13 juillet 2017

Le Journal Visuel et autres formes de journaux intimes

 

Alors que dans tout les autres domaines, je tente avec force conviction de garder intime mes croyances et conviction, je tombe immanquablement dans le prosélytisme dès que l'écriture est abordée. Ainsi, je reste toute pleine de fierté parce que E. une de mes plus proches amies tient désormais un journal intime, elle qui n'est pas, comme moi, passionnée par l'écriture.

Pour preuve de mon obsession « convertir mon entourage à cette pratique-, la publication dernièrement d'un article sur le sujet.

 

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Convaincre de l'existence de ces bienfaits ne suffit pourtant pas, en général, à convertir mon entourage. Parce que les mots ne sont pas des outils naturels pour tout le monde. Or POURQUOI un journal devrait-il passer nécessairement par l'écrit ? C'est pour tout ceux qui préfèrent d'autres moyens d'expression que je voulais écrire la chronique que je vous livre aujourd'hui.

 

I. Art journal et journal visuel, même chose ou pas ?

 

Pour récolter plus de clics, j'aurais pu titrer cet article l'Art Journal. Ce dernier fait tant d'émules sur les réseaux sociaux. J'avais brièvement évoqué le sujet sur l'Écrhistoires lorsque je rappelais que la créativité est à tout le monde. J'expliquais que c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Personnellement -après avoir essayé plusieurs formes d'expression- je fais la différence entre Art Journal et Journal Visuel.

Le premier est un carnet dans lequel on expérimente diverses techniques autours de l'Art Visuel. Peinture acrylique, gouache, collage, dessin, aquarelle,... Un exercice passionnant mais qui intéresse surtout les adeptes d'Art créatif. Même si la forme reste d'une liberté extraordinaire, l'Art Journal pourrait faire peur à ceux d'entre nous qui ne se sentent pas de dispositions pour les arts plastiques.

Ce que je nomme Journal Visuel c'est le fait de garder une trace de ce que l'on veut -événement ou émotion- de manière la plus simple possible. Ce qui compte c'est s'exprimer. Visuellement, non artistiquement.

 

II. Quand on n'a pas de « prédisposition » pour le dessin, on fait comment ?

 

Un journal visuel sans prétention artistique, voilà ma proposition. Pour commencer pas besoin de grand chose : un cahier, de la colle et un peu de temps. Parce que le terme visuel permet tout, comme nous le montre la définition du terme, sur le site de Larousse : « relatif au sens de la vue », « Relatif aux images, à ce que l'on perçoit par la vue ». Remarquez que toute velléité de faire dans le « beau » est absente. Cela peut simplement consister à coller quelques photos ou des tickets de cinéma, de dessiner des émoticônes pour exprimer l'humeur du jour ou du moment,...

Reste néanmoins que rien ne vous empêche de vous amuser à illustrer ce journal. Comme le Journal Visuel demeure avant toute chose intime, et n'a pas vocation à être publié sur Pinterest ou Instagram, ne vous mettez pas la pression ! Pour débuter, vous pouvez essayer avec des collages composés d'images que vous trouvez belles, de souvenirs qui vous touchent, de papier aux couleurs que vous préférez... Lâchez-vous et, comme un enfant sait admirablement le faire devant une feuille blanche et une boîte de feutres, appréciez simplement cet espace de liberté. Enfin, on peut très bien s'amuser à faire un mixe entre écrit et visuel. Bref, amusez-vous !

Pour aller plus loin il existe des ouvrages, ludiques et pédagogiques, qui permettent à n'importe lequel d'entre nous de dessiner. Je vous en présenterai un ou deux à l'occasion, promis.

 

Art J

Une page de mon Art Journal

 

III. Après le Bujo le Budi

 

Toute mon activité professionnelle tourne autour des mots -les vôtres et les miens-, aussi j'avoue que le soir, fatiguée après ma journée, je n'ai plus très envie de tenir un journal intime au sens où je l'entendais il y a encore cinq ans.

Si j'ai toujours besoin de garder une trace de mon quotidien, je ne le fais plus de la même manière. Laissez-moi vous expliquer...

Depuis quelques années, nous assistons à la déferlante du Bullet Journal. L'idée étant de créer son propre agenda afin d'organiser au mieux son quotidien. J'ai déjà évoqué ce système -dans cet article-. Si j'ai adopté en partie cette pratique, je l'ai tellement adaptée à ce qui me convient qu'elle a donné naissance à une sorte de cousine éloignée. Comme je souffre de la manie de vouloir nommer les choses, j'ai décidé d'appeler celle-ci le Bullet Diary, ou BuDI.

C'est un journal intime qui systématise des rubriques. Voilà ce que ça donne avant que je le complète :

 

BuDi

 

Si ce Bullet Diary vous intéresse, je détaillerais le principe dans un prochain article. Sans doute en août et peut-être avec un DIY pas à pas.

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Et vous, ami lecteur, journal intime ou pas du tout ? Si oui, sous quelle forme ?

 



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29 juin 2017

5 (très) bonnes raisons de tenir un journal intime

 

 

Cette année ce sont les noces de Satin. 24 ans. Vingt-quatre ans de relation intense et passionné entre mon journal intime et moi. Le temps passe et celui-ci s'est transformé pour me suivre : d'un cahier de brouillon en passant par les fameux carnets Moleskine à un espace dans mon Filofax... Peu importe la forme, le ton, j'ai toujours eu le besoin d'écrire en toute confidence. Passée l'adolescence, cette habitude provoque parfois des regards un peu dubitatifs. Voir exaspérés. Pourtant il existe des bénéfices réels à tenir un journal.

Avant de les évoquer, prenons quelques instants pour démystifier cette habitude. Alors NON un journal intime n'est pas forcément un truc rose à cadenas. Encore moins un exercice quotidien à base de « Cher journal, ». Cela peut l'être, si ce format vous ressemble. De mon coté, j'ai abandonné toute velléité de régularité depuis mes treize ans. Je passe parfois plusieurs semaines sans rien écrire. A certaines périodes, mon journal ne rassemble que des dessins. Ou des listes de livres. Ou des poèmes. Ce qui compte c'est simplement de disposer d'un espace où j'écris ce DONT j'ai besoin, là, tout de suite.

 

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Petit aperçu de mes journaux...

I. Développer sa créativité

Pour être un bon kleptomane créatif, notion abordée dans le tout premier article du site, j'encourageais le fait de garder « toujours un carnet/journal sur vous ». Pour noter cette impression, cette citation, ce film, cette couleur ou odeur que l'on intercepte dans le quotidien et qui nourrira, le moment venu, notre vie intérieure.

Journal intime ne rime pas forcément avec les mots. Dans une autre publication, j'abordais d'ailleurs le sujet de l'art journal, journal intime visuel. 

II. Se souvenir des belles choses

Pour les neurosciences, nous avons une prédisposition à voir les choses négatives - comme tout ce qui engendre la peur donc la vigilance – c'est un fonctionnement de survie issu du passé. Voilà pourquoi il nous faudrait faire plus d'effort pour se concentrer sur les événement positifs que sur les difficultés : la résurgence de la joie n'a jamais sauvé une espèce ! Pour cela les listes sont de bons outils – oui, oui, je suis toujours aussi fasciner par les inventaires -. Un journal intime peut être un espace dans lequel noter notre gratitude ou nos petits bonheurs.

 

III. Mieux gérer le quotidien

Mes proches pourraient le confirmer, je suis quelqu'un de pragmatique. J'aime l'utile. D'ailleurs j'ai tendance à trouver agaçante l'habitude qu'ont certains d'opposer le beau à l'utile. Pourquoi ne pas lier les deux ?

Un journal intime est AUSSI un outil pragmatique, pour mieux gérer le présent. Il peut être utile pour formuler des objectifs, des projets,... Et pas seulement.

Au mois de mars, je vous expliquais l'importance de sortir les poubelles intérieures : Notre cœur et notre esprit sont de vraies poubelles : on y accumule des tas de choses, on les laisse pourrir dans un coin. Puis quelques jours/semaines/mois plus tard on s'étonne que la moisissure envahisse tout le reste. Mon journal sert d'abord à cela, accepter et comprendre ce qui est vivant en moi. Récemment confrontée à des soucis de santé, écrire mon angoisse et ma révolte m'a permis de passer cette étape sans la nier.

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IV. Se connaître et s'aimer

Après le volet pragmatique, abordons le domaine du développement personnel. Car on peut écrire pour pour mieux se connaître et /ou changer de regard sur soi... En début d'année, je parlais de journal d'estime de soi qui entre parfaitement dans cette catégorie.

 V. Pour se conjuguer au futur

Les magazines (les livres et même les émissions de TV) ne cessent de nous le seriner : il faut être dans le « Ici et maintenant ». Je ne nie pas les bienfaits de ce précepte et encore moins ceux de la méditation en pleine conscience mais il ne s'agit pas de nier la possibilité du futur. Pour cette raison j'avais publié un article intitulé L'écriture : se projeter pour se révéler : non tenir un journal intime n'est pas nécessairement un acte empli de nostalgie et peutrefléter nos enthousiasmes, nos ambitions, nos appétits pour l'avenir.

 

BONUS POUR LES É CRIVANTS

Si vous faites partie du vaste club des écrivants, la tenue d'un journal prend une autre dimension, vous pouvez l'utiliser pour pratiquer des exercices d'écriture et donc réunir de la matière brute pour tous vos projets.

 

 

5 raisonJI

 

 

Et vous, ami lecteur, vous tenez un journal ? Pourquoi ?

 

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16 février 2017

La créativité est à tout le monde !



En janvier, je prenais le temps de vous présenter les différentes catégories de L'Écrhistoires et concluais avec un visuel que j'affectionne particulièrement :

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La question de la créativité ne faisait l'objet que d'un petit paragraphe or ma certitude qu'elle peut servir à tous et qu'on peut la muscler -sans douleur ni courbature- mérite un article à part entière. Alors pourquoi attendre ?

 

La créativité, mais c'est koi ?

 

Si vous avez traîné vos chausses ici ou , vous avez peut-être remarqué ma tendance à vouloir définir les mots avec précision. Allons donc vérifier ensemble ce que nous dit sir Larousse sur la créativité : capacité, faculté d'invention, d'imagination ; pouvoir créateur. Invention et imagination... À cet étape du schmilblick, j'entends trop souvent mes clients, ceux qui n'osent pas se frotter à la poésie ou à la fiction, s'exclamer : "Mais je n'ai aucune imagination !" Généralement, je respire un bon coup avant de leur montrer qu'ils se trompent. Tous, sans exception.

Commençons par répéter  : tout le monde a de l'imagination donc peut être créatif. Je peux vous le prouver. Il suffit de fermer les yeux et de se revoir enfant. Dans la cour de récréation ou pendant les grandes vacances... Vous avez entre 4 et 10 ans. Souvenez-vous... Pouvez-vous maintenant me jurer que vous n'avez jamais joué à « on dira que je suis » ? et oui... Tous les enfants imaginent les jeux de rôles les plus fous. Nous avons chevauché des montures invisibles, arrêté des méchants, ou sauvé le monde de deux ou trois Armageddon. Pour ça nous nous sommes inspirés des histoires qu'on nous lisait, des séries que l'on regardait ou des héros de notre enfance. Nous devions en avoir de l'imagination pour faire tout cela, non ?

 

La créativité n'est pas l'apanage des artistes

 

Puisque nous naissons tous avec cette capacité à imaginer, à rêver, à inventer, cela signifie qu'au pire, notre créativité est endormie. Il suffit de la réveiller. Avec douceur, hein ! Je ne dis pas qu'il ne lui faudra pas un peu de café pour que la belle retrouve sa concentration, ni que ses muscles ne seront pas ankylosés mais patience... En la stimulant, elle sera bientôt en pleine forme !

Si je pousse mes proches -et même les autres- à réactiver leur créativité ce n'est pas pour faire de tout un chacun un artiste -quoique...-. Mais parce que la créativité est utile à tout le monde.

Prenons quelques situations :

  • un conflit avec un collègue

  • la routine qui pèse sur le couple

  • un enfant dont il faut détourner l'attention pour éviter un caprice

  • décorer une pièce avec un minuscule budget…

Ces suppositions, déclinables à l'infini, inventivité et imagination permettent de les régler facilement et rapidement. La créativité est une qualité humaine plus qu'un talent. Tous les coachs, magasines féminins,... mettent en avant l'organisation et oublient que la créativité est un outil merveilleux pour gérer le quotidien. Et comme toute qualité humaine, elle peut se cultiver !

Dans cette idée, j'ai envie d'aller plus loin...

 

CitationPicasso

 

Encore plus fort : l'art à la portée de tous

 

Si la créativité concerne tout un chacun alors il n'y a qu'un pas à franchir pour l'art. Oui, pourquoi l'art serait-il réservé à quelques élus ? Pas besoin de talent ou de génie pour s'exprimer, il suffit d'avoir envie de le faire et de surpasser ses peurs. En témoigne le succès de l'Art Journal ou Journal Créatif.

Pour faire court c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Il suffit d'aller sur Google Image et de taper « art journal » :

 

Captureartjourn

 

 

...afin de voir qu'avec un peu de colle, de peinture et de créativité tout le monde peut s'emparer de ce formidable exutoire. Et la profusion des résultats nous montre combien ce type de pratique peut être addictif. Cela ne fera pas de nous des Picasso ou des Monet pourtant créer pour le plaisir apporte plaisir, beauté, détente et joie.

Promis, je reviendrai vous en parler plus longuement...

 

En attendant, gardons à l'esprit que l'écriture, la créativité, l'art ne sont que des outils d'expression. Il suffit juste de s'en emparer !

 

Vous offrez-vous la liberté d'être créatif ?

D'explorer plusieurs domaines artistiques ?