05 octobre 2017

Des rêves sur papier

 

Dans mon article Projeter pour se révéler, au mois d'avril, je vous parlais de deux méthodes pour visualiser l'avenir que l'on veut : un exercice de Christopher Peterson -professeur de psychologie- et le 10 level up goals. Ces propositions conviendront à ceux qui ressentent une forme d'insatisfaction face à leur existence. Mais même lorsque l'on se sent bien dans sa vie, nous avons des rêves, des projets, des désirs. Dans le flot continu du quotidien, il reste néanmoins facile et presque normal de perdre ces derniers de vu...

Pourquoi ne pas s'atteler sérieusement à la réalisation de ses rêves ?

Bien entendu je ne parle pas ici de fantasmes irréalistes tels que gagner au loto, devenir danseur étoile -alors que vous n'avez jamais pris de cours- ou aller à Poudlard. Il s'agit de ces désirs que l'on remet à plus tard, quand on aura le temps, le courage, assez confiance en soi. Or le premier pas avant de s'atteler à la réalisation de ses rêves est de connaître ses derniers.

I. Bucket list : lâcher la bride à ses rêves

 

Une infirmière en soins palliatifs, Bonnie Ware, a demandé à ses patients quelle étaient leur plus grands regrets. De cette démarche, elle a fait un ouvrage Les 5 regrets des personnes en fin de vie. Ce qui ressort de cette expérience, c'est qu'on ne regrette jamais d'avoir essayer de réaliser ses rêves mais toujours de ne pas avoir tenté le coup.

Pour se lancer, il faut déjà définir ce que nous voulons. Et comme vous connaissez ma passion pour les listes, je vous confiais ici que je collectionne les listes comme d'autres épinglent les papillons, il me paraît logique de vous proposer d'en établir une.

Rien de plus simple : une feuille, un crayon et c'est parti ! Vous pouvez faire des catégories comme : lieux à visiter, choses à apprendre (la guitare ou le mandarin par exemple), oser (se couper les cheveux très courts, aller dans un cours de danse, chanter en public...), donner aux autres (comme faire des dons de sang régulier ou s'engager dans une association), sortir de sa zone de confort / tester des nouveautés (faire un saut à l'élastique, goûte des insectes,...). Personnellement je préfère limiter ma Bucket List à moins de dix points afin me concentrer sur eux et ne pas m'éparpiller...

 

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Si vous avez joué le jeu, vous disposez désormais d'une bucket list tout à vous. Mais comment l'utiliser ? Il ne s'agit pas de vouloir tout réaliser dans l'immédiat. Contentez-vous de choisir un item de la liste, un désir à votre portée. Ensuite demandez-vous comment vous pouvez atteindre ce but ? Pourquoi ? Comment ? Quel coût ? Et oui... Réaliser ses rêves demande quelques efforts !

II. Descriptif et contrat avec soi-même

 

Définir un rêve ou projet en une seule ligne me paraît limité. C'est pourquoi après avoir choisi l'item de votre liste à réaliser en premier, il vous faudra passer à l'étape suivante. Comme je vous le conseillais ci-dessus, prenez d'abord le temps de poser les bases et répondez aux questions suivantes...

Pourquoi voulez-vous faire/apprendre ceci ? Bien comprendre ses motivations vous permettra non seulement d'être sûr de ce que vous voulez mais devrait vous aider à garder votre volonté intacte si les choses se compliquent. Ensuite vous pouvez définir les moyens à mettre en œuvre. Pour apprendre une langue, il pourra s'agir d'acquérir une méthode ou de dégoter un cours. Pour un voyage, ce sera de se renseigner sérieusement sur les conditions de votre périple. Enfin, parce que nous avons souvent des moyens financiers limités, vous pouvez essayer de prévoir quel coût auront vos démarches. Par exemple si vous voulez vous rendre au Japon, définissez un budget puis prévoyez l'argent mensuel à mettre de côté.

Bien sûr certain désirs seront plus longs et compliqués que d'autres à réaliser. Pourtant en mettant par écrit votre « plan », vous aurez déjà effectué le premier pas vers cet accomplissement !

Afin d'ajouter un peu plus de solennité à cette approche vous pouvez très bien passer une sorte de contrat avec vous-même... Du type, « je m'engage à... ». Bien que je n'utilise pas cette méthode, je sais que cela aide certain à garder leurs motivations intactes.

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Materiel pour l'item "Apprendre le japonais"

 

III. Tableau de visualisation et visualisation

 

Si l'écriture introspective vous pose problème et/ou que vos goûts vous portent plus vers le visuel il existe une autre méthode pour « matérialiser » vos désirs : le tableau de visualisation ou vision board. Comme son nom l'indique, il s'agit de mettre votre bucket list en image. J'utilise cet outil depuis quelques mois et je le trouve très intéressant.

Bien entendu vous devez d'abord avoir -au moins en tête- une liste de vos rêves, de préférence des demandes justes et précises. Ensuite -et là c'est la phase que je préfère- prenez le temps de trouver des images pour illustrer vos items. Une fois les illustrations réunies, vous pouvez construire votre vision board.

Plusieurs possibilités s'offrent à vous. La plus classique est d'utiliser un grand tableau en liège sur lequel vous épinglerez vous images. Je n'utilise pas cette option car je n'ai pas envie que mon tableau de visualisation soit à la vue de tous. J'ai donc fait ce dernier à l'aide de deux feuilles perforées que j'ai insérées dans mon journal intime. Ainsi je peux le voir tous les jours.

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Vous pouvez aussi vous tourner vers le numérique en utilisant le site Canva ou des logiciel comme Photoshop ou Gimp.

Peu importe la manière, faire le point sur ce que l'on souhaite et prendre le temps de réfléchir sur les moyens d'y parvenir est passionnant.

Cette démarche fera appelle à votre créativité, vous apportera une meilleure connaissance de vous-même et peut-être l'impulsion qui change les rêves en projets.

 

Et vous, ami lecteur, quel sera votre premier pas en direction de votre rêve ?




30 septembre 2017

Consigne d'écriture n°11 - « Lipogramme »

 

La consigne

 

Vous connaissez le lipogramme ? Rappelons-en la définition : Œuvre littéraire dans laquelle on s'astreint à ne pas faire entrer une ou plusieurs lettres de l'alphabet. En mars la consigne était d'exclure le u. La proposition d'aujourd'hui est d'écrire un texte sans utiliser la lettre «.

 

Mon texte

Minuscule

 

Minuscule, je serpente, primitive malgré le bruit et la fureur. La lumière se reflète dans le galbe de ma pureté. Je ne sais pas ma valeur. Je ne sais pas ma rareté. Je ne sais pas la vie que j'abrite. Et tu ne le sais pas plus.

Minuscule dans cette existence, je ne fais que passer, sans que tu me remarques. Quand tu me salis de tes déchets. Quand tu me sens perler sur ta peau. Quand tu m'uses et m'abuses afin d'aseptiser ta merde dans tes cités de verre et de ciment. Tu ne sais pas ma valeur. Tu ne sais pas ma rareté. Tu dédaignes la vie que j'abrite.

Minuscule, l'enfant ne me fréquente pas mais sait ma valeur. Il sait ma rareté. Il sait la vie que j'abrite. L'enfant ne fréquente que ma dangereuse jumelle. Dans l'univers qui est le tien, elle serait traitée, purifiée puis graciée. Ici, dans ce pays à mille lieux du tien, l'enfant la recueille et l'accueille. Il ne sait pas sa laideur. Il ne sait pas sa menace. Il ne sais pas la maladie qu'elle abrite.

Minuscule elle serpente perfide dans le ventre de l'enfant. Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas que pendant que tu me gaspilles, dans une terre à mille lieux de la tienne, ils enterrent l'enfant que j'aurais pu sauver.

 

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28 septembre 2017

L'Art de la méditation – Matthieu Ricard

 

Genre : Essai pratique

Pays : France

Date de publication : 2008

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 30

 

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Résumé : L'art de méditer est une pratique que les plus grands sages poursuivent tout au long de leur vie. Matthieu Ricard vous ouvre le chemin et vous guide pas à pas sur la voie d'une expérience universelle fondée sur l'amour altruiste, la compassion et les bienfaits de la méditation.

Ma découverte de la méditation remonte déjà à quatre ans. Ma thérapeute, devant mon incapacité à lâcher prise, m'avait fortement incitée à essayer à cette pratique. J'ai commencé seule, avec l'aide d'un CD. Il m'aura fallu plusieurs mois pour comprendre à quelle point la méditation impactait positivement ma vie. Puis, il y a deux ans, des soucis de santé sont venus compliquer mon quotidien. Depuis, je vis avec des douleurs chroniques. Sans la méditation pour gérer, la dépression aurait fini par pointer le bout de son vilain nez.

Lorsque j'ai croisé le chemin de l'ouvrage qui nous occupe aujourd'hui, j'ai pensé que cet essai pourrait m'aider à progresser. Et j'apprécie beaucoup monsieur Ricard, dont le Plaidoyer pour l'altruisme a littéralement changé ma vie.

 

Mon Avis

 

Bien que la quatrième de couverture, via une critique de Psychologie Magazine, promette un essai accessible à tous, je pense que L'Art de méditer ne suffira pas pour débuter. Il va sans dire que l'idéal est de s'initier avec un expert ou, du moins, avec des méditations guidées. De mon côté j'ai commencé en autodidacte mais j'ai eu, depuis, la chance d'apprendre d'une professeur de yoga très compétente puis de suivre une formation de méditation Mindfulness sur huit semaines.

Si je reste réservée quant à l'utilité du livre de Matthieu Ricard pour débuter, c'est un ouvrage précieux pour ceux qui veulent avancer dans leur pratique ! L'auteur nous rappelle les bases avant de se pencher sur de multiples formes de méditation : trouver le calme intérieur, méditer sur l'amour altruiste, apaiser la douleur, gérer ses pensées et ses émotions. À chaque thème nous sont proposées plusieurs visualisations. Bref, je sais d'ors et déjà que L'Art de la médiation restera sur ma table de chevet et que j'y reviendrai régulièrement, dans l'espoir de progresser et de découvrir encore de nombreux bienfaits à cette pratique qui a déjà considérablement enrichi ma vie.

 

Et vous, pratiquez-vous la méditation ?

 

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21 septembre 2017

Verbes de parole : utilité et limites


      La semaine dernière nous avons abordé la question du lien entre réalisme et dialogues. Vous le savez, la catégorie boîte à outils me permet d'aborder exclusivement la partie artisanale de l'écriture, la partie technique. Concernant les dialogues, nous avions déjà vu sa typographie, aussi j'ai pensé qu'il était temps d'évoquer les verbes de parole.

Qu'importe le nom qu'on leur octroie : verbes de parole, de dialogue ou introducteurs, ce sont des termes que tout écrivant utilisera un jour. Faire le point sur la manière la plus efficace de les utiliser me paraissait indispensable.



I. Verbes de dialogue : définition et liste



Un verbe de dialogue/parole ou introducteur est un verbe qui introduit la parole.

Pour trouver une liste de ces fameux verbes, il suffit de faire une recherche sur le Net et les résultats nous confirment la richesse de la langue française :

Aboyer ; accepter ; acclamer ; accorder ; accuser ; achever ; acquiescer ; adhérer ; adjurer ; admettre ; admonester ; s’adresser ; affirmer ; affranchir ; ajouter ; alléguer ; anathématiser ; ânonner ; annoter ; annoncer ; apostropher ; appeler ; applaudir ; apprendre ; approuver ; arguer ; argumenter ; arrêter ; articuler ; assener ; assurer ; attester ; avancer ; avertir ; aviser ; avouer ; babiller ; badiner ; bafouer ; bafouiller ; balbutier ; baragouiner ; bavarder ; bégayer ; bénir ; beugler ; blaguer ; blâmer ; bougonner ; bourdonner ; brailler ; bramer ; bredouiller ; brusquer ; cacher ; cafouiller ; capituler ; céder ; certifier ; chanter ; chantonner ; chuchoter ; choisir ; clamer ; combattre ; commander ; commenter ; compatir ; compléter ; composer ; concéder ; conclure ; confesser ; confier ; confirmer ; congratuler ; considérer ; conspuer ; conter ; contester ; contredire ; converser ; couiner ; couper ; cracher ; crachoter ; crépiter ; crier ; critiquer ; croire ; débiter ; décider ; déclamer ; déclarer ; décrire dédouaner ; déduire ; se défendre ; dégoiser ; demander ; démentir ; démontrer ; dénoncer ; déplorer ; détailler ; deviner ; deviser ; dévoiler ; dialoguer ; dire ; discourir ; discréditer ; discuter ; disserter ; dissimuler ; distinguer ; divulguer ; douter ; ébruiter ; éclater de rire ; égosiller ; égrener ; éluder ; s’émerveiller ; émettre ; emporter ; encenser ; enchérir ; encourager ; enguirlander ; énoncer ; enquérir ; entamer ; enflammer ; entonner ; entrer en matière ; énumérer ; épeler ; ergoter ; s’esclaffer ; estimer ; essayer ; établir ; éternuer ; s’étouffer ; étonner ; s’étrangler ; exagérer ; examiner ; exhorter ; exiger ; expliquer ; exploser ; exprimer ; s’excuser ; exposer ; exulter ; faire miroiter ; faire remarquer ; faire fanfaronner ; féliciter ; flatter ; finir ; formuler ; fustiger ; garantir ; se gargariser ; geindre ; gémir ; glisser ; glorifier ; gloser ; glousser ; gouailler ; grincer ; grognasser ; grogner ; grommeler ; gronder ; haleter ; haranguer ; hasarder ; héler ; hésiter ; honnir ; huer ; humilier ; hurler ; imaginer ; s’impatienter ; implorer ; s’incliner ; indiquer ; infirmer ; informer ; injurier ; innocenter ; insinuer ; insister ; insulter ; s’instruire ; s’insurger ; intercéder ; interdire ; s’intéresser ; s’interloquer ; interroger ; interrompre ; intervenir ; intimer ; inventer ; inventorier ; invoquer ; ironiser ; jauger ; jubiler ; juger ; jurer ; justifier ; lâcher ; lancer ; lire ; lister ; louer ; marmonner ; maugréer ; médire ; menacer ; mentir ; mépriser ; mettre en garde ; minauder ; minimiser ; monologuer ; murmurer ; se moquer ; narguer ; narrer ; nasiller ; négocier ; nier ; objecter ; objurguer ; obliger ; obtempérer ; observer ; s’offusquer ; opiner ; ordonner ; outrager ; palabrer ; papoter ; parlementer ; parler ; penser ; permettre ; pérorer ; persifler ; pester ; philosopher ; piaffer ; plaider ; plaisanter ; se plaindre ; plastronner ; pleurer ; pleurnicher ; polémiquer ; pontifier ; postillonner ; pouffer ; poursuivre ; préciser ; préférer ; présenter ; prétendre ; prier ; proférer ; prohiber ; promettre ; prôner ; prophétiser ; proposer ; protester ; prouver ; psalmodier ; quémander ; questionner ; quêter ; rabâcher ; raconter ; radoter ; railler ; rajouter ; râler ; rapporter ; rappeler ; rassurer ; raviser ; réaliser ; récapituler ; réciter ; réclamer ; reconnaître ; rectifier ; récuser ; redire ; refuser ; réfuter ; regretter ; se réjouir ; relater ; remarquer ; remettre en question ; renâcler ; renauder ; renchérir ; renseigner ; repartir ; répéter ; répliquer ; répondre ; reprendre ; réprimander ; réprouver ; requérir ; résister ; ressasser ; résumer ; rétorquer ; révéler ; revendiquer ; réviser ; ricaner ; riposter ; rire ; risquer ; ronchonner ; ronronner ; rouscailler ; rouspéter ; rugir ; saluer ; s’exclamer ; scruter ; seriner ; sermonner ; siffler ; signaler ; signifier ; sélectionner ; soliloquer ; solliciter ; sommer ; stigmatiser ; souffler ; souligner ; soupçonner ; sourire ; souscrire ; soutenir ; se souvenir ; suggérer ; supplier ; supputer ; susurrer ; taquiner ; tempérer ; tempêter ; tenter ; terminer ; tonitruer ; tonner ; traduire ; vanter ; vérifier ; vilipender ; vitupérer ; vociférer ; vomir ; zézayer, zozoter

Les répétions paraissent impossibles avec tant de propositions... Sauf qu'il est facile d'abuser des verbes de paroles et votre prose risque de s'en trouver plombée...

 

II. Les verbes de dialogues : des mots de plomb

King

Dans son ouvrage Écriture mémoire d'un métier, Stephen King nous adjure de ne pas abuser de l'utilisation de ces verbes de parole. Si je ne suis pas toujours d'accord avec les préceptes de de cet auteur, le piège qu'il évoque me paraît des plus réels !

Même la meilleure prose pâtirait d'un abus des verbes de dialogues... Une preuve de ce que j'avance ? Très bien... Prenons un classique du répertoire du dix-huitième siècle : Le jeu de l'amour et du hasard. Dans cette comédie de Marivaux, j'ai choisi la sixième scène de l'Acte II. Lisette et Arlequin, déguisé respectivement en leur maîtresse et maître, sont tombés amoureux. Prenons le début de leur tête à tête...

ARLEQUIN

Enfin, ma reine, je ne vous quitte plus car j'ai trop pâti d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.

LISETTE

Il faut vous avouer, Monsieur, qu'il en était quelque chose.

ARLEQUIN

Comment donc, ma chère âme, élixir de mon cœur, avez-vous entrepris la fin de ma vie ?

LISETTE

Non, mon cher, la durée m'en est trop précieuse.

ARLEQUIN

Ah, que ces paroles me fortifient !

LISETTE

Et vous ne devez point douter de ma tendresse.

ARLEQUIN

Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits mots-là, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne.

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Bien entendu, on ne peut nier une seconde que c'est fort bien écrit. Mais que se passerait-il si on collait un verbe de parole poussif à chaque réplique ?

Arlequin se plaignit :

— Enfin, ma reine, je ne vous quitte plus car j'ai trop pâti d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.

— Il faut vous avouer, Monsieur, qu'il en était quelque chose, confessa Lisette.

— Comment donc, ma chère âme, élixir de mon cœur, avez-vous entrepris la fin de ma vie ? s'indigna-t-il.

— Non, mon cher, la durée m'en est trop précieuse, protesta-t-elle.

— Ah, que ces paroles me fortifient ! se réjouit le jeune homme.

— Et vous ne devez point douter de ma tendresse, confirma Lisette.

— Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits mots-là, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne, s'enflamma-t-il.

Vous remarquerez que le dialogue, si plaisant au départ, perd toute sa légèreté. Si vous en doutez, il suffit de prendre le temps de lire cet échange à haute voix... Convaincu ? Bien entendu, on peut tout à fait piocher dans la liste donnée précédemment mais gardez à l'esprit d'utiliser les verbes de parole avec parcimonie.

 

III. Comment éviter l'abus des verbes de dialogues ?

 

Malgré toutes mes mises en garde, il faudra bien faire intervenir le récit dans les échanges un peu long. Cela permet de garder un certain dynamisme dans la scène en question.

Déjà nul besoin de rappeler à chaque réplique qui est l'interlocuteur, faites-le seulement de temps à autre et préférez les verbes simples. Enfin on peut très bien utiliser le mouvements de nos personnages pour introduire un dialogue. Par exemple :

« Surprise, Annie se pencha vers la jeune femme :

Il s'est passé quelque chose ? »

Pour conclure, je dirais aussi que si vos personnages sont bien construits, ils auront leur propre « voix ». Ces dernières seront alors suffisamment reconnaissables pour pouvoir se passer facilement de certains verbes de dialogue.

 

Et vous, quelle place tiennent les verbes de dialogue dans vos écrits ?

 

16 septembre 2017

Consigne d'écriture n°10 - «Terre»

 

La consigne

Un thème lié aux quatre éléments que nous ferons tous au fil du temps : Terre

 

Mon texte

 

Racines en terre

Compter mes racines

Me donne des forces

Ma terre sanguine

Nourrit mon écorce

 

Mon CV est à terme

Je dois être mobile

Mais ma terre reste ferme

Mes élans malhabiles

Région en bandoulière

Et le cœur indocile

Sur mon âme, des lierres

Ma terre au bord des cils

 

Compter mes racines

Me donne des forces

Ma terre sanguine

Nourrit mon écorce

 

Les pieds rivés au sol

Laissez-moi ma région

Elle reste ma boussole

Mes entrailles de Lyon

Car à fond et à flore

Partir c'est m'enterrer

Pas de ruée vers l'or

Impossible d'errer

Car à terre et à flore

Mon amour enferré

Je compterai encore

Mes racines au carré

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14 septembre 2017

Dialogues et réalisme

 

En juillet, j'avais abordé le dialogue sous l'angle de la typographie et vous avais assommés avec l'histoire du cadratin... Sincèrement, « habiller » ses dialogues me semble le point le plus simple. Avant tout, il faut savoir ce que l'on veut de la voix de nos personnages...

Nous commencerons par comprendre pourquoi le « réalisme » reste une question de choix. Quel contrat tacite l'auteur passera-t-il avec son lecteur ?

Toutefois lorsque l'on désire écrire des dialogues « réalistes », il me semble que nous devions d'abord appréhender les limites de ce réalisme.

Enfin, écrire un dialogue s'apparente à un art qui ne peut se limiter aux questions techniques.

I. Le réalisme des dialogues : choix littéraire ?

 

La première question que je poserai est la suivante : un dialogue doit-il être crédible ? Doit-il imiter la vie ? Doit-il sonner vrai ?

Dans un roman policier, fantastique ou réaliste, je pense sincèrement que oui mais ce n'est pas toujours le cas. Prenons un maître : Shakespeare. Othello et Hamlet sont des chefs d’œuvre et pourtant la poésie de leurs répliques ne laisse pas de place au réalisme. Est-ce grave ? Pas du tout. C'est bien à l'auteur de décider si ses dialogues seront réalistes ou non.

Si Shakespeare met tout au service de la poésie, de l'émotion, de la langue, d'autres grands écrivains ont tenté de donner une voix crédible à leurs personnages. C'est le cas de Tolstoï. D'ailleurs l'auteur russe ne comprenait pas Shakespeare et n'hésitait pas à s'en moquer :

Le monologue d’Othello auprès de Desdémone endormie, qu’il désire aussi belle morte que vivante, qu’il aimera aussi bien morte que vivante, dont il ne veut, maintenant, que respirer les parfums, etc., etc., ce monologue est absolument impossible. L’homme qui se prépare au meurtre d’une créature aimée ne peut prononcer des phrases pareilles, et il peut encore moins, après le meurtre, dire que maintenant le soleil et la lune doivent s’obscurcir et la terre éclater.”
Il était bien gentil Léon, mais est-ce bien mature de débiner ses petits camarades qui n'ont pas fait les même choix ? Prenons le célèbre roman d'Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray, les dialogues fourmillent de bons mots, d'aphorismes,... L'esprit prime sur le réalisme et c'est, entre autres, ce qui rend la plume de l'écrivain irlandais aussi savoureuse.

 

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II. Un dialogue réaliste, à quel point ?

Le premier principe d'un dialogue réaliste est très simple : un dialogue crédible n'imite pas la vie. Pour preuve ? La prochaine fois que vous allez boire un café, écoutez quelques minutes les conversations de vos voisins de table. Si on les transcrivait tels quels, ces échanges feraient-il de bon dialogues ? Certes non. Les répétitions, les « euh », les passages ennuyeux, les hésitations... Tout ce qui émaille nos échanges dans la réalité n'auraient pas forcément sa place dans un roman. Un dialogue se doit d'imiter la vie...en mieux. Crédibilité ne signifie pas réalisme primaire.

Pour mieux expliquer ce principe, nous pourrions prendre le théâtre comme exemple. Un comédien, pour jouer juste, doit nous donner à nous, spectateurs, l'impression qu'il ressent vraiment ce qu'éprouve son personnage. Pourtant un acteur doit aussi faire porter sa voix et « élargir » l'amplitude de ses mouvements afin que tous -même au fond de la salle- puissent profiter de son jeu. Pour les dialogues, il en est de même, Ils ne devront pas imiter ou singer la vie mais en donner une illusion adaptée.

 

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Phèdre de Racine, mise en scène d’Ophélia Teillaud et  Marc Zammit - Théâtre Mouffetard, février 2012

 

III. L'écriture du dialogue : un art

 

Si le métier de dialoguiste semble tombé en désuétude, nous continuons à porter aux nues le travail d'auteurs tels que Michel Audiard ou Henri Jeanson. Car oui, le dialogue est un art à part entière.

L'importance du dialogue dans un scénario coule de source et il devrait en être de même pour le roman ou la nouvelle. Si vous aimez lire, vous devez avoir connu cette déception : vous êtes plongé dans une histoire, une bonne histoire, avec des personnages sympathiques et une intrigue prenante et là, patatras, les dialogues cassent tout. Les voix des personnages semblent tomber à côté, comme une mauvaise note en plein concerto.

 

Citation

 

Visuel citation : De bons dialogues donnent de bons personnages. De mauvais dialogues donnent de mauvais personnages. Joe Abercrombie, écrivain.

Hélas, la technique a ses limites et le dialogue est un art délicat : faire sonner juste une réplique est une question de musicalité. Ce n'est qu'avec beaucoup de lecture et de pratique que l'on parvient à saisir ce qui différencie un dialogue juste des autres.

Il est donc question d'oreille et si vous devez retenir un conseil, c'est celui-ci : travailler vos dialogues à haute voix. Quand vous les écrivez et quand vous les corrigez. C'est le meilleur moyen de voir s'ils sont naturels. De même, pensez à exercer votre oreille en écoutant les autres. Lorsque vous croisez quelqu'un avec un accent ou un phrasé particulier, restez attentif à la manière dont il s'exprime. Prenez quelques notes au besoin.
Bien sûr il existe de nombreux outils et techniques pour vous aider à parfaire vos dialogues. De plus, quelques prérequis semblent indispensables comme de comprendre quelles fonctions peut occuper une réplique ou l'importance d'avoir des personnages bien caractérisés. Promis, je prendrai le temps, dans les mois à venir, de revenir sur ces questions.
En attendant, ouvrez grandes vos oreilles : écouter les autres est la manière la plus simple d'améliorer notre capacité à donner une voix juste à un personnage...

 

Et vous, ami lecteur, dialogues réalistes ou envolées lyriques ?

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07 septembre 2017

S'organiser pour se libérer

En pleine période de rentrée, le rythme frénétique nous épuise : fournitures scolaires de dernière minute, inscription à une activité -physique ou culturelle-, papiers administratifs... L'automne n'a pas encore débuté que déjà on se sent fané. On s'était pourtant promis de prendre de l'avance, de prévoir ces ribaudes de photos d'identité réclamées tous les ans, de s'occuper des assurances, de faire telle ou telle démarche... Bref, on avait fait le serment solennel de s'OR-GA-NI-SER. Argh...

J'ai la chance d'être organisée. Non pas qu'une fée bienveillante se soit penchée sur mon berceau. Je le suis devenue par nécessité. Parce que ma mémoire a la cruelle particularité de ressembler à une passoire irrationnelle. Voui, voui. Genre je me souviens qu'en 1386 un cochon a été exécuté en place publique -à Falaise- pour le meurtre d'un bébé. Par contre j'oublie la date de mon anniversaire de mariage. Pour pallier à cela, j'ai dû me résoudre à TOUT noter.

À force je suis en quelque sorte devenue une experte des to-do list, des agendas et plannings en tout genre.

On pourrait croire que cette manie de «planifier» mon quotidien s'apparente à une obsession, ou même à une pathologie. Sauf que j'ai découvert que s'organiser signifiait se libérer : du temps, l'esprit, de la procrastination, de la culpabilité,...

Mais comment s'organiser au mieux ? Avec un effort minimum pour une efficacité maximale ?

I. Le papier, un outil poussiéreux et dépassé ?

J'aime les écrans et la technologie. J'ai grandi avec l'informatique à une époque où c'était encore rare -je suis de 82-, -ah les jeux vidéos sur cassettes...-. Pourtant je n'utilise pas le numérique pour m'organiser. Déjà j'aime écrire à la main et « la papeterie c'est la vie ». Mais surtout je n'aime pas, pour mon agenda, être dépendante d'une batterie de smartphone. Si vous faites partie de ceux qui utilise leur téléphone et synchronisent leur agenda avec celui de leurs proches, très bien. Personnellement cela ne me convient pas...

Avantages du papier :

  1. Pas de batterie donc pas besoin d’électricité

  2. Si notre smartphone/ordinateur/tablette tombe en panne, on conserve toutes nos informations

  3. Écrire une donnée à la main permet de mieux « ancrer » celle-ci dans notre mémoire.

  4. On peut TOUJOURS lire ce qui est noté, même en plein soleil -que celui qui n'a jamais galérer à cause de cela me jette le premier pixel ! -.

  5. On peut laisser libre court à notre éventuelle passion pour la papeterie...

Inconvénients du papier :

  1. On ne peut ni partager ni synchroniser nos agendas avec nos proches. -d'un autre côté, un calendrier mural à la maison permet de pallier le problème.

  2. Si on fonctionne ainsi plusieurs années et que l'on aime conserver les choses, cela prend BEAUCOUP de place.

  3. Le papier est encombrant, que ce soit avec un organiseur ou un agenda, il faut le transporter en plus de son téléphone.

  4. Cela demande un investissement annuel -agenda ou recharge-. Toutefois ce souci peut être anecdotique selon le système choisi.

  5. On ne peut pas multiplier les sauvegardes, alors si on a le malheur de perdre son agenda/organiseur chéri, on risque une belle petite crise de nerfs.

Finalement c'est une question de choix. Il faut prendre le temps de réfléchir, non pas forcément à ce que l'on préfère mais bien à ce qui sera le plus efficace.

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Vous avez décidé de vous tourner vers le papier ? Très bien ! Encore faut-il choisir le support qui vous conviendra.

 

II. Trouver le bon support : un parcours du combattant ?

Il existe de multiple supports pour noter nos rendez-vous et événements. Passons-les rapidement en revu.

Le bon vieux calendrier mural :

Ici je ne parle pas de ces petits calendriers avec un chat tout mignon sur la couverture, distribués par notre facteur adoré. Non. Plutôt des outils très complets que l'on trouve dans toutes les bonnes papeteries, type Organiseur familial .

Ce système ne fonctionnera que si vous n'éprouvez pas le besoin de garder votre emploi du temps sur vous. De plus il y a un espace limité pour chaque jour, si vous désirez détailler vos tâches, le calendrier risque de ne pas vous convenir.

Notez que l'on peut très bien disposer d'un calendrier à la maison -que toute la famille pourra consulter- ET d'un agenda personnel.

Agenda :

Il en existe de tous les formats et pour toutes les bourses. Du plus sobre au plus luxueux. J'ai fonctionné des années avec un agenda : c'est pratique et facile d'utilisation. En outre l'offre nous permet de choisir en fonction de nos goûts et de nos besoins.

J'ai abandonné ce support pour deux raisons :

  • il manque de souplesse et ne s'adaptait pas assez à mon quotidien

  • cela a un certain coût puisqu'il faut en racheter un tous les ans

Organiseur :

Comme pour les agendas il existe de nombreuses tailles d'organiseurs -ces petits classeurs à annaux- : du plus petit et léger au grand format qu'on laissera sur notre bureau.

Une fois le bon format choisi, il faut encore déterminer quelle mise en page nous correspond : double-page hebdomadaire, une page par jour,...

Pour être tout à fait franche, je pense avoir presque tout essayé. Chaque année je partais à la recherche de cette pépite de papier qui s'adapterait parfaitement à mon quotidien. Une vraie chasse au dahu.

Un système a pourtant mis fin à mon errance : le Bullet Journal.

III. Le Bullet Journal

Au départ, rien de plus simple que le Bullet Journal. On prend un cahier et un stylo pour créer sa propre organisation. Pour plus d'information, vous pouvez consulter cet article.

Je reste persuadée que ce principe correspondra à tous ceux qui soupire après l'agenda parfait. Pour cela, encore faut-il se garder de tomber dans les pièges qui accompagnent le BuJo.

L'écueil de la créativité me semble le plus important. Il suffit de baguenauder quelques minutes sur Pinterest pour voir des Bullet magnifiquement décorés. À l'aide de dessins kawai, de masking tape et de tampons, certains adeptes utilisent ce système comme moyen d'expression créative. Ce qui est très bien à condition de ne pas oublier le but premier du BuJo : organiser son temps pour en gagner. À cause de ce courant, beaucoup se sont découragés d'utiliser le Bullet. Or, nul besoin de fioritures ou de couleur, on peut tout à fait se contenter d'une mise en page simple, voir minimaliste, qui laisse toute à la place au pragmatisme.

Personnellement j'utilise deux outils : un organiseur A5 qui recueille mon journal, mes listes diverses et variées, mes défis de développement personnel. Ce dernier reste à la maison, sur mon bureau.

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Mon second allier est un autre Filofax, cette fois de format personnal (95mm x 171mm) afin que je puisse l'emporter partout avec moi.

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Mes deux outils : à gauche mon agenda/bullet journal, à droite mon journal

Il joue le rôle d'agenda. J'utilise six intercalaires pour m'y retrouver :

  1. Vues mensuelles

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  1. Vues hebdomadaires

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  1. Agenda pour mes rendez-vous, événements, réunions

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  1. Une section daily que je prépare la veille pour le lendemain. En vérité elle consiste à une simple to-do list.

  2. Les listes que je veux garder avec moi et quelques feuilles vierges pour noter tout ce dont j'ai envie/besoin

  3. Mes contacts

 

Si vous avez envie de tenter le Bullet Journal, je ne saurais que vous conseiller de commencer très simple. Les décorations, illustrations et autres fantaisies se glisseront peut-être dans votre BuJo mais sans pression, au gré de votre temps libre et de vos désirs.

 

De mon côté la dimension créative me plaisait beaucoup mais s'est révélée contre-productive. Je réserve donc mes dessins, zentangles, crayons de couleur et Masking tape à mon journal intime, mon « Bullet Diary » que je vous présenterai plus en détail à l'occasion.

Et vous, ami lecteur, comment organisez-vous le quotidien ?

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31 août 2017

La plume et le clavier : un duel à l'aube ?

 

Sur les sites consacrés à la fiction, dans les manuels théoriques mais aussi au sein des ateliers d'écriture, le sujet continue de faire débat : écrire à la main ou directement sur ordinateur. De la même manière que les lecteurs d'Epub s'opposent souvent à ceux qui préfèrent le poids d'un ouvrage entre leurs mains, la plume et le clavier semblent scinder les écrivants en deux clans.

En dehors de toute considération philosophique, il me paraît utile de simplement comprendre ce que ces deux écoles ont à nous offrir. Ces outils, au-delà de toute considération métaphysique, peuvent et doivent se mettre au service de notre créativité.

Nota Bene : il ne sera question ici que de papier et d'ordinateur. Quant à la possibilité d'écrire sur une tablette ou un smartphone, j'avoue que je n'ai jamais vraiment tenté l'expérience.

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I. Comparatif technique

Commençons cette réflexion par le plus évident : les avantages et inconvénients de chaque outil... Ceux qui privilégient l'écriture à la main ont l'avantage de pouvoir écrire partout et dans -presque- toutes les conditions : dans les transports en commun, debout ou même allongé dans le lit, en pleine nature,... Il suffit de disposer d'un bout de papier et d'un crayon. Quoi de plus nomade ? Au contraire l'ordinateur demande quelques aménagements. On peut tout à fait utiliser un portable à l'extérieur mais il faut le prévoir : transport, batterie,... S'il nous vient une envie subite d'écrire, ce sera plus compliqué...

Si utiliser un stylo apporte -pour certain- une dimension de « plaisir », on a tendance à se fatiguer au bout d'un moment. Surtout quand on a perdu l'habitude d'écrire à la main. Bien entendu plus on « pratique » et plus on dispose d’endurance mais pour avoir souffert de tendinites à répétition lorsque j'étais étudiante, il y a une limite. Le clavier n'a pas ce désavantage même si la fatigue oculaire à cause de l'écran peut devenir, à long terme, tout aussi handicapant.

Enfin, il est parfois intéressant de regarder les brouillons à la main. Nos ratures nous permettent de comprendre de quelle manière on travaille un texte. Les changements sont visibles alors que sur écran on supprime ce qui ne nous convient pas. Hélas cet avantage est contrebalancé par le fait qu'il est compliqué de corriger un texte écrit à la main. Il faudra recopier plusieurs fois les mêmes choses... Chaque version d'un projet prendra beaucoup de temps puisqu'on doit tout réécrire.

Au contraire, l'ordinateur permet de changer une partie de son texte sans tout recopier. On peut déplacer des paragraphes entiers sans se fatiguer...

Bref, que ce soit pour l'écriture manuscrite ou sur clavier, il existe autant d'avantages que d'inconvénients... Comment savoir quel outil utiliser ? En premier lieu, il convient d'apprendre à se connaître...

II. Apprendre à se connaître

 

Cette partie revient dans tellement de mes articles et de mes ateliers que le précepte d'apprendre à se connaître devient une règle de vie... Comme toujours, prenez donc le temps nécessaire pour vous observer. Écrire à la main ou taper sur clavier change-t-il quelque chose à votre inspiration, à votre efficacité, à votre créativité ?

Afin de vous aider, je ne saurais trop vous conseiller la tenue d'un journal d'auteur/d'écrivant. Prendre le temps -5 à 10 min par jour ou séance- de noter vos ressentis, vos difficultés, vos impressions vous permettra de comprendre votre processus créatif et, par conséquent, de le parfaire.

 

III. Choisir le bon outil au bon moment

 

Après avoir pris le temps de lister les avantages et inconvénients de chaque outil puis d'apprendre à vous connaître, le conseil qui nous intéresse coule de source. Il s'agit d'utiliser la plume ou le clavier selon vos propres préférences et particularités. Vous expliquer de quelle manière je procède me permettra d'être plus claire...

À la main, j'écris toutes mes réflexions, idées, notes parce qu'allumer mon ordinateur à chaque fois me semble fastidieux. Concernant mes écrits intimes -comme la tenue de mon journal-, j'utilise aussi un stylo.

Quant au reste, je le tape afin de pouvoir retravailler facilement mes textes. Il existe une exception : la poésie. Je suis incapable d’écrire le premier jet d'un poème sur ordinateur, j'ai besoin de papier. Peut-être parce que le genre poétique exige une réflexion pour chaque mot, que c'est un travail de grande précision...

Vous le voyez, je ne défends ni le clavier ni la plume, les deux me semblent complémentaires selon ce que l'on écrit et pourquoi. À vous de trouver le fonctionnement qui vous conviendra le mieux. Pour finir avec le sujet, un petit conseil... Lorsque je bloque sur une scène ou un passage, changer d'outil me permet parfois de renouveler l'inspiration. Passer au stylo quand je travaille sur écran a souvent donné un nouveau souffle à mon écriture. Une manière simple de surmonter certains obstacles...

 

Et vous, plutôt plume ou clavier ?

 

24 août 2017

05 « révélations » sur l'écriture et moi

 

Alors que les vacances s'apprêtent à laisser place à l’effervescence de septembre, avec sa cohorte de contraintes et de déplaisirs, j'ai eu envie de publier un article un peu superficiel. Une bafouille légère et égocentrique. Depuis le début de l'Écrhistoires -à part sur ma présentation- j'ai rarement parlé de moi. Alors pourquoi ne pas prendre quelques instants pour faire quelques confidences sur ma personne ?

  1. Comment je suis tombée dans l'écriture

Avec pour thème l'écriture sous toutes ses formes, la première information à vous livrer allait de soit : comment ma passion est née...

Cette relation intense et merveilleuse date de mon enfance, du CM1 pour être précise. J'avais donc neuf ans et j'ai écris un poème. Quelques lignes avec de mauvaises rimes... Les sensations expérimentées alors ont « scellé » mon destin. Comment décrire cet instant crucial ? Ce n'était pas un simple instant de plaisir ou de joie. C'était une sensation presque spirituelle, l'impression de voler, de planer intellectuellement. Se transcender soi-même par la force si modeste de quelques mots. Depuis, je suis sans cesse à la recherche de cet instant de grâce -que je revis régulièrement en écrivant-, ce moment divin où tout n'est qu'harmonie en moi : « je suis à ma place, là, en train d'écrire ces mots qui me semblent faire partie de moi ».

  1. La papeterie...c'est la vie !

Cette courte phrase pourrait figurer sur ma tombe tant je suis une fanatique de tout ce qui touche à la papeterie. Carnet, organiseur, stylo, papier, cahiers... Mon système d'organisation quotidien reflète cette monomanie, il faudra d'ailleurs que je vous en parle plus dans le détail à l'occasion.

 

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  1. Les jeux vidéos : une source d'inspiration

Je vous en parlais récemment, la musique tient une place de choix dans mon processus créatif. Et j'évoquais rapidement la possibilité d'écouter des OST de jeux vidéo pour s'inspirer. Mais pas seulement... Je fais partie de la génération qui a grandi avec les consoles, la Megadrive d'abrod puis la Playstation à l'adolescence. L'univers des jeux vidéos a nourri mon imagination et donc mon écriture.

  1. L’œil de Sauron l'écrivain

Je suis écrivain. Ce n'est pas un métier mais un trait de mon être le plus profond. Peu importe où et avec qui je me trouve, je reste écrivain. Cette aspect de ma personnalité colore mon quotidien pour le meilleur....et pour le pire. Prenons le plaisir d'un film ou de suivre une série... Impossible de me défaire de mon « œil d'écrivain » ! Il y a toujours une part de moi qui examine la structure narrative du récit ou l'écriture des dialogues. Avec le temps j'ai compris que je devais garder mes réflexions pour moi : elles avaient la fâcheuse tendance à agacer mes compagnons de visionnage. Les pauvres...

  1. Je vais très bien....merci

Bien que je sache désormais taire mes analyses cinématographiques, mes proches ne sortent pas indemne de ma tumultueuse activité. Il arrive fréquemment que je pose les questions les plus incongrus : « Quel arbre est le plus commun dans les forêt de Bretagne ? » ou « Comment on dit « ma chérie » en grec ? ». Cette manie n'est pas très gênante même si elle sucite parfois quelques ricanements. Le problème survient quand j'écris des scènes « violentes ». À ce moment-là mes interrogations prennent une tournure inquiétante pour qui me connait mal. Du genre : « Quel bruit fait un corps qui tombe du huitième étage ? », « Est-ce que l'on peut vraiment dissoudre complètement un cadavre dans l'acide. »

Je ne vous parlerais même pas de mes recherches internet (Comment fabriquer un explosif avec détonateur) qui, si j'étais américaine, provoquerais la visite très officielle d'agents du gouvernement -oups-.

Voilà pour ces quelques confidences sur mon rapport à l'écriture... Cela ne fera pas la couverture de Gala mais je suis contente de me dévoiler un peu.



Avez-vous des manies liées à une passion ?



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17 août 2017

Et si on arrêtait de se maltraiter ?

 

Le terme bienveillance -grand frère de gratitude- semble sur toutes les lèvres et au bout de tous les stylos. Les magazines bien-être comme les ouvrages de développement personnel nous somment de montrer de la bienveillance envers autrui. Je ne parle pas de gentillesse et encore moins de faiblesse, seulement d'humanité.

Si nous tentons souvent de ne pas nous laisser dominer par nos émotions dans nos rapports avec l'extérieur, nous avons trop souvent tendance à perdre toute mesure quand il s'agit de ce que nous pensons de nous-même. Avant même de tenter de pratiquer la communication non violente pour assainir nos rapports au monde, il s'agit de prendre soin de soi.

I. Nos émotions incarnées : la petite voix intérieure

Possédez-vous une petite voix intérieure ? Vous savez cette entité qui tient aussi bien le rôle de conscience que de donneuse de leçon... Cette petite voix est fortement liée à nos émotions et, selon notre humeur, elle pourra nous encourager comme nous démolir.

Au premier abord, on a l'impression de n'avoir aucune prise sur cette voix. La mienne célèbre parfois mes réussites « Bravo ! » ou me martèle mes limites « Tu es nulle », « Tu n'y arrivera jamais ». Imaginez un enfant de six ans... Il apprend à lire. Or partout où il va, il est accompagné d'un adulte qui ne cesse de clamer : « Tu ne sauras jamais lire ! » « Tu es bête ! » « C'est trop difficile pour toi ! ». Croyez-vous que l'écolier réussira ? Il serait d'un caractère exceptionnel s'il parvenait à faire abstraction de ce personnage malveillant.

Pourquoi serions-nous différent de cet enfant ? Si on laisse notre voix intérieure saper toute notre confiance, nous rabaisser ou nous rappeler nos échecs, comment pourrions-nous avancer dans la vie ?

Avant même de se demander comment rendre cette petite voix bienveillante à notre égard, il s'agit déjà de prendre le temps de l'écouter.

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Un petit exercice pour vous... La prochaine fois que vous vous sentirez mal à l'aise -à cause d'un échec ou d'une situation délicate- prenez le temps de noter ce que vous vous dites. Quels termes emploie cette petite voix ? Si elle utilise des mots qui vous blessent ou vous confortent dans un fonctionnement malsain, vous aurez peut-être envie de cesser cette maltraitance mentale. Pour cela, il faudra déjà comprendre d'où vient cette voix intérieure...

II. Comprendre notre voix intérieure

 

Exercer une influence sur cette petite voix reste compliqué, particulièrement lorsqu'une ou des émotions fortes nous submergent. Il n'y a pas d'antidote miracle mais un long processus puis une pratique imparfaite et résolue de « tendre à la bienveillance ».

Avant toute chose, il s'agit d'écouter cette petite voix. Pas de l'entendre et de se laisser porter par elle, au mépris de notre bien-être, mais d'être attentif à ce qu'elle nous raconte vraiment. D'où vient-elle ? Seulement d'une émotion passagère ? C'est possible. Par exemple quand je perds patience avec mes enfants et me met à crier, je me retrouve à ressentir de la colère contre moi. La petite voix qui s'élève alors me serine que je suis une mauvaise mère, que je suis nulle, incapable de gérer mon rôle. Cette petite voix, qu'exprime-t-elle derrière cette colère ? Un besoin de perfectionnisme impossible à tenir, le besoin d'être une maman bienveillante. Depuis que j'ai compris cela, je ne rumine plus pendant des heures sur ma nullité. Je pose une action juste : si besoin je vais parler avec l'enfant sur lequel j'ai crié. Je lui explique que j'aurais voulu garder mon sang-froid, pourquoi je n'y suis pas parvenue,... Avant, ce genre de crises finissait par une grosse déprime. Désormais, une fois la discussion faite, je me sens encore plus motivée à tendre vers l'éducation que je veux offrir à mes enfants.

Hélas, cette prise de conscience ne suffit pas toujours à gérer cette voix ou -encore mieux- à la remplacer par de la bienveillance. Dans ce cas, la voix en question provient de quelque chose de plus profond, de plus ancien. Une amie souffrant de troubles du comportement alimentaire avait, après chaque crise, un long passage de culpabilité. La petite voix qu'elle entendait lui disait des choses terribles. Après avoir travaillé là-dessus, elle s'est rendu compte que cette voix reprenait à son compte des propos qu'elle avait entendu pendant l'enfance sur son manque de contrôle et sa silhouette pulpeuse.

Savoir d'où viennent les propos malveillants qui s'élèvent en nous est la première étape pour ne plus nous maltraiter. En effet, le processus sera différent selon leur provenance.

III. Changer de voix

 

Travailler sur ces voix n'est pas facile, on a besoin de patience et de courage.

 

Lorsque ces propos naissent d'une émotion, on doit créer un espace suffisant entre soi et l'émotion. Une zone sereine dans laquelle placer une action bienveillante pour soi comme pour les autres. Il existe de nombreuses manières d'apprendre à gérer ses émotions : l'écriture, la méditation, le sport, le yoga, une thérapie,... sont autant d'outils qui peuvent nous aider. Là encore, les maîtres mots sont bienveillance sans complaisance, c'est à dire s'entraîner à regarder nos émotions. Se dire : « Tiens, je ressens de la colère. J'avais besoin de me sentir une mère bienveillante et ma fatigue a pris le dessus. Je vais prendre le temps de laisser passer cette colère puis aller en parler avec ma fille. Lui expliquer les choses pour fermer la crise sur une conversation pertinente. »

Sur le papier, les choses sont simples. Pourtant « simple » ne signifie pas « facile », n'est-ce pas ?

Les voix du passé demandent un travail en amont. Il faut prendre le temps de consoler l'enfant qui a été blessé et façonné par ses voix. Si le passé n'est pas « réglé », il convient de travailler dessus. Ici, les choses sont parfois compliquées à gérer seul, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, que ce soit dans son entourage ou celle d'un professionnel.

 

 

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De manière tout à fait personnelle, j'écris régulièrement ce que me disent ces petites voix. Cette pratique possède un double avantage : elle installe une distance entre mes émotions et moi-même et permet de comprendre d'où viennent tels ou tels termes.

Depuis quelques mois, mes petites voix tendent vers la bienveillance. C'est loin d'être parfait mais, à force, je gère de mieux en mieux mes émotions et parviens à choisir de poser une action qui me convient plutôt que de tomber dans la rumination ou les comportements néfastes. Parfois, quand j'ai l'impression de stagner, je regarde en arrière et je me dis que peu importe l'imperfection, ce qui compte c'est le chemin parcouru et le fait de continuer à avancer.


 

Et vous, ami lecteur, quelles voix vous accompagnent ?