25 mars 2017

Consigne d'écriture n°2 - « Lipogramme »



La consigne

 

Après l'amorce de la dernière fois, j'ai préféré m'imposer une contrainte formelle. Vous connaissez le lipogramme ? Allons jeter un œil sur la définition : Œuvre littéraire dans laquelle on s'astreint à ne pas faire entrer une ou plusieurs lettres de l'alphabet.

J'ai donc choisi de ne pas utiliser la lettre « U »...

 

Mon texte

LettreU

Extrait de mon Art Journal


Le kidnapping

Les forces de l'ordre sont en alerte, les gyrophares projettent des rondes colorées dansant avec le macadam sombre. L'agent Wolowski donne ses ordres de sa voix aigre : le temps presse ! Le technicien déploie le matériel nécessaire et les policiers interrogent les témoins. En cet instant, les indices ont la légèreté des top-modèles parisiens. Dolorès Galandry a rapporté vingt fois la scène : la victime rentrait chez elle, après l'école. Sac à dos violet, jeans noirs, polo vert pomme. Elle venait de se séparer de sa camarade à l'intersection précédente. Les amies faisaient en général le trajet ensemble. La camionnette noire avait ralenti et l'homme -grand blond capillairement fort limité- s'était saisi avec violence de la lettre. Il l'avait jetée à l'arrière, était remonté, et son acolyte -la vieille était incapable de le décrire- avait démarré en trombe. Le sac d'école était resté là, petit cadavre violet. Dolorès jardinait -l'activité de ses vendredis après-midi-, elle s'était précipité chez la famille de la victime.

Madame Phonème a l'impression de descendre en enfer, l'attente est interminable. L’œil bordé de tristesse, elle tripote son alliance, les mains agitées de tremblements intermittents.

— On n'est pas riches... Je ne comprends pas.

Les lèvres serrées, lame de rasoir rose pâle, elle répète :

— Je ne comprends pas.

Mais Wolowski reste concentré :

— Si ce n'est pas l'argent... Votre mari est bien magistrat ?

— Il travaille à l'AS. Il gère l'admission des termes d'argot.

— En octroyant les permis de travail à ces derniers, n'est-ce pas ?

— Il est en séminaire à Perpignan. Je l'ai appelé, il va arriver. Je... Elle est si gentille ma petite lettre. Elle travaille bien à l'école. Elle rêve de devenir sigle.

La mère montre les derniers contrôles de sa fille : des A à foison. Incapable de se contenir, elle fond en larmes :

— Mon bébé... Ma petite voyelle... Rendez-la moi... Rendez-la moi...

 

Dès son arrivée, Gaspard Phonème prend sa femme dans ses bras et, sans regarder Wolowski, demande :

— Alors ?

— Mes hommes interrogent les voisins. Si les malfrats téléphonent, notre technicien enregistrera la conversation afin de les localiser.

La sonnerie retentit. Les parents ne savent s'ils doivent décrocher... Le hochement de tête de Wolowski donne à Gaspard la force de répondre :

— Allô ?

La voix énonce, désincarnée :

— La petite va bien et si notre demande est respectée, ça restera le cas. Sinon...

— Donnez-moi vos exigences... Allez-y. Je ferai mon possible.

— On exige le retrait de permis de liaison... Simple, dans votre position de magistrat.

— Je le ferai mais rendez-moi ma fille.

— Après le retrait.

Il n'insiste pas :

— Donnez-moi le mot concerné.

— Haricot. Le h aspiré devra être LA prononciation admise. Pas ce z infâme. Compris ? Les haricots resteront célibataires. Sinon...

Gaspard est dépité :

— Pardon, sir gangster... Mais c'est impossible.

— Im-... Ne mettez pas la santé de la petite en danger, Phonème.

Derrière les paroles d'acier, le père entend « Papa, papa... ». Le malfrat reprend :

— Alors... Phonème... Décidé à coopérer ?

— Je travaille à l'AS. Je n'ai pas accès à ce dossier.

— Plaît-il ?

— Le fichier P127T concernant les liaisons tolérées fait parti des démarches AT, pas AS. Moi, je gère les fichiers P125, P336 et P700BZ.

— Mais...

— Dans le cadre des permis 127T, c'est Alphonse Sème le responsable. Et encore... Le retrait de P127T exige le tampon officiel de la chargée des volte-face, Clitorine Zangbi. La démarche est très simple, Sème doit remplir le dossier 13B7P117T. Après, il le transfère à l'AS, donc moi. Je vérifie si le dossier est complet. Si c'est le cas, je le transmets à Zangbi. S'il le tamponne alors on finalise en demandant la certification ministérielle. Encore très simple...

Catastrophe : le monstre a raccroché ! Comment va-t-il le dire à sa femme ?

 

Après cet échec, les choses stagnent. Le soleil se lève, l'espoir abandonne la famille... Les parents sombrent dans le désespoir.

Le grincement de la porte d'entrée déconcerte Wolowski, la fillette s'avance :

— Papa ! Maman !

L'enfant s'élance dans les bras de madame Phonème :

— Ma petite U, ma poupée ! Te voilà de retour chez nous !

L'agent Wolowski, retrouvant enfin sa volubilité habituelle, s'accroupit devant la petite voyelle :

— Ceux qui t'avaient emmenée... Ils ont dit quelque chose ?

— Ils m'ont déposée devant l'école. Puis le grand chauve il a dit qu'il abandonnait le kidnapping mais pas la lutte pour la langue.

Vraiment ?

— Ouais. Même qu'il a pleuré longtemps... Il arrêtait pas de dire : « Putain d'administration... Putain d’administration... »



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23 février 2017

Les dictionnaires : les alliés de tous



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les dictionnaires



Le mois dernier, pour inaugurer la boite à outils, je m'amusais à vous parler des gros mots. Un article finalement tout à fait sérieux, que vous pouvez retrouver ici... Lors de l'élaboration de cette première chronique, j'avais eu recours à un outil bien connu de qui manie un tant soit peu la langue : le dictionnaire. Finalement, puisque c'est « l'outil » que j'utilise le plus fréquemment, il semblait logique d'aborder le sujet. En ligne, sur papier, spécifiques, nombreux sont les dictionnaires qui, au quotidien, sont devenus des alliés.

 

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Les dictionnaires en lignes



À l'ère du numérique, il serait dommage de ne pas profiter des dictionnaires en ligne. Définitions et vocabulaire à porter de clique, quoi de plus simple et sans danger ? Sauf que l'on peut très bien, dans la précipitation, utiliser Internet à mauvais escient. Le risque est d'utiliser des informations dépassées ou pire erronées. Si, pour écrire votre roman contemporain, vous utilisez le Littré1, il va de soit que vous risquez quelques déconvenues.

Pour ce qui est du bon vieux dictionnaire de français, je ne jure que par le site de Larousse, que je trouve ergonomique et sérieux. Lorsque je donne des définitions, elles sont en général issu de cet espace.

Par contre quand, plus rarement, j'ai besoin d'avoir recours à un dictionnaire des synonymes je préfère de loin aller . Agréable visuellement, simple d'utilisation et précis, c'est un des mes sites favoris. Si aujourd'hui je me contente de partager mes ressources, il faudra à l'occasion que je revienne sur l'utilisation particulière du dictionnaire des synonymes. Refuser de le consulter ou en abuser peut jouer contre vous.

De manière sporadique, j'ai besoin d'un dictionnaire des rimes. Ma bibliothèque est pourvue d'un tel ouvrage (acheté il y a plus de 15 ans) mais j'avoue que je le sors si peu souvent qu'il se cache derrière deux rangées de romans... Donc il m'a fallu trouver une solution plus pratique : ce site. De même que pour le dictionnaire de synonymes, je pourrais écrire un article sur la question.

 

Synonymes

 

Les dictionnaires en ligne sont des outils fort utiles mais certains ouvrages papiers continuent d'accompagner mon travail...

 

Les irremplaçables papiers



Les trois dictionnaires « papier » que je feuillette le plus ne sont pas des compagnons quotidiens dans mon travail sur l'écriture. Mais le plaisir que j'ai en les consultant, la myriade d'éléments que j'ai appris grâce à eux, font qu'ils avaient leur place dans cet article.

Le premier, et non des moindres, date de l'époque fort lointaine où je possédais encore une carte d'étudiante. Un ouvrage de référence, acquis pour un cours, que je consulte encore de temps à autre, parfois pour le simple plaisir d'apprendre une broutille ou deux. Il s'agit du Dictionnaire étymologique et historique de la langue française de Beaumgartner et Ménard. Possible qu'après toutes ces années, mon édition date quelque peu mais je l'adore. Oui, oui, j'adore un dictionnaire, on s'abstient de se moquer, merci... J'évite de le sortir quand je suis submergée de travail car j'ai tendance, quand je plonge dans ces pages, à m'y noyer avec délectation.

Viennent ensuite deux parutions de Larousse qui sont sans doute très plaisantes mais que je consulte pour le boulot. Le premier est le Dictionnaire des expressions et locutions traditionnelles. On peut trouver son équivalent en ligne pourtant je le préfère dans sa version papier -allez comprendre...-. Riches d'exemples, il fourmille de petits trésors...

Enfin le troisième me sert pour la correction, encore une édition Larousse : Dictionnaire des difficultés de la langue française. Lorsque -je ne sais pas encore quand mais c'est prévu- je consacrerai un article sur mes outils pour la correction, nous verronsi son utilisation plus en détails. Reste que c'est un ouvrage de référence dont je peux difficilement me passer. Quand j'aborde la thématique « Retravailler un texte » avec un client, je l'emporte avec moi.

 

Pour conclure, j'avoue que d'autres dictionnaires sortent régulièrement de ma bibliothèque (Dictionnaire de l'Ancien Français, de mythologie, des symboles, dictionnaire culturel de la bible...) mais ils sont si spécifiques que je préfère les garder pour les sujets auxquels ils sont liés...

Peu importe ceux que vous utilisez, faite-le à bon escient et, surtout, prenez du plaisir à baguenauder dans le paysage varié de notre langue...

 

Et vous, les dictionnaires, numériques ou papiers ? Généralistes ou spécialisés ? Partagez vos trouvailles...

 

 

1 Dictionnaire ancien, paru de 1873 à 1877

16 février 2017

La créativité est à tout le monde !



En janvier, je prenais le temps de vous présenter les différentes catégories de L'Écrhistoires et concluais avec un visuel que j'affectionne particulièrement :

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La question de la créativité ne faisait l'objet que d'un petit paragraphe or ma certitude qu'elle peut servir à tous et qu'on peut la muscler -sans douleur ni courbature- mérite un article à part entière. Alors pourquoi attendre ?

 

La créativité, mais c'est koi ?

 

Si vous avez traîné vos chausses ici ou , vous avez peut-être remarqué ma tendance à vouloir définir les mots avec précision. Allons donc vérifier ensemble ce que nous dit sir Larousse sur la créativité : capacité, faculté d'invention, d'imagination ; pouvoir créateur. Invention et imagination... À cet étape du schmilblick, j'entends trop souvent mes clients, ceux qui n'osent pas se frotter à la poésie ou à la fiction, s'exclamer : "Mais je n'ai aucune imagination !" Généralement, je respire un bon coup avant de leur montrer qu'ils se trompent. Tous, sans exception.

Commençons par répéter  : tout le monde a de l'imagination donc peut être créatif. Je peux vous le prouver. Il suffit de fermer les yeux et de se revoir enfant. Dans la cour de récréation ou pendant les grandes vacances... Vous avez entre 4 et 10 ans. Souvenez-vous... Pouvez-vous maintenant me jurer que vous n'avez jamais joué à « on dira que je suis » ? et oui... Tous les enfants imaginent les jeux de rôles les plus fous. Nous avons chevauché des montures invisibles, arrêté des méchants, ou sauvé le monde de deux ou trois Armageddon. Pour ça nous nous sommes inspirés des histoires qu'on nous lisait, des séries que l'on regardait ou des héros de notre enfance. Nous devions en avoir de l'imagination pour faire tout cela, non ?

 

La créativité n'est pas l'apanage des artistes

 

Puisque nous naissons tous avec cette capacité à imaginer, à rêver, à inventer, cela signifie qu'au pire, notre créativité est endormie. Il suffit de la réveiller. Avec douceur, hein ! Je ne dis pas qu'il ne lui faudra pas un peu de café pour que la belle retrouve sa concentration, ni que ses muscles ne seront pas ankylosés mais patience... En la stimulant, elle sera bientôt en pleine forme !

Si je pousse mes proches -et même les autres- à réactiver leur créativité ce n'est pas pour faire de tout un chacun un artiste -quoique...-. Mais parce que la créativité est utile à tout le monde.

Prenons quelques situations :

  • un conflit avec un collègue

  • la routine qui pèse sur le couple

  • un enfant dont il faut détourner l'attention pour éviter un caprice

  • décorer une pièce avec un minuscule budget…

Ces suppositions, déclinables à l'infini, inventivité et imagination permettent de les régler facilement et rapidement. La créativité est une qualité humaine plus qu'un talent. Tous les coachs, magasines féminins,... mettent en avant l'organisation et oublient que la créativité est un outil merveilleux pour gérer le quotidien. Et comme toute qualité humaine, elle peut se cultiver !

Dans cette idée, j'ai envie d'aller plus loin...

 

CitationPicasso

 

Encore plus fort : l'art à la portée de tous

 

Si la créativité concerne tout un chacun alors il n'y a qu'un pas à franchir pour l'art. Oui, pourquoi l'art serait-il réservé à quelques élus ? Pas besoin de talent ou de génie pour s'exprimer, il suffit d'avoir envie de le faire et de surpasser ses peurs. En témoigne le succès de l'Art Journal ou Journal Créatif.

Pour faire court c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Il suffit d'aller sur Google Image et de taper « art journal » :

 

Captureartjourn

 

 

...afin de voir qu'avec un peu de colle, de peinture et de créativité tout le monde peut s'emparer de ce formidable exutoire. Et la profusion des résultats nous montre combien ce type de pratique peut être addictif. Cela ne fera pas de nous des Picasso ou des Monet pourtant créer pour le plaisir apporte plaisir, beauté, détente et joie.

Promis, je reviendrai vous en parler plus longuement...

 

En attendant, gardons à l'esprit que l'écriture, la créativité, l'art ne sont que des outils d'expression. Il suffit juste de s'en emparer !

 

Vous offrez-vous la liberté d'être créatif ?

D'explorer plusieurs domaines artistiques ?

 

 

02 février 2017

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

 

Cet article est seulement le deuxième de sa catégorie -retrouvez le premier ici- et j'aborde déjà un sujet coquin... En ce mois de la Saint-Valentin, je pourrais prétexter vouloir rester au plus près du calendrier sauf que non. Ce choix tient à une seule chose : pour moi les scènes de sexe ont longtemps été une épreuve. Parce qu'elles tiennent en un équilibre délicat et produire une bonne scène reste difficile. Il m'aura fallu du temps, et du travail, pour ne plus redouter l'exercice. De ce processus, j'ai appris quelques astuces que je veux partager avec vous. Plus exactement j'ai désormais 5 règles :

 

5 règles

 

 

La préparer en amont

 

Plus votre scène sera préparée, plus l'exercice sera facile. Non seulement la caractérisation de vos personnages doit être solide mais la relation entre les protagonistes doit être claire. Que ces éléments existent dans les chapitres précédents ou seulement dans votre esprit, peu importe, il faut que vous sachiez ce qu'il en est. On ne caresse pas un inconnu de la même manière que la personne qui partage notre vie depuis des années... Une femme complexée et mal à l'aise avec son corps n'agira pas comme une héroïne sûre d'elle et de sa féminité. Bref, les choix que vous ferez devraient, dans l'idéal, découler naturellement de la psychologie de vos personnages.

 

Lui donner une fonction

 

Il existe un principe auquel j'essaie de ne jamais déroger : mes scènes/chapitres doivent avoir une fonction. Les scènes de sexe aussi. Quand je m'apprête à écrire le premier jet d'un passage je me demande toujours à quoi sert une scène.

Deux fonctions principales peuvent motiver une scène : faire avancer le récit ou caractériser un personnage. Peu importe quelle est l'utilité, il doit y en avoir une. À quoi bon le sexe pour le sexe ? même dans un roman érotique...

Lorsqu'un « couple » se tourne autour depuis plusieurs chapitre, la scène en question peut servir à changer leur relation, donc faire avancer le récit. Au début d'un roman, mettre son héros dans une situation érotique peut nous montrer le rapport qu'il entretient avec sa sexualité, avec les femmes,... En d'autres termes donner à voir au lecteur une partie de son fonctionnement psychologique.

Écrire porte fermée

 

Même dans notre société habituée à l'étalage de la nudité, la sexualité reste un domaine qui véhicule des éléments lourds de sens. Écrire une scène de sexe interroge notre propre rapport au corps, à la sensualité et peut bousculer nos tabous. Quand je suis confrontée à un tel passage, je fais particulièrement attention à écrire porte fermée. C'est à dire que je ferme symboliquement la porte au regard des autres. J'écris comme si personne jamais ne devait lire mes mots. Il faut se sentir libre au moment du premier jet. Il sera toujours temps de retravailler la scène par la suite.

 

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 Le Violon d'Ingres - Man Ray

 

 

 

Savoir la délimiter

Parfois quand une scène ne fonctionnait pas ou que j'avais du mal à l'écrire, m'interroger sur ses limites m'a permis de dépasser mes difficultés. J'entends par là quand la scène commence et finit... Il m'est arrivé de supprimer tout le début d'un passage pour débuter le récit dans le feu de l'action et me rendre compte que mon récit gagnait en intensité et en dynamisme. Savoir quand retrouver et/ou quitter les personnages -à quel moment du récit- peut changer beaucoup de choses. N'hésitez donc pas à tester plusieurs versions en jouant sur ces limites.



Éviter les pièges « viande et dentelles »

Grande lectrice, j'ai remarqué que deux pièges guettent les scènes érotiques dans la fiction. J'ai surnommé ces écueils « viande et dentelles ».

  • Viande pour l'effet « viande dans le torchon ». Oui l'image n'est pas ragoutante, comme certaines scènes de sexe complètement ratées. C'est quand l'auteur décide d'appeler une bite une bite, de faire dans le cru mais sans savoir doser. Il ne faut pas tomber dans le mauvais porno. Du genre "Il la fourra jusqu'à la gerde tant elle était trempée".

  • Le second obstacle est celui de la « dentelle ». Le terme évoque, pour moi, les romances ratées. Quand par excès de romantisme et de pudeur, l'auteur se refuse à tout vocabulaire érotique et multiplie les métaphores farfelues. (Une fois j'ai pu lire « bouton magique » utilisé pour clitoris. J'en rigole encore...). Mieux mieux passer outre une scène de sexe et la contourner intelligemment plutôt que de l'écrire la honte au bout du stylo et finir par tomber dans le ridicule.

Legs Eleven Jack Vettriano

Legs Eleven - Jack Vettriano©



Et vous, quels éléments vous posent le plus de difficultés ?

Qu'en est-il des passages érotiques ?

 

 

 

 

26 janvier 2017

Gros mots, grossièretés et autres jurons



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les gros mots.

J'aurais pu commencer cette nouvelle catégorie -à retrouver une fois par mois- avec une définition un brin poussiéreuse et savante, telle la stichomythie1. Mais non... Je préfère commencer par un thème tout aussi important -oui,oui...- mais un poil de licorne plus amusant : les gros-mots, jurons et autres joyeusetés que notre belle langue nous offre.

Mais en quoi les gros mots ont-ils leur place dans la boîte à outil d'un écrivant ?

Tout d'abord un petit rappel, ami lecteur, sur ce que j'entends par gros mot. J'ai choisi de m'en tenir à la définition qu'en fait Pierre Guiraud Il s’agit plutôt des termes qui choquent parce qu’ils touchent des domaines tabous notamment la religion, la sexualité et la scatologie.2

 

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Les gros mots : un art mouvant



En général, on qualifie une langue de vivante parce qu'elle est pratiquée de nos jours mais, pour moi, la première caractéristique d'une langue vivante est bien qu'elle est douée de vie. Donc dans le mouvement, la transformation, l'évolution. Vouloir graver le français dans le marbre d'une académie serait un blasphème. Les gros mots, comme tout le reste de notre vocabulaire, ont un passé. À chaque terme même grossier correspond une histoire, une biographie, une fiche d’identité.

Prenons un mot à la vulgarité limitée mais beaucoup utilisé dans nos embouteillages : le bon vieux « con ». Son arrivée dans notre langue daterait du XIIIe s. et ne désignait alors que les parties naturelles de la femme3 . À cette époque, c'était certes un mot qui évoquait l'intimité mais ce n'était pas une insulte. Ce n'est qu'au XIXe s. que « con » est devenu une injure vulgaire au sens d’abruti, de crétin. Et que dire de notre langue contemporaine ? dans laquelle on peut se demander si con, un peu usé, possède encore l'aura de scandale attaché aux gros mots...

Gardez cela à l'esprit, que les mots -gros ou pas- ont tous une histoire et que le sens qu'on leur donne aujourd'hui n'est peut-être pas celui qu'on leur prêtait hier.

 

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Variété de figues communément appelée "Couille du pape" - et oui ça me fait rire... 

 

Le gros mot au service du personnage



Le plus souvent lorsque l'on rencontre des gros mots dans un roman, ils sont placés dans la bouche ou les pensées d'un personnage.

N'oubliez pas que tous les dialogues n'ont pas pour fonction de donner du réalisme à l’œuvre. Prenons pour exemple Oscar Wilde. Dans Le Portrait de Dorian Gray, les dialogues fourmillent de bons mots, d'aphorismes,... L'esprit prime sur le réalisme et c'est, entre autres, ce qu'apprécient ceux qui admirent Wilde.

Mais si vous voulez que vos dialogues apportent l'impression d'être « réels», les gros mots auront leur place dans votre boite à outils.

Dans l'idéal, chacun de vos personnages doit être identifiable par sa manière de « parler ». Notre langage transporte toute notre histoire et dépend aussi bien de notre éducation, notre lieu de vie, notre niveau social que de notre caractère ou de notre rapport aux autres et à nous-même...

Quelques termes d'argots, un gros mot ou une expression imagée situent parfois plus efficacement un personnage qu'un interminable paragraphe sur sa biographie. Émile Zola, par exemple n'hésitait pas à donner à ses personnages un ancrage profond dans leur réalité sociale : Nom de Dieu de nom de Dieu ! répéta Maheu en relevant la tête. Nous sommes des jean-foutre, si nous acceptons ça (Germinal, p.175)

Dans la même idée, le récit lui-même peut se situer depuis le point de vu d'un personnage. Une description de l'océan changera du tout au tout selon si elle est transmise par un narrateur neutre, une jeune femme romantique ou un artiste dépressif. Bref si vous décrivez un lieu ou un événement à travers le prisme d'un personnage qui émaille ses dialogues de quelques gros mots bien sentis, en parsemer intelligemment votre texte rendra le passage plus cohérent et dynamique.

Les gros mots peuvent donc participer à une bonne caractérisation des personnages.

 

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La rue dans le texte et le style

 

Il me semble difficile de parler seulement de la place du gros mot dans la littérature car il s'agit plus souvent de la question plus vaste de l'oralité. Depuis Rabelais et sa volonté d'explorer le français, (langue vulgaire tout entière à l'époque où seul le latin était admis), en passant par Céline et l'anti-héros de Voyage au bout de la nuit, parvenir à jouer sur l'oralité est un exercice difficile. Mais cela nous prouve que la crudité, les gros mots, et la vulgarité ne sont que des outils. À partir de là, seul le travail et le talent des auteurs décident de ce que ces outils peuvent devenir : vecteur du réel chez Zola, dénonciation satirique chez Rabelais, claque stylistique chez Céline, poésie érotique pour Chimo (Lila dit ça),...

Comme tout outil et technique, vous avez tout à gagner à en expérimenter l'utilisation...

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Alors, ces gros mots... Vous les utilisez ou pas ?

 

 

 

1 Dialogue en vers dont chaque réplique occupe un seul vers, Lexique des termes littéraires, ouvrage dirigé par Michel Jarry, Le Livre de Poche, 2001

2 Cité dans l'article L'injure en littérature française : un jeu langagier à enjeux spécifiques RIHAM EL KHAMISSY Université d'Ain Shams, Le Caire

3 Dictionnaire de l'ancien français, Algirdas Julien Greimas, Larousse, 2001

19 janvier 2017

Au commencement de l’Écrhistoires



Si vous avez eu la curiosité de parcourir ma page de présentation, vous savez que j'ai ouvert cet espace pour partager mes découvertes autour de l'écriture. Dans mon activité professionnelle, j'aide mes clients de deux manières :

  • en les aidant à développer leurs compétences en écriture

  • en utilisant des exercices simples d'écriture pour leur épanouissement personnel

Les deux catégories principales de l’Écrhistoires étaient toutes trouvées...

 

« Écrire », un artisanat

 

L'écriture créative a traditionnellement pour objectif de rendre accessible des techniques rédactionnelles. Depuis longtemps, dans les universités anglophones, les étudiants peuvent s'initier à la création littéraire et les articles et ouvrages abondent. Hélas, ils sont trop rarement traduits. Dans la catégorie « Ecrire », je partagerai avec vous une partie de ces techniques.

J'ai la conviction que tout le monde peut améliorer ses capacités et j'espère que vous trouverez la preuve que vous aussi vous avez le droit de développer vos compétences. Vous verrez que les possibilités sont vastes que ce soit en terme d'inspiration, comme avec mon article Les 3 clefs de l'inspiration ou autour de thèmes comme la caractérisation des personnages, la description, la nouvelle, l'écriture poétique,...

 

 

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« Se réécrire », l'écriture pour s'épanouir

 

Alors que ma vie et ma profession tournaient déjà autour des mots, le destin a placé sur ma route de grandes difficultés. En me battant pour les surmonter, j'ai eu la confirmation de ce que je soupçonnais depuis longtemps : l'écriture peut nous aider à nous épanouir.

La deuxième facette de mon métier consiste aujourd'hui à mettre l'écriture au service du mieux-être, du mieux-vivre, du mieux-communiquer. Voilà comment est née la catégorie « Se réécrire ». Au fil des articles, j'espère vous offrir des opportunités d'expérimenter à votre tour les formidables pouvoirs de l'écriture...

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À la source : la créativité

 

Alors que je mettais en place ces deux catégories, j'ai eu l'intuition qu'il manquait quelque chose. Un domaine qui, dans ma vie, est à la source de la plupart de mes projets, de mes recherches, de mes apprentissage : la créativité. En comprenant cela, j'ai senti que je devais créer une troisième catégorie. Car au-delà de l'écriture, la créativité peut enrichir notre quotidien, nourrir nos projets, magnifier la routine.

Trop souvent j'entends des gens dire « Je ne suis pas créatif/ive... », « Je n'ai aucune imagination... », « Je ne suis pas manuel(-le) ». D'une petite voix désolée, appuyée parfois d'un soupir de dépit ou de résignation... Et pourtant de la même manière que l'on peut développer sa souplesse avec le yoga, il est possible de nourrir sa créativité !

Voilà comment est née la troisième grande catégorie de ce blog : E-créativité.

 

 

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Et vous, quel est votre rapport à la créativité ?

 

 

12 janvier 2017

Le piège des bonnes résolutions - ces ribaudes -



Nous voilà mi-janvier : l'effervescence des fêtes apaisée, nous reste la fatigue. Demeure aussi le poids de nos bonnes résolutions. Si, comme moi, vous faites partie des êtres humains, en vous réside ce désir vain de perfection. Et la nouvelle année apporte dans son sillage son lot de pensées supposées nous transcender : je vais me mettre au sport, je serai moins dépensier/sière, je serai plus organisée, j'arrête de fumer/procrastiner/lire des Harlequin,... (rayez les mentions inutiles...).

Mais voilà, la vie et le quotidien nous rappellent souvent à l'ordre de notre humanité, donc de nos faiblesses : nos bonnes intentions s'érodent sous l'écoulement du temps.

I. Les bonnes résolutions, une mauvaise idée ?

Ne pas tenir nos bonnes résolutions ne devraient pas nous poser problème. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, pas vrai ? Sauf que... Sauf que, pour moi et beaucoup de mes amis, ce renoncement annuel laisse un goût amer sur la langue. Et sape notre estime de soi. Non seulement nous ne sommes pas plus souple, plus sain, plus hydraté ou toute autre aspiration sortie d'un rapport de l'OMS, mais nous avons la désagréable impression de n'être qu'un mollusque sans volonté.

Voilà où réside le piège de ces petites coureuses de remparts1 que sont les bonnes résolutions : remplacer le mieux vivre espéré par une ritournelle d'auto-critiques.

C'est le moment où, sur de nombreux sites -sincères mais parfois néfastes- certains parleront de résolutions positives. Cela va de se mettre à la méditation pour endiguer le stress au journal de gratitudes pour nous prouver, à nous pauvres hères râleurs, que la vie, quand même, elle est vachement chouette...2 Sauf que le piège risque de se refermer -encore !- sur notre bonne volonté.

 

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II. La pensée positive ? Oui mais non...

 

Depuis quelques années, je suis ce que l'on pourrait appeler une adepte de la psychologie positive. Cela peut sembler étrange de se déclarer groupie d'une discipline scientifique mais je préfère cette formulation. Parce que pensée positive et psychologie positive sont trop régulièrement confondues. Alors que la seconde s'avère juste être l'étude de ce qui rend les humains heureux, optimiste, résilients, la première recèle une dimension magique : il suffirait de voir le verre à moitié plein pour arrêter de s'y noyer perpétuellement.

Attention, loin de moi l'idée que cette vision des choses s'apparente forcément à une ineptie. Simplement pour moi cela a été catastrophique.

Je vais me permettre de parler un peu de moi. Dans une période difficile, alors que mon estime de moi n'aurait pas seulement rempli le quart d'un dé à coudre, j'ai voulu changer mon regard. Je me suis retrouvée à noter, chaque matin, un mantra censé me transformer du genre « Je suis quelqu'un d'estimable, j'ai de la valeur et je m'aime ». Hélas, incapable de le croire au plus profond de moi, cela me donnait l'impression, au fil de ma journée, de ne pas être à la hauteur. Non seulement cela ne m'empêchait pas de retomber dans le piège de la rumination fielleuse mais je culpabilisais de me sentir coupable de ne pas être parfaite. Vous voyez le guano ?

 

Fontenelle



III. Une bonne résolution : se donner de l'amour...à soi-même

 

Le mois de janvier pourrait très bien se passer de ces bonnes résolutions avortées trop vite. Hélas, j'adore avoir cette impression de me refaire une vie toute neuve à la moindre occasion.

Un peu comme la rentrée des classes, lorsqu'on peut s’enivrer de l’odeur des cahiers neufs ouverts sur un avenir riche de perspectives.

La seule réponse que j'ai trouvée qui réconcilie mon amour de la bonne résolution et l'envie de rester bienveillante est toute simple. Je l'ai mise en place l'année dernière et si je suis loin de la perfection, j'essaie de le faire régulièrement. Cette habitude qui me tiendra lieu, cette année encore, de bonne résolution, c'est la tenue d'un « Journal d'estime de soi ».

Offrez-vous un petit carnet, un cahier, agrafez ensemble quelques feuilles blanches, qu'importe... Et essayez de noter tous les soirs une à trois jolies choses sur vous. Même des détails que vous trouvez insignifiants... L'important ce n'est pas tellement le contenu de cette petite liste mais d'être dans une démarche de valorisation de soi. Cela peut être une chose que vous avez accomplie, une pensée positive -tiens, tiens...- l'aide que vous avez apportée à un proche ou un inconnu,... Trouvez et écrivez trois jolies choses sur vous. Célébrez la moindre petite victoire, le moindre de vos sourires. Si certains jours, cela ne vient pas, ça n'a aucune importance, vous reprendrez le lendemain.

Je ne dis pas que ce rituel va changer radicalement votre vie. Ni qu'il permettra de tarir la ritournelle de l'auto-critique. Juste que, peut-être, vous vous endormirez parfois avec ce sentiment si chaleureux de vous aimer, vous et votre foutue humanité.

 

Lune

 

Alors tenté par le journal d'estime de soi ou pas du tout ?

 

 

1 Au Moyen-Age, les coureuses de remparts - les rempardières - étaient des femmes qui se prostituaient

2 Sachez toutefois que je pratique moi-même la méditation ET le journal de gratitudes. Je vous en reparlerai à l'occasion ;-)

05 janvier 2017

Écrire : les trois clefs de l'inspiration

 

Dans l'imaginaire populaire, on fantasme souvent l'écrivain, et encore plus le poète, comme un être brûlant, pâle et en chemise, attablé sur un étroit bureau d'une mansarde quelconque à attendre l'inspiration comme une sorte d'ange de la créativité. Certes, ces éléments offrent une chouette composition pour la peinture mais ce n'est qu'un fantasme.

L'inspiration, ça s'entretient ! Et pour cela, trois étapes me semblent indispensables !

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Se libérer du mythe

 

Fantasme historique

Il faut dire que le dix-neuvième siècle et le mouvement romantique ont laissé des traces dans notre culture. Ah ! Lord Byron, enfant terrible de la littérature britannique... Ah ! Baudelaire et son génie noyé dans l'opium et abîmé par la syphilis... Ah ! Rimbaud, ce prodige à la beauté juvénile et aux amours tourmentées...

Bon, c'est bien gentil tout ça mais cette dimension tragique et lyrique n'a que peu de rapport avec ce que l'on découvre en se penchant sérieusement sur la question.

Vérités historiques et écrits

Il faut bien le dire l'inspiration ne naît pas du néant. La plupart des auteurs sont d'abord d’indécrottable curieux qui se nourrissent de tout ce qu'ils lisent, voient, entendent. Plus que cela ce sont des bosseurs. L'inspiration, on doit la poursuivre comme un forcené.

 

J

 

Et comme l'explique bien Stephen King dans Écriture, mémoire d'un métier, il faut savoir la convoquer. Mais comment s'y prendre ?

 

Être curieux de tout, tout le temps

 

Sur le monde littéraire d'abord

La première formation de l'écrivain...c'est la lecture. Alors lisez, lisez, lisez ! Non pas pour imiter ou plagier mais pour vous former. Et lisez de tout. Les bons livres vous donneront de l'ambition et la modestie -bref la motivation de travailler-, les mauvais vous montreront des contre-exemples riches de leçons.

mais pas seulement

Dans Votre journal de bord, Austin Kleon utilise l’expression « Kleptomane créatif » que je trouve d'une simplicité et d'une vérité incroyables. Cela signifie que vous devez souffrir de la boulimie de l'écrivain. Tout peut et doit nourrir votre créativité : cinéma, journaux, conversations de café, la nature,... Pour que votre curiosité naturelle nourrisse l'inspiration, rien de plus simple : gardez toujours un carnet/journal sur vous pour recueillir sur l'instant toute cette matière à votre portée.

 

 

S'ouvrir aux autres

 

Rompez la solitude

Si un auteur se retrouve seul durant la phase de l'écriture, se couper du monde peut être un frein à l'inspiration. Tel rencontre éphémère enrichira un personnage, telle conversation entendue dans un bar donnera une saveur unique à vos dialogues,... Vous voulez que vos écrits restitue quelque chose de la vie ? Alors vivez !

Le brainstorming

Ce dernier point doit être pris avec prudence car on ne peut le mettre en œuvre qu'avec quelqu'un qui soit à la fois bienveillant, neutre et de confiance. Si vous avez la chance d'avoir sous la main quelqu'un qui corresponde (et s'intéresse à votre travail) alors n'hésitez pas : discutez avec lui de vos écrits. Non pour demander conseil, simplement parce qu'un échange sur votre processus créatif permet souvent de trouver des idées, des solutions aux difficultés, d'entretenir l'élan.

 

Conclusion

 

 

 

Et vous, quels sont vos rapports avec l'inspiration ?