08 février 2018

Du bienfait des rituels sur la créativité...

 

Au printemps dernier, je vous parlais des jours où je n'avais pas envie d'écrire et de mes astuces pour entrer en écriture. J'abordais alors la question d'un rituel d'écriture. Parce qu'il y a peu, j'ai eu besoin de transformer mon propre rituel, j'ai eu envie de revenir plus longuement sur le principe...

 

Un rituel... C'est-à-dire ?

 

Alors que je respectais depuis des années un rituel, je ne me suis rendue compte de son existence qu'à la lecture du livre de la chorégraphe Twyla Tharp « The Creative Habit : learn it and use it for life ». Pour cette artiste, les rituels entretiennent la créativité. Mais qu'est-ce qu'un rituel ? Ce sont des habitudes, une routine que l'on effectue avant d'écrire, de peindre, de composer.

Certains de nos plus éminents écrivains avaient des manies assez incongrues : Hugo écrivait ses essais complètement nu, Rostand travaillait dans sa baignoire, quant à Hemingway, c'est debout qu'il produisait ses cinq-cent mots quotidiens, et seulement après avoir taillé tous ses crayons. Sans tomber dans les TOC, pourquoi ne pas choisir un « rituel d'écriture » ?

 

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 Hemingway en 1950

 

Un rituel... Mais pourquoi ?

 

Le simple fait d’accomplir un rituel -que ce soit de se préparer un thé ou de mettre un CD de Mozart- nous met dans des dispositions créatrices. Notre esprit « sait » que l'on va travailler. En quelque sorte il se met en mode « création ». Après tout, si le simple fait de sourire -même déprimé- nous met de meilleure humeur, pourquoi ne pourrions-nous pas « apprendre à notre cerveau » qu'une tasse de Lapsang Souchong -thé noir fumé de Chine-est un signal pour convoquer l'inspiration ?

 

 

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Un rituel... Mais comment ?

Bien entendu certains artistes ne s'appuient pas sur un ritue mais le mieux est d’expérimenter avant de se décider. Pour d'autres -dont je suis- la mise en place d'une routine se fait naturellement. N'oublions pas qu'un rituel n'est pas gravé dans le marbre, rien n'empêche de le varier. À une certaine période, je n'écrivais qu'à la bibliothèque de ma ville, puis c'était le soir, quand mes enfants dormaient. Désormais, j'ai seulement besoin d'ouvrir mon agenda d'écriture à la bonne page et de m’asseoir devant le clavier. On peut aussi avoir plusieurs rituels selon les conditions d'écriture. À l'extérieur, c'est de mon carnet dont j'ai besoin -il faudra d'ailleurs que je vous le présente-.

Dans tous les ateliers de l'Écrhistoires sur l'écriture de fiction (Le Personnage/Le Dialogue/Construction d'un roman/Travailler un texte,...), un conseil revient avec régularité : votre travail aura tout à gagner si vous vous connaissez. Alors commencez par vous observer. Aimez-vous boire un café en écrivant ? Y-a-t-il des petites choses qui facilitent votre travail ? Débusquez-les pour les ritualiser et -après quelques semaines- faites le point sur la qualité de votre inspiration quand vous les utilisez.

 

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Et vous, un rituel avant de créer ?

 


20 juillet 2017

La musique, un allier pour créer ?

 

Depuis l’ouverture de l'Écrhistoires, j'ai déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'inspiration et de mes astuces pour entrer en écriture. Les conditions pratiques pendant que l'on écrit demeurent aussi importantes que les points précédents. Quand on aborde la créativité, il existe presque autant de possibilités que de pratiquants. Il me semble donc impossible de traiter du sujet en un seul article.

Pour commencer, j'ai fait le choix de parler de nos oreilles : le silence et ses liens avec la concentration, la place que peut tenir la musique dans l'écriture -ou le dessin, la peinture, la sculpture-,...

Bien entendu, il ne s'agit pas d'établir des règles mais seulement d'explorer quelques pistes de réflexion.

 

 

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I. Silence or not silence ?

 

Silence or not silence ? La question du silence dépend avant tout de la place de l'écriture dans votre vie. Professionnel des mots, vous disposerez généralement du temps et de l'espace nécessaire pour travailler, donc de calme. Dans ce cas, pas de problème... Par contre si vous jonglez entre diverses activités et que faire de la place à l'écriture tient du numéro de voltige, vous aurez tout à gagner à pouvoir écrire dans toutes les circonstances, même dans le bruit.

Se concentrer et faire abstraction du reste est une question d’entraînement. Si votre maison ne connaît pas le silence, inutile d'attendre les quinze minutes de calme mensuel pour écrire. Attendre n'est jamais la bonne décision lorsque l'on désire faire de la place à un activité. Il faut adapter cette dernière à notre quotidien, non l'inverse. Forcez-vous à écrire dans le bruit et bientôt vous serez capable de travailler sans difficulté dans le vacarme !

 

II. Comme bruit de fond...

 

Pourtant, il se peut que certaines circonstances vous rendent la concentration vraiment trop laborieuse -écrire dans un café bondé par exemple-. Il existe alors la possibilité – ô combien salvatrice ! - de mettre des écouteurs et de taper au gré d'une playlist... La musique ne sert alors qu'à masquer ce qui pourrait perturber votre travail. Un joli bruit de fond. Pour cela, de manière tout à fait personnelle, j'adore Bach. Mais vous pouvez utilisez presque n'importe quelle musique. Attention toutefois aux morceaux comportant des paroles : les mots de la chansons peuvent agir comme des interférences dans les vôtres. Si vraiment vous ne concevez pas la musique sans voix, alors choisissez plutôt des interprètes qui officient dans une langue que vous ne comprenez pas. Ainsi, il m'arrive fréquemment d'écrire avec de la J-pop ou de la K-pop (japonaise et coréenne). N'hésitez pas à tester afin de trouver ce qui vous conviendra le mieux.

 

Bach


III. Comme aide à l'inspiration

 

Si la musique sert aisément de filtre au quotidien pour permettre de s'isoler mentalement, il ne faut pas la sous-estimer  car elle peut devenir un allier véritable !

Vous êtes sensible aux ambiances musicales ? Alors établissez des playlists par type de scène. Tels morceaux pour des scènes épiques, tel album pour des passages romantiques, tel musicien ou compositeur pour les chapitres tragiques,...

Afin de gagner du temps, il existe tout un pan de la musique permettant de dénicher facilement des compositions à forte coloration émotionnelle : les OST, (ou BO pour bande originale) ! Que ce soit de film, de série ou de jeux vidéos (argh, les merveilleuses musiques des Final Fantasy... Une mine d'or pour écrire!), vous trouverez de quoi nourrir votre inspiration. Il suffira ensuite de constituer des playlist dédiées avec des noms aussi évocateur que « Scène de bataille » ou « Tragédie ».

 

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Exceptée la question des morceaux chantés, les pistes proposés précédemment peuvent sans problème s'appliquer à d'autres activités... Car la musique n'adoucit pas seulement les mœurs, elle est une source à part entière d'inspiration !

 

Et vous, quelle la place de la musique dans votre vie ?

 

06 juillet 2017

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 3/3

 

Si vous avez suivi les deux premières étapes de ce « Tuto du stylo », à découvrir ici et , vous disposez à présent de la première mouture, version, d'une histoire. Qu'elle comporte 500 ou 3000 mots, vous pouvez d'ors et déjà être fier de vous. Pourtant le plus gros du travail reste à faire : passer d'un premier jet à un écrit abouti.

Quand on évoque la correction, immanquablement, on pense à ces copies de français, maths ou histoire -rayez la ou les mentions inutiles- saturées de rouge qui provoquaient un soupire déçu ou la colère de nos parents. Ces souvenirs parfois déplaisants peuvent nous freiner. Or la correction en écriture n'est pas notation. La correction pour un écrivain, c'est d'abord une valorisation de ses capacités littéraires. C'est répondre à cette question centrale en Art : de quelle manière je peux magnifier mon œuvre pour qu'elle s'approche au plus près de mon idéal ?

Au fil du temps, cette étape, que l'on redoute tant au début, devient un passage profondément créatif, porteur d'espoir et de jubilation.

Nota bene : ce tutoriel ne saurait se substituer à une séance en écriture créative. Néanmoins, j'essaie de survoler efficacement les notions fondamentales pour les écrivants. N'hésitez pas à me contacter pour vos questions et remarques éventuelles (ecrhistoires@gmail.com).

 

Prendre du recul...

 

Il s'agit tout d'abord de prendre du recul au sens propre du terme. Et ce de deux manières : temporelle et physique.

Sauf deadline -dans le cadre d'une activité professionnelle ou d'un concours-, mieux vaut éviter de se pencher à chaud sur son texte. Pour gagner en pertinence et en efficacité, on laisse reposer son écrit. Mais alors QUAND doit-on retravailler ses productions ? Il n'existe -hélas- pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question légitime. Cela dépend de plusieurs facteurs dont un seul est neutre, la longueur de votre production, et c'est celui qui, à mes yeux, compte le moins. Finalement ce que je prends personnellement en compte c'est mon lien émotionnel au projet. Si c'est un écrit théorique, je peux me pencher dessus dès le lendemain. Si c'est un poème à dimension autobiographique, il me faut parfois des mois avant d'être capable de le retravailler avec intelligence.

Enfin au-delà du recul temporel, un recul physique est non seulement possible mais souhaitable. Si, comme moi, vous écrivez votre premier jet directement sur ordinateur, évitez de corriger sur écran, l'expérience m'a appris que c'était beaucoup moins efficace -aussi bien pour retravailler un texte que pour une correction stricte (grammaticale et orthographique).

Si vous écrivez à la main : le moment de taper sa production reste une bonne occasion de commencer les corrections.

Enfin, un dernier petit conseil : gardez une trace de toutes les versions de votre travail. Non seulement on peut s'apercevoir que finalement tel passage supprimé a sa place dans le récit mais cela permet de voir combien notre texte s'est amélioré !

 

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Exemple de manuscrit personnel après relecture pour correction

 

La question de la bienveillance

 

Prendre du recul au sens strict du terme ne suffit toutefois pas, il s'agit aussi de porter un regard juste sur ses écrits. Une question délicate puisque cela consiste à faire l'équilibriste pour ne tomber ni dans une satisfaction aveugle ni dans l'autoflagellation.

Le premier principe à intégrer est le suivant : ne pas confondre ce que l'on produit avec soi-même. Je ne nierais pas que l'on a souvent un lien étroit et fort avec notre travail mais il ne s'agit pas de confondre ce que l'on produit avec ce que l'on est. Cette confusion reste commune. Combien d'écoliers ont pensé -et pensent encore- qu'obtenir une mauvaise note signifie qu'eux-même sont « nuls » ou méritent un 0 ?

Au début, lorsque je me rendais compte qu'une de mes scènes était franchement mauvaise, j'avais envie de tout envoyer au diable. Je me disais « Ah, tant pis, je suis nulle ! Je n'arrive à rien ! Je me suis pris pour Flaubert mais je suis incapable d'écrire un truc qui tienne la route ! ». Alors je mettais tout à la poubelle. Avant de me résoudre, quelques jours après, à tout recommencer.

Aujourd'hui encore certains passages me désespèrent. Seulement j'ai compris que je ne pouvais simplement pas toujours faire  bien. Où serait l'intérêt si je ne pouvais pas progresser et retravailler mes écrits ?

Si vous deviez adopter une devise ultime, ce serait la suivante « Exigence et bienveillance ».

 

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Marcel Proust – Manuscrit de À la recherche du temps perdu

 

Une question de connaissance de soi...

 

Dans son célèbre ouvrage, Écriture, mémoires d'un métier, Stephen King nous fait part d'un conseil reçu d'un directeur de publication lorsque, jeune auteur, il collectionnait les lettres de refus. Une règle simple que l'écrivain continue de faire sienne : Version 2 = version 1 – 10 %. Cette maxime peut être utile à certains mais doit être considérée avec précaution car elle ne convient pas à tous.

« Alors pourquoi la citer ? », me demanderez-vous. Car ce principe nous rappelle que l'on doit être capable de sacrifier certains passages pour le bien de son texte. Quant aux chiffres, je me permettrais simplement de vous conseiller d'apprendre à vous connaître. Personnellement j'ai tendance à l'économie lorsque j'écris. Radine dans mes descriptions, je me retrouve le plus souvent à devoir compléter mes textes. Ce que je gagne en matière, je la perds néanmoins quand je me préoccupe du « style ». Lors de de cette étape, je me rends compte que je multiple les mots inutiles et me voilà en train de rayer, supprimer, raturer. Malgré mes progrès au fil des années, il y a toujours à parfaire, que ce soit en ajoutant ou en épurant. À vous de trouver comment valoriser au mieux les qualités de votre plume, en prenant en compte ce qui fait votre singularité, votre identité d'écrivant.

L'astuce en plus : pour mieux mettre en relief et les imperfections d'un texte, rien ne remplace la lecture à voix haute. Pas besoin de public... Seul dans votre salon ou votre bureau, lisez votre publication en prenant soin d'articuler, de ne pas aller trop vite. Vous verrez que répétitions, dialogues faibles, tournures incompréhensibles, et toute autre maladresse gagnent en visibilité !

 

 

Et vous des astuces personnelles à partager ?

 

15 juin 2017

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 2/3

 

Enfin le deuxième volet de la série « Écrire une histoire » ! Si vous n'avez pas eu l'opportunité de lire la première partie, vous pouvez la découvrir ici. Pour ceux qui ont suivi cette étape, vous disposez à présent d'un paragraphe -ou plusieurs- qui développe votre idée. Et aujourd'hui on passe à l'écriture...

Comme il y a presque autant de méthodes pour cela que de pratiquants, je vais vous présenter les profils les plus courants et les plus caricaturaux. Exposer ces recettes ce n'est pas en prôner une par rapport à l'autre. Encore moins donner des routes goudronnées desquelles on ne peut plus sortir une fois le voyage entrepris. C'est plutôt une manière de dire : si vous bloquez, prenez le temps d'explorer d'autres manières de travailler, inspirez-vous de ces méthodes...

Le goût de l'expérimentation est une des premières qualités créatives. En cela, je vous renvoie aux ateliers d'écriture : suivre une consigne, c'est s'amuser à quitter sa zone de confort, accepter d'essayer, de se tromper, de tâtonner. La base pour se former à toute compétence !

De manière personnelle, j'ai utilisé ce que je vous présente, non parce que je me cherche mais parce que mon choix dépend de la longueur de mon projet, du sujet, de mon humeur,... Impossible pour moi de m'enfermer dans un seul « protocole ». Comme le sculpteur utilisera ses outils selon le bloc de marbre qu'il travaille, je me sens libre de piocher dans TOUT ce qui pourra m'aider à écrire.

Nota bene : ce tutoriel ne saurait se substituer à une séance en écriture créative. Néanmoins, j'essaie de survoler efficacement les notions fondamentales pour les écrivants. N'hésitez pas à me contacter pour vos questions et remarques éventuelles (ecrhistoires@gmail.com).



Écrire au fil de l'eau



Pour les nouvelles, j'écris au fil du texte, en voyant où mon/mes personnages et la situation vont me mener. Parfois je connais déjà la fin/ la chute de mon histoire. D'autre fois, je me laisse juste guide par mon instinct. Avec, en tête, une certitude qui ne me quitte pas, peu importe mes tâtonnements et mes errances, je pourrais toujours revenir en arrière, pour changer, rectifier, corriger. En résumé :

 

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J'écris donc les premiers jets de mes nouvelles « porte complètement close ». C'est à dire que je ne cherche pas à me rapprocher de la perfection. Ce n'est qu'au moment de retravailler mon texte que j'essaie de parfaire au mieux mon histoire.

Ce n'est que si je bloque sur un passage que je me tourne vers une méthode plus scolaire...

 

Flocon de neige

 

Rendons à César blablablablabla... La méthode du Flocon de neige est celle élaborée par une figure connue de l'apprentissage de l'écriture de fiction : Randy Ingermanson. Elle a le mérite d'être très détaillée et élaborée et le défaut....d'être très détaillée et élaborée. Je ne dis pas qu'elle ne convient à personne mais j'ai la conviction que se contraindre à suivre un protocole conçu par autrui risque de vous couper les ailes ou du moins de faire ressembler votre feuille de route à des rails sans échappatoire. Je vous déconseille donc de commencer par là pour écrire une fiction longue. L'étudier pour s'en inspirer, oui. Utiliser quelques étapes, oui. Mais ne prenez pas le risque de « calibrer » votre créativité.

Le seul protocole d'écriture valable pour vous, c'est le votre ! Celui que vous construirez au fil de vos textes.

 

La méthode du Flocon de neige (en résumé et adapté au texte court)  :

  • à partir de votre paragraphe -celui élaboré dans le premier article (lien), continuez le résumé pour disposer de l'intégralité de votre histoire.

  • Développer chaque phrase en un paragraphe. Ainsi vous disposerez d'un résumé d'environ une page de votre histoire.

  • Si plusieurs personnages interviennent dans votre histoire, écrivez brièvement celle-ci de leur point de vu.

  • Faire une liste de toutes les scènes à écrire. (cette étape est beaucoup plus importante quand on aborde l'écriture d'un texte long)

  • C'est le moment d'écrire votre histoire. Pour cela vous disposez de beaucoup de matière première. En théorie, il n'y a plus qu'à vous asseoir devant votre écran et vous laisser guider par le travail effectué en amont.

Pour plus d'information sur la méthode, ici pour les anglophones, pour les autres.

 

L'écriture en patchwork

Cette dernière partie me semble plus adaptée au roman. Mais certains de mes clients - qui se reconnaîtront ;-) - détestent jusqu'au mot méthode, évoquons, en leur honneur, cette possibilité. Vous écrivez vos parties non pas selon la chronologie du récit ni dans l'ordre de lecture, plutôt selon l'humeur et l'inspiration qui vous motive durant votre séance ? Cela ne posera sans doute pas de problème pour une nouvelle ou un très court roman. Je vous conseille toutefois de vous habituer à « baliser » votre matière pour TOUS vos projets afin d'acquérir des réflexes afin que, si vous vous lancez dans, par exemple, un gros récit de 100 000 mots, vous ne retrouviez pas à abandonner en cour de route, asphyxier par l'ampleur des fichiers, feuilles, carnets, bref sous la demie-tonne de matière brute.

Comment on fait ? Et bien au fur et à mesure, tenez une liste des scènes prévues/écrites/à corriger... Cela vous prendra 5 min après chaque séance, ce qui est peu finalement pour -peut-être- sauver des dizaines ou même des centaines d'heures de travail !

 

Un dernier conseil : écrivez, écrivez, écrivez ! Allez au bout de votre texte sans -trop- vous poser de question. Il sera toujours temps, ensuite, de l'améliorer.

 

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Et vous, à première vue, quelle méthode vous ressemble ?

 

01 juin 2017

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 1/3



Écrire une histoire est une activité à la portée de tous, dès lors que l'on se permet l'imperfection. Je ne suis pas du genre à vendre du rêve, aussi ne vais-je pas raconter qu'en suivant les trois articles de ce tuto vous disposerez d'une recette magique pour produire un recueil de nouvelles propres à l'édition. Ce que je vous propose est à la fois beaucoup moins « vendeur » et néanmoins ambitieux : essayer de montrer que prendre plaisir à inventer une histoire ne concerne pas seulement les romanciers, scénaristes et autres écrivants.

Faire surgir tout un univers avec les mots pour seuls outils est à la portée de tous. Une activité pour laquelle il n'y a pas besoin de posséder des économies, d'être en bonne santé, ou de disposer d'un ordinateur. Ce que je voudrais vous faire entrevoir, c'est le réconfort que peut apporter ce petit -ou grand- espace en nous, où l'on peut s'inventer une histoire. Même lorsque le corps ou la vie vous trahit, il reste cette liberté première : fermer les yeux et, s'évader quelques minutes ou quelques heures.

Bien entendu, dans l'article qui nous intéresse aujourd'hui, il sera question d'écriture, pour garder une trace de nos trouvailles.

Trois articles donc pour les trois grandes étapes de la naissance d'un récit : trouver le sujet -qui, quoi, où, comment-, écrire l'histoire et reprendre son texte pour en tirer le meilleur possible....

Nota bene : ce tutoriel ne saurait se substituer à une séance en écriture créative. Néanmoins, j'essaie de survoler efficacement les notions fondamentales pour les écrivants. N'hésitez pas à me contacter pour vos questions et remarques éventuelles (ecrhistoires@gmail.com).

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L’œuf ou la poule ? Ne pas s'enfermer dans une méthodologie

 

Comment naît une histoire ? Cette question, fort simple au demeurant, ne peut qu'appeler une réponse complexe. Si tout peut donner naissance à une histoire, on peut toutefois dire qu'un élément du récit vient en premier. Le personnage, l'intrigue, le contexte... Lorsque l'on prend la peine de nourrir son inspiration, on multiplie la probabilité de trouver le sujet d'un prochain texte.

Pour cette raison, il est, selon moi, préférable de ne pas s'enfermer dans une méthodologie, au risque de passer à côté de certaines possibilités. Par contre, il me semble bien de garder à l'esprit la liste des éléments qui composent une histoire.

 

Les étapes à « cocher »

Cette série d'ingrédients évoquée précédemment peut vous guider dans l'élaboration de votre « sujet ». Il n'y a pas d'ordre préférable, il suffit seulement d'essayer de compléter la liste. Dans l'ordre que l'on veut.

Dans un contexte donné, un personnage -ou plus-, voit un élément chambouler son quotidien. Élément qui va entraîner des conséquences plus ou moins problématiques.

Je vais vous donner deux exemples, le premier partira du personnage, le second de l'élément perturbateur.

  • Premier exemple : le personnage comme point de départ

Le personnage : une étudiante en mal d'amour.

J'affine un peu : Une étudiante en mal d'amour qui a une petite passion pour les cochons -du genre à collectionner les figurines à leur effigie-.

Un élément entre en jeu : elle rencontre/tombe amoureuse d'un activiste de la cause animal.

Élément qui va perturber le quotidien du personnage : Ce dernier débarque et lui laisse un - gigantesque ? - porc sauvé de l'abattoir.

Nous avons le point de départ de notre récit. À partir de là, on peut imaginer une infinité de possibilités. La jeune femme doit cacher son improbable colocataire à la concierge. Ou encore elle décide de s'en débarrasser bien qu'elle réside en centre-ville. Ou, plus gore, elle veut tuer et découper l'animal mais n'a aucune idée de comme s'y prendre.

  • Second exemple : on part de l'élément perturbateur

Dans ce cas, on peut partir d'une question de type « Et si... ? »

« Et si, au moment de découper un corps, la tronçonneuse tombait en panne ? »

Ensuite il suffit de combler le reste.

Le personnage : un tueur en série

J'affine un peu le contexte / le caractère de mon protagoniste : un tueur en série aguerri et sociopathe qui ne connaît aucun des voisins de son quartier.

Un élément entre en jeu : au moment de découper sa dernière victime, sa tronçonneuse tombe en panne.

Élément qui va perturber le quotidien du personnage : le tueur se retrouve à faire du porte à porte pour emprunter une tronçonneuse.

 

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Qu'importe de quel élément vous partez, vous disposerez d'un court paragraphe qui présente votre idée. Ne reste plus qu'à développer cette dernière.

Voici les paragraphes issus des exemples donnés :

Eva, étudiante, collectionne les cochons en porcelaine et soupire après le grand amour. Elle a le coup de foudre pour Nathan, un activiste de la cause animal. Enamourée, elle fait tout ce qu'il veut dans l'espoir de lui plaire. Aussi quand, un soir, il débarque avec Sunday, un énorme porc sauvé de l'abattoir, elle n'ose pas refuser de garder l'énorme animal dans son minuscule deux-pièces. Problème, comment cacher l'improbable colocataire de sa propriétaire qui vit à côté ?

Un tueur en série, Gilbert, réside dans un quartier calme d'une petite ville de province. Le meurtrier aguerri s'apprête à découper sa dernière victime quand sa tronçonneuse bien-aimée tombe en panne. C'est dimanche et la veille d'un jour férié pendant lequel il est censé recevoir ses parents et ses deux sœurs pour le déjeuner. La solution : emprunter une scie ou tronçonneuse à un voisin. Sauf qu'en bon sociopathe, cela fait dix ans qu'il snobe tous les habitants de son quartier. S'ensuit un porte-à-porte tragi-comique.

Je peux m'amuser à ce petit jeu pendant des heures... Parfois je note le sujet trouvé, parfois non. En tout cas, plus on pratique et plus les idées viennent facilement. Lorsque je décide de garder un embryon d'histoire, je note le paragraphe à la suite d'autres idées. Et quand j'ai envie de consacrer mon temps à l'écriture d'une nouvelle, il ne me reste plus qu'à piocher.

 

Alors... Prêt(e) à jouer le jeu ?

02 février 2017

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

 

Cet article est seulement le deuxième de sa catégorie -retrouvez le premier ici- et j'aborde déjà un sujet coquin... En ce mois de la Saint-Valentin, je pourrais prétexter vouloir rester au plus près du calendrier sauf que non. Ce choix tient à une seule chose : pour moi les scènes de sexe ont longtemps été une épreuve. Parce qu'elles tiennent en un équilibre délicat et produire une bonne scène reste difficile. Il m'aura fallu du temps, et du travail, pour ne plus redouter l'exercice. De ce processus, j'ai appris quelques astuces que je veux partager avec vous. Plus exactement j'ai désormais 5 règles :

 

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La préparer en amont

 

Plus votre scène sera préparée, plus l'exercice sera facile. Non seulement la caractérisation de vos personnages doit être solide mais la relation entre les protagonistes doit être claire. Que ces éléments existent dans les chapitres précédents ou seulement dans votre esprit, peu importe, il faut que vous sachiez ce qu'il en est. On ne caresse pas un inconnu de la même manière que la personne qui partage notre vie depuis des années... Une femme complexée et mal à l'aise avec son corps n'agira pas comme une héroïne sûre d'elle et de sa féminité. Bref, les choix que vous ferez devraient, dans l'idéal, découler naturellement de la psychologie de vos personnages.

 

Lui donner une fonction

 

Il existe un principe auquel j'essaie de ne jamais déroger : mes scènes/chapitres doivent avoir une fonction. Les scènes de sexe aussi. Quand je m'apprête à écrire le premier jet d'un passage je me demande toujours à quoi sert une scène.

Deux fonctions principales peuvent motiver une scène : faire avancer le récit ou caractériser un personnage. Peu importe quelle est l'utilité, il doit y en avoir une. À quoi bon le sexe pour le sexe ? même dans un roman érotique...

Lorsqu'un « couple » se tourne autour depuis plusieurs chapitre, la scène en question peut servir à changer leur relation, donc faire avancer le récit. Au début d'un roman, mettre son héros dans une situation érotique peut nous montrer le rapport qu'il entretient avec sa sexualité, avec les femmes,... En d'autres termes donner à voir au lecteur une partie de son fonctionnement psychologique.

Écrire porte fermée

 

Même dans notre société habituée à l'étalage de la nudité, la sexualité reste un domaine qui véhicule des éléments lourds de sens. Écrire une scène de sexe interroge notre propre rapport au corps, à la sensualité et peut bousculer nos tabous. Quand je suis confrontée à un tel passage, je fais particulièrement attention à écrire porte fermée. C'est à dire que je ferme symboliquement la porte au regard des autres. J'écris comme si personne jamais ne devait lire mes mots. Il faut se sentir libre au moment du premier jet. Il sera toujours temps de retravailler la scène par la suite.

 

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 Le Violon d'Ingres - Man Ray

 

 

 

Savoir la délimiter

Parfois quand une scène ne fonctionnait pas ou que j'avais du mal à l'écrire, m'interroger sur ses limites m'a permis de dépasser mes difficultés. J'entends par là quand la scène commence et finit... Il m'est arrivé de supprimer tout le début d'un passage pour débuter le récit dans le feu de l'action et me rendre compte que mon récit gagnait en intensité et en dynamisme. Savoir quand retrouver et/ou quitter les personnages -à quel moment du récit- peut changer beaucoup de choses. N'hésitez donc pas à tester plusieurs versions en jouant sur ces limites.



Éviter les pièges « viande et dentelles »

Grande lectrice, j'ai remarqué que deux pièges guettent les scènes érotiques dans la fiction. J'ai surnommé ces écueils « viande et dentelles ».

  • Viande pour l'effet « viande dans le torchon ». Oui l'image n'est pas ragoutante, comme certaines scènes de sexe complètement ratées. C'est quand l'auteur décide d'appeler une bite une bite, de faire dans le cru mais sans savoir doser. Il ne faut pas tomber dans le mauvais porno. Du genre "Il la fourra jusqu'à la gerde tant elle était trempée".

  • Le second obstacle est celui de la « dentelle ». Le terme évoque, pour moi, les romances ratées. Quand par excès de romantisme et de pudeur, l'auteur se refuse à tout vocabulaire érotique et multiplie les métaphores farfelues. (Une fois j'ai pu lire « bouton magique » utilisé pour clitoris. J'en rigole encore...). Mieux mieux passer outre une scène de sexe et la contourner intelligemment plutôt que de l'écrire la honte au bout du stylo et finir par tomber dans le ridicule.

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Legs Eleven - Jack Vettriano©



Et vous, quels éléments vous posent le plus de difficultés ?

Qu'en est-il des passages érotiques ?

 

 

 

 

19 janvier 2017

Au commencement de l’Écrhistoires



Si vous avez eu la curiosité de parcourir ma page de présentation, vous savez que j'ai ouvert cet espace pour partager mes découvertes autour de l'écriture. Dans mon activité professionnelle, j'aide mes clients de deux manières :

  • en les aidant à développer leurs compétences en écriture

  • en utilisant des exercices simples d'écriture pour leur épanouissement personnel

Les deux catégories principales de l’Écrhistoires étaient toutes trouvées...

 

« Écrire », un artisanat

 

L'écriture créative a traditionnellement pour objectif de rendre accessible des techniques rédactionnelles. Depuis longtemps, dans les universités anglophones, les étudiants peuvent s'initier à la création littéraire et les articles et ouvrages abondent. Hélas, ils sont trop rarement traduits. Dans la catégorie « Ecrire », je partagerai avec vous une partie de ces techniques.

J'ai la conviction que tout le monde peut améliorer ses capacités et j'espère que vous trouverez la preuve que vous aussi vous avez le droit de développer vos compétences. Vous verrez que les possibilités sont vastes que ce soit en terme d'inspiration, comme avec mon article Les 3 clefs de l'inspiration ou autour de thèmes comme la caractérisation des personnages, la description, la nouvelle, l'écriture poétique,...

 

 

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« Se réécrire », l'écriture pour s'épanouir

 

Alors que ma vie et ma profession tournaient déjà autour des mots, le destin a placé sur ma route de grandes difficultés. En me battant pour les surmonter, j'ai eu la confirmation de ce que je soupçonnais depuis longtemps : l'écriture peut nous aider à nous épanouir.

La deuxième facette de mon métier consiste aujourd'hui à mettre l'écriture au service du mieux-être, du mieux-vivre, du mieux-communiquer. Voilà comment est née la catégorie « Se réécrire ». Au fil des articles, j'espère vous offrir des opportunités d'expérimenter à votre tour les formidables pouvoirs de l'écriture...

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À la source : la créativité

 

Alors que je mettais en place ces deux catégories, j'ai eu l'intuition qu'il manquait quelque chose. Un domaine qui, dans ma vie, est à la source de la plupart de mes projets, de mes recherches, de mes apprentissage : la créativité. En comprenant cela, j'ai senti que je devais créer une troisième catégorie. Car au-delà de l'écriture, la créativité peut enrichir notre quotidien, nourrir nos projets, magnifier la routine.

Trop souvent j'entends des gens dire « Je ne suis pas créatif/ive... », « Je n'ai aucune imagination... », « Je ne suis pas manuel(-le) ». D'une petite voix désolée, appuyée parfois d'un soupir de dépit ou de résignation... Et pourtant de la même manière que l'on peut développer sa souplesse avec le yoga, il est possible de nourrir sa créativité !

Voilà comment est née la troisième grande catégorie de ce blog : E-créativité.

 

 

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Et vous, quel est votre rapport à la créativité ?

 

 

05 janvier 2017

Écrire : les trois clefs de l'inspiration

 

Dans l'imaginaire populaire, on fantasme souvent l'écrivain, et encore plus le poète, comme un être brûlant, pâle et en chemise, attablé sur un étroit bureau d'une mansarde quelconque à attendre l'inspiration comme une sorte d'ange de la créativité. Certes, ces éléments offrent une chouette composition pour la peinture mais ce n'est qu'un fantasme.

L'inspiration, ça s'entretient ! Et pour cela, trois étapes me semblent indispensables !

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Se libérer du mythe

 

Fantasme historique

Il faut dire que le dix-neuvième siècle et le mouvement romantique ont laissé des traces dans notre culture. Ah ! Lord Byron, enfant terrible de la littérature britannique... Ah ! Baudelaire et son génie noyé dans l'opium et abîmé par la syphilis... Ah ! Rimbaud, ce prodige à la beauté juvénile et aux amours tourmentées...

Bon, c'est bien gentil tout ça mais cette dimension tragique et lyrique n'a que peu de rapport avec ce que l'on découvre en se penchant sérieusement sur la question.

Vérités historiques et écrits

Il faut bien le dire l'inspiration ne naît pas du néant. La plupart des auteurs sont d'abord d’indécrottable curieux qui se nourrissent de tout ce qu'ils lisent, voient, entendent. Plus que cela ce sont des bosseurs. L'inspiration, on doit la poursuivre comme un forcené.

 

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Et comme l'explique bien Stephen King dans Écriture, mémoire d'un métier, il faut savoir la convoquer. Mais comment s'y prendre ?

 

Être curieux de tout, tout le temps

 

Sur le monde littéraire d'abord

La première formation de l'écrivain...c'est la lecture. Alors lisez, lisez, lisez ! Non pas pour imiter ou plagier mais pour vous former. Et lisez de tout. Les bons livres vous donneront de l'ambition et la modestie -bref la motivation de travailler-, les mauvais vous montreront des contre-exemples riches de leçons.

mais pas seulement

Dans Votre journal de bord, Austin Kleon utilise l’expression « Kleptomane créatif » que je trouve d'une simplicité et d'une vérité incroyables. Cela signifie que vous devez souffrir de la boulimie de l'écrivain. Tout peut et doit nourrir votre créativité : cinéma, journaux, conversations de café, la nature,... Pour que votre curiosité naturelle nourrisse l'inspiration, rien de plus simple : gardez toujours un carnet/journal sur vous pour recueillir sur l'instant toute cette matière à votre portée.

 

 

S'ouvrir aux autres

 

Rompez la solitude

Si un auteur se retrouve seul durant la phase de l'écriture, se couper du monde peut être un frein à l'inspiration. Tel rencontre éphémère enrichira un personnage, telle conversation entendue dans un bar donnera une saveur unique à vos dialogues,... Vous voulez que vos écrits restitue quelque chose de la vie ? Alors vivez !

Le brainstorming

Ce dernier point doit être pris avec prudence car on ne peut le mettre en œuvre qu'avec quelqu'un qui soit à la fois bienveillant, neutre et de confiance. Si vous avez la chance d'avoir sous la main quelqu'un qui corresponde (et s'intéresse à votre travail) alors n'hésitez pas : discutez avec lui de vos écrits. Non pour demander conseil, simplement parce qu'un échange sur votre processus créatif permet souvent de trouver des idées, des solutions aux difficultés, d'entretenir l'élan.

 

Conclusion

 

 

 

Et vous, quels sont vos rapports avec l'inspiration ?