19 octobre 2017

L'écriture, mauvaise pour la santé ?

 

Lorsque l'on évoque la santé dans nos activités, les images évoquées restent celles d'efforts physiques : ces emplois où l'on porte des charges lourdes, ces hobbies durant lesquels notre corps est malmené,... Quant à l'écriture, elle ne semble pas poser problème.

Au delà des conséquences à rester vissé sur une chaise plusieurs heures durant, il faut avoir conscience que pour écrire bien et longtemps une santé correcte est indispensable. Cette bonne condition demandera deux dimensions : une première, mentale, consiste à pouvoir se concentrer durablement et la seconde, physique, demande endurance et capacité à adopter une posture physiologique.

I. Une histoire de concentration

 

Sur l’Écrhistoires, nous avons abordé quelques astuces pour « entrer en écriture », c'est à dire trouver l'impulsion pour commencer à écrire. Cette étape, lorsque l'on prend le temps de se construire un rituel, ne pose pas réellement problème. C'est après que les vrais soucis se pointent...

Un psychologue anglais, Norman Mackworth, fut recruté pendant la seconde guerre mondiale par la RAF pour étudier l'efficacité des opérateurs radar. Il détermina, grâce au test connu sous le nom d'horloge de Mackworth, qu'après 30 min on perdait 10 à 15 % de nos capacités. Cette baisse de performance et de l'attention existe tout au long notre journée et se traduit par une courbe en forme de cloche : la loi de Yerkès-Dodson.

Bien entendu, l'écriture ne s'apparente pas vraiment à la tâche d'opérateurs radar et une baisse de concentration n'aura pas de conséquences vitales. Pourtant comprendre comment fonctionne l'attention nous montre ses présupposés.

Ainsi une quantité suffisante de sommeil, une alimentation équilibrée et une consommation mesurée d'excitants favoriseront vos capacités de concentration. De plus, si on part de ces 30 min d'attention optimale, se ménager des pauses régulières d'un quart d'heure vous permettra de maintenir la qualité de votre travail.

Rappelons aussi que la méditation est un outil intéressant pour développer son attention.

 

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II. L'écriture : une activité physique ?

 

L'écriture est-elle une activité physique ? Pas la peine d'entretenir le suspens : oui le corps participe à l'écriture. Ceux qui travaillent dans un bureau ne pourront pas me contredire : rester assis des heures devant un ordinateur n'est pas une chose simple. Non seulement on peut avoir mal au dos et les yeux qui fatiguent mais on peut développer à terme des pathologies chroniques.

Comme pour la concentration, votre condition physique se travaille en amont. Nul besoin pour cela d'avoir une santé parfaite ou de pratiquer le sport à outrance. Il suffit d'inclure quelques éléments simples -et à la portée de tous- dans votre hygiène de vie. Tout d'abord un dos musclé est un dos en bonne santé. Au-delà de cela, une bonne posture fera une vraie différence. Le yoga ou le pilate me semblent de bonnes pistes pour favoriser ces muscles et une posture saine. Personnellement je pratique le yoga et bien que j'ai beaucoup -vraiment beaucoup- de progrès à faire, cette activité m'aide vraiment.

 

Ces-postures-de-yoga-vont-soulager-votre-dos-et-vos-hanches-en-seulement-4-minutes

Une activité corporelle régulière ne suffira sans doute pas. Votre environnement joue aussi un rôle primordial. Un siège de bonne qualité, une bonne position des mains sur le clavier,... Il est important de réfléchir sur la manière dont on travaille.

Nous venons de voir que pour rester efficace, il faut une bonne hygiène de vie. Mais comment mettre ces conclusions en pratique ?

 

III. Avant, pendant et après les longues séances de travail

 

Si vous prévoyez décrire de longues heures (plus de deux), je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté pour que cette séance se passe bien.

Prenez le temps de vous mettre en conditions avant de travailler. Prendre un quart d'heure pour faire quelques étirements ou des postures de yoga vous permettra de mieux gérer la séance physiquement. Pour la concentration, vous pouvez tout-à-fait enchaîner sur une courte méditation - au moins quelques minutes-. Ensuite installez-vous comme il faut et prévoyez de quoi vous hydrater.

Pendant la séance elle-même, essayez de prendre conscience de votre posture : le dos, la position des mains sur le clavier ou la manière dont vous tenez votre stylo. Si vous portez des lunettes, par pitié, mettez-les !

Ménagez-vous des pauses régulières. De mon côté, je prends une pause de dix minutes tous les trois-quart d'heure. Ses pauses ne consistent pas à rester vissé sur votre chaise et à errer sur les réseaux sociaux. C'est votre corps que vous devez reposer. Pour cela, n'hésitez pas à vous dégourdir les jambes ou même à faire de nouveau quelques étirements pour soulager votre dos. Mais le plus important reste, à mon sens, de ne pas continuer à utiliser d'écran. Si, comme moi, vous souffrez de problèmes de circulation, rester debout le temps de cette pause vous limitera les sensations de jambes lourdes et les œdèmes.

Vous êtes allés au bout de votre séance ? Bravo ! Prenez maintenant un moment pour vous étirer. Vous pouvez aussi masser vos poignets, très sollicités quand on écrit. Si possible, prévoyez une activité qui ne nécessita pas d'être assis. Une ballade, un peu de ménage,... peu importe, vous dégourdir ne pourra qu'être bénéfique !

N'oubliez pas que tout est question d'entraînement. Si vous « débutez », ne commencez pas par vouloir écrire trois heures de suite. Augmentez progressivement la longueur de vos séances.

Enfin, si des douleurs surviennent, n'hésitez pas à abréger. Mieux vaut cesser d'écrire pour le moment plutôt que de se faire mal et d'être dans l'incapacité de travailler pendant plusieurs jours. De plus si vous souffrez de migraines ou de votre dos plusieurs jours de suite, n'hésitez pas à consulter.

Bref, prenez soin de vous ! 

 

Et vous, souffrez-vous de rester en posture assise ?

 

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14 septembre 2017

Dialogues et réalisme

 

En juillet, j'avais abordé le dialogue sous l'angle de la typographie et vous avais assommés avec l'histoire du cadratin... Sincèrement, « habiller » ses dialogues me semble le point le plus simple. Avant tout, il faut savoir ce que l'on veut de la voix de nos personnages...

Nous commencerons par comprendre pourquoi le « réalisme » reste une question de choix. Quel contrat tacite l'auteur passera-t-il avec son lecteur ?

Toutefois lorsque l'on désire écrire des dialogues « réalistes », il me semble que nous devions d'abord appréhender les limites de ce réalisme.

Enfin, écrire un dialogue s'apparente à un art qui ne peut se limiter aux questions techniques.

I. Le réalisme des dialogues : choix littéraire ?

 

La première question que je poserai est la suivante : un dialogue doit-il être crédible ? Doit-il imiter la vie ? Doit-il sonner vrai ?

Dans un roman policier, fantastique ou réaliste, je pense sincèrement que oui mais ce n'est pas toujours le cas. Prenons un maître : Shakespeare. Othello et Hamlet sont des chefs d’œuvre et pourtant la poésie de leurs répliques ne laisse pas de place au réalisme. Est-ce grave ? Pas du tout. C'est bien à l'auteur de décider si ses dialogues seront réalistes ou non.

Si Shakespeare met tout au service de la poésie, de l'émotion, de la langue, d'autres grands écrivains ont tenté de donner une voix crédible à leurs personnages. C'est le cas de Tolstoï. D'ailleurs l'auteur russe ne comprenait pas Shakespeare et n'hésitait pas à s'en moquer :

Le monologue d’Othello auprès de Desdémone endormie, qu’il désire aussi belle morte que vivante, qu’il aimera aussi bien morte que vivante, dont il ne veut, maintenant, que respirer les parfums, etc., etc., ce monologue est absolument impossible. L’homme qui se prépare au meurtre d’une créature aimée ne peut prononcer des phrases pareilles, et il peut encore moins, après le meurtre, dire que maintenant le soleil et la lune doivent s’obscurcir et la terre éclater.”
Il était bien gentil Léon, mais est-ce bien mature de débiner ses petits camarades qui n'ont pas fait les même choix ? Prenons le célèbre roman d'Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray, les dialogues fourmillent de bons mots, d'aphorismes,... L'esprit prime sur le réalisme et c'est, entre autres, ce qui rend la plume de l'écrivain irlandais aussi savoureuse.

 

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II. Un dialogue réaliste, à quel point ?

Le premier principe d'un dialogue réaliste est très simple : un dialogue crédible n'imite pas la vie. Pour preuve ? La prochaine fois que vous allez boire un café, écoutez quelques minutes les conversations de vos voisins de table. Si on les transcrivait tels quels, ces échanges feraient-il de bon dialogues ? Certes non. Les répétitions, les « euh », les passages ennuyeux, les hésitations... Tout ce qui émaille nos échanges dans la réalité n'auraient pas forcément sa place dans un roman. Un dialogue se doit d'imiter la vie...en mieux. Crédibilité ne signifie pas réalisme primaire.

Pour mieux expliquer ce principe, nous pourrions prendre le théâtre comme exemple. Un comédien, pour jouer juste, doit nous donner à nous, spectateurs, l'impression qu'il ressent vraiment ce qu'éprouve son personnage. Pourtant un acteur doit aussi faire porter sa voix et « élargir » l'amplitude de ses mouvements afin que tous -même au fond de la salle- puissent profiter de son jeu. Pour les dialogues, il en est de même, Ils ne devront pas imiter ou singer la vie mais en donner une illusion adaptée.

 

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Phèdre de Racine, mise en scène d’Ophélia Teillaud et  Marc Zammit - Théâtre Mouffetard, février 2012

 

III. L'écriture du dialogue : un art

 

Si le métier de dialoguiste semble tombé en désuétude, nous continuons à porter aux nues le travail d'auteurs tels que Michel Audiard ou Henri Jeanson. Car oui, le dialogue est un art à part entière.

L'importance du dialogue dans un scénario coule de source et il devrait en être de même pour le roman ou la nouvelle. Si vous aimez lire, vous devez avoir connu cette déception : vous êtes plongé dans une histoire, une bonne histoire, avec des personnages sympathiques et une intrigue prenante et là, patatras, les dialogues cassent tout. Les voix des personnages semblent tomber à côté, comme une mauvaise note en plein concerto.

 

Citation

 

Visuel citation : De bons dialogues donnent de bons personnages. De mauvais dialogues donnent de mauvais personnages. Joe Abercrombie, écrivain.

Hélas, la technique a ses limites et le dialogue est un art délicat : faire sonner juste une réplique est une question de musicalité. Ce n'est qu'avec beaucoup de lecture et de pratique que l'on parvient à saisir ce qui différencie un dialogue juste des autres.

Il est donc question d'oreille et si vous devez retenir un conseil, c'est celui-ci : travailler vos dialogues à haute voix. Quand vous les écrivez et quand vous les corrigez. C'est le meilleur moyen de voir s'ils sont naturels. De même, pensez à exercer votre oreille en écoutant les autres. Lorsque vous croisez quelqu'un avec un accent ou un phrasé particulier, restez attentif à la manière dont il s'exprime. Prenez quelques notes au besoin.
Bien sûr il existe de nombreux outils et techniques pour vous aider à parfaire vos dialogues. De plus, quelques prérequis semblent indispensables comme de comprendre quelles fonctions peut occuper une réplique ou l'importance d'avoir des personnages bien caractérisés. Promis, je prendrai le temps, dans les mois à venir, de revenir sur ces questions.
En attendant, ouvrez grandes vos oreilles : écouter les autres est la manière la plus simple d'améliorer notre capacité à donner une voix juste à un personnage...

 

Et vous, ami lecteur, dialogues réalistes ou envolées lyriques ?

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31 août 2017

La plume et le clavier : un duel à l'aube ?

 

Sur les sites consacrés à la fiction, dans les manuels théoriques mais aussi au sein des ateliers d'écriture, le sujet continue de faire débat : écrire à la main ou directement sur ordinateur. De la même manière que les lecteurs d'Epub s'opposent souvent à ceux qui préfèrent le poids d'un ouvrage entre leurs mains, la plume et le clavier semblent scinder les écrivants en deux clans.

En dehors de toute considération philosophique, il me paraît utile de simplement comprendre ce que ces deux écoles ont à nous offrir. Ces outils, au-delà de toute considération métaphysique, peuvent et doivent se mettre au service de notre créativité.

Nota Bene : il ne sera question ici que de papier et d'ordinateur. Quant à la possibilité d'écrire sur une tablette ou un smartphone, j'avoue que je n'ai jamais vraiment tenté l'expérience.

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I. Comparatif technique

Commençons cette réflexion par le plus évident : les avantages et inconvénients de chaque outil... Ceux qui privilégient l'écriture à la main ont l'avantage de pouvoir écrire partout et dans -presque- toutes les conditions : dans les transports en commun, debout ou même allongé dans le lit, en pleine nature,... Il suffit de disposer d'un bout de papier et d'un crayon. Quoi de plus nomade ? Au contraire l'ordinateur demande quelques aménagements. On peut tout à fait utiliser un portable à l'extérieur mais il faut le prévoir : transport, batterie,... S'il nous vient une envie subite d'écrire, ce sera plus compliqué...

Si utiliser un stylo apporte -pour certain- une dimension de « plaisir », on a tendance à se fatiguer au bout d'un moment. Surtout quand on a perdu l'habitude d'écrire à la main. Bien entendu plus on « pratique » et plus on dispose d’endurance mais pour avoir souffert de tendinites à répétition lorsque j'étais étudiante, il y a une limite. Le clavier n'a pas ce désavantage même si la fatigue oculaire à cause de l'écran peut devenir, à long terme, tout aussi handicapant.

Enfin, il est parfois intéressant de regarder les brouillons à la main. Nos ratures nous permettent de comprendre de quelle manière on travaille un texte. Les changements sont visibles alors que sur écran on supprime ce qui ne nous convient pas. Hélas cet avantage est contrebalancé par le fait qu'il est compliqué de corriger un texte écrit à la main. Il faudra recopier plusieurs fois les mêmes choses... Chaque version d'un projet prendra beaucoup de temps puisqu'on doit tout réécrire.

Au contraire, l'ordinateur permet de changer une partie de son texte sans tout recopier. On peut déplacer des paragraphes entiers sans se fatiguer...

Bref, que ce soit pour l'écriture manuscrite ou sur clavier, il existe autant d'avantages que d'inconvénients... Comment savoir quel outil utiliser ? En premier lieu, il convient d'apprendre à se connaître...

II. Apprendre à se connaître

 

Cette partie revient dans tellement de mes articles et de mes ateliers que le précepte d'apprendre à se connaître devient une règle de vie... Comme toujours, prenez donc le temps nécessaire pour vous observer. Écrire à la main ou taper sur clavier change-t-il quelque chose à votre inspiration, à votre efficacité, à votre créativité ?

Afin de vous aider, je ne saurais trop vous conseiller la tenue d'un journal d'auteur/d'écrivant. Prendre le temps -5 à 10 min par jour ou séance- de noter vos ressentis, vos difficultés, vos impressions vous permettra de comprendre votre processus créatif et, par conséquent, de le parfaire.

 

III. Choisir le bon outil au bon moment

 

Après avoir pris le temps de lister les avantages et inconvénients de chaque outil puis d'apprendre à vous connaître, le conseil qui nous intéresse coule de source. Il s'agit d'utiliser la plume ou le clavier selon vos propres préférences et particularités. Vous expliquer de quelle manière je procède me permettra d'être plus claire...

À la main, j'écris toutes mes réflexions, idées, notes parce qu'allumer mon ordinateur à chaque fois me semble fastidieux. Concernant mes écrits intimes -comme la tenue de mon journal-, j'utilise aussi un stylo.

Quant au reste, je le tape afin de pouvoir retravailler facilement mes textes. Il existe une exception : la poésie. Je suis incapable d’écrire le premier jet d'un poème sur ordinateur, j'ai besoin de papier. Peut-être parce que le genre poétique exige une réflexion pour chaque mot, que c'est un travail de grande précision...

Vous le voyez, je ne défends ni le clavier ni la plume, les deux me semblent complémentaires selon ce que l'on écrit et pourquoi. À vous de trouver le fonctionnement qui vous conviendra le mieux. Pour finir avec le sujet, un petit conseil... Lorsque je bloque sur une scène ou un passage, changer d'outil me permet parfois de renouveler l'inspiration. Passer au stylo quand je travaille sur écran a souvent donné un nouveau souffle à mon écriture. Une manière simple de surmonter certains obstacles...

 

Et vous, plutôt plume ou clavier ?

 

27 juillet 2017

Habiller ses dialogues

 

Dans la littérature contemporaine, encore plus de divertissement, les dialogues tiennent une place primordiale. Pour le confirmer, il suffit d'entrer dans une librairie et de feuilleter quelques romans.

Donner une « voix » aux personnage s'apparente à un art à part entière et j'aurai l'occasion d'aborder le sujet dans les mois à venir. Mais avant même de se poser des questions aussi délicates que « Un dialogue doit-il être réaliste ? » ou « Quelles fonctions doivent occuper le dialoque dans un roman ? », il me semblait primordiale de parler typographie.

En effet, un dialogue ne se présente pas n'importe comment. L'habiller de la bonne ponctuation, c'est déjà faire preuve d'une rigueur appréciable pour le lecteur.

Citation

 

I. Les guillemets, une question de pays ?



La typographie est une question complexe et je suis loin d'être une spécialiste. Je peux seulement partager ce que j'ai appris au fil du temps.

Commençons par les guillemets... On pourrait croire que la question est d'une simplicité d'école primaire : ouvrez-les en début de dialogue et n'oubliez pas les refermer ! Si seulement cela se résumait à une histoire d'ouverture et de fermeture...

En effet il en existe de deux sortes, les anglais :

 

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Et les français, qui ont reçu l'aval de l'Académie française :

 

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Si vous choisissez d'ouvrir vos dialogues -et de les fermer- avec des guillemets, il va sans dire que vous utiliserez les seconds. A moins que vous n'écriviez dans la langue de Shakespeare -et dans ce cas, permettez-moi, si ce n'est pas votre langue maternelle, de vous exprimez mon admiration-...

Les dialogues peuvent donc être introduits par des guillemets ouverts que vous fermerez à la fin.

Notez bien qu'on n'encadre pas chaque réplique et que la règle suivante s'applique en français : une paire de guillemets par dialogue.

« Prends ton manteau, dit-il en se levant. On s'en va. »

Ensuite, quand il y a échange de répliques, on n'ouvre pas les guillemets à chaque fois, on marque chaque changement d'interlocuteur par un tiret, élément sur lequel vous ne devez pas faillir si vous désirez présenter un tapuscrit le plus professionnel possible.

II. Tiret, une question de rigueur !

Prenons d'ailleurs le temps d'aborder la question de ces fameux tirets. Contrairement à ce que beaucoup pensent, non les tirets de dialogue ne sont ni des tirets simples,

- Prends ton manteau...

Ni des tirets bas :

_ Prends ton manteau...

On garde les premiers pour les utiliser en trait d'union dans les mots composés ou les soudures grammaticales ( par exemple y a-t-il).

Pour les dialogues, on se sert des tirets cadratins :

Prends ton manteau...

Si vous avez besoin d'indications techniques pour les utiliser dans les traitements de texte les plus courant (Word et OpenOffice), signalez-le moi en commentaire, je ferais un tuto sur le sujet dans les mois à venir.

III. Faire des choix : pourquoi, comment ?

Dans la littérature contemporaine, il existe plusieurs manières de présenter ses dialogues. Si la solution classique reste le combo ouverture/fermeture de guillemet + tiret cadratin, il existe une autre manière de marquer vos dialogues. Elle est de plus en plus l'usage dans l'édition contemporaine. On se passe de guillemet et on se contente d'utiliser des tirets.

De manière tout à fait personnelle, voici les choix auxquels je me tiens. Dans les écrits où il y a très peu de dialogue, j'utilise des guillemets. Pour ceux qui sont riches en discours direct, je m'en passe avec soulagement.

Le domaine de la typographie est une discipline complexe et je ne suis pas une spécialiste, je me limiterai donc à ce que nous venons de voir. De plus, si votre travail est édité, il va sans dire que des professionnels de la question sauront peaufiner tout cela bien mieux que n'importe quel amateur...

Peu importe le choix que vous ferez, sachez qu'il faut rester cohérent et s'y tenir tout au long de votre tapuscrit.



Et vous, quel choix pour vos dialogues ?

 

 

17 juin 2017

Consigne d'écriture n°7 - « Personnalité obsessionnelle-compulsive»


La consigne

 

Écrire un texte mettant en scène un personnage souffrant du trouble de personnalité obsessionnelle-compulsive (préoccupation pour l'ordre, le perfectionnisme et le contrôle mental et interpersonnel.)

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Mon texte

 

La lumière de l'aube peinait à traverser les lourds rideaux lorsque la sonnerie retentit dans la maison. L'homme grogna contre ce réveil intempestif puis, conscient qu'un appel aussi matinal n'augurait rien de bon, il se dressa dans son lit, combiné à l'oreille. Ses yeux embrumés de sommeil retrouvèrent tout à coup leur lucidité. La conversation fut brève, quelques échanges brutaux sans sensiblerie.

Albert Bardaux resta immobile plusieurs minutes, la main crispée sur le téléphone, dardant un regard vide sur la tapisserie taupe : Claudine était morte la veille. Peu après 15 heures. Elle n'avait pas souffert, de cela il n'en doutait pas. Mardi, jour de sa dernière visite, la pauvre était assommée de morphine. Heureusement que celle-ci avait agi jusqu'à la fin... On les avait prévenus que ce n'était pas toujours le cas avec cette sorte de cancer. Passant des doigts tremblants dans ses cheveux d'une épaisseur encore convenable, il se leva pour enfiler sa pantoufle droite. Puis la gauche. Jacques, le mari de sa sœur, l'avait prévenu qu'ils n'auraient que la journée pour lui rendre un dernier hommage. L'enterrement aurait lieu le lendemain.

Après une agonie de plusieurs semaines, le veuf voulait en finir.

En robe de chambre bordeaux, Albert mit le café en route et sortit sa tasse avant de l'essuyer avec un chiffon propre pour ôter la poussière de la nuit. Il jeta un coup d’œil sur la pendule murale : 7h27. Il ne se levait jamais avant sept trente tapantes aussi attendit-il trois minutes avant de se rendre aux toilettes. Debout devant la cuvette, il retint un grommellement d'agacement : depuis plusieurs mois, il avait de plus en plus de mal à uriner. Il lui faudrait consulter. Alors qu'il se focalisait sur la santé de sa prostate, la nouvelle le frappa de nouveau. Pendant quelques secondes il avait oublié la mort de sa petite sœur. Ils se voyaient peu avant sa maladie. Il faut dire que tout les opposaient : leurs caractères, leurs goûts, leurs modes de vie. Pourtant apprendre son état avait été un coup dur. Claudie n'avait pas cinquante ans.

Ne dérogeant pas à son emploi du temps, il but son café en écoutant les nouvelles puis lava, rinça et essuya soigneusement la tasse et la cuillère avant de les remettre à leur place. Toujours en robe de chambre, il fit couler l'eau froide puis ajouta progressivement l'eau chaude. Quand la température de la douche lui convint – 24 °C sur le thermomètre bleu en forme de poisson qu'il utilisait depuis une décennie – il se dénuda pour se placer sous l'eau. Il se savonna soigneusement, se rinça avec autant d'attention avant de recommencer. Les pieds sur le tapis un peu rêche, il se sécha vigoureusement avant d'enfiler la tenue préparée la veille. Lavage de dents, brossage de cheveux... Il enchaînait ses ablutions matinales en songeant à sa sœur.

Après plusieurs traitements, le constat avait été cruel : le cancer avait encore progressé. Il ne restait que les soins palliatifs. Albert se souvint du chagrin de Jacques. De son courage aussi. Il n'avait jamais beaucoup aimé son beau-frère, un dilettante professionnel qui n'avait jamais fait preuve de la stabilité d'un chef de famille. Claudine disait souvent que grandir entourée d'un père et d'un frère rigides l'avaient poussée à épouser un artiste. Albert réprima un sourire : sa sœur ne s'était jamais plaint de son choix même si lui-même de le comprenait pas. Huit heures : consultation de son agenda. Jeudi 7, finir la traduction pour Morton. Plusieurs heures de travail l'attendaient. Avec un soupir, il se promit de se presser : Claudine l'attendait et il en avait pour deux heures de route. Vite... Vite... Il s'installa à son modeste bureau d'angle et sorti le dossier. En dépit de ses connaissances, honorables, en informatique, il commençait par une première version à la main.

Il nettoya son bureau : on ne peut pas être efficace dans la saleté. Ensuite, il tailla méticuleusement ses crayons, Albert ne supportait pas les mines émoussées. Enfin, il disposa à droite de son brouillon ses ouvrages de référence franco-russe. Il pouvait se mettre au travail. Les heures passèrent rapidement et chaque étape de la traduction fut revue plusieurs fois. Jusqu'au brouillon final. Il ne s'interrompit que pour son déjeuner du jeudi : jambon de Bayonne et crudités suivis d'une salade de fruit. Après avoir tapé son travail, il en fit trois lectures, chacune séparée d'une pause de quinze minutes. Lorsqu'il éteignit l'ordinateur, il conclut sa journée de labeur avec le classement de ses papiers, le rangement des livres et crayons puis un nettoyage rapide du bureau. C'est seulement quand tout fut à sa place, qu'il se permit de jeter un œil curieux sur sa montre. Dix-sept heure cinq. S'il partait maintenant, il aurait peut-être le temps de dire adieu à Claudine.

 

 

Au volant de la petite citadine, Albert trépignait. À cette heure de pointe, la route n'en finissait pas... La nationale était bondée et il regretta presque d'avoir respecter ses principes en refusant de prendre l'autoroute. Il ne le faisait jamais pour aller à Rouen. Jamais. Quand il se gara la sueur perlait à son front et collait son dos au siège. Courant presque, il se rendit à l’accueil, où une dame, désolée, lui expliqua que les pompes funèbres avait pris le relais un quart d'heure plus tôt. Dépité, il téléphona à son beau-frère qui, en colère, lui rappela l'avoir prévenu. Albert bredouilla des excuses avant de raccrocher. Sans démarrer sa voiture, dans le parking de l'hôpital, il pensa à sa journée. À son emploi du temps. À ses crayon impeccablement taillés. À sa traduction si parfaite. Et il se mit à pleurer.


 

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03 juin 2017

Consigne d'écriture n°6 - « Logo-rallye »

La consigne

Un logo-rallye est un exercice qui consiste à inclure dans un texte un certain nombre de mots imposés au départ. Écrire un texte comportant les sept mots et expressions suivants : faction, royalties, fort, fonctionnalité, os du talon, mal de tête, costumé. 

Machine

Mon texte

La petite nouvelle que j'ai écrite dépassant largement les mille mots, j'ai choisi de vous la proposer en téléchargement et au format PDF. Si vous avez des soucis techniques -ou des remarques- n'hésitez pas à m'en faire part dans les commentaires ou par mail.

Convictions_et_territoires

 

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27 avril 2017

Du bon usage du dictionnaire des synonymes



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : le dictionnaire des synonymes

En février - deux mois déjà !-, je vous présentais ici les dictionnaires que je consulte au quotidien, aussi bien en ligne que sur papier. Pour les premiers j'évoquais un site que je fréquente régulièrement, ce dictionnaire des synonymes, dont l'interface très simple permet une utilisation rapide et agréable. Je précisais aussi qu'il faudrait « à l'occasion que je revienne sur l'utilisation particulière du dictionnaire des synonymes. Refuser de le consulter ou en abuser peut jouer contre vous. » Chose promise blablablabla... Me voilà donc prête aujourd'hui à aborder ce point particulier. L'objectif de cet article est limpide : poser quelques principes simples pour que cet outil ne se retourne pas contre vous !

Pour rendre cet article plus parlant, j'ai décidé de partir d'un texte qui nous servira d'exemple. N'écoutant que mon courage -comment ça, j'en fais un peu trop?-, j'ai choisi un de mes écrits et l'ai retravaillé dans le mauvais sens que nous puissions nous livrer à quelques expérimentation...

 

Synonymes

 

Un allié pour éviter les répétitions

Voici donc notre exemple, dans lequel les termes qui se répètent figurent en gras. Le dictionnaire des synonymes ne réglera pas tout mais nous donnera un coup de main appréciable dans la quête du mot juste.

« Indifférent à la réputation désastreuse du quartier, l'enfant courait sur les pavés irréguliers d'Adragar. Quiconque à Gramzla désirait poser un orteil sur les limites de la loi, connaissait ce quartier. Prêteurs sur gage, receleurs, voleurs virtuoses : du moment qu'on déliait les cordons de sa bourse, tout pouvait s'acheter ici. L'enfant galopait, sans se préoccuper des alentours lorsqu'il freina brusquement, manquant s'étaler. Ça devait se trouver par là... Reprenant son souffle, il hésita à demander sa route. Il ne savait pas lire et répugnait à l'avouer. Ce problème serait bientôt réglé : avec l'argent cousu dans son revers de son pantalon, il pourrait prendre quelques cours chez maître Falamedes. C'était payer une fortune pour peu d'instruction mais l'autre possibilité, se vendre comme esclave quelques années, lui répugnait. De plus, avec son œil en moins et la cicatrice affreuse qui lui barrait le visage, qui l'aurait acheté ? Penser à ça lui provoquait toujours des démangeaisons et il souleva son bandeau noir pour se gratter l’œil discrètement. Quand sa pute de mère s'était rendue compte qu'ellel'avait défiguré, ça avait été la rue : il ne valait plus grand chose. Sans les Frères de la Lumière, sa blessure aurait mal tourné. Penser à l'assassin rappela à Kiren pourquoi il se dépêchait et il jeta un regard méfiant aux alentours... Plusieurs tavernes bordaient le trottoir. Cela faisait trop longtemps qu'il restait immobile, on le repérerait bientôt. Avec sa malchance, il tomberait sur un voleur qui le dévaliserait. Ou pire, il tomberait sur un rabatteur et il se retrouverait à vendre son cul... L'enfant poussa un soupir de soulagement en voyant l'animal sur la devanture de droite. D'un pas faussement assuré, il entra Au Dauphin fatigué et retint une quinte de toux : les odeurs mêlées de galena1, d'alcool et de transpiration rance lui donnèrent la nausée. »

Le même extrait après correction, mes commentaires sont en rouge :

«  Indifférent à la réputation désastreuse du quartier, l'enfant courait sur les pavés irréguliers d'Adragar. Quiconque à Gramzla désirait poser un orteil sur les limites de la loi, connaissait cette partie de la capitale[Ici, j'ai préféré utiliser une périphrase]. Prêteurs sur gage, receleurs, voleurs virtuoses : du moment qu'on déliait les cordons de sa bourse, tout pouvait s'acheter ici. Le garçon [Pas eu besoin du dictionnaire] galopait, sans se préoccuper des alentours lorsqu'il freina brusquement, manquant s'étaler. Ça devait se trouver par là... Reprenant son souffle, il hésita à demander sa route. Il ne savait pas lire et répugnait à l'avouer. Ce problème serait bientôt réglé : avec l'argent cousu dans son revers de son pantalon, il pourrait prendre quelques cours chez maître Falamedes. C'était payer une fortune pour peu d'instruction mais l'autre possibilité, se placer [Pas eu besoin du dictionnaire] comme esclave quelques années, lui répugnait. De plus, avec son œil en moins et la cicatrice affreuse qui lui barrait le visage, qui l'aurait acheté ? Penser à ça lui provoquait toujours des démangeaisons et il souleva son bandeau noir pour se gratter [Quand c'est possible, je supprime simplement la répétition] discrètement. Quand sa pute de mère s'était rendue compte qu'ellel'avait défiguré, ça avait été la rue : il ne valait plus grand chose. Sans les Frères de la Lumière, financés par Creed, sa blessure aurait mal tourné. Évoquer [Une demi-douzaine de synonymes me sont venus à l'esprit mais aucun qui ne me convenait. Après consultation du dictionnaire, je me suis demandé comment « évoquer » avait pu m'échapper, -le chenapan !-] à l'assassin rappela à Kiren pourquoi il se dépêchait et il jeta un regard méfiant aux alentours... Plusieurs tavernes bordaient le trottoir. Cela faisait trop longtemps qu'il restait immobile, on le repérerait bientôt. Avec sa malchance,, il tomberait sur un tire-laine [en lisant la liste des synonymes, j'ai pensé à cette expression. Parfois, le dictionnaire nous donne l'inspiration et on trouve une possibilité qui ne figure pas parmi les occurrences proposées mais qui correspond mieux à l'univers de notre scène] qui le dévaliserait, ou pire, [supprimé !] un rabatteur : il se retrouverait à vendre son cul... L'adolescent [Le dictionnaire des synonymes donnait adolescent et le terme correspondant à l'âge du personnage, je l'ai gardé] poussa un soupir de soulagement en voyant l'animal sur la devanture de droite. D'un pas faussement assuré, il entra Au Dauphin fatigué et retint une quinte de toux : les odeurs mêlées de galena, d'alcool et de transpiration rance lui donnèrent la nausée. »

Sur huit termes remplacés / supprimés, je n'aurais finalement utilisé le dictionnaire que trois fois.

 

Capture

De son usage abusif : attention au piège !



Comme tout outil de travail, le dictionnaire des synonymes devrait se manier avec prudence... C'est toujours la même histoire, il s'agit d'en user avec sagesse ! Les différences entre deux termes sont parfois moins subtils que l'on pense, il vaut mieux une répétition qu'une approximation ou, pire, un contresens. -Je me souviendrai toujours avoir lu dans un texte imprimé, et à plusieurs reprise, le terme peloté ou lieu de pelotonné. Et une héroïne qui se pelote SEUL sur le canapé n'a pas vraiment le même impact sur le lecteur!-.

Autre piège, qui guette en général les très jeunes écrivants : le complexe du vocabulaire. Il s'agit d'auteurs qui rougissent de la supposée pauvreté de leur lexique et abusent du dictionnaire des synonymes sans vérifier les définitions ! On se retrouve alors avec des textes improbables. Amusons-nous à caricaturer ce travers... Appliqué à notre exemple, cela donnerait :

« Indifférent à la réputation désastreuse du quartier, l'enfant courait sur les pavés irréguliers d'Adragar. Quiconque à Gramzla désirait poser un orteil sur les limites de la loi, connaissait l’arrondissement. Prêteurs sur gage, receleurs, fripons virtuoses : du moment qu'on déliait les cordons de sa bourse, tout pouvait s'acheter ici. Le chérubin galopait, sans se préoccuper des alentours lorsqu'il freina brusquement, manquant s'étaler. Ça devait se trouver par là... Reprenant son souffle, il hésita à demander sa route. Il ne savait pas lire et répugnait à l'avouer. Ce problème serait bientôt réglé : avec l'argent cousu dans son revers de son pantalon, il pourrait prendre quelques cours chez maître Falamedes. C'était payer une fortune pour peu d'instruction mais l'autre possibilité, se bazarder comme esclave quelques années, lui répugnait. De plus, avec son globe oculaire en moins et la cicatrice affreuse qui lui barrait le visage, qui l'aurait acheté ? Gamberger à ça lui provoquait toujours des démangeaisons et il souleva son bandeau noir pour se gratter l’œil discrètement. Quand sa pute de mère s'était rendue compte qu'ellel'avait défiguré, ça avait été la rue : il ne valait plus grand chose. Sans les Frères de la Lumière, sa blessure aurait mal tourné. Penser à l'assassin rappela à Kiren pourquoi il se dépêchait et il jeta un regard méfiant aux alentours... Plusieurs tavernes bordaient le trottoir. Cela faisait trop longtemps qu'il restait immobile, on le repérerait bientôt. Avec sa malchance, il s'acoquinerait avec un voleur qui le dévaliserait. Ou pire, il tomberait sur un rabatteur et il se retrouverait à vendre son cul... Le marmot poussa un soupir de soulagement en voyant l'animal sur la devanture de droite. D'un pas faussement assuré, il entra Au Dauphin fatigué et retint une quinte de toux : les odeurs mêlées de galena, d'alcool et de transpiration rance lui donnèrent la nausée. »

 

Dans le cas où vous auriez l'envie ou le besoin d'enrichir votre vocabulaire, on ne peut pas aller plus vite que la musique. Lisez, écouter des émissions intelligentes, côtoyez des gens de toutes les couches sociales et de tous les horizons, bref jouez les éponges et soyez patients. Surtout n'oubliez pas que ce sont VOS mots qui comptent : par pitié, ne déguisez pas votre plume !



Et vous, le dictionnaire des synonymes, un allié indispensable ou un ramasse poussière dans votre bibliothèque ?

1Herbe à pipe aux propriétés légèrement hallucinogène

06 avril 2017

Mes astuces pour « entrer en écriture »



Ce mois-ci dans ma boîte à outils :  tout pour convoquer inspiration et motivation.

En écrivant l'article sur l'impératif de faire de la place, j'ai pensé à ma quête de l'inspiration et combien cette nécessité lui est liée. Qu'on envisage l'écriture comme un loisir ou un travail, si on décide de pratiquer sérieusement, il arrivera un jour où vous n'aurez pas envie de vous asseoir pour prendre le stylo. Que celui qui n'a jamais la flemme me jette le premier coussin, dont je me saisirais pour m'assoupir quelques heures minutes !

Oui, écrire est ma passion. Oui, j'accède souvent à une intense sensation de joiedevant ma feuille ou mon écran. Pourtant, certains jours, le canapé m'interpelle, le ménage fronce des sourcils, le désir de papoter avec une amie me taraude. Et c'est là, dans ces instants d'hésitation que réside la différence entre ceux qui progressent et les autres. Comme il serait facile de s'abriter derrière l'excuse de l'inspiration : « Ah, je ne suis pas d'humeur à écrire... Je manque d'inspiration, pauvre de moi ! Tant pis, j'écrirai demain... ».

Au lieu de cela, j'ai cherché des solutions pour écrire malgré tout. Non pas me forcer mais me mettre en humeur d'écriture. Je ne dis pas que ces propositions vous conviendront, ni qu'elles feront des miracles. Toutefois elles peuvent aider quelques écrivants à (re)trouver la motivation.

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Se créer un rituel



Selon Twyla Tharp, célèbre chorégraphe et auteure de l'ouvrage The Creative Habit : learn it and use it for life, les rituels sont primordiaux pour entretenir sa créativité. Ces habitudes peuvent consister en ce qui vous correspond le mieux. Ce peut être se préparer une tisane puis la déguster en lisant la production de la dernière séance. Ou encore vous installer dans un endroit particulier. À force de toujours pratiquer quelques gestes ou actions avant d'écrire -ou peindre, ou danser,...-, le simple fait d'accomplir le « rituel » vous mettra dans le bain. Comme si vous disiez à votre esprit : là, je m'apprête à travailler, à créer. Et hop, votre cerveau se mettra en « mode créativité ». Un peu comme le fait de sourire nous met de meilleure humeur même quand le sourire est d'abord de « façade » -une étude scientifique a étudié le phénomène, si vous en connaissez les références, partagez-les en commentaires, je n'arrive plus à les retrouver-.

Je ne peux que vous conseiller de mettre en place un rituel et de vous y tenir pour que ce dernier devienne ce coup de pouce qui change tout.

 

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Entrer en écriture grâce à celle-ci

 

Dans l'article que j'évoquais en introduction, je parlais d'écrire pour faire place nette ou vider la poubelle de vos émotions. Je connais quelques auteurs qui utilisent cette pratique. Faire appel aux mots pour trouver les mots. Vous pouvez soit parler de vous -et de vos difficultés- soit utiliser une consigne d'écriture. Cela correspond finalement aux gammes pour les musiciens ou au travail à la barre pour les danseurs. Personnellement, j'utilise rarement cette méthode. En vérité, j'y ai recours seulement devant un blocage très important. Pourquoi ? Parce que j'ai du mal à me détacher des phrases que je viens d'écrire et que cela revient alors à une rumination sur le papier. Reste que c'est une piste qui convient à certains. Je répète qu'il n'y pas UNE recette miracle, seulement des pistes pour trouver ce qui vous aidera VOUS.

 

La méditation et autres outils personnels...

 

Enfin je vais vous parler de ce que je mets en place lorsque je ne suis pas d'humeur à écrire. Non seulement je dispose de mes propres rituels de secours mais aussi de quelques outils auxquels je fais appel quand mes habitudes ne suffisent pas. La première pratique que je tente reste une courte séance de méditation. Cinq à vongt minutes suffisent en général. Je reviens au moment présent, je me « recentre » et cela me ramène à un état qui me convient particulièrement pour écrire. Dix-neuf fois sur vingt, la méditation résout mon problème. Et si vraiment, je continue à bloquer ou à avoir la flemme je...vais prendre une douche. Oui, oui, vous avez bien lu. Pourquoi la douche ? Parce que c'est un moment où je lâche complètement prise. C'est un peu mon couteau-suisse émotionnel. Un blocage d'écriture ? Une douche. Un problème avec mon manuscrit ? Une douche. Une angoisse diffuse ? Une douche. Pas très écologique mais ça fonctionne.

À défaut du coup de la douche, se connaître est le premier impératif. Observez-vous et trouvez vos propres outils, vos propres astuces pour vous mettre en posture d'écriture...



Et vous, quelles astuces vous aident à « entrer en créativité » ?

09 mars 2017

L'écriture avec l'Art du Kaizen

 

Le mois dernier, j'abordais la question de l'écriture des scènes de sexe. Thème intéressant maisà destination des écrivants forcenés.

Pour varier, j'avais décidé de proposer en mars une chronique pour ceux qui n'écrivent pas -encore !- régulièrement. Ceux qui voudraient se mettre sérieusement -du moins quotidiennement- à l'écriture mais s'épuisent par avance. Le manque de temps, la difficulté de changer ses habitudes, le perfectionnisme,... autant d'obstacles à un projet à long terme.

Il existe pourtant une solution pour dépasser ces difficultés : le Kaizen, la méthode des petits pas.

Cette proposition nous vient du Japon, par l'entremise de Robert Maurer via son ouvrage Un petit pas peut changer votre vie : la voie du Kaizen. Personnellement, je l'ai découverte grâce à mon magazine fétiche Flow (dont il faudra que je vous parle ici).

 

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Le Kaizen : koi za ko ?

La méthode du Kaizen consiste en un principe très simple : pour atteindre un objectif, nul besoin de s'épuiser à essayer de tout chambouler tout de suite, il suffit d'avancer un petit pas après l'autre.

Là où cela diffère de ce que j'avais pu lire auparavant est que les pas à effectuer sont vraiment minuscules. Vous voulez vous remettre au sport ? Alors commencez par courir une min par jour. Oui une seule petite minute. On peut décider de continuer ainsi aussi longtemps que l'on veut et quand on se sent prêt on ajoute un autre petit pas (pourquoi pas courir 3 min ?). L'idée est qu'avancer sans effort, c'est toujours avancer.

Kaizen

 

L'écriture en 4 petits pas...



Le Kaizen peut s'appliquer à tout : le dessin, le sport, vaincre sa timidité et bien sûr...écrire. Pour vous simplifier encore plus la vie, je vous propose de suivre 4 petits pas d'écriture.

Pour cela, ill vous faut : un espace où écrire. Je pense que c'est mieux de centraliser vos productions afin de voir concrètement vos petits pas. Un cahier, un calepin, quelques feuilles de votre agenda ou de votre journal... Bref comme vous voulez.

Ensuite vous choisissez votre premier pas. Par exemple écrire une phrase par jour. Ou pendant une minute. Une fois à l'aise, mais surtout prenez votre temps, vous passez à deux phrases, ou deux minutes. Et voilà !

 

Lao Tseu

 



Suivez gratuitement le programme

« L'écriture créative en 28 jours... »

 

Vous préférez être guidé dans votre démarche ? Je vous propose de suivre le programme « Se (re)mettre à l'écriture créative en 28 jours », pour cela rien de plus simple :

  1. Si ce n'est déjà fait, inscrivez-vous à la newsletter de l'Écrhistoires

  2. Inscrivez-vous directement par mail (emiliecognac@ecrhistoires.fr) ou laissez un commentaire sous l'article dédié à ce programme. ICI

La première session de aura lieu du 01 au 30 avril. Chaque matin, vous recevrez directement dans votre boîte mail un énoncé simple d'écriture, à la portée de tous.

Le programme prend très peu de temps : pas plus d'une minute la première semaine, trois minutes la deuxième, cinq minutes la troisième et sept minutes la dernière. Une manière simple, ludique et accessible de se (re)mettre à l'écriture.

Vous écrivez déjà régulièrement ? Rien ne vous empêche de nous rejoindre pour vous amuser !

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster en commentaires ou à me contacter directemen (emiliecognac@ecrhistoires.fr).

 

Prêt à faire ce petit pas en ma compagnie ?

 

25 février 2017

10 raisons de pratiquer des exercices d'écriture

 

Si ceux qui aimeraient écrire sans oser passer à l'acte se tournent facilement vers les ateliers d'écriture, les écrivants1 se montrent parfois réticents à suivre des consignes. Or il existe de très bonnes raisons de pratiquer régulièrement de tels exercices...



Pourquoi suivre des consignes d'écriture ?

 

10 raisons

 

Envie de tenter l'aventure ?

 

Environ une semaine sur deux, je m'imposerai une consigne d'écriture et publierai ma production ici. Pour ne pas multiplier les publications, j'ai décidé de ne pas partager d'avance l'exercice sur le site mais de donner ce dernier dans la newsletter.

Machine

En vous inscrivant à la newsletter, vous pourrez donc recevoir les consignes directement dans votre boite mail...

Alors...

Prêt à me suivre ?

 

1Ceux qui pratiquent l'écriture au sens large du terme