilà ce que ça donne avant que je le complète :

 

BuDi

 

Si ce Bullet Diary vous intéresse, je détaillerais le principe dans un prochain article. Sans doute en août et peut-être avec un DIY pas à pas.

Si vous ne voulez pas manquer cette publication, vous pouvez vous abonner au blog et à sa newsletter (formulaire dans la colonne de droite du site).

 

Et vous, ami lecteur, journal intime ou pas du tout ? Si oui, sous quelle forme ?

 



Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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06 juillet 2017

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 3/3

 

Si vous avez suivi les deux premières étapes de ce « Tuto du stylo », à découvrir ici et , vous disposez à présent de la première mouture, version, d'une histoire. Qu'elle comporte 500 ou 3000 mots, vous pouvez d'ors et déjà être fier de vous. Pourtant le plus gros du travail reste à faire : passer d'un premier jet à un écrit abouti.

Quand on évoque la correction, immanquablement, on pense à ces copies de français, maths ou histoire -rayez la ou les mentions inutiles- saturées de rouge qui provoquaient un soupire déçu ou la colère de nos parents. Ces souvenirs parfois déplaisants peuvent nous freiner. Or la correction en écriture n'est pas notation. La correction pour un écrivain, c'est d'abord une valorisation de ses capacités littéraires. C'est répondre à cette question centrale en Art : de quelle manière je peux magnifier mon œuvre pour qu'elle s'approche au plus près de mon idéal ?

Au fil du temps, cette étape, que l'on redoute tant au début, devient un passage profondément créatif, porteur d'espoir et de jubilation.

Nota bene : ce tutoriel ne saurait se substituer à une séance en écriture créative. Néanmoins, j'essaie de survoler efficacement les notions fondamentales pour les écrivants. N'hésitez pas à me contacter pour vos questions et remarques éventuelles (ecrhistoires@gmail.com).

 

Prendre du recul...

 

Il s'agit tout d'abord de prendre du recul au sens propre du terme. Et ce de deux manières : temporelle et physique.

Sauf deadline -dans le cadre d'une activité professionnelle ou d'un concours-, mieux vaut éviter de se pencher à chaud sur son texte. Pour gagner en pertinence et en efficacité, on laisse reposer son écrit. Mais alors QUAND doit-on retravailler ses productions ? Il n'existe -hélas- pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question légitime. Cela dépend de plusieurs facteurs dont un seul est neutre, la longueur de votre production, et c'est celui qui, à mes yeux, compte le moins. Finalement ce que je prends personnellement en compte c'est mon lien émotionnel au projet. Si c'est un écrit théorique, je peux me pencher dessus dès le lendemain. Si c'est un poème à dimension autobiographique, il me faut parfois des mois avant d'être capable de le retravailler avec intelligence.

Enfin au-delà du recul temporel, un recul physique est non seulement possible mais souhaitable. Si, comme moi, vous écrivez votre premier jet directement sur ordinateur, évitez de corriger sur écran, l'expérience m'a appris que c'était beaucoup moins efficace -aussi bien pour retravailler un texte que pour une correction stricte (grammaticale et orthographique).

Si vous écrivez à la main : le moment de taper sa production reste une bonne occasion de commencer les corrections.

Enfin, un dernier petit conseil : gardez une trace de toutes les versions de votre travail. Non seulement on peut s'apercevoir que finalement tel passage supprimé a sa place dans le récit mais cela permet de voir combien notre texte s'est amélioré !

 

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Exemple de manuscrit personnel après relecture pour correction

 

La question de la bienveillance

 

Prendre du recul au sens strict du terme ne suffit toutefois pas, il s'agit aussi de porter un regard juste sur ses écrits. Une question délicate puisque cela consiste à faire l'équilibriste pour ne tomber ni dans une satisfaction aveugle ni dans l'autoflagellation.

Le premier principe à intégrer est le suivant : ne pas confondre ce que l'on produit avec soi-même. Je ne nierais pas que l'on a souvent un lien étroit et fort avec notre travail mais il ne s'agit pas de confondre ce que l'on produit avec ce que l'on est. Cette confusion reste commune. Combien d'écoliers ont pensé -et pensent encore- qu'obtenir une mauvaise note signifie qu'eux-même sont « nuls » ou méritent un 0 ?

Au début, lorsque je me rendais compte qu'une de mes scènes était franchement mauvaise, j'avais envie de tout envoyer au diable. Je me disais « Ah, tant pis, je suis nulle ! Je n'arrive à rien ! Je me suis pris pour Flaubert mais je suis incapable d'écrire un truc qui tienne la route ! ». Alors je mettais tout à la poubelle. Avant de me résoudre, quelques jours après, à tout recommencer.

Aujourd'hui encore certains passages me désespèrent. Seulement j'ai compris que je ne pouvais simplement pas toujours faire  bien. Où serait l'intérêt si je ne pouvais pas progresser et retravailler mes écrits ?

Si vous deviez adopter une devise ultime, ce serait la suivante « Exigence et bienveillance ».

 

Manuscrit

 

Marcel Proust – Manuscrit de À la recherche du temps perdu

 

Une question de connaissance de soi...

 

Dans son célèbre ouvrage, Écriture, mémoires d'un métier, Stephen King nous fait part d'un conseil reçu d'un directeur de publication lorsque, jeune auteur, il collectionnait les lettres de refus. Une règle simple que l'écrivain continue de faire sienne : Version 2 = version 1 – 10 %. Cette maxime peut être utile à certains mais doit être considérée avec précaution car elle ne convient pas à tous.

« Alors pourquoi la citer ? », me demanderez-vous. Car ce principe nous rappelle que l'on doit être capable de sacrifier certains passages pour le bien de son texte. Quant aux chiffres, je me permettrais simplement de vous conseiller d'apprendre à vous connaître. Personnellement j'ai tendance à l'économie lorsque j'écris. Radine dans mes descriptions, je me retrouve le plus souvent à devoir compléter mes textes. Ce que je gagne en matière, je la perds néanmoins quand je me préoccupe du « style ». Lors de de cette étape, je me rends compte que je multiple les mots inutiles et me voilà en train de rayer, supprimer, raturer. Malgré mes progrès au fil des années, il y a toujours à parfaire, que ce soit en ajoutant ou en épurant. À vous de trouver comment valoriser au mieux les qualités de votre plume, en prenant en compte ce qui fait votre singularité, votre identité d'écrivant.

L'astuce en plus : pour mieux mettre en relief et les imperfections d'un texte, rien ne remplace la lecture à voix haute. Pas besoin de public... Seul dans votre salon ou votre bureau, lisez votre publication en prenant soin d'articuler, de ne pas aller trop vite. Vous verrez que répétitions, dialogues faibles, tournures incompréhensibles, et toute autre maladresse gagnent en visibilité !

 

 

Et vous des astuces personnelles à partager ?