16 mars 2017

Écrire pour faire place

 

Après deux articles dans la catégorie « Se réécrire », l'un proposant la tenue d'un journal d'estime de soi et l'autre d’exprimer sa gratitude, j'ai envie de me détacher du développement personnel.

Avant d'utiliser l'écriture comme outil au service d'une philosophie ou de grands principes, elle m'a d'abord aidée dans mon quotidien. Simplement à faire de la place. Comment ? Pourquoi ? Laissez-moi tout vous expliquer.

 

Effacer le tableau...

 

Vous souvenez-vous de ce grand tableau à l'école primaire ? Noir ou blanc, l'odeur des craies ou des feutres... Dans la plupart des classes existe un roulement de l'élève de service. Vous savez, l'enfant si fier d'assister le maître : en distribuant les feuilles, en écrivant la date et, le soir, en nettoyant ce grand tableau. Ah... Effacer la journée de travail. Faire place nette pour le lendemain. Il ne viendrait à l'idée d'aucun professeur, le matin suivant, d'écrire par-dessus les énoncés et exercices de la veille.

Et pourtant c'est ce que la plupart d'entre nous tentons de faire. On se couche rempli des joies, chagrins, victoires et rancœurs du jour. On dort en compagnie de ce capharnaüm et le lendemain on se lèvre comme si de rien n'était. Prêt à gribouiller par dessus les événements de la veille.

Au quotidien, nous aurions pourtant besoin de faire place nette, d'effacer le tableau de notre journée. Pour cela une minute suffit, quelques phrases déposées sur une feuille volante, dans un cahier ou sur smartphone... Ne vous perdez pas dans les détails ni dans les interprétations ou les analyses, plutôt quelque chose du genre :

« Longue journée. Rencontré H, très sympa. Réunion avec Mr D : gros conflit, pas encore de solution. »



Sortir les poubelles de nos émotions

 

Dans la première partie, nous avons parlé du quotidien, des micros-événements. Écrire est encore plus efficace face à des émotions intenses. Notre cœur et notre esprit sont de vraies poubelles : on y accumule des tas de choses, on les laisse pourrir dans un coin. Puis quelques jours/semaines/mois plus tard on s'étonne que la moisissure envahisse tout le reste. Certains d'entre nous ne laissent pas les déchets dépérir : ils vident leur poubelle sur les personnes qu'ils aiment le plus.

Parce que ce sont nos proches qu'on a sous la main, c'est sur eux qu'on se retrouve à déverser nos poubelles. C'est comme ça que, surmené au travail, on peut se retrouver à crier sur nos enfants ou notre conjoint...

 

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Il existe nombre de manières de vider nos poubelles : en se confiant à un ou une ami(e), en consultant un thérapeute, en pratiquant une activité exutoire... Mais quoi de plus accessible qu'un stylo ? Parce qu'il ne nous est pas toujours possible de téléphoner à notre confident ou d'attendre cette séance de yoga qui nous fait tant de bien... Dans ce cas, écrire sa colère, ses angoisses peut faire le boulot. Quitte à mettre ça dans une vraie poubelle à la fin.

Bref ne laissez pas les déchets s'empiler dans votre esprit. Non seulement il y a toujours un moment où ça déborde mais cela occupe de la place. Un espace dans lequel vous pourriez collectionner tant de jolies choses...

 

Mémoire vide, mémoire vive ?

 

Selon Daniel Levitin, un spécialiste des neurosciences, professeur de psychologie cognitive, existe le principe d'externalisation. C'est le fait de ne pas remplir sa tête de choses qui n'ont rien à y faire. Il préconise pour cela d'écrire le plus possible dans son agenda, de s'en servir comme d'une extension de sa mémoire. Allégez la charge d'informations que vous avez à traiter ! Ne vous contentez pas de noter vos rendez-vous mais aussi tout ce dont vous vous efforcez de vous souvenir -horaires de magasin, tâches à effectuer, identifiants internet,...-. Non seulement tout cela prend de la place mais épuise votre énergie.

La thèse de monsieur Levitin reste une merveilleuse découverte pour la maniaque d'organisation que je suis. Désormais quand un de mes proches se moque gentiment de ma manie de faire des listes pour tout, j'ai une bonne excuse...

 

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Daniel Levitin

 


11 mars 2017

Consigne d'écriture n°1 - « C'est ici »

 

La consigne

 

Comme je vous l'avais annoncé le 25 février, j'ai décidé de suivre régulilèrement une consigne d'écriture... Pour le premier exercice, j'ai choisi un classique des ateliers d'écriture, avec une amorce « C'est ici » que l'on répétera plusieurs fois de la manière qu'on préfère: en début de vers, en début de phrase ou même de paragraphe. Voici ma production...

 

Mon texte

 

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Madame Charpentier et ses enfants (1878), Renoir


C'est ici que le bonheur...

C'est ici que le bonheur se voit si on fouille bien.



C'est ici que mon regard prend racine

Dans ce joyeux bordel du quotidien

Dans ce fatras imparfait des routines

Dans une carte postale ou d'autres riens

Dans les bêtises des enfants si petits

Dans les soucis, ciment de nos patiences

Dans le parc qui accueille nos sorties

Dans l'amour caché au creux des silences



C'est ici que le bonheur s'entend si on fouille bien.



C'est ici que la musique a un sens

Dans le rire de mon fils et de mes filles

Dans leurs larmes, leurs sourires, leurs insolences

Dans les disputes ou bien les jeux de billes

Dans les soupirs de plaisir de nos nuits

Dans la comptine qu'on chante en promenade

Dans les plaintes, les chagrins ou les ennuis

Dans les tendresses qui stoppent les jérémiades



C'est ici que le bonheur se respire si on fouille bien



C'est ici qu'on sent l'odeur du foyer

Dans la promesse d'un plat en train de cuire

Dans le déo d'un ado bien sapé

Dans les roses que tu viens de m'offrir

Dans l'enfance qu'elle porte sur sa peau

Dans le café qui rend tout plus facile

Dans les longs repas des jours de repos

Dans le pain perdu des mois difficiles



C'est ici que le bonheur se caresse si on fouille bien.



C'est ici que je frôle le soleil

Dans les velours brillants du carnaval

Dans la fraîcheur de nos heures de sommeil

Dans l'herbe de la colline qu'on dévale

Dans le satin de ton corps sur le mien

Dans le coton des body que l'on range

Dans la paume de ta main qui me soutient

Dans la soie neuve de ses cheveux d'ange



C'est ici que le bonheur se reconnaît si on fouille bien.



Envie de suivre la prochaine consigne ?

Pour cela, rien de plus simple, inscrivez-vous à la newsletter...

 

 

 

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09 mars 2017

L'écriture avec l'Art du Kaizen

 

Le mois dernier, j'abordais la question de l'écriture des scènes de sexe. Thème intéressant maisà destination des écrivants forcenés.

Pour varier, j'avais décidé de proposer en mars une chronique pour ceux qui n'écrivent pas -encore !- régulièrement. Ceux qui voudraient se mettre sérieusement -du moins quotidiennement- à l'écriture mais s'épuisent par avance. Le manque de temps, la difficulté de changer ses habitudes, le perfectionnisme,... autant d'obstacles à un projet à long terme.

Il existe pourtant une solution pour dépasser ces difficultés : le Kaizen, la méthode des petits pas.

Cette proposition nous vient du Japon, par l'entremise de Robert Maurer via son ouvrage Un petit pas peut changer votre vie : la voie du Kaizen. Personnellement, je l'ai découverte grâce à mon magazine fétiche Flow (dont il faudra que je vous parle ici).

 

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Le Kaizen : koi za ko ?

La méthode du Kaizen consiste en un principe très simple : pour atteindre un objectif, nul besoin de s'épuiser à essayer de tout chambouler tout de suite, il suffit d'avancer un petit pas après l'autre.

Là où cela diffère de ce que j'avais pu lire auparavant est que les pas à effectuer sont vraiment minuscules. Vous voulez vous remettre au sport ? Alors commencez par courir une min par jour. Oui une seule petite minute. On peut décider de continuer ainsi aussi longtemps que l'on veut et quand on se sent prêt on ajoute un autre petit pas (pourquoi pas courir 3 min ?). L'idée est qu'avancer sans effort, c'est toujours avancer.

Kaizen

 

L'écriture en 4 petits pas...



Le Kaizen peut s'appliquer à tout : le dessin, le sport, vaincre sa timidité et bien sûr...écrire. Pour vous simplifier encore plus la vie, je vous propose de suivre 4 petits pas d'écriture.

Pour cela, ill vous faut : un espace où écrire. Je pense que c'est mieux de centraliser vos productions afin de voir concrètement vos petits pas. Un cahier, un calepin, quelques feuilles de votre agenda ou de votre journal... Bref comme vous voulez.

Ensuite vous choisissez votre premier pas. Par exemple écrire une phrase par jour. Ou pendant une minute. Une fois à l'aise, mais surtout prenez votre temps, vous passez à deux phrases, ou deux minutes. Et voilà !

 

Lao Tseu

 



Suivez gratuitement le programme

« L'écriture créative en 28 jours... »

 

Vous préférez être guidé dans votre démarche ? Je vous propose de suivre le programme « Se (re)mettre à l'écriture créative en 28 jours », pour cela rien de plus simple :

  1. Si ce n'est déjà fait, inscrivez-vous à la newsletter de l'Écrhistoires

  2. Inscrivez-vous directement par mail (emiliecognac@ecrhistoires.fr) ou laissez un commentaire sous l'article dédié à ce programme. ICI

La première session de aura lieu du 01 au 30 avril. Chaque matin, vous recevrez directement dans votre boîte mail un énoncé simple d'écriture, à la portée de tous.

Le programme prend très peu de temps : pas plus d'une minute la première semaine, trois minutes la deuxième, cinq minutes la troisième et sept minutes la dernière. Une manière simple, ludique et accessible de se (re)mettre à l'écriture.

Vous écrivez déjà régulièrement ? Rien ne vous empêche de nous rejoindre pour vous amuser !

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster en commentaires ou à me contacter directemen (emiliecognac@ecrhistoires.fr).

 

Prêt à faire ce petit pas en ma compagnie ?

 

27 février 2017

Mademoiselle Else ou l'art du monologue



Genre : Nouvelle

Pays : Autriche

Date de publication : 1924

Maison d'édition : Le Livre de Poche

Traduction de l'allemand :Henri Christophe

Prix : 3,60 €

 

MademoiselleElse



Résumé : Else T., fille d'un avocat viennois, se trouve pour quelques jours de vacances dans une station thermale italienne. Là, elle reçoit une lettre de sa mère, dans laquelle elle la prie de demander d'urgence un prêt à Dorsday, riche marchand d'objets d'arts, car son père a perdu au jeu de l'argent appartenant à ses pupilles et sera bientôt arrêté s'il ne peut pas rembourser. Else va voir Dorsday et lui explique la situation difficile de sa famille.

Dorsday consent à prêter les 30 000 florins nécessaires, mais exige en contrepartie l'autorisation de pouvoir contempler Else nue pendant un quart d'heure.

Pour plusieurs raisons la nouvelle d'Arthur Schnitzler tient une place importante dans ma bibliothèque. Par goût personnelle d'abord : Mademoiselle Else reste un petit bijou de littérature. Dans un long monologue intérieur, émaillé de courts dialogues, le lecteur suit le cheminement d'une très jeune femme -dix-neuf ans- devant un conflit intérieur insupportable : doit-elle se vendre pour sauver son père de la prison ? Pour mon travail ensuite : lorsque je fais travailler un(e) client(e) sur le monologue intérieur ou sur le personnage, Mademoiselle Else fait parti de la bibliographe que je recommande.

 

Mon Avis

 

Durant mon existence de lectrice, j'ai subi plusieurs « claques littéraires » est, avouons-le, Mademoiselle Else fut l'une d'elle. La nouvelle, un long monologue intérieur, nous transporte dans un marasme d'émotions. Ceux d'une jeune fille lucide, frivole, torturée mais attachante dont le destin paraît inexorable. Difficile, une fois plongé dans les pensées d'Else, de lâcher le petit ouvrage. On veut savoir ce qu'il adviendra d'elle et de son hystérie.

Certes, le personnage d'Else transpire la posture freudienne chère à Schnitzler, on sent la fascination de l'auteur autrichien pour les névroses et la sexualité. Mais qu'importe les réserves que m'inspirent les thèses de Sigmund : Mademoiselle Else reste un exercice littéraire de haut-vol, troublant et inspirant.

Attention spoiler : à la fin de la nouvelle, Mademoiselle Else sombre après avoir avalé un tube de somnifères, geste dont on ne sait pas s'il lui sera fatal, se rapproche de manière troublante de la réalité quand on sait que la fille de Schnitzler, dix-huit ans, mettra fin à ses jours en 1928. L'auteur ne lui survivra que trois ans.

 

Et vous, connaissez-vous l’œuvre d'Arthur Schnitzler ?

 

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25 février 2017

10 raisons de pratiquer des exercices d'écriture

 

Si ceux qui aimeraient écrire sans oser passer à l'acte se tournent facilement vers les ateliers d'écriture, les écrivants1 se montrent parfois réticents à suivre des consignes. Or il existe de très bonnes raisons de pratiquer régulièrement de tels exercices...



Pourquoi suivre des consignes d'écriture ?

 

10 raisons

 

Envie de tenter l'aventure ?

 

Environ une semaine sur deux, je m'imposerai une consigne d'écriture et publierai ma production ici. Pour ne pas multiplier les publications, j'ai décidé de ne pas partager d'avance l'exercice sur le site mais de donner ce dernier dans la newsletter.

Machine

En vous inscrivant à la newsletter, vous pourrez donc recevoir les consignes directement dans votre boite mail...

Alors...

Prêt à me suivre ?

 

1Ceux qui pratiquent l'écriture au sens large du terme


23 février 2017

Les dictionnaires : les alliés de tous



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les dictionnaires



Le mois dernier, pour inaugurer la boite à outils, je m'amusais à vous parler des gros mots. Un article finalement tout à fait sérieux, que vous pouvez retrouver ici... Lors de l'élaboration de cette première chronique, j'avais eu recours à un outil bien connu de qui manie un tant soit peu la langue : le dictionnaire. Finalement, puisque c'est « l'outil » que j'utilise le plus fréquemment, il semblait logique d'aborder le sujet. En ligne, sur papier, spécifiques, nombreux sont les dictionnaires qui, au quotidien, sont devenus des alliés.

 

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Les dictionnaires en lignes



À l'ère du numérique, il serait dommage de ne pas profiter des dictionnaires en ligne. Définitions et vocabulaire à porter de clique, quoi de plus simple et sans danger ? Sauf que l'on peut très bien, dans la précipitation, utiliser Internet à mauvais escient. Le risque est d'utiliser des informations dépassées ou pire erronées. Si, pour écrire votre roman contemporain, vous utilisez le Littré1, il va de soit que vous risquez quelques déconvenues.

Pour ce qui est du bon vieux dictionnaire de français, je ne jure que par le site de Larousse, que je trouve ergonomique et sérieux. Lorsque je donne des définitions, elles sont en général issu de cet espace.

Par contre quand, plus rarement, j'ai besoin d'avoir recours à un dictionnaire des synonymes je préfère de loin aller . Agréable visuellement, simple d'utilisation et précis, c'est un des mes sites favoris. Si aujourd'hui je me contente de partager mes ressources, il faudra à l'occasion que je revienne sur l'utilisation particulière du dictionnaire des synonymes. Refuser de le consulter ou en abuser peut jouer contre vous.

De manière sporadique, j'ai besoin d'un dictionnaire des rimes. Ma bibliothèque est pourvue d'un tel ouvrage (acheté il y a plus de 15 ans) mais j'avoue que je le sors si peu souvent qu'il se cache derrière deux rangées de romans... Donc il m'a fallu trouver une solution plus pratique : ce site. De même que pour le dictionnaire de synonymes, je pourrais écrire un article sur la question.

 

Synonymes

 

Les dictionnaires en ligne sont des outils fort utiles mais certains ouvrages papiers continuent d'accompagner mon travail...

 

Les irremplaçables papiers



Les trois dictionnaires « papier » que je feuillette le plus ne sont pas des compagnons quotidiens dans mon travail sur l'écriture. Mais le plaisir que j'ai en les consultant, la myriade d'éléments que j'ai appris grâce à eux, font qu'ils avaient leur place dans cet article.

Le premier, et non des moindres, date de l'époque fort lointaine où je possédais encore une carte d'étudiante. Un ouvrage de référence, acquis pour un cours, que je consulte encore de temps à autre, parfois pour le simple plaisir d'apprendre une broutille ou deux. Il s'agit du Dictionnaire étymologique et historique de la langue française de Beaumgartner et Ménard. Possible qu'après toutes ces années, mon édition date quelque peu mais je l'adore. Oui, oui, j'adore un dictionnaire, on s'abstient de se moquer, merci... J'évite de le sortir quand je suis submergée de travail car j'ai tendance, quand je plonge dans ces pages, à m'y noyer avec délectation.

Viennent ensuite deux parutions de Larousse qui sont sans doute très plaisantes mais que je consulte pour le boulot. Le premier est le Dictionnaire des expressions et locutions traditionnelles. On peut trouver son équivalent en ligne pourtant je le préfère dans sa version papier -allez comprendre...-. Riches d'exemples, il fourmille de petits trésors...

Enfin le troisième me sert pour la correction, encore une édition Larousse : Dictionnaire des difficultés de la langue française. Lorsque -je ne sais pas encore quand mais c'est prévu- je consacrerai un article sur mes outils pour la correction, nous verronsi son utilisation plus en détails. Reste que c'est un ouvrage de référence dont je peux difficilement me passer. Quand j'aborde la thématique « Retravailler un texte » avec un client, je l'emporte avec moi.

 

Pour conclure, j'avoue que d'autres dictionnaires sortent régulièrement de ma bibliothèque (Dictionnaire de l'Ancien Français, de mythologie, des symboles, dictionnaire culturel de la bible...) mais ils sont si spécifiques que je préfère les garder pour les sujets auxquels ils sont liés...

Peu importe ceux que vous utilisez, faite-le à bon escient et, surtout, prenez du plaisir à baguenauder dans le paysage varié de notre langue...

 

Et vous, les dictionnaires, numériques ou papiers ? Généralistes ou spécialisés ? Partagez vos trouvailles...

 

 

1 Dictionnaire ancien, paru de 1873 à 1877

16 février 2017

La créativité est à tout le monde !



En janvier, je prenais le temps de vous présenter les différentes catégories de L'Écrhistoires et concluais avec un visuel que j'affectionne particulièrement :

Citation2

La question de la créativité ne faisait l'objet que d'un petit paragraphe or ma certitude qu'elle peut servir à tous et qu'on peut la muscler -sans douleur ni courbature- mérite un article à part entière. Alors pourquoi attendre ?

 

La créativité, mais c'est koi ?

 

Si vous avez traîné vos chausses ici ou , vous avez peut-être remarqué ma tendance à vouloir définir les mots avec précision. Allons donc vérifier ensemble ce que nous dit sir Larousse sur la créativité : capacité, faculté d'invention, d'imagination ; pouvoir créateur. Invention et imagination... À cet étape du schmilblick, j'entends trop souvent mes clients, ceux qui n'osent pas se frotter à la poésie ou à la fiction, s'exclamer : "Mais je n'ai aucune imagination !" Généralement, je respire un bon coup avant de leur montrer qu'ils se trompent. Tous, sans exception.

Commençons par répéter  : tout le monde a de l'imagination donc peut être créatif. Je peux vous le prouver. Il suffit de fermer les yeux et de se revoir enfant. Dans la cour de récréation ou pendant les grandes vacances... Vous avez entre 4 et 10 ans. Souvenez-vous... Pouvez-vous maintenant me jurer que vous n'avez jamais joué à « on dira que je suis » ? et oui... Tous les enfants imaginent les jeux de rôles les plus fous. Nous avons chevauché des montures invisibles, arrêté des méchants, ou sauvé le monde de deux ou trois Armageddon. Pour ça nous nous sommes inspirés des histoires qu'on nous lisait, des séries que l'on regardait ou des héros de notre enfance. Nous devions en avoir de l'imagination pour faire tout cela, non ?

 

La créativité n'est pas l'apanage des artistes

 

Puisque nous naissons tous avec cette capacité à imaginer, à rêver, à inventer, cela signifie qu'au pire, notre créativité est endormie. Il suffit de la réveiller. Avec douceur, hein ! Je ne dis pas qu'il ne lui faudra pas un peu de café pour que la belle retrouve sa concentration, ni que ses muscles ne seront pas ankylosés mais patience... En la stimulant, elle sera bientôt en pleine forme !

Si je pousse mes proches -et même les autres- à réactiver leur créativité ce n'est pas pour faire de tout un chacun un artiste -quoique...-. Mais parce que la créativité est utile à tout le monde.

Prenons quelques situations :

  • un conflit avec un collègue

  • la routine qui pèse sur le couple

  • un enfant dont il faut détourner l'attention pour éviter un caprice

  • décorer une pièce avec un minuscule budget…

Ces suppositions, déclinables à l'infini, inventivité et imagination permettent de les régler facilement et rapidement. La créativité est une qualité humaine plus qu'un talent. Tous les coachs, magasines féminins,... mettent en avant l'organisation et oublient que la créativité est un outil merveilleux pour gérer le quotidien. Et comme toute qualité humaine, elle peut se cultiver !

Dans cette idée, j'ai envie d'aller plus loin...

 

CitationPicasso

 

Encore plus fort : l'art à la portée de tous

 

Si la créativité concerne tout un chacun alors il n'y a qu'un pas à franchir pour l'art. Oui, pourquoi l'art serait-il réservé à quelques élus ? Pas besoin de talent ou de génie pour s'exprimer, il suffit d'avoir envie de le faire et de surpasser ses peurs. En témoigne le succès de l'Art Journal ou Journal Créatif.

Pour faire court c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Il suffit d'aller sur Google Image et de taper « art journal » :

 

Captureartjourn

 

 

...afin de voir qu'avec un peu de colle, de peinture et de créativité tout le monde peut s'emparer de ce formidable exutoire. Et la profusion des résultats nous montre combien ce type de pratique peut être addictif. Cela ne fera pas de nous des Picasso ou des Monet pourtant créer pour le plaisir apporte plaisir, beauté, détente et joie.

Promis, je reviendrai vous en parler plus longuement...

 

En attendant, gardons à l'esprit que l'écriture, la créativité, l'art ne sont que des outils d'expression. Il suffit juste de s'en emparer !

 

Vous offrez-vous la liberté d'être créatif ?

D'explorer plusieurs domaines artistiques ?

 

 

13 février 2017

Un nouveau magazine : Respire

 

La lecture tenant une place primordiale pour mon travail, j'inaugure une nouvelle catégorie sur ce thème. Dans de courtes critiques, je partagerai régulièreme,t avec vous les ouvrages/articles/magazines qui m'ont plu -ou non- inspiré -ou pas-.



Genre : Magazine

Rythme de parution : tous les deux mois

Numéro : 1 (janvier-février 2017)

Édité par : Oracom

Rédactrices en chef : Agathe Lebelle / Iris Maluski

Prix : 5,95

 

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Une fois n'est pas coutume, nous parlerons aujourd'hui d'un nouveau venu dans les kiosques...

Je ne suis pas particulièrement friande de presse. Déjà parce que cela demande un certain budget, que je préfère consacrer aux livres, et parce que je suis difficile en la matière. En outre, je me lasse vite.

Depuis un an, je reste fidèle à un seul magazine : Flow qui marie mon amour du papier, ma passion pour la créativité et mon intérêt pour le bien-être sous toutes ses formes.

Toujours à l'affût, je suis tombée sur le premier numéro de Respire dont la ligne éditoriale est résumée en quelques termes sur la couverture : Bien-être - Pleine Conscience - Créativité - Évasion. Beau programme...

 

Mon Avis

 

Premier numéro rime souvent avec petits couacs et quoi de plus normal ? Qu'une revue ait besoin de plusieurs parutions pour parfaire sa formule, je le conçois aisément. Je me suis lancée dans ma lecture avec une bonne portion de tolérance...

Quelques éléments peuvent effectivement être imputables à la jeunesse de Respire... Concernant les cadeaux (deux enveloppes, deux papiers à lettre, quatre papiers créatifs), je regrette qu'ils ne soient pas pré-découpés. Cela peut sembler un détail mais devoir abîmer le magazine, puis redécouper tout ça, fait une vraie différence pour les passionnés de papeterie. Ensuite, dans le domaine des agacements, il manque les références complètes des ouvrages cités -maison d'édition,...- et le prix des objets proposés.

Rien de grave me direz-vous. C'est vrai. Surtout quand on regarde les articles de plus près. Avec une ligne éditoriale qui s'attache tant au bien-être, on s'attend à ce que le magazine fasse une part belle à la légèreté. Et ça, on peut dire que c'est léger ! Tellement léger qu'en fait c'est SURTOUT superficiel.

Chaque sujet est tellement survolé qu'on peut se demander si les auteurs ont procédé à des recherches. Peu ou pas de travail journalistique ! Les articles font penser à des parutions de blog, sympas mais sans profondeur. Les études citées ne sont pas référencées, rien n'est argumenté ou justifié. À croire que pour l'équipe de la rédaction, les bobos -cibles, avouons-le, de Respire- sont des lecteurs tellement bohèmes qu'ils sont prêts à gober tout ce qu'on leur dit du moment que ça parle nature, sommeil, méditation ou yoga.

Des papiers superficiels alternent donc avec des extraits d'ouvrages, quelques citations pour faire bonne mesure et des illustrations pastelles pour faire joli, le tout un brin moralisateur. De la psychologie de comptoir qui pourra contenter ceux qui veulent se détendre et dont l'intérêt pour le Bien-être, la Pleine conscience et la créativité se limite à parcourir une fois par mois un article sur ces questions.

Quelle déception !

 

Et vous, lecteur de magazine ou pas du tout ?

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09 février 2017

Exprimer sa gratitude

 

À cinq petites journées de la Saint-Valentin, j'ai d'abord pensé aborder la question du couple mais, en ayant débuté février avec un sujet coquin, j'ai rapidement repoussé l'idée. La catégorie qui nous occupe étant Se réécrire, j'avais envie d'adapter le sujet avec une chronique tournée vers les autres. Ce n'est que devant mon écran, la page blanche me narguant avec morgue, que j'ai su que je voulais parler gratitude.

I. Mais c'est quoi la gratitude ?

 

Le Larousse -grand ordonnateur du vocabulaire- nous donne la définition suivante : Reconnaissance pour un service, pour un bienfait reçu ; sentiment affectueux envers un bienfaiteur : Manifester sa gratitude à quelqu'un. On peut se demander s'il y a une différence entre remercier et exprimer sa gratitude.

Les remerciements font partie de nos réflexes de politesse et on a tendance à l'utiliser à toutes les sauces sauf à celle de la bienveillance. Personnellement, j''emploie le terme gratitude pour différencier le jeu social d'une démarche choisie, celle d'exprimer sa reconnaissance sans attente de réponse ou de retour. Par conséquent bien loin de la grande messe commerciale de la Saint-Valentin et autres fêtes de supermarché.

 

II. La mode de la gratitude

 

La gratitude est à la mode, en témoigne le nombre croissant d'articles sur le Journal de gratitudes. Celui-ci fonctionne sur un principe simple : noter régulièrement les choses pour lesquelles nous sommes reconnaissants. Si cette habitude, que je pratique, a pour objectif de renforcer notre stabilité émotionnelle, notre bien-être et de lutter contre le pessimisme, c'est un acte orienté vers soi. Or, en ce mois estampillé comme celui de l'amour, je préfère vous faire une proposition tournée vers l'autre.

 

Girl Writing a Love Letter 1755

 Young Girl Writing a Love Letter, Pietro Antonio Rotari

 

III. Le défi du mois : la lettre de gratitude

 

Le mois dernier j'abordais ici la question des bonnes résolutions et parlais du journal d'Estime de soi, pratique que j'ai mise en place en 2016. Lorsque 2017 a pointé le bout de son nez, j'ai choisi un autre défi.

Une fois par mois, sans me préoccuper de ma pudeur ou de ma timidité, j'essaie simplement d’exprimer ma gratitude. Faire la démarche d'envoyer une lettre change tout : on est dans un acte réfléchi, qui demande du temps. J'envoie un courrier à quelqu'un qui compte ou a compté, une personne dont l'amitié, la chaleur, la bienveillance a éclairé ou éclaire ma vie. Je n'en écris pas trois tonnes, je me contente d'expliquer ma démarche et pourquoi je suis reconnaissante.

Je n'ai aucun recul sur ce challenge. Comment je vais le vivre ? Est-ce que les destinataires vont m'en parler ? Peu importe les conséquences de cette démarche, je vous tiendrai au courant, soit au fil des mois, soit avec un bilan à la fin de l'année.

 

Moine

 

Et vous...

Pour qui, ici et maintenant, éprouvez-vous de la gratitude ?

Avez-vous exprimé cette gratitude ?

 





02 février 2017

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

 

Cet article est seulement le deuxième de sa catégorie -retrouvez le premier ici- et j'aborde déjà un sujet coquin... En ce mois de la Saint-Valentin, je pourrais prétexter vouloir rester au plus près du calendrier sauf que non. Ce choix tient à une seule chose : pour moi les scènes de sexe ont longtemps été une épreuve. Parce qu'elles tiennent en un équilibre délicat et produire une bonne scène reste difficile. Il m'aura fallu du temps, et du travail, pour ne plus redouter l'exercice. De ce processus, j'ai appris quelques astuces que je veux partager avec vous. Plus exactement j'ai désormais 5 règles :

 

5 règles

 

 

La préparer en amont

 

Plus votre scène sera préparée, plus l'exercice sera facile. Non seulement la caractérisation de vos personnages doit être solide mais la relation entre les protagonistes doit être claire. Que ces éléments existent dans les chapitres précédents ou seulement dans votre esprit, peu importe, il faut que vous sachiez ce qu'il en est. On ne caresse pas un inconnu de la même manière que la personne qui partage notre vie depuis des années... Une femme complexée et mal à l'aise avec son corps n'agira pas comme une héroïne sûre d'elle et de sa féminité. Bref, les choix que vous ferez devraient, dans l'idéal, découler naturellement de la psychologie de vos personnages.

 

Lui donner une fonction

 

Il existe un principe auquel j'essaie de ne jamais déroger : mes scènes/chapitres doivent avoir une fonction. Les scènes de sexe aussi. Quand je m'apprête à écrire le premier jet d'un passage je me demande toujours à quoi sert une scène.

Deux fonctions principales peuvent motiver une scène : faire avancer le récit ou caractériser un personnage. Peu importe quelle est l'utilité, il doit y en avoir une. À quoi bon le sexe pour le sexe ? même dans un roman érotique...

Lorsqu'un « couple » se tourne autour depuis plusieurs chapitre, la scène en question peut servir à changer leur relation, donc faire avancer le récit. Au début d'un roman, mettre son héros dans une situation érotique peut nous montrer le rapport qu'il entretient avec sa sexualité, avec les femmes,... En d'autres termes donner à voir au lecteur une partie de son fonctionnement psychologique.

Écrire porte fermée

 

Même dans notre société habituée à l'étalage de la nudité, la sexualité reste un domaine qui véhicule des éléments lourds de sens. Écrire une scène de sexe interroge notre propre rapport au corps, à la sensualité et peut bousculer nos tabous. Quand je suis confrontée à un tel passage, je fais particulièrement attention à écrire porte fermée. C'est à dire que je ferme symboliquement la porte au regard des autres. J'écris comme si personne jamais ne devait lire mes mots. Il faut se sentir libre au moment du premier jet. Il sera toujours temps de retravailler la scène par la suite.

 

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 Le Violon d'Ingres - Man Ray

 

 

 

Savoir la délimiter

Parfois quand une scène ne fonctionnait pas ou que j'avais du mal à l'écrire, m'interroger sur ses limites m'a permis de dépasser mes difficultés. J'entends par là quand la scène commence et finit... Il m'est arrivé de supprimer tout le début d'un passage pour débuter le récit dans le feu de l'action et me rendre compte que mon récit gagnait en intensité et en dynamisme. Savoir quand retrouver et/ou quitter les personnages -à quel moment du récit- peut changer beaucoup de choses. N'hésitez donc pas à tester plusieurs versions en jouant sur ces limites.



Éviter les pièges « viande et dentelles »

Grande lectrice, j'ai remarqué que deux pièges guettent les scènes érotiques dans la fiction. J'ai surnommé ces écueils « viande et dentelles ».

  • Viande pour l'effet « viande dans le torchon ». Oui l'image n'est pas ragoutante, comme certaines scènes de sexe complètement ratées. C'est quand l'auteur décide d'appeler une bite une bite, de faire dans le cru mais sans savoir doser. Il ne faut pas tomber dans le mauvais porno. Du genre "Il la fourra jusqu'à la gerde tant elle était trempée".

  • Le second obstacle est celui de la « dentelle ». Le terme évoque, pour moi, les romances ratées. Quand par excès de romantisme et de pudeur, l'auteur se refuse à tout vocabulaire érotique et multiplie les métaphores farfelues. (Une fois j'ai pu lire « bouton magique » utilisé pour clitoris. J'en rigole encore...). Mieux mieux passer outre une scène de sexe et la contourner intelligemment plutôt que de l'écrire la honte au bout du stylo et finir par tomber dans le ridicule.

Legs Eleven Jack Vettriano

Legs Eleven - Jack Vettriano©



Et vous, quels éléments vous posent le plus de difficultés ?

Qu'en est-il des passages érotiques ?