14 septembre 2017

Dialogues et réalisme

 

En juillet, j'avais abordé le dialogue sous l'angle de la typographie et vous avais assommés avec l'histoire du cadratin... Sincèrement, « habiller » ses dialogues me semble le point le plus simple. Avant tout, il faut savoir ce que l'on veut de la voix de nos personnages...

Nous commencerons par comprendre pourquoi le « réalisme » reste une question de choix. Quel contrat tacite l'auteur passera-t-il avec son lecteur ?

Toutefois lorsque l'on désire écrire des dialogues « réalistes », il me semble que nous devions d'abord appréhender les limites de ce réalisme.

Enfin, écrire un dialogue s'apparente à un art qui ne peut se limiter aux questions techniques.

I. Le réalisme des dialogues : choix littéraire ?

 

La première question que je poserai est la suivante : un dialogue doit-il être crédible ? Doit-il imiter la vie ? Doit-il sonner vrai ?

Dans un roman policier, fantastique ou réaliste, je pense sincèrement que oui mais ce n'est pas toujours le cas. Prenons un maître : Shakespeare. Othello et Hamlet sont des chefs d’œuvre et pourtant la poésie de leurs répliques ne laisse pas de place au réalisme. Est-ce grave ? Pas du tout. C'est bien à l'auteur de décider si ses dialogues seront réalistes ou non.

Si Shakespeare met tout au service de la poésie, de l'émotion, de la langue, d'autres grands écrivains ont tenté de donner une voix crédible à leurs personnages. C'est le cas de Tolstoï. D'ailleurs l'auteur russe ne comprenait pas Shakespeare et n'hésitait pas à s'en moquer :

Le monologue d’Othello auprès de Desdémone endormie, qu’il désire aussi belle morte que vivante, qu’il aimera aussi bien morte que vivante, dont il ne veut, maintenant, que respirer les parfums, etc., etc., ce monologue est absolument impossible. L’homme qui se prépare au meurtre d’une créature aimée ne peut prononcer des phrases pareilles, et il peut encore moins, après le meurtre, dire que maintenant le soleil et la lune doivent s’obscurcir et la terre éclater.”
Il était bien gentil Léon, mais est-ce bien mature de débiner ses petits camarades qui n'ont pas fait les même choix ? Prenons le célèbre roman d'Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray, les dialogues fourmillent de bons mots, d'aphorismes,... L'esprit prime sur le réalisme et c'est, entre autres, ce qui rend la plume de l'écrivain irlandais aussi savoureuse.

 

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II. Un dialogue réaliste, à quel point ?

Le premier principe d'un dialogue réaliste est très simple : un dialogue crédible n'imite pas la vie. Pour preuve ? La prochaine fois que vous allez boire un café, écoutez quelques minutes les conversations de vos voisins de table. Si on les transcrivait tels quels, ces échanges feraient-il de bon dialogues ? Certes non. Les répétitions, les « euh », les passages ennuyeux, les hésitations... Tout ce qui émaille nos échanges dans la réalité n'auraient pas forcément sa place dans un roman. Un dialogue se doit d'imiter la vie...en mieux. Crédibilité ne signifie pas réalisme primaire.

Pour mieux expliquer ce principe, nous pourrions prendre le théâtre comme exemple. Un comédien, pour jouer juste, doit nous donner à nous, spectateurs, l'impression qu'il ressent vraiment ce qu'éprouve son personnage. Pourtant un acteur doit aussi faire porter sa voix et « élargir » l'amplitude de ses mouvements afin que tous -même au fond de la salle- puissent profiter de son jeu. Pour les dialogues, il en est de même, Ils ne devront pas imiter ou singer la vie mais en donner une illusion adaptée.

 

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Phèdre de Racine, mise en scène d’Ophélia Teillaud et  Marc Zammit - Théâtre Mouffetard, février 2012

 

III. L'écriture du dialogue : un art

 

Si le métier de dialoguiste semble tombé en désuétude, nous continuons à porter aux nues le travail d'auteurs tels que Michel Audiard ou Henri Jeanson. Car oui, le dialogue est un art à part entière.

L'importance du dialogue dans un scénario coule de source et il devrait en être de même pour le roman ou la nouvelle. Si vous aimez lire, vous devez avoir connu cette déception : vous êtes plongé dans une histoire, une bonne histoire, avec des personnages sympathiques et une intrigue prenante et là, patatras, les dialogues cassent tout. Les voix des personnages semblent tomber à côté, comme une mauvaise note en plein concerto.

 

Citation

 

Visuel citation : De bons dialogues donnent de bons personnages. De mauvais dialogues donnent de mauvais personnages. Joe Abercrombie, écrivain.

Hélas, la technique a ses limites et le dialogue est un art délicat : faire sonner juste une réplique est une question de musicalité. Ce n'est qu'avec beaucoup de lecture et de pratique que l'on parvient à saisir ce qui différencie un dialogue juste des autres.

Il est donc question d'oreille et si vous devez retenir un conseil, c'est celui-ci : travailler vos dialogues à haute voix. Quand vous les écrivez et quand vous les corrigez. C'est le meilleur moyen de voir s'ils sont naturels. De même, pensez à exercer votre oreille en écoutant les autres. Lorsque vous croisez quelqu'un avec un accent ou un phrasé particulier, restez attentif à la manière dont il s'exprime. Prenez quelques notes au besoin.
Bien sûr il existe de nombreux outils et techniques pour vous aider à parfaire vos dialogues. De plus, quelques prérequis semblent indispensables comme de comprendre quelles fonctions peut occuper une réplique ou l'importance d'avoir des personnages bien caractérisés. Promis, je prendrai le temps, dans les mois à venir, de revenir sur ces questions.
En attendant, ouvrez grandes vos oreilles : écouter les autres est la manière la plus simple d'améliorer notre capacité à donner une voix juste à un personnage...

 

Et vous, ami lecteur, dialogues réalistes ou envolées lyriques ?

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31 août 2017

La plume et le clavier : un duel à l'aube ?

 

Sur les sites consacrés à la fiction, dans les manuels théoriques mais aussi au sein des ateliers d'écriture, le sujet continue de faire débat : écrire à la main ou directement sur ordinateur. De la même manière que les lecteurs d'Epub s'opposent souvent à ceux qui préfèrent le poids d'un ouvrage entre leurs mains, la plume et le clavier semblent scinder les écrivants en deux clans.

En dehors de toute considération philosophique, il me paraît utile de simplement comprendre ce que ces deux écoles ont à nous offrir. Ces outils, au-delà de toute considération métaphysique, peuvent et doivent se mettre au service de notre créativité.

Nota Bene : il ne sera question ici que de papier et d'ordinateur. Quant à la possibilité d'écrire sur une tablette ou un smartphone, j'avoue que je n'ai jamais vraiment tenté l'expérience.

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I. Comparatif technique

Commençons cette réflexion par le plus évident : les avantages et inconvénients de chaque outil... Ceux qui privilégient l'écriture à la main ont l'avantage de pouvoir écrire partout et dans -presque- toutes les conditions : dans les transports en commun, debout ou même allongé dans le lit, en pleine nature,... Il suffit de disposer d'un bout de papier et d'un crayon. Quoi de plus nomade ? Au contraire l'ordinateur demande quelques aménagements. On peut tout à fait utiliser un portable à l'extérieur mais il faut le prévoir : transport, batterie,... S'il nous vient une envie subite d'écrire, ce sera plus compliqué...

Si utiliser un stylo apporte -pour certain- une dimension de « plaisir », on a tendance à se fatiguer au bout d'un moment. Surtout quand on a perdu l'habitude d'écrire à la main. Bien entendu plus on « pratique » et plus on dispose d’endurance mais pour avoir souffert de tendinites à répétition lorsque j'étais étudiante, il y a une limite. Le clavier n'a pas ce désavantage même si la fatigue oculaire à cause de l'écran peut devenir, à long terme, tout aussi handicapant.

Enfin, il est parfois intéressant de regarder les brouillons à la main. Nos ratures nous permettent de comprendre de quelle manière on travaille un texte. Les changements sont visibles alors que sur écran on supprime ce qui ne nous convient pas. Hélas cet avantage est contrebalancé par le fait qu'il est compliqué de corriger un texte écrit à la main. Il faudra recopier plusieurs fois les mêmes choses... Chaque version d'un projet prendra beaucoup de temps puisqu'on doit tout réécrire.

Au contraire, l'ordinateur permet de changer une partie de son texte sans tout recopier. On peut déplacer des paragraphes entiers sans se fatiguer...

Bref, que ce soit pour l'écriture manuscrite ou sur clavier, il existe autant d'avantages que d'inconvénients... Comment savoir quel outil utiliser ? En premier lieu, il convient d'apprendre à se connaître...

II. Apprendre à se connaître

 

Cette partie revient dans tellement de mes articles et de mes ateliers que le précepte d'apprendre à se connaître devient une règle de vie... Comme toujours, prenez donc le temps nécessaire pour vous observer. Écrire à la main ou taper sur clavier change-t-il quelque chose à votre inspiration, à votre efficacité, à votre créativité ?

Afin de vous aider, je ne saurais trop vous conseiller la tenue d'un journal d'auteur/d'écrivant. Prendre le temps -5 à 10 min par jour ou séance- de noter vos ressentis, vos difficultés, vos impressions vous permettra de comprendre votre processus créatif et, par conséquent, de le parfaire.

 

III. Choisir le bon outil au bon moment

 

Après avoir pris le temps de lister les avantages et inconvénients de chaque outil puis d'apprendre à vous connaître, le conseil qui nous intéresse coule de source. Il s'agit d'utiliser la plume ou le clavier selon vos propres préférences et particularités. Vous expliquer de quelle manière je procède me permettra d'être plus claire...

À la main, j'écris toutes mes réflexions, idées, notes parce qu'allumer mon ordinateur à chaque fois me semble fastidieux. Concernant mes écrits intimes -comme la tenue de mon journal-, j'utilise aussi un stylo.

Quant au reste, je le tape afin de pouvoir retravailler facilement mes textes. Il existe une exception : la poésie. Je suis incapable d’écrire le premier jet d'un poème sur ordinateur, j'ai besoin de papier. Peut-être parce que le genre poétique exige une réflexion pour chaque mot, que c'est un travail de grande précision...

Vous le voyez, je ne défends ni le clavier ni la plume, les deux me semblent complémentaires selon ce que l'on écrit et pourquoi. À vous de trouver le fonctionnement qui vous conviendra le mieux. Pour finir avec le sujet, un petit conseil... Lorsque je bloque sur une scène ou un passage, changer d'outil me permet parfois de renouveler l'inspiration. Passer au stylo quand je travaille sur écran a souvent donné un nouveau souffle à mon écriture. Une manière simple de surmonter certains obstacles...

 

Et vous, plutôt plume ou clavier ?

 

10 août 2017

Personnages : dix éléments indispensables

 

Dans l'écriture de fiction -romanesque ou scénaristique- la place des personnages est primordiale. Que serait Orgueil et Préjugé sans la fougueuse Elizabeth Bennet et le charismatique MrDarcy ? Aurions-nous la même fascination pour le roman d'Oscar Wilde sans l'humanité trouble de Dorian Gray ?

Soyons franc : il n'existe pas de recette magique qui permette d'obtenir ce petit quelque chose en plus, cette magie qui transforme un être de papier en une incarnation de chair et de sang. Néanmoins certains aspects me semblent indispensables pour tendre vers cet idéal. Ces quelques éléments ne feront pas de miracle mais vous aideront à construire vos personnages.

Certains auteurs élaborent soigneusement des « fiches de personnage » avant même de commencer à écrire. Ce n'est pas mon cas mais peu importe la méthodologie ; à terme les personnages principaux comportent tous ces dix ingrédients.

I. Une carte d’identité

  1. Un état civil

Commençons par le plus évident : l'état-civil ! Pas besoin de connaître tous les détails mais vous devrez pour le moins savoir le nom et l'âge de votre personnage.

Pour ce qui est de nommer les héros -ou personnages secondaires-, il existe plusieurs écoles. Certains se focaliseront sur la sonorité, d'autres sur la véracité -prénom en adéquation avec l'époque par exemple-, il y en a même qui misent sur un lien entre le nom et le rôle / caractère du personnage. Qu'importe... N'oubliez pas que rien n'est gravé dans le marbre, je suis en train d'écrire une trilogie et mon héroïne vient juste de changer de prénom alors que j'en suis au milieu du deuxième opus !

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  1. Un physique

Ici pas la peine de connaître le moindre grain de beauté de notre personnage mais de garder une trace de son apparence générale : couleur des yeux / cheveux / stature / particularité physique. Il s'agit de ne pas se contredire lorsque l'on travaille sur un projet long.

  1. Une particularité

Personnellement j'aime bien octroyer à chacun de mes personnages une « particularité », quelque chose qu'il sera le seul à posséder dans le récit. Ce ne doit pas forcément être une rareté, seulement un signe extérieur qui marquera l'esprit du lecteur et différenciera facilement ce personnage des autres : des tâches de rousseur, le port de lunettes, un tatouage, une calvitie précoce...



Avec cela vous aurez les données de base du personnage mais rien qui le rendra véritablement attachant ou intéressant. C'est tout juste une enveloppe reconnaissable... Il est temps de lui donner une humanité.



II. Une humanité

  1. Un passé

Inutile de le rappeler, le passé est ce qui nous façonne : que nous nous construisions pour ou contre, grâce ou malgré, il me semble compliqué de comprendre quelqu'un sans savoir d'où il vient. Il en sera de même pour vos personnages. Là encore pas besoin de leur composer une biographie exhaustive, gardez à l'esprit quelques éléments de sa vie AVANT le temps du récit. Il ne sera peut-être pas pertinent de donner toutes ces infos au lecteur, cela permettra surtout la cohérence dans la trajectoire du personnage.

Par exemple savoir que votre héros n'a pas pu faire d'études à cause d'une enfance pauvre aura une influence sur son rapport au savoir, à la culture ou à l'argent.

  1. Des aspérités

Là il s'agit surtout des personnages principaux : un héros trop parfait ou un « méchant » seulement monstrueux n'ont que peu d'intérêt. Tout être humain a des contradictions, des aspérités, des zones d'ombre et de lumière. À vous de jouer avec cela pour donner à vos personnages une complexité suffisamment intéressante pour apporter un plus au récit sans pour autant tomber dans le cliché.

  1. Un mode de fonctionnement

Savoir comment fonctionne un personnage est fondamental. Celui-ci est-il dominé par une vision manichéenne du monde, un respect de l'ordre et des règles ? Alors il réagira aux événements extérieur en gardant ce fonctionnement.

  1. Une voix

La voix combine la manière de penser et de s'exprimer. Cette notion arrive en dernier de cette partie parce qu'elle découle de tout le reste. Le vocabulaire utilisé changera en fonction du milieu dont est issu le personnage ainsi que de sa capacité à apprendre... Le phrasé et le rythme ne sera pas le même selon qu'il est introverti ou très sociale. En prenant tout cela en compte, vous parviendrez plus facilement à donner une coloration unique à cette voix. Dans l'idéal, un dialogue devrait être imputable à un personnage donné parce que « reconnaissable ».

III. Une existence « narrative »

  1. Un rôle dans l'histoire ou la narration

Puisque nous avons désormais un personnage complet, avec un passé, un fonctionnement, une apparence,... il est temps de le placer dans le récit. De la même façon qu'un producteur/réalisateur engagera un acteur pour un rôle précis, il convient de savoir lequel incarnera le personnage en question. Pour les héros ou l'antagoniste, la question paraît d'une simplicité enfantine... Mais pour les autres ? Pourquoi ce personnage existe-t-il ? Pour aider le héros ? Pour apporter un peu de légèreté dans le récit ? Un personnage, même bon, doit servir à quelque chose.

  1. Un objectif

Là on revient au fonctionnement de notre personnage. Qu'importe son rôle dans le récit, il doit avoir un « objectif ». Ce dernier est le ressort qui le fera agir. Prenons un exemple : le collègue du héros existe pour lui faire perdre son emploi, il dénoncera une faute grave de notre personnage principal et le fera licencier. Mais pourquoi faire cela ? Est-ce un homme si ambitieux qu'il est prêt à tout pour évincer un « concurrent » ? Un père de famille nombreuse qui agit à contrecœur, par peur de perdre lui-même son emploi ?

  1. Un arc dramatique travaillé

On appelle arc dramatique la trajectoire émotionnel du personnage, comment les événements narratifs vont le transformer, le révéler... Un héros ou un personnage secondaire ne sera pas le même au début et à la fin de son existence dans le récit. De la même façon que le caractère du personnage aura une influence sur sa manière d'agir aux événements, ces derniers auront à leur tour une influence sur lui. Par exemple une héroïne très jeune confrontée plusieurs fois à la trahison deviendra sans doute plus méfiante.

Connaître l'arc dramatique d'un personnage permet d'être attentif à garder le récit dans une dynamique, à ne pas trop s'égarer en cours de route.

 

Perso

Cet article aborde de nombreuses notions... S'il rappelle les fondamentaux, j'espère avoir l'occasion de revenir plus précisément sur chacun de ses éléments.

Il est inutile de faire une liste de ces « indispensables » à chaque fois que vous écrivez mais cela devient intéressant quand un personnage vous semble faible. Pour vous aider à trouver ce qui « cloche ».

 

Quel exemple de personnage particulièrement réussi vous vient à l'esprit ?

 

04 mai 2017

Premier jet : ma méthode en 5 points



La semaine dernière, nous abordions ici l'usage du dictionnaire des synonymes. Or je ne l'utilise jamais pendant l'écriture du premier jet, c'est-à-dire de la première version d'un texte. Devant cette évidence, j'ai eu envie de vous parler de ce fameux "brouillon".

 

Kundera

 

 

Ma méthode, non pas LA méthode

 

Ma manière de travailler est personnelle, dans le sens que si elle me convient parfaitement elle ne sera peut-être pas celle qui vous correspond.

Il existe de nombreuses méthodes pour venir à bout d'un long projet. À titre professionnel, lorsqu'un client me demande un atelier sur le premier jet romanesque, je commence par lui donner un questionnaire qui détermine quelle méthode lui ressemble le plus. Tenter de travailler en respectant une feuille de route étrangère à sa personnalité mène, au pire, à l'échec et, au mieux, à perdre un temps considérable. Pour cette raison, je n'aborderai aujourd'hui que les règles qui me semblent utiles à TOUS.

Dans le cas de l'écriture d'un roman, vous pouvez tenter de suivre mes conseils quelque soit votre profil. Si vous écrivez les scènes dans le désordre, prenez-les en compte pour chaque séquence, si -comme moi- vous abordez une nouvelle ou un roman dans le « sens de la lecture » -vous commencez par le début et achevez par la fin-, vous pouvez essayer de les respecter jusqu'au bout. Bref n'oubliez pas d'adapter autant que possible les méthodes et outils que vous glanez ici et ailleurs.



Mes cinq règles pour une première version



 

Premier jet



  • Écrire porte fermée

Pour ce premier point, je me permets d'emprunter la métaphore à S. King, issue de son ouvrage sur l'écriture On writing : A mémoir of the craft. J'écris le brouillon sans reprendre mon souffle et en restant centré sur moi. Je ne pense pas au lecteur ou à mes proches, seulement à ce projet et à ce que je souhaite pour ce dernier.

  • Accepter l'imperfection

Mon perfectionnisme m'a longtemps desservi. Alors que j'étais fière de toujours vouloir produire le meilleure, j'ai fini par me rendre compte que ce trait de ma personnalité me servait d'excuse : puisqu'il est impossible (encore moins lors d'une première version) de livrer une production parfaite, je ne terminais jamais rien. Comme l'a écrit Kundera : "Le droit intangible du romancier, c'est de pouvoir retravailler son roman." 

  • Refuser de stagner

Certains passages nous sont plus difficiles que d'autres à écrire -pour moi les scènes de sexe ont longtemps été sources d'angoisses-. J'ai choisis dans ce cas de me forcer à écrire envers et contre tout. Simplement parce que si un passage est mauvais, il me suffira de le réécrire lors de la deuxième version. Savoir que ce n'est qu'un brouillon m'épargne beaucoup de pression.

Néanmoins ce parti pris a ses limites. Certains écrivants ont besoin de maintenir l'ensemble de leur premier jet à un certain niveau de qualité. Dans ce cas, on peut toujours contourner la difficiculté. Entre crochets, décrivez simplement ce que vous n'avez pas encore écrit (par exemple « scène de baiser entre X et Y »).

  • Pas de recherches pendant l'écriture

Je suis une infatigable curieuse. Et un brin paresseuse. Pour ces deux raisons, je n'effectue aucune recherche en cours d'écriture. Imaginons que mon héroïne offre une orchidée rare à un personnage. Or je ne connais rien aux fleurs. Si j'ai le malheur de lever le nez de mon manuscrit, il peut arriver deux phénomènes...

Soit je suis d'humeur travailleuse et je vais aller chercher l'information en question, très motivée. Hélas ma soif de connaissance entrera en scène et je me retrouverais, une heure plus tard, en train de lire l'histoire complète de la culture de l'orchidée depuis le dix-septième siècle.

Soit je suis d'humeur paresseuse et je me servirais de cette recherche comme prétexte pour glander sur Wikipédia -et je me retrouverais, je ne sais comment, à lire un article sur la reproduction des oursins.

Voilà pourquoi je ne fais pas de recherche et inscrirais [espère rare d'orchidée] directement dans mon texte.

  • Ne pas revenir en arrière

La dernière règle que je respecte ressemble à la précédente sauf qu'il s'agit de recherches dans mon propre brouillon. Je ne reviens jamais en arrière. Pas de correction en cours de route -sinon mon perfectionnisme redevient un obstacle- ni de vérification. En général je me débrouille pour disposer de toutes les infos dont j'ai besoin -aspect physique de mes personnages, nom et description des lieux...-. Comme nul n'est parfait, il arrive que je doute d'un détail. Est-ce que le fameux Sergent Machain a les yeux marrons ou je n'ai jamais abordé la question ?

Dans ce cas, je préfère ne pas perdre mon temps à relire ce qui précède et j’inscris [couleur des yeux de Machain, à vérif']. Pourquoi ? Dans le cas d'une nouvelle ou d'un article, cela n'aura que peu d'incidence mais si votre manuscrit comprend 50 000 mots, l'exercice risque de vous porter préjudice.



Vous connaissez désormais ma méthode pour écrire la première version d'un texte, j'espère que cet article aura été utile...

En attendant, laissons ma curiosité prendre le pas :



Et vous, cher écrivant, avez-vous trouvé votre méthode d'écriture ?

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06 avril 2017

Mes astuces pour « entrer en écriture »



Ce mois-ci dans ma boîte à outils :  tout pour convoquer inspiration et motivation.

En écrivant l'article sur l'impératif de faire de la place, j'ai pensé à ma quête de l'inspiration et combien cette nécessité lui est liée. Qu'on envisage l'écriture comme un loisir ou un travail, si on décide de pratiquer sérieusement, il arrivera un jour où vous n'aurez pas envie de vous asseoir pour prendre le stylo. Que celui qui n'a jamais la flemme me jette le premier coussin, dont je me saisirais pour m'assoupir quelques heures minutes !

Oui, écrire est ma passion. Oui, j'accède souvent à une intense sensation de joiedevant ma feuille ou mon écran. Pourtant, certains jours, le canapé m'interpelle, le ménage fronce des sourcils, le désir de papoter avec une amie me taraude. Et c'est là, dans ces instants d'hésitation que réside la différence entre ceux qui progressent et les autres. Comme il serait facile de s'abriter derrière l'excuse de l'inspiration : « Ah, je ne suis pas d'humeur à écrire... Je manque d'inspiration, pauvre de moi ! Tant pis, j'écrirai demain... ».

Au lieu de cela, j'ai cherché des solutions pour écrire malgré tout. Non pas me forcer mais me mettre en humeur d'écriture. Je ne dis pas que ces propositions vous conviendront, ni qu'elles feront des miracles. Toutefois elles peuvent aider quelques écrivants à (re)trouver la motivation.

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Se créer un rituel



Selon Twyla Tharp, célèbre chorégraphe et auteure de l'ouvrage The Creative Habit : learn it and use it for life, les rituels sont primordiaux pour entretenir sa créativité. Ces habitudes peuvent consister en ce qui vous correspond le mieux. Ce peut être se préparer une tisane puis la déguster en lisant la production de la dernière séance. Ou encore vous installer dans un endroit particulier. À force de toujours pratiquer quelques gestes ou actions avant d'écrire -ou peindre, ou danser,...-, le simple fait d'accomplir le « rituel » vous mettra dans le bain. Comme si vous disiez à votre esprit : là, je m'apprête à travailler, à créer. Et hop, votre cerveau se mettra en « mode créativité ». Un peu comme le fait de sourire nous met de meilleure humeur même quand le sourire est d'abord de « façade » -une étude scientifique a étudié le phénomène, si vous en connaissez les références, partagez-les en commentaires, je n'arrive plus à les retrouver-.

Je ne peux que vous conseiller de mettre en place un rituel et de vous y tenir pour que ce dernier devienne ce coup de pouce qui change tout.

 

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Entrer en écriture grâce à celle-ci

 

Dans l'article que j'évoquais en introduction, je parlais d'écrire pour faire place nette ou vider la poubelle de vos émotions. Je connais quelques auteurs qui utilisent cette pratique. Faire appel aux mots pour trouver les mots. Vous pouvez soit parler de vous -et de vos difficultés- soit utiliser une consigne d'écriture. Cela correspond finalement aux gammes pour les musiciens ou au travail à la barre pour les danseurs. Personnellement, j'utilise rarement cette méthode. En vérité, j'y ai recours seulement devant un blocage très important. Pourquoi ? Parce que j'ai du mal à me détacher des phrases que je viens d'écrire et que cela revient alors à une rumination sur le papier. Reste que c'est une piste qui convient à certains. Je répète qu'il n'y pas UNE recette miracle, seulement des pistes pour trouver ce qui vous aidera VOUS.

 

La méditation et autres outils personnels...

 

Enfin je vais vous parler de ce que je mets en place lorsque je ne suis pas d'humeur à écrire. Non seulement je dispose de mes propres rituels de secours mais aussi de quelques outils auxquels je fais appel quand mes habitudes ne suffisent pas. La première pratique que je tente reste une courte séance de méditation. Cinq à vongt minutes suffisent en général. Je reviens au moment présent, je me « recentre » et cela me ramène à un état qui me convient particulièrement pour écrire. Dix-neuf fois sur vingt, la méditation résout mon problème. Et si vraiment, je continue à bloquer ou à avoir la flemme je...vais prendre une douche. Oui, oui, vous avez bien lu. Pourquoi la douche ? Parce que c'est un moment où je lâche complètement prise. C'est un peu mon couteau-suisse émotionnel. Un blocage d'écriture ? Une douche. Un problème avec mon manuscrit ? Une douche. Une angoisse diffuse ? Une douche. Pas très écologique mais ça fonctionne.

À défaut du coup de la douche, se connaître est le premier impératif. Observez-vous et trouvez vos propres outils, vos propres astuces pour vous mettre en posture d'écriture...



Et vous, quelles astuces vous aident à « entrer en créativité » ?

23 février 2017

Les dictionnaires : les alliés de tous



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les dictionnaires



Le mois dernier, pour inaugurer la boite à outils, je m'amusais à vous parler des gros mots. Un article finalement tout à fait sérieux, que vous pouvez retrouver ici... Lors de l'élaboration de cette première chronique, j'avais eu recours à un outil bien connu de qui manie un tant soit peu la langue : le dictionnaire. Finalement, puisque c'est « l'outil » que j'utilise le plus fréquemment, il semblait logique d'aborder le sujet. En ligne, sur papier, spécifiques, nombreux sont les dictionnaires qui, au quotidien, sont devenus des alliés.

 

Cit-dico

 

Les dictionnaires en lignes



À l'ère du numérique, il serait dommage de ne pas profiter des dictionnaires en ligne. Définitions et vocabulaire à porter de clique, quoi de plus simple et sans danger ? Sauf que l'on peut très bien, dans la précipitation, utiliser Internet à mauvais escient. Le risque est d'utiliser des informations dépassées ou pire erronées. Si, pour écrire votre roman contemporain, vous utilisez le Littré1, il va de soit que vous risquez quelques déconvenues.

Pour ce qui est du bon vieux dictionnaire de français, je ne jure que par le site de Larousse, que je trouve ergonomique et sérieux. Lorsque je donne des définitions, elles sont en général issu de cet espace.

Par contre quand, plus rarement, j'ai besoin d'avoir recours à un dictionnaire des synonymes je préfère de loin aller . Agréable visuellement, simple d'utilisation et précis, c'est un des mes sites favoris. Si aujourd'hui je me contente de partager mes ressources, il faudra à l'occasion que je revienne sur l'utilisation particulière du dictionnaire des synonymes. Refuser de le consulter ou en abuser peut jouer contre vous.

De manière sporadique, j'ai besoin d'un dictionnaire des rimes. Ma bibliothèque est pourvue d'un tel ouvrage (acheté il y a plus de 15 ans) mais j'avoue que je le sors si peu souvent qu'il se cache derrière deux rangées de romans... Donc il m'a fallu trouver une solution plus pratique : ce site. De même que pour le dictionnaire de synonymes, je pourrais écrire un article sur la question.

 

Synonymes

 

Les dictionnaires en ligne sont des outils fort utiles mais certains ouvrages papiers continuent d'accompagner mon travail...

 

Les irremplaçables papiers



Les trois dictionnaires « papier » que je feuillette le plus ne sont pas des compagnons quotidiens dans mon travail sur l'écriture. Mais le plaisir que j'ai en les consultant, la myriade d'éléments que j'ai appris grâce à eux, font qu'ils avaient leur place dans cet article.

Le premier, et non des moindres, date de l'époque fort lointaine où je possédais encore une carte d'étudiante. Un ouvrage de référence, acquis pour un cours, que je consulte encore de temps à autre, parfois pour le simple plaisir d'apprendre une broutille ou deux. Il s'agit du Dictionnaire étymologique et historique de la langue française de Beaumgartner et Ménard. Possible qu'après toutes ces années, mon édition date quelque peu mais je l'adore. Oui, oui, j'adore un dictionnaire, on s'abstient de se moquer, merci... J'évite de le sortir quand je suis submergée de travail car j'ai tendance, quand je plonge dans ces pages, à m'y noyer avec délectation.

Viennent ensuite deux parutions de Larousse qui sont sans doute très plaisantes mais que je consulte pour le boulot. Le premier est le Dictionnaire des expressions et locutions traditionnelles. On peut trouver son équivalent en ligne pourtant je le préfère dans sa version papier -allez comprendre...-. Riches d'exemples, il fourmille de petits trésors...

Enfin le troisième me sert pour la correction, encore une édition Larousse : Dictionnaire des difficultés de la langue française. Lorsque -je ne sais pas encore quand mais c'est prévu- je consacrerai un article sur mes outils pour la correction, nous verronsi son utilisation plus en détails. Reste que c'est un ouvrage de référence dont je peux difficilement me passer. Quand j'aborde la thématique « Retravailler un texte » avec un client, je l'emporte avec moi.

 

Pour conclure, j'avoue que d'autres dictionnaires sortent régulièrement de ma bibliothèque (Dictionnaire de l'Ancien Français, de mythologie, des symboles, dictionnaire culturel de la bible...) mais ils sont si spécifiques que je préfère les garder pour les sujets auxquels ils sont liés...

Peu importe ceux que vous utilisez, faite-le à bon escient et, surtout, prenez du plaisir à baguenauder dans le paysage varié de notre langue...

 

Et vous, les dictionnaires, numériques ou papiers ? Généralistes ou spécialisés ? Partagez vos trouvailles...

 

 

1 Dictionnaire ancien, paru de 1873 à 1877

02 février 2017

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

 

Cet article est seulement le deuxième de sa catégorie -retrouvez le premier ici- et j'aborde déjà un sujet coquin... En ce mois de la Saint-Valentin, je pourrais prétexter vouloir rester au plus près du calendrier sauf que non. Ce choix tient à une seule chose : pour moi les scènes de sexe ont longtemps été une épreuve. Parce qu'elles tiennent en un équilibre délicat et produire une bonne scène reste difficile. Il m'aura fallu du temps, et du travail, pour ne plus redouter l'exercice. De ce processus, j'ai appris quelques astuces que je veux partager avec vous. Plus exactement j'ai désormais 5 règles :

 

5 règles

 

 

La préparer en amont

 

Plus votre scène sera préparée, plus l'exercice sera facile. Non seulement la caractérisation de vos personnages doit être solide mais la relation entre les protagonistes doit être claire. Que ces éléments existent dans les chapitres précédents ou seulement dans votre esprit, peu importe, il faut que vous sachiez ce qu'il en est. On ne caresse pas un inconnu de la même manière que la personne qui partage notre vie depuis des années... Une femme complexée et mal à l'aise avec son corps n'agira pas comme une héroïne sûre d'elle et de sa féminité. Bref, les choix que vous ferez devraient, dans l'idéal, découler naturellement de la psychologie de vos personnages.

 

Lui donner une fonction

 

Il existe un principe auquel j'essaie de ne jamais déroger : mes scènes/chapitres doivent avoir une fonction. Les scènes de sexe aussi. Quand je m'apprête à écrire le premier jet d'un passage je me demande toujours à quoi sert une scène.

Deux fonctions principales peuvent motiver une scène : faire avancer le récit ou caractériser un personnage. Peu importe quelle est l'utilité, il doit y en avoir une. À quoi bon le sexe pour le sexe ? même dans un roman érotique...

Lorsqu'un « couple » se tourne autour depuis plusieurs chapitre, la scène en question peut servir à changer leur relation, donc faire avancer le récit. Au début d'un roman, mettre son héros dans une situation érotique peut nous montrer le rapport qu'il entretient avec sa sexualité, avec les femmes,... En d'autres termes donner à voir au lecteur une partie de son fonctionnement psychologique.

Écrire porte fermée

 

Même dans notre société habituée à l'étalage de la nudité, la sexualité reste un domaine qui véhicule des éléments lourds de sens. Écrire une scène de sexe interroge notre propre rapport au corps, à la sensualité et peut bousculer nos tabous. Quand je suis confrontée à un tel passage, je fais particulièrement attention à écrire porte fermée. C'est à dire que je ferme symboliquement la porte au regard des autres. J'écris comme si personne jamais ne devait lire mes mots. Il faut se sentir libre au moment du premier jet. Il sera toujours temps de retravailler la scène par la suite.

 

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 Le Violon d'Ingres - Man Ray

 

 

 

Savoir la délimiter

Parfois quand une scène ne fonctionnait pas ou que j'avais du mal à l'écrire, m'interroger sur ses limites m'a permis de dépasser mes difficultés. J'entends par là quand la scène commence et finit... Il m'est arrivé de supprimer tout le début d'un passage pour débuter le récit dans le feu de l'action et me rendre compte que mon récit gagnait en intensité et en dynamisme. Savoir quand retrouver et/ou quitter les personnages -à quel moment du récit- peut changer beaucoup de choses. N'hésitez donc pas à tester plusieurs versions en jouant sur ces limites.



Éviter les pièges « viande et dentelles »

Grande lectrice, j'ai remarqué que deux pièges guettent les scènes érotiques dans la fiction. J'ai surnommé ces écueils « viande et dentelles ».

  • Viande pour l'effet « viande dans le torchon ». Oui l'image n'est pas ragoutante, comme certaines scènes de sexe complètement ratées. C'est quand l'auteur décide d'appeler une bite une bite, de faire dans le cru mais sans savoir doser. Il ne faut pas tomber dans le mauvais porno. Du genre "Il la fourra jusqu'à la gerde tant elle était trempée".

  • Le second obstacle est celui de la « dentelle ». Le terme évoque, pour moi, les romances ratées. Quand par excès de romantisme et de pudeur, l'auteur se refuse à tout vocabulaire érotique et multiplie les métaphores farfelues. (Une fois j'ai pu lire « bouton magique » utilisé pour clitoris. J'en rigole encore...). Mieux mieux passer outre une scène de sexe et la contourner intelligemment plutôt que de l'écrire la honte au bout du stylo et finir par tomber dans le ridicule.

Legs Eleven Jack Vettriano

Legs Eleven - Jack Vettriano©



Et vous, quels éléments vous posent le plus de difficultés ?

Qu'en est-il des passages érotiques ?

 

 

 

 

19 janvier 2017

Au commencement de l’Écrhistoires



Si vous avez eu la curiosité de parcourir ma page de présentation, vous savez que j'ai ouvert cet espace pour partager mes découvertes autour de l'écriture. Dans mon activité professionnelle, j'aide mes clients de deux manières :

  • en les aidant à développer leurs compétences en écriture

  • en utilisant des exercices simples d'écriture pour leur épanouissement personnel

Les deux catégories principales de l’Écrhistoires étaient toutes trouvées...

 

« Écrire », un artisanat

 

L'écriture créative a traditionnellement pour objectif de rendre accessible des techniques rédactionnelles. Depuis longtemps, dans les universités anglophones, les étudiants peuvent s'initier à la création littéraire et les articles et ouvrages abondent. Hélas, ils sont trop rarement traduits. Dans la catégorie « Ecrire », je partagerai avec vous une partie de ces techniques.

J'ai la conviction que tout le monde peut améliorer ses capacités et j'espère que vous trouverez la preuve que vous aussi vous avez le droit de développer vos compétences. Vous verrez que les possibilités sont vastes que ce soit en terme d'inspiration, comme avec mon article Les 3 clefs de l'inspiration ou autour de thèmes comme la caractérisation des personnages, la description, la nouvelle, l'écriture poétique,...

 

 

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« Se réécrire », l'écriture pour s'épanouir

 

Alors que ma vie et ma profession tournaient déjà autour des mots, le destin a placé sur ma route de grandes difficultés. En me battant pour les surmonter, j'ai eu la confirmation de ce que je soupçonnais depuis longtemps : l'écriture peut nous aider à nous épanouir.

La deuxième facette de mon métier consiste aujourd'hui à mettre l'écriture au service du mieux-être, du mieux-vivre, du mieux-communiquer. Voilà comment est née la catégorie « Se réécrire ». Au fil des articles, j'espère vous offrir des opportunités d'expérimenter à votre tour les formidables pouvoirs de l'écriture...

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À la source : la créativité

 

Alors que je mettais en place ces deux catégories, j'ai eu l'intuition qu'il manquait quelque chose. Un domaine qui, dans ma vie, est à la source de la plupart de mes projets, de mes recherches, de mes apprentissage : la créativité. En comprenant cela, j'ai senti que je devais créer une troisième catégorie. Car au-delà de l'écriture, la créativité peut enrichir notre quotidien, nourrir nos projets, magnifier la routine.

Trop souvent j'entends des gens dire « Je ne suis pas créatif/ive... », « Je n'ai aucune imagination... », « Je ne suis pas manuel(-le) ». D'une petite voix désolée, appuyée parfois d'un soupir de dépit ou de résignation... Et pourtant de la même manière que l'on peut développer sa souplesse avec le yoga, il est possible de nourrir sa créativité !

Voilà comment est née la troisième grande catégorie de ce blog : E-créativité.

 

 

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Et vous, quel est votre rapport à la créativité ?

 

 

05 janvier 2017

Écrire : les trois clefs de l'inspiration

 

Dans l'imaginaire populaire, on fantasme souvent l'écrivain, et encore plus le poète, comme un être brûlant, pâle et en chemise, attablé sur un étroit bureau d'une mansarde quelconque à attendre l'inspiration comme une sorte d'ange de la créativité. Certes, ces éléments offrent une chouette composition pour la peinture mais ce n'est qu'un fantasme.

L'inspiration, ça s'entretient ! Et pour cela, trois étapes me semblent indispensables !

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Se libérer du mythe

 

Fantasme historique

Il faut dire que le dix-neuvième siècle et le mouvement romantique ont laissé des traces dans notre culture. Ah ! Lord Byron, enfant terrible de la littérature britannique... Ah ! Baudelaire et son génie noyé dans l'opium et abîmé par la syphilis... Ah ! Rimbaud, ce prodige à la beauté juvénile et aux amours tourmentées...

Bon, c'est bien gentil tout ça mais cette dimension tragique et lyrique n'a que peu de rapport avec ce que l'on découvre en se penchant sérieusement sur la question.

Vérités historiques et écrits

Il faut bien le dire l'inspiration ne naît pas du néant. La plupart des auteurs sont d'abord d’indécrottable curieux qui se nourrissent de tout ce qu'ils lisent, voient, entendent. Plus que cela ce sont des bosseurs. L'inspiration, on doit la poursuivre comme un forcené.

 

J

 

Et comme l'explique bien Stephen King dans Écriture, mémoire d'un métier, il faut savoir la convoquer. Mais comment s'y prendre ?

 

Être curieux de tout, tout le temps

 

Sur le monde littéraire d'abord

La première formation de l'écrivain...c'est la lecture. Alors lisez, lisez, lisez ! Non pas pour imiter ou plagier mais pour vous former. Et lisez de tout. Les bons livres vous donneront de l'ambition et la modestie -bref la motivation de travailler-, les mauvais vous montreront des contre-exemples riches de leçons.

mais pas seulement

Dans Votre journal de bord, Austin Kleon utilise l’expression « Kleptomane créatif » que je trouve d'une simplicité et d'une vérité incroyables. Cela signifie que vous devez souffrir de la boulimie de l'écrivain. Tout peut et doit nourrir votre créativité : cinéma, journaux, conversations de café, la nature,... Pour que votre curiosité naturelle nourrisse l'inspiration, rien de plus simple : gardez toujours un carnet/journal sur vous pour recueillir sur l'instant toute cette matière à votre portée.

 

 

S'ouvrir aux autres

 

Rompez la solitude

Si un auteur se retrouve seul durant la phase de l'écriture, se couper du monde peut être un frein à l'inspiration. Tel rencontre éphémère enrichira un personnage, telle conversation entendue dans un bar donnera une saveur unique à vos dialogues,... Vous voulez que vos écrits restitue quelque chose de la vie ? Alors vivez !

Le brainstorming

Ce dernier point doit être pris avec prudence car on ne peut le mettre en œuvre qu'avec quelqu'un qui soit à la fois bienveillant, neutre et de confiance. Si vous avez la chance d'avoir sous la main quelqu'un qui corresponde (et s'intéresse à votre travail) alors n'hésitez pas : discutez avec lui de vos écrits. Non pour demander conseil, simplement parce qu'un échange sur votre processus créatif permet souvent de trouver des idées, des solutions aux difficultés, d'entretenir l'élan.

 

Conclusion

 

 

 

Et vous, quels sont vos rapports avec l'inspiration ?