11 novembre 2017

Consigne d'écriture n°14 - «Explosion»

 

La consigne

 

Cela commence avec une explosion

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Mon texte

Tout a commencé avec une explosion.

La journée me promettait une symphonie de contraintes. Un lundi comme les autres, avec son lot de ragots autour de la machine à café, sa ribambelle de courriers à ouvrir, de mails à trier, d'appels à transférer. Mon tailleur gris semblait assorti à mon emploi du temps. Des mois que je me désolais quotidiennement sur l'échec de ma vie : dix ans sans évolution professionnelle -secrétaire éternellement dévolue aux tâche ingrates- et une trajectoire amoureuse fade comme une soupe de navets... Même mon chat me faisait la gueule depuis que je l'avais abandonné pour une croisière moribonde avec ma mère. D'ailleurs j'étais à deux félins de devenir la folle aux chats : ce cliché de la vieille fille dont nous nous moquions tant mes copines et moi. Maintenant, elles sont toutes trop occupées, avec des marmots partagés avec leurs ex-maris et des familles décomposées comme l'est mon existence. Sauf que moi je n'ai rien à recomposer. Alors je continue à me lamenter, semaine après semaine. Sur ma solitude, l'ingratitude de mes proches, ma mère et sa mémoire en dentelle, ma sœur et ses problèmes de fric, mon cousin et ses cures de désintoxication. Ma thérapeute, lasse d'entendre mes jérémiades, a espacé nos séances.

9h32. Une enveloppe de plus. L'invitation s'adressait à la patronne de ma patronne. Un carton épais et mat fleurant bon les petits fours et les coupes de champagnes autour d’œuvres snobinardes. Je savais que madame Grimalier ne se rendait pas aux vernissages. La garce profitait, en plus d'une carrière florissante, d'une horde d'amants. Plus séduisants et plus jeunes que ne devraient le permettre les convenances. Pas le temps pour hanter les galeries d'art. Bref, cette entrée gratuite pour le royaume des couguars me faisait de l’œil. Je m'imaginais déjà : moi et ma petite robe noire qui ne m'allait pas si mal... Je me dégoterais un artiste de vingt ans à la barbe fournie persuadé de faire face à une femme de pouvoirs. Dans l'espoir que je finance sa carrière balbutiante de photographe underground, il se jetterait dans mon lit.

Alors oui, je n'avais pas résisté à l'attrait de mon fantasme. Le carton avait rejoint ma mauvaise imitation de sac haute couture. Rien que de sortir un lundi soir, ailleurs qu'au cinéma du coin -mon abonnement mensuel me tenant lieu de vie sociale-, c'était un séisme dans ma routine.

Ma petite robe noire et moi, on s'est offert le luxe d'un taxi.

Mon niveau d'attente revu à la baisse, j'attendais des plaisirs simples de la soirée : un moment à m’imaginer dans la peau d'une autre. Tant pis pour l'artiste de vingt-cinq ans sans le sou et sous mon charme de femme mûre... Oui, si je pouvais me gaver de petits fours en bonne compagnie, ce serait une réussite !

Le lieu, étroit et à moitié désert, se trouvait coincé entre un restaurant à sushis et un bar à tapas. Le genre de galerie miteuse à servir du mousseux à la place du champagne et des toasts au pâté au lieu de verrine de mousseline saumon fumée sous sa chantilly de fromage de chèvre. Tant pis.

Puis une explosion.

De couleurs et d'émotions. Une toile immense pour ce lieu minuscule. Le tout résolument contemporain. À mille lieux des impressionnistes que j'adore.

Une explosion de force dans les coups de pinceaux.

Là, quelque part dans mes entrailles tièdes, une chaleur monte. Mes yeux me brûlent. Chaque courbe me murmure un secret. Pour moi seule.

Rien ne peut empêcher ma bulle d'amertume d'éclater, fichant dans mon cœur comateux des bris de douleur et de désir. Devant moi, l’œuvre se trouble, filtrée par mes larmes.

Finalement je suis vivante.

 

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09 novembre 2017

L'Âme du monde – Frédéric Lenoir

 

Genre : Conte philosophique

Pays : France

Date de publication : mai 2012

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 60

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Résumé : Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s'appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l'Antiquité appellent l'Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Depuis la sortie de L'Âme du monde, en 2012, j'avais tout fait pour éviter de le lire. Pourquoi ? À cause d'un double traumatisme littéraire. Le premier date de mes années lycée... Il est dû à Zadig ou la Destinée. Alors que j'avais lu et apprécié nombre d'ouvrages considérés par mes pairs comme ennuyeux, j'avoue ne pas avoir survécu à ce vaurien de Voltaire. Puis, la même année que la parution de l'Âme du monde, j'ai eu l'audace de me plonger dans L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle... Expérience désastreuse. Après tout cela, j'avoue que la seule idée de lire ce qu'on me présentait comme un conte spirituel me donnait de l'urticaire.

Sauf que je ne m'étais pas assez renseignée sur l'auteur. Alors que le curriculum vitæ de monsieur Gounelle me laisse un peu dubitative celui de Frédéric Lenoir me semble plutôt rassurant. Philosophe et sociologue, il est chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

C'est pour cela, qu'après avoir tant fui cet ouvrage, j'ai décidé de m'y plonger toute entière.

Mon Avis

 

Ce conte spirituel a été pour moi un joli moment de lecture... Hélas ce genre comporte, et là c'est une question de préférences personnelles, un défaut important : sa brièveté ! En effet j'aurais voulu, en lieu et place d'un court récit de seulement 160 pages, un gros roman riche et foisonnant ! Ou au moins un peu plus de détails... Or un conte a pour principe premier de tendre vers une narration universelle. Une histoire qui parlerait à tous et toutes, au-delà de toute nationalité, de toute religion, de toute culture.

Notons que malgré certains articles et certaines critiques, L'Âme du monde n'est certes pas un Conte philosophique. En effet ce dernier critique la société et le pouvoir en place, ce qui n'est pas tellement le cas du récit de Lenoir -ou de manière totalement superficielle-. De plus rappelons que le Conte philosophique a émergé comme une réponse à la censure que subissaient les philosophes des Lumières.

Bref, j'ai beaucoup aimé L'Âme du monde même si certaines réactions du personnage de l'adolescente -Natina- m'ont semblé un peu ridicules -une telle innocence chez une jeune fille de 14 ans, élevée à l'occidentale, me paraît incohérente-. Mais quelques petites imperfections ne portent guère préjudice à l'ouvrage et je suis sortie de ma lecture bien heureuse d'avoir succombé !

Je vous laisse avec une citation qui m'a particulièrement touchée :

« Malheureux l'homme qui ne sait pas qu'il possède deux grands trésors à l'intérieur de lui-même : la clarté de l'esprit, qui peut le rendre libre, et la bonté du cœur, qui peut le rendre heureux. »

Et vous amis lecteurs, vous aimez les contes philosophiques ?

 

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02 novembre 2017

Les émotions de vos personnages

 

Comme l'a justement écrit le britannique Anthony Burgess, auteur de A Clockwork Orange (1962) -adapté par Kubrick-, « Sans personnage, pas de roman ». Or, même avec des personnages bien construits, l'intérêt de ces derniers, au-delà de leur rôle dans l'intrigue, est de réagir. Un héros sans émotion ne serait qu'une marionnette de carton-pâte ! Mais de quelle manière montrer ces émotions ? Comment parvenir à une certaine authenticité ?

 

 

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La très chouette illustration de Jeff

 

Transmettre c'est d'abord connaître

 

Pour transmettre les émotions de ses personnages, encore faut-il les maîtriser. En général on parle de 6 émotions de base : la tristesse, la joie, la peur, la colère, le dégoût et la surprise. Les émotions secondaires, elles, sont innombrables (la honte, la nostalgie, l'amertume,...).

Compter sur sa seule expérience me semble compliqué et on peut très bien travailler en amont sur les émotions.

Tout d'abord les siennes, en tenant un journal et en gardant un carnet toujours sur soi -à force de vous le marteler, vous commencez à connaître la mélodie...-. Vous éprouvez de la colère ? Très bien ! Profitez-en pour écrire ce qui se passe en vous. Ne vous cantonnez pas seulement au marasme intérieur mais décrivez-en les manifestations physiques.

Ensuite celles des autres. Un écrivain, et un artiste quelque soit son domaine de prédilection, est un observateur. Il ne perd pas une occasion de nourrir sa connaissance de la nature humaine. Là encore, prenez des notes.

Toute la matière que vous rassemblerez au quotidien vous fournira une merveilleuse source d'inspiration pour votre travail.

 

 

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À personnage unique, expression unique ?



Si vous avez pris le temps de travailler en amont, vous avez sans doute remarqué qu'il existe une multitude de manières d'exprimer une même émotion. Un tel aura la colère bruyante, tel autre introverti et glacial.

Afin d'exprimer ce que ressent un personnage, il faut savoir comment il vivra la joie, la tristesse, la colère,... Cela en restant cohérent avec sa psychologie.

Plus vous aurez caractérisé vos personnages, plus la manière dont ils exprimeront leurs émotions ira de soi.

 

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Montrer plus que décrire...

 

Tout écrivant qui a lu des ouvrages théoriques a été confronté au précepte suivant « showing, not telling » c'est à dire "montrer, ne pas dire". Il semble que cette règle soit issue de la dramaturgie mais je sais que c'est un des principes de Stephen King, docteur ès suspens. Comment faire la différence entre dire et montrer ? Rien ne vaut un exemple :

La jeune femme sentit la peur lui vriller l'estomac et ferma son sac  : comment échapper à cet homme ?

La jeune femme jeta un coup d’œil en arrière avant de fermer son sac d'une main tremblante. Le souffle court, elle accéléra son pas : comment échapper à cet homme ?

Dans la seconde proposition, on évite d'employer le mot peur mais on tente de décrire les manifestations de cette dernière. Montrer permet au lecteur de ressentir plus d'empathie envers un personnage.

Lorsque vous voulez qu'un personnage montre une émotion particulière, vous pouvez aussi vous appuyer sur ses expressions faciales et sa gestuelle. Si la scène concernée comporte des dialogues, l'émotion pourra tout à fait influencer ces derniers : les inflexions de la voix, le débit, la ponctuation... Nul besoin de faire tout un paragraphe sur ce que ressent le personnage, quelques mots bien choisi auront parfois un plus impacte que de grandes descriptions.

 

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Le très bon animé Vice-versa

Comme toujours c'est en écrivant qu'on devient écrivain. N'hésitez pas à expérimenter, explorer, essayer. Personnellement, j'adore que mes personnages soient en proie à des émotions fortes... D'ailleurs ma préférence va vers la colère, si passionnante à décrire et si efficace pour faire avancer le récit...



Et vous, une émotion préférée quand il s'agit de vos personnages ?

 

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28 octobre 2017

Consigne d'écriture n°13 - «Haïku»

 

 

La consigne

 

Écrire un haïku, c'est à dire un court poème comportant trois séquences (5/7/5 syllabes).

 

 

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Mon texte

Cil baigné de larmes
Frémissement de paupière
Voilà : enfin libre !

   Manuel ouvert
Les sourcils un peu froncés
Tiens, un papillon !

Envie de suivre la prochaine consigne ?

 

Pour cela, rien de plus simple, il suffit de s'inscrire à la newsletter...

 

26 octobre 2017

The Handmaid’s Tale - La Servante écarlate

 

Format : série, une saison

Statut : en production

Genre : science-fiction, dystopie

Pays : U.S.A

Date de sortie : avril 2017

Chaîne : Hulu



Résumé : Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Épouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l'entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

 

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Les abonnés à la newvsletter le savent : j'adore les séries. En vérité, mes passions pourraient se résumer un principe, ma fascination pour les bonnes histoires. Qu'importe que le récit soit de mots ou d'images... Et les très bonnes séries restent tout au aussi rares que les très bons romans. Alors pourquoi me priver de vous en parler sous prétexte que le récit se déroule sur un écran ? Lorsque j'ai eu envie de revoir ce qui demeure, à mes yeux, la meilleurs série de 2017, il m'a semblé opportun d'en vous parler. Notez toutefois que si The Handmaid’s Tale est l’adaptation du roman de Margaret Atwood, je n'ai pas encore eu l'opportunité de le lire. Mon avis -et c'est très bien ainsi- ne concernera donc que l’œuvre créée par Bruce Miller.

Mon Avis

 

Dès le premier épisode on entre dans un monde brutal. Une jeune femme est retrouvée par des hommes armés qui lui enlèvent son enfant. Point d'explication sur le contexte. C'est au fil des épisodes que nous reconstruiront l'histoire de June devenue Offred depuis qu'elle est entrée au service des Waterford.

Les femmes sont divisées en trois classes : les Épouses, stériles à cause de la pollution, les Martas, qui entretiennent la maiso,n et les Servantes écarlates. Notre héroïne appartient à ces dernières dont le rôle est conditionné par leur fertilité, devenue rare dans ce monde. Ainsi Offred a pour tâche de laisser le Commandant Fred Waterford disposer de son corps (sous le regard de l’Épouse) afin de la mettre enceinte.

Tout est conçu pour nier l'individualité et Offred ne peut que compter sur ses souvenirs pour garder une part de sa véritable identité : June. La qualité de la série repose beaucoup sur la prestation de ses acteurs, avec en tête, le travail incroyable d'Elisabeth Moss en Servante écarlate.

 

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Chaque épisode nous plonge un peu plus dans cet univers confiné où nul ne semble libre, même le Commandant et sa femme Serena. La photographie, sublime avec ses couleurs éclatantes, semble rendre encore plus insupportable les atrocités qui nous sont contées.

 

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Certains pourraient reprocher à The Handmaid’s Tale une certaine lenteur mais celle-ci sert admirablement bien le récit en montrant de quelle manière la dictature permet au quotidien se s’accommoder de la violence et de l'injustice.

 

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Quand au supposé manichéisme du récit, j'avoue ne pas avoir du tout eu cette impression. Tous les personnages restent troubles : l'Epouse dont le regard laisse entrevoir, au détour d'une scène, une souffrance palpable, les faiblesses du Commandant,...

Bien entendu, outre le casting éblouissante, son atmosphère oppressante et sa réalisation soignée, la série interpelle aussi parce qu'elle interroge la possibilité pour toute société de basculer vers la folie. Certains critiques ont fait un parallèle entre la série et le destin des USA depuis l'investiture de Trump. Il est vrai qu'à l'heure où le droit à l'avortement en particulirer et celui de la femme en général semble reculer, on ne peut visionner The Handmaid’s Tale sans penser à la mise en garde de Simone de Beauvoir :

« N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

 

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Vous connaissez cette série et/ou le roman de Margaret Atwood ?

 

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19 octobre 2017

L'écriture, mauvaise pour la santé ?

 

Lorsque l'on évoque la santé dans nos activités, les images évoquées restent celles d'efforts physiques : ces emplois où l'on porte des charges lourdes, ces hobbies durant lesquels notre corps est malmené,... Quant à l'écriture, elle ne semble pas poser problème.

Au delà des conséquences à rester vissé sur une chaise plusieurs heures durant, il faut avoir conscience que pour écrire bien et longtemps une santé correcte est indispensable. Cette bonne condition demandera deux dimensions : une première, mentale, consiste à pouvoir se concentrer durablement et la seconde, physique, demande endurance et capacité à adopter une posture physiologique.

I. Une histoire de concentration

 

Sur l’Écrhistoires, nous avons abordé quelques astuces pour « entrer en écriture », c'est à dire trouver l'impulsion pour commencer à écrire. Cette étape, lorsque l'on prend le temps de se construire un rituel, ne pose pas réellement problème. C'est après que les vrais soucis se pointent...

Un psychologue anglais, Norman Mackworth, fut recruté pendant la seconde guerre mondiale par la RAF pour étudier l'efficacité des opérateurs radar. Il détermina, grâce au test connu sous le nom d'horloge de Mackworth, qu'après 30 min on perdait 10 à 15 % de nos capacités. Cette baisse de performance et de l'attention existe tout au long notre journée et se traduit par une courbe en forme de cloche : la loi de Yerkès-Dodson.

Bien entendu, l'écriture ne s'apparente pas vraiment à la tâche d'opérateurs radar et une baisse de concentration n'aura pas de conséquences vitales. Pourtant comprendre comment fonctionne l'attention nous montre ses présupposés.

Ainsi une quantité suffisante de sommeil, une alimentation équilibrée et une consommation mesurée d'excitants favoriseront vos capacités de concentration. De plus, si on part de ces 30 min d'attention optimale, se ménager des pauses régulières d'un quart d'heure vous permettra de maintenir la qualité de votre travail.

Rappelons aussi que la méditation est un outil intéressant pour développer son attention.

 

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II. L'écriture : une activité physique ?

 

L'écriture est-elle une activité physique ? Pas la peine d'entretenir le suspens : oui le corps participe à l'écriture. Ceux qui travaillent dans un bureau ne pourront pas me contredire : rester assis des heures devant un ordinateur n'est pas une chose simple. Non seulement on peut avoir mal au dos et les yeux qui fatiguent mais on peut développer à terme des pathologies chroniques.

Comme pour la concentration, votre condition physique se travaille en amont. Nul besoin pour cela d'avoir une santé parfaite ou de pratiquer le sport à outrance. Il suffit d'inclure quelques éléments simples -et à la portée de tous- dans votre hygiène de vie. Tout d'abord un dos musclé est un dos en bonne santé. Au-delà de cela, une bonne posture fera une vraie différence. Le yoga ou le pilate me semblent de bonnes pistes pour favoriser ces muscles et une posture saine. Personnellement je pratique le yoga et bien que j'ai beaucoup -vraiment beaucoup- de progrès à faire, cette activité m'aide vraiment.

 

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Une activité corporelle régulière ne suffira sans doute pas. Votre environnement joue aussi un rôle primordial. Un siège de bonne qualité, une bonne position des mains sur le clavier,... Il est important de réfléchir sur la manière dont on travaille.

Nous venons de voir que pour rester efficace, il faut une bonne hygiène de vie. Mais comment mettre ces conclusions en pratique ?

 

III. Avant, pendant et après les longues séances de travail

 

Si vous prévoyez décrire de longues heures (plus de deux), je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté pour que cette séance se passe bien.

Prenez le temps de vous mettre en conditions avant de travailler. Prendre un quart d'heure pour faire quelques étirements ou des postures de yoga vous permettra de mieux gérer la séance physiquement. Pour la concentration, vous pouvez tout-à-fait enchaîner sur une courte méditation - au moins quelques minutes-. Ensuite installez-vous comme il faut et prévoyez de quoi vous hydrater.

Pendant la séance elle-même, essayez de prendre conscience de votre posture : le dos, la position des mains sur le clavier ou la manière dont vous tenez votre stylo. Si vous portez des lunettes, par pitié, mettez-les !

Ménagez-vous des pauses régulières. De mon côté, je prends une pause de dix minutes tous les trois-quart d'heure. Ses pauses ne consistent pas à rester vissé sur votre chaise et à errer sur les réseaux sociaux. C'est votre corps que vous devez reposer. Pour cela, n'hésitez pas à vous dégourdir les jambes ou même à faire de nouveau quelques étirements pour soulager votre dos. Mais le plus important reste, à mon sens, de ne pas continuer à utiliser d'écran. Si, comme moi, vous souffrez de problèmes de circulation, rester debout le temps de cette pause vous limitera les sensations de jambes lourdes et les œdèmes.

Vous êtes allés au bout de votre séance ? Bravo ! Prenez maintenant un moment pour vous étirer. Vous pouvez aussi masser vos poignets, très sollicités quand on écrit. Si possible, prévoyez une activité qui ne nécessita pas d'être assis. Une ballade, un peu de ménage,... peu importe, vous dégourdir ne pourra qu'être bénéfique !

N'oubliez pas que tout est question d'entraînement. Si vous « débutez », ne commencez pas par vouloir écrire trois heures de suite. Augmentez progressivement la longueur de vos séances.

Enfin, si des douleurs surviennent, n'hésitez pas à abréger. Mieux vaut cesser d'écrire pour le moment plutôt que de se faire mal et d'être dans l'incapacité de travailler pendant plusieurs jours. De plus si vous souffrez de migraines ou de votre dos plusieurs jours de suite, n'hésitez pas à consulter.

Bref, prenez soin de vous ! 

 

Et vous, souffrez-vous de rester en posture assise ?

 

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14 octobre 2017

Consigne d'écriture n°12 - « Une de journaux »

La consigne

 

Il s'agit de choisir parmi les trois une de journaux proposées et de prendre le gros titre comme point de départ. On utilise ce dernier comme source d'inspiration pour produire ce qu'on veut : poème, petite histoire, anecdote,... La seule contrainte ? Le titre du texte sera celui de la une choisie.

 

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Mon texte

L'accueil est à revoir

 

L'asphalte trempée ne reflétait pas même la lueur de la pleine lune, complètement dissimulée par des nuages plus épais que l'air moite. Seule la lumière blanchâtre des éclaires illuminait de temps à autre les platanes qui bordaient la nationale. Au volant, la femme pinça les lèvres :

      — Arrête cette putain de radio !

Elizabeth s'exécuta sans demander son reste... Après tout, cette virée était son idée. Même qu'il lui avait fallu insister lourdement pour convaincre Angeline. La petite rousse avait bien conscience que sa compagne n'avait accepté que pour avoir la paix...

Après huit ans, leur couple était en train de sombrer. Inexorablement. Cette mise au vert de quarante-huit heures serait peut-être leur dernière chance. Angeline n'en pouvait plus. Non, elle n'en pouvait plus de ces innombrables silences, de ces nuits à dormir en droites parallèles, incapables de se rejoindre pour un peu de tendresse. Si au moins elles se disputaient... Sans doute eut-il mieux valu des cris et des portes qui claquent plutôt que ces jours ternes qui s'accumulaient comme des bons de réduction sur un frigo familial.

L'orage semblait s'être encore rapproché et le tonnerre, assourdissant, fit sursauter la conductrice :

— On devrait s'arrêter...

Devant le silence d'Elizabeth, elle s'agaça :

      — Quelle idée à la con aussi...

      — Tu veux quoi ? Pardon de vouloir casser la routine ! De vouloir un week-end romantique...

Comment Angeline aurait-elle pu lui en vouloir ? Alors qu'elle tentait de se concentrer sur la route, sa gorge se noua... Elle ne comprenait pas pourquoi ça leur arrivait. Épuisée par le boulot, elle avait négligé Elizabeth. Cela durait depuis si longtemps qu'il lui semblait désormais impossible de changer les choses. Est-ce que l'amour ne suffisait pas ? Quelle souffrance que de contempler l'agonie lente et silencieuse de leur couple !

Angeline eut à peine le temps de déchiffrer le panneau :

      — Un hôtel !

Le petit chemin de terre qu'elles prirent se transforma bientôt en sentier boueux au bout duquel se tenait l'établissement annoncé. Il se dressait au milieu de champs abandonnés, avec des lignes sévères et une façade décrépie. Quelques genévriers bordaient bien le chemin mais, sur le terrain lui-même, seulement des mauvaises herbes... Alors que le ciel d'encre ne montrait aucune étoile, un éclair illumina une terrasse au carrelage ébréché au centre de laquelle trônaient, sous des bâches jaunâtres, plusieurs tables à la ferraille rouillée. Leurs chaussures s'enfoncèrent dans la boue en un grand sploutch visqueux. À gauche de la porte en verre fumée, Elizabeth déchiffra le nom de l'établissement : « Au genévrier fleuri ». Malgré son dépit, Angeline ne voulu pas envenimer la situation :

      — Au moins c'est une vraie aventure...

Bagages à la main, elles franchirent le seuil pour se retrouver dans une entrée sombre. Derrière la banque d’accueil en formica, couleur banane digérée, se tenait une grosse femme aux cheveux vaguement auburn et à l'air revêche. Une cigarette sans filtre pendait mollement entre les lèvres fuchsia. Ses joues flasques et rougeaudes tremblotèrent dans une tentative de sourire qui ne parvint qu'à faire ressortir sa couperose. Au dessus des pommettes noyées dans la graisse, deux yeux minuscules étaient surplombés par de fins sourcils redessinés au crayon bordeaux.

Surmontant l'aspect peu aimable de l'hôtelière, Elizabeth s'avança :

       — Bonsoir... Auriez-vous une chambre disponible ?

       — Combien d'nuits ?

       — Deux, s'il vous plaît.

Le regard porcin se plissa :

       — On paye d'avance et en liquide.

       — Pas de problème...

Contre les billets, fourrés aussitôt dans sa blouse fleurie, elle leur tendit une clef à laquelle pendouillait une pierre grossièrement marquée d'un numéro :

      — Si y a besoin... J'bouge pas.

Le couple gravit l'étroit escalier pour entrer en silence dans la chambre. De gros tournesols s'étalaient sur le papier peint jauni et la lumière du plafonnier en rotin y jetait une lueur fade. Le lit, à la couverture orangée, occupait les deux tiers de la pièce. À sa gauche, une table de chevet marron accueillait un vieux téléphone beige à cadran sur un napperon ajouré. Dans un coin, une petite table bancale tenait lieu de bureau et offrait une pile de magasines féminins aussi vieux que la décoration. Balançant leurs sacs par terre, les jeunes femmes ouvrirent sur une salle de bain minuscule, son carrelage moucheté de bleu marine était fendillé et des stickers de coquillages dissimulaient mal quelques fissures.

Elizabeth se saisit d'une serviette de bain et déplia le tissu rêche pour révéler une tache jaunâtre :

      — Dégueulasse...

La jolie rousse déglutit... Angeline avait raison : toute cette histoire de week-end était un fiasco. Alors qu'elles auraient pu dîner dehors, parler devant une assiette bien garnie, voilà qu'elles se retrouvait dans le pire hôtel du pays. Les bottes couvertes de boue, la faim au ventre et la pluie qui battait contre les vitres criblée de crottes de mouche... Elle se tourna vers sa compagne, certaine de découvrir un regard plein de reproches :

      — Je suis dés-

Le teint mat d'Angeline avait viré au rouge brique et elle avait les yeux fermés. Elizabeth inspira profondément comme pour trouver le courage d’affronter :

      — Ecoute je-

Le rire éclata sans prévenir. Un rire joyeux et gourmand qu'elle n'avait plus entendu depuis des mois. Angeline, pliée en deux, tenta de reprendre sa respiration mais dès que son regard croisait celui de sa compagne, la crise reprenait. Tant et si bien que des larmes coulèrent bientôt sur ses joues rondes. Elizabeth pouffa avant de s'esclaffer franchement et, à son tour, se retrouva incapable de se reprendre.

Lorsqu'elles se calmèrent, elles s'assirent sur le dessus de lit orange. Fatiguée, Elizabeth osa poser sa tête sur l'épaule de la petite rousse qui leva la main pour lui caresser les cheveux. Sans doute l'établissement était un hôtel miteux et que l'accueil était à revoir ainsi que la propreté du lieu mais qu'importe... Tout était parfait.

 

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12 octobre 2017

Voyage en poésie : le Haïku

Née au début des années 80, je fais partie de ceux qui ont grandi avec le Club Dorothée et ses animés venus tout droit du Japon. Une manière très pop-culture de commencer à s’intéresser au pays du soleil levant. Plus tard, à l'adolescence, en plus des quelques manga que je lisais, je me suis plongée avec délice dans les contes de Ugetsu Monogatari ou les romans de Tanizaki et de Kawabata. Quant au haïku, qui nous intéresse aujourd'hui, je ne l'ai découvert d'une fois adulte, lorsque j'ai eu l'impression d'avoir fait le tour de la poésie occidentale. Ce pan de la littérature japonaise reste un univers vaste et passionnant que j'ai eu logiquement envie de partager ici.

 

I. Une forme, une histoire

 

Le haïku est un court poème japonais de 17 syllabes fractionné en trois séquences : de 5 syllabes, 7 syllabes et 5 syllabes.

Impossible d'aborder le haïku sans mentionner une des figures majeures de la poésie classique japonaise : Matsuo Munefusa. Plus connu sous le seul pseudonyme de Bashō 芭蕉, qui signifie « Bananier », il est né dans une famille de Bushi -la noblesse guerrière-. Né aux alentours de Kyoto en 1644, sa vie fut vouée à la poésie. Il connaîtra le succès à Edo (Tokyo) puis renoncera à la vie mondaine pour prendre l'habit de moine et s'installer dans un ermitage. Devant ce dernier il aurait planté un bananier, ce qui lui aurait valu son nom de plume. Il meurt en novembre 1694 après avoir cessé de s'alimenter et demandé à ses disciples d'écrire des vers pour lui. Sur sa tombe, on plantera un Bashō...

Le poète a largement contribué à l'éclosion de la poésie populaire mais il a surtout imposé un certain esprit du haïku, une forme de simplicité, de pureté, de légèreté. Souvent en lien avec la nature et parfois constitué d'une touche d'humour le haïku est souvent décrit comme la poésie de l'instant.

Un exemple parmi les 2000 haïku composés par le maître Bashō ?

 

un vieil étang

古池や

furu ike ya

une grenouille plonge
蛙飛びこむ

kawazu tobikomu

le bruit de l’eau
水の音

mizu no oto

Pour ceux qui voudraient se plonger dans l’œuvre de Matsuo Bashō, il existe de nombreuses traductions française de bonne qualité dont l'intégral des haïku de Bashō.

 

 

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II. Une forme, quelques principes

 

Comme je l'écrivais précédemment on considère souvent le haïku comme la poésie de l'instant. Mukai Kyorai, élève de Bashō, explique dans Kyorai shō que le haïku « C'est simplement ce qui arrive en tel lieu, à tel moment ». Pour parvenir à cette « capture poétique » , chaque mot est ciselé, chaque section travaillée. Peut-être à cause de cette idée de moment présent, on a souvent pensé ou dit que le haïku était une forme poétique du zen. Or pour René Sieffert, spécialiste de la littérature japonaise, l'école de Bashō n'a aucun lien avec le zen.

Maintenant que les choses sont claires, parlons un peu plus de ce qu'est un haïku. Tout d'abord il ne comporte pas de rime. Aucune. Oui, cela nous éloigne grandement de la poésie classique française -et c'est tant mieux!-. Il doit aussi être autonome, c'est à dire qu'il doit se suffire à lui-même. C'est une œuvre à part entière.

Le haïku comporte trois séquence, la première et la troisième de 5 syllabes et la deuxième de 7. Les poètes préconisent d'utiliser un vocabulaire simple -compris par tous- et précis. Par exemple on utilisera plus volontiers le terme chêne que celui d'arbre.

Les thèmes sont très varié bien que la nature tient une place importante dans nombre de recueils de haïku. Ce qu'on oublie parfois est que l'humour est présent chez de nombreux poètes japonais.

Bashō lui-même utilisait le terme de kokkei 滑稽 qui signifie humoristique, cocasse. Non seulement l'image évoquée par le poème peut être amusante mais les jeux de mots sont légions chez certains auteurs. Ainsi, Issa, un des quatre maîtres classiques du haïku, écrivait au dix-neuvième siècle :

Le vent du printemps

découvre les fesses

du couvreur

 

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III. Quelques instants poétiques

 

Parce que pour comprendre et apprécier les haïku, il n'y a rien de plus simple que d'en lire quelques uns, voici certaine de mes préférés :

 

« Oh ! une luciole qui vole

Je voulais crier « Regarde ! »

Mais j'étais seul »

                                  Taïgï

« Le marais, moite

Le silence blême et lourd

Soudain un canard !... »

                                Takasaki

« Sot le 31 décembre

Tout aussi sot

le Jour de l'An »

                              Shiki

« Dans l'eau que je puise

scintille le début

du printemps »

                            Ringaï

« Une fleur tombée

remonte à sa branche !

Non ! c'était un papillon »

                         Moritaka

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     Cet article n'étant qu'une courte bafouille, n’hésitez pas à lire quelques ouvrages sur le haïku ou de haïku si le sujet vous intéresse. Je vous signale d'ailleurs l'ouvrage passionnant de Philippe Costa Petit manuel pour écrire des haiku.

Le haïku est un exercice très agréable, je ne peux que vous encourager à vous y essayer... D'ailleurs lorsque je dirige des ateliers d'initiation à l'écriture poétique, le haïku en est une partie incontournable...

 

Et vous, ami lecteur, amateur d'haïku ?

 




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05 octobre 2017

Des rêves sur papier

 

Dans mon article Projeter pour se révéler, au mois d'avril, je vous parlais de deux méthodes pour visualiser l'avenir que l'on veut : un exercice de Christopher Peterson -professeur de psychologie- et le 10 level up goals. Ces propositions conviendront à ceux qui ressentent une forme d'insatisfaction face à leur existence. Mais même lorsque l'on se sent bien dans sa vie, nous avons des rêves, des projets, des désirs. Dans le flot continu du quotidien, il reste néanmoins facile et presque normal de perdre ces derniers de vu...

Pourquoi ne pas s'atteler sérieusement à la réalisation de ses rêves ?

Bien entendu je ne parle pas ici de fantasmes irréalistes tels que gagner au loto, devenir danseur étoile -alors que vous n'avez jamais pris de cours- ou aller à Poudlard. Il s'agit de ces désirs que l'on remet à plus tard, quand on aura le temps, le courage, assez confiance en soi. Or le premier pas avant de s'atteler à la réalisation de ses rêves est de connaître ses derniers.

I. Bucket list : lâcher la bride à ses rêves

 

Une infirmière en soins palliatifs, Bonnie Ware, a demandé à ses patients quelle étaient leur plus grands regrets. De cette démarche, elle a fait un ouvrage Les 5 regrets des personnes en fin de vie. Ce qui ressort de cette expérience, c'est qu'on ne regrette jamais d'avoir essayer de réaliser ses rêves mais toujours de ne pas avoir tenté le coup.

Pour se lancer, il faut déjà définir ce que nous voulons. Et comme vous connaissez ma passion pour les listes, je vous confiais ici que je collectionne les listes comme d'autres épinglent les papillons, il me paraît logique de vous proposer d'en établir une.

Rien de plus simple : une feuille, un crayon et c'est parti ! Vous pouvez faire des catégories comme : lieux à visiter, choses à apprendre (la guitare ou le mandarin par exemple), oser (se couper les cheveux très courts, aller dans un cours de danse, chanter en public...), donner aux autres (comme faire des dons de sang régulier ou s'engager dans une association), sortir de sa zone de confort / tester des nouveautés (faire un saut à l'élastique, goûte des insectes,...). Personnellement je préfère limiter ma Bucket List à moins de dix points afin me concentrer sur eux et ne pas m'éparpiller...

 

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Si vous avez joué le jeu, vous disposez désormais d'une bucket list tout à vous. Mais comment l'utiliser ? Il ne s'agit pas de vouloir tout réaliser dans l'immédiat. Contentez-vous de choisir un item de la liste, un désir à votre portée. Ensuite demandez-vous comment vous pouvez atteindre ce but ? Pourquoi ? Comment ? Quel coût ? Et oui... Réaliser ses rêves demande quelques efforts !

II. Descriptif et contrat avec soi-même

 

Définir un rêve ou projet en une seule ligne me paraît limité. C'est pourquoi après avoir choisi l'item de votre liste à réaliser en premier, il vous faudra passer à l'étape suivante. Comme je vous le conseillais ci-dessus, prenez d'abord le temps de poser les bases et répondez aux questions suivantes...

Pourquoi voulez-vous faire/apprendre ceci ? Bien comprendre ses motivations vous permettra non seulement d'être sûr de ce que vous voulez mais devrait vous aider à garder votre volonté intacte si les choses se compliquent. Ensuite vous pouvez définir les moyens à mettre en œuvre. Pour apprendre une langue, il pourra s'agir d'acquérir une méthode ou de dégoter un cours. Pour un voyage, ce sera de se renseigner sérieusement sur les conditions de votre périple. Enfin, parce que nous avons souvent des moyens financiers limités, vous pouvez essayer de prévoir quel coût auront vos démarches. Par exemple si vous voulez vous rendre au Japon, définissez un budget puis prévoyez l'argent mensuel à mettre de côté.

Bien sûr certain désirs seront plus longs et compliqués que d'autres à réaliser. Pourtant en mettant par écrit votre « plan », vous aurez déjà effectué le premier pas vers cet accomplissement !

Afin d'ajouter un peu plus de solennité à cette approche vous pouvez très bien passer une sorte de contrat avec vous-même... Du type, « je m'engage à... ». Bien que je n'utilise pas cette méthode, je sais que cela aide certain à garder leurs motivations intactes.

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Materiel pour l'item "Apprendre le japonais"

 

III. Tableau de visualisation et visualisation

 

Si l'écriture introspective vous pose problème et/ou que vos goûts vous portent plus vers le visuel il existe une autre méthode pour « matérialiser » vos désirs : le tableau de visualisation ou vision board. Comme son nom l'indique, il s'agit de mettre votre bucket list en image. J'utilise cet outil depuis quelques mois et je le trouve très intéressant.

Bien entendu vous devez d'abord avoir -au moins en tête- une liste de vos rêves, de préférence des demandes justes et précises. Ensuite -et là c'est la phase que je préfère- prenez le temps de trouver des images pour illustrer vos items. Une fois les illustrations réunies, vous pouvez construire votre vision board.

Plusieurs possibilités s'offrent à vous. La plus classique est d'utiliser un grand tableau en liège sur lequel vous épinglerez vous images. Je n'utilise pas cette option car je n'ai pas envie que mon tableau de visualisation soit à la vue de tous. J'ai donc fait ce dernier à l'aide de deux feuilles perforées que j'ai insérées dans mon journal intime. Ainsi je peux le voir tous les jours.

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Vous pouvez aussi vous tourner vers le numérique en utilisant le site Canva ou des logiciel comme Photoshop ou Gimp.

Peu importe la manière, faire le point sur ce que l'on souhaite et prendre le temps de réfléchir sur les moyens d'y parvenir est passionnant.

Cette démarche fera appelle à votre créativité, vous apportera une meilleure connaissance de vous-même et peut-être l'impulsion qui change les rêves en projets.

 

Et vous, ami lecteur, quel sera votre premier pas en direction de votre rêve ?



30 septembre 2017

Consigne d'écriture n°11 - « Lipogramme »

 

La consigne

 

Vous connaissez le lipogramme ? Rappelons-en la définition : Œuvre littéraire dans laquelle on s'astreint à ne pas faire entrer une ou plusieurs lettres de l'alphabet. En mars la consigne était d'exclure le u. La proposition d'aujourd'hui est d'écrire un texte sans utiliser la lettre «.

 

Mon texte

Minuscule

 

Minuscule, je serpente, primitive malgré le bruit et la fureur. La lumière se reflète dans le galbe de ma pureté. Je ne sais pas ma valeur. Je ne sais pas ma rareté. Je ne sais pas la vie que j'abrite. Et tu ne le sais pas plus.

Minuscule dans cette existence, je ne fais que passer, sans que tu me remarques. Quand tu me salis de tes déchets. Quand tu me sens perler sur ta peau. Quand tu m'uses et m'abuses afin d'aseptiser ta merde dans tes cités de verre et de ciment. Tu ne sais pas ma valeur. Tu ne sais pas ma rareté. Tu dédaignes la vie que j'abrite.

Minuscule, l'enfant ne me fréquente pas mais sait ma valeur. Il sait ma rareté. Il sait la vie que j'abrite. L'enfant ne fréquente que ma dangereuse jumelle. Dans l'univers qui est le tien, elle serait traitée, purifiée puis graciée. Ici, dans ce pays à mille lieux du tien, l'enfant la recueille et l'accueille. Il ne sait pas sa laideur. Il ne sait pas sa menace. Il ne sais pas la maladie qu'elle abrite.

Minuscule elle serpente perfide dans le ventre de l'enfant. Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas que pendant que tu me gaspilles, dans une terre à mille lieux de la tienne, ils enterrent l'enfant que j'aurais pu sauver.

 

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Posté par Emilie Cognac à 09:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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