25 janvier 2018

Tenir un journal intime - comment ?

 

Peut-être avez-vous eu l'occasion de lire mon article sur les 5 bonnes raisons de tenir un journal intime. Si c'est le cas, vous approuvez peut-être sans vous être lancé. Il faut dire que si cette habitude ne fait pas parti de votre quotidien, c'est parfois un peu étrange de commencer. On ne sait pas forcément de quelle manière s'y prendre... Dans cet article je parle de journal « écrit », pour l'Art Journal c'est par .



 

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Un journal... Mais dans quoi ?

Si vous avez plus de dix ans, on oublie le carnet à cadenas ! Surtout que ce système est aussi sécurisé que faire ripaille au bord d'une autoroute. Bien entendu, nul besoin d'investir, après tout j'ai commencé mon journal dans un de ces cahiers de brouillons vendu par cinq. Par contre vous pouvez désirer un support sympa.

 

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Attention toutefois au piège du perfectionnisme : choisir un carnet trop luxueux, en vrai cuir par exemple, risque de vous donner des angoisses si par malheur vous vous risquez à raturer. Personnellement, j'aime que mon journal soit comme ma vie, joyeusement bordélique. Il existe des carnets esthétiques à prix correct, les Clairefontaine, les Moleskine ou les fameux Leuchtturm1917 -chouchous des adeptes du Bullet Journal-.

 

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Concernant le format du support, le A4 me semble un peu grand. Ensuite cela dépendra de l'usage que vous ferez de votre journal : si vous désirez l'emporter partout une taille de 13 par 21 ou même de 9 par 14 pourrait vous convenir.

Depuis plusieurs mois, je tiens mon propre journal dans mon agenda -un Domino de Filofax en A5-. Lorsque j'ai besoin d'archiver un trimestre, je transfère les feuilles dans des classeurs tout simples.

Et le stylo ? ça n'a, bien sûr, aucune importance. Je déconseille le crayon à papier si vous désirez conservez vos journaux mais un simple bic noir conviendra tout à fait.

 

Question de temps et de régularité

Quand on tient un journal depuis longtemps on ne fait pas vraiment attention à la régularité. Il passe parfois des semaines avec seulement quelques feuillets griffonnées et, dans d'autres périodes, j'écris plusieurs pages par jour. Si je peux me permettre cette souplesse, c'est parce que l'écriture intime fait parti de mon hygiène de vie. Quand on débute, je pense qu'il faut mieux miser sur une certaine régularité. Rien de chronophage toutefois : le but est d'intégrer une routine pas de s'épuiser. Pour la fréquence commencer par un rythme très léger, une ou deux fois par semaine. Livre à vous de multiplier par la suite les séances d'écriture dans votre journal.

 

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George Goodwin Kilburne (1839-1924), Penning a Letter

Surtout ne cherchez pas à écrire bien ou joliment. Employez le vocabulaire que vous utilisez habituellement. Un journal intime n'a pas, à priori, de vocation littéraire. Si vous pratiquez l'écriture dite créative, vous pouvez vous amusez avec des consignes. Au fil du temps, votre journal deviendra sans doute un laboratoire d'idée, une usine à créativité. Mais comme pour les autres, ne vous précipitez ni dans le perfectionnisme ni dans un cahier des charges particuliers. Un journal intime doit avant tout rester un espace de liberté.

 

Mais je raconte quoi ?

 

Comme je le disais au-dessus, c'est un espace totalement libre. Certains d'entre vous verront dans cette infinité de possibilités une stimulation à leur créativité, d'autres pourraient se retrouver paralysés : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».

Si vous faites parti de la seconde catégorie, point d'inquiétude, vous pouvez vous appuyer sur un cadre pendant quelques temps. Pourquoi ne pas commencer par répondre au questionnaire de Proust ? Ou encore écrire votre « portrait chinois » ?

Après vous pouvez centrez une partie de votre journal autour d'un thème particulier comme les livres que vous lisez / films que vous voyez ou votre professionnelle/sentimentale/spirituelle. Enfin, n'oubliez pas que vous avez tout loisir s'expérimenter autant de choses que vous le voulez. À force vous verrez ce qui est le plus enrichissant pour vous...

Si vous n'appréciez pas cette liberté, il existe aussi des petits ouvrages très pratique comme celui-ci :

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Et vous, des conseils à donner pour tenir un journal ?

 

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07 décembre 2017

Le talent et la sueur...

 

Comme je l'évoquais dans le premier billet sur ce site, les artistes éveillent un fantasme dans l'imaginaire populaire : l'auteur qui serait par miracle touché par la muse puis, dans une sorte de fièvre créatrice, produirait un chef d’œuvre. Bien sûr...

On parle de talent pour presque tout : les langues étrangères, la cuisine, l'Art, le bricolage, la broderie, le sport,... Mais quelle est vraiment la place de ce talent par rapport au travail ?

 

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I. Mais c'est quoi le talent ?

 

Selon mon pote le Larousse, le talent c'est simplement l'aptitude particulière à faire quelque chose et une capacité, un don remarquable dans le domaine artistique. Cette capacité vient d'où ? Y aurait-il, comme dans les contes, une bonne fée qui se pencherait sur certains poupons pour leur octroyer quelque don remarquable ? Posons la vraie question : est-ce la capacité ou le désir qui vient en premier ? La meilleure réponse nous vient d'un grand monsieur de la chanson : Jacques Brel. Dans un entretien radiophonique, plus précisément une interview à Knokke (Begique), le chanteur expliquait : Je suis convaincu d'une chose : le talent ça n'existe pas. Le talent c'est d'avoir l'envie de faire quelque chose. Je prétend qu'un homme qui rêve tout d'un coup qu'il a envie de manger un homard. Il a le talent, à ce moment là, pour manger un homard, pour le savourer convenablement et je crois qu'avoir envie de réaliser un rêve, c'est le talent. Tout le restant, c'est de la sueur, c'est de la transpiration, de la discipline. Je suis sure de ça. L'art je ne sais pas ce que c'est. Les artistes, je connais pas. Je crois qu'il y a des gens qui travaille à quelque chose.

 

 

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II. Et les génies ? Et les prodiges ?

 

Si on décide de parler de désir, il semble impossible de croire que ce dernier suffira. Un prodige du piano devra passer des heures à son instrument. Peu importe nos facilités, sans sueur elles ne resteront que cela, de simples facilités. Dans le sport de haut niveau, personne ne viendrai remettre en question la valeur d'un entraînement assidu. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour un écrivain, un peintre ou un sculpteur ? Concentrons-nous un peu sur la littérature, domaine que je connais le mieux...

Le fait est que les grands auteurs sont des travailleurs acharnés. Pour preuve, il suffit d'un tout petit coup d’œil à quelques manuscrits... Ratures, notes : on peut voir combien l'auteur travaille son texte.

Le grand Charles Dickens, par exemple, avec A Christmas carol :

 

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Un autre exemple ? Monsieur Flaubert écrivait dans sa correspondance : « Dieu ! que ma Bovary m’embête ! J’en arrive à la conviction quelquefois qu’il est impossible d’écrire » - lettre à Louise, 10 avril 1853. Cet extrait – ainsi que la photo du manuscrit au-dessus-, nous montre à quel point ces auteurs travaillaient pour produire un texte un abouti.

 

III. Une histoire de temps... Ce qu'en dit la psychologie.

Le psychologue suédois K. Anders Ericsson s'est justement penché sur cette question. Pour se faire, il a mené des recherches dès les années 90. Avec deux confrères, il s'est intéressé à la pratique de violonistes de l'Académie de Musique de Berlin. Il a divisé les musiciens en trois groupes : les futurs solistes, les interprètes de bon niveau et ceux destinés à une carrière dans le professorat. Tous ayant commencé à 5 ans. Ceux du premier groupe atteignaient (avec plus de 30 heures par semaine de paratique) au moins 10 000 heures d'exercice. Le deuxième groupe arrivait quant à lui à 8000 heures et le troisième 4000 heures.

Cette « théorie des 10 000 heures » a été popularisée par le journaliste du New Yorker Malcolm Gladwell dans plusieurs ouvrages sur la réussite. Même le neurologue Daniel Levitin le confirme : « Que les études portent sur des basketteurs, des romanciers, des patineurs, des joueurs d'échecs ou des criminels passés maîtres, le nombre des 10.000 heures revient constamment ».

 

 

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Face à tout cela, certains risquent de se décourager : « Il est trop tard pour moi ! J'ai déjà X ans... alors 10 000 heures, ce n'est même pas la peine... » Premièrement cette théorie n'est justement qu'une théorie. Elle signifie simplement que le travail vient d'abord. Peu importe le niveau de départ, à l'arrivée c'est bien la pratique qui fait la plus grande différence. Deuxièmement, dites-vous bien que quelqu'un de 48 ans qui consacrerait 1 heure par jour à l'écriture ou à l'apprentissage du piano, aurait toujours, à 58 ans, 3 650 de pratique de plus que celui qui se serait découragé. Bref, le travail n'est jamais perdu !

 

Alors, prêt à se retrousser joyeusement les manches ?

 

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19 octobre 2017

L'écriture, mauvaise pour la santé ?

 

Lorsque l'on évoque la santé dans nos activités, les images évoquées restent celles d'efforts physiques : ces emplois où l'on porte des charges lourdes, ces hobbies durant lesquels notre corps est malmené,... Quant à l'écriture, elle ne semble pas poser problème.

Au delà des conséquences à rester vissé sur une chaise plusieurs heures durant, il faut avoir conscience que pour écrire bien et longtemps une santé correcte est indispensable. Cette bonne condition demandera deux dimensions : une première, mentale, consiste à pouvoir se concentrer durablement et la seconde, physique, demande endurance et capacité à adopter une posture physiologique.

I. Une histoire de concentration

 

Sur l’Écrhistoires, nous avons abordé quelques astuces pour « entrer en écriture », c'est à dire trouver l'impulsion pour commencer à écrire. Cette étape, lorsque l'on prend le temps de se construire un rituel, ne pose pas réellement problème. C'est après que les vrais soucis se pointent...

Un psychologue anglais, Norman Mackworth, fut recruté pendant la seconde guerre mondiale par la RAF pour étudier l'efficacité des opérateurs radar. Il détermina, grâce au test connu sous le nom d'horloge de Mackworth, qu'après 30 min on perdait 10 à 15 % de nos capacités. Cette baisse de performance et de l'attention existe tout au long notre journée et se traduit par une courbe en forme de cloche : la loi de Yerkès-Dodson.

Bien entendu, l'écriture ne s'apparente pas vraiment à la tâche d'opérateurs radar et une baisse de concentration n'aura pas de conséquences vitales. Pourtant comprendre comment fonctionne l'attention nous montre ses présupposés.

Ainsi une quantité suffisante de sommeil, une alimentation équilibrée et une consommation mesurée d'excitants favoriseront vos capacités de concentration. De plus, si on part de ces 30 min d'attention optimale, se ménager des pauses régulières d'un quart d'heure vous permettra de maintenir la qualité de votre travail.

Rappelons aussi que la méditation est un outil intéressant pour développer son attention.

 

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II. L'écriture : une activité physique ?

 

L'écriture est-elle une activité physique ? Pas la peine d'entretenir le suspens : oui le corps participe à l'écriture. Ceux qui travaillent dans un bureau ne pourront pas me contredire : rester assis des heures devant un ordinateur n'est pas une chose simple. Non seulement on peut avoir mal au dos et les yeux qui fatiguent mais on peut développer à terme des pathologies chroniques.

Comme pour la concentration, votre condition physique se travaille en amont. Nul besoin pour cela d'avoir une santé parfaite ou de pratiquer le sport à outrance. Il suffit d'inclure quelques éléments simples -et à la portée de tous- dans votre hygiène de vie. Tout d'abord un dos musclé est un dos en bonne santé. Au-delà de cela, une bonne posture fera une vraie différence. Le yoga ou le pilate me semblent de bonnes pistes pour favoriser ces muscles et une posture saine. Personnellement je pratique le yoga et bien que j'ai beaucoup -vraiment beaucoup- de progrès à faire, cette activité m'aide vraiment.

 

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Une activité corporelle régulière ne suffira sans doute pas. Votre environnement joue aussi un rôle primordial. Un siège de bonne qualité, une bonne position des mains sur le clavier,... Il est important de réfléchir sur la manière dont on travaille.

Nous venons de voir que pour rester efficace, il faut une bonne hygiène de vie. Mais comment mettre ces conclusions en pratique ?

 

III. Avant, pendant et après les longues séances de travail

 

Si vous prévoyez décrire de longues heures (plus de deux), je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté pour que cette séance se passe bien.

Prenez le temps de vous mettre en conditions avant de travailler. Prendre un quart d'heure pour faire quelques étirements ou des postures de yoga vous permettra de mieux gérer la séance physiquement. Pour la concentration, vous pouvez tout-à-fait enchaîner sur une courte méditation - au moins quelques minutes-. Ensuite installez-vous comme il faut et prévoyez de quoi vous hydrater.

Pendant la séance elle-même, essayez de prendre conscience de votre posture : le dos, la position des mains sur le clavier ou la manière dont vous tenez votre stylo. Si vous portez des lunettes, par pitié, mettez-les !

Ménagez-vous des pauses régulières. De mon côté, je prends une pause de dix minutes tous les trois-quart d'heure. Ses pauses ne consistent pas à rester vissé sur votre chaise et à errer sur les réseaux sociaux. C'est votre corps que vous devez reposer. Pour cela, n'hésitez pas à vous dégourdir les jambes ou même à faire de nouveau quelques étirements pour soulager votre dos. Mais le plus important reste, à mon sens, de ne pas continuer à utiliser d'écran. Si, comme moi, vous souffrez de problèmes de circulation, rester debout le temps de cette pause vous limitera les sensations de jambes lourdes et les œdèmes.

Vous êtes allés au bout de votre séance ? Bravo ! Prenez maintenant un moment pour vous étirer. Vous pouvez aussi masser vos poignets, très sollicités quand on écrit. Si possible, prévoyez une activité qui ne nécessita pas d'être assis. Une ballade, un peu de ménage,... peu importe, vous dégourdir ne pourra qu'être bénéfique !

N'oubliez pas que tout est question d'entraînement. Si vous « débutez », ne commencez pas par vouloir écrire trois heures de suite. Augmentez progressivement la longueur de vos séances.

Enfin, si des douleurs surviennent, n'hésitez pas à abréger. Mieux vaut cesser d'écrire pour le moment plutôt que de se faire mal et d'être dans l'incapacité de travailler pendant plusieurs jours. De plus si vous souffrez de migraines ou de votre dos plusieurs jours de suite, n'hésitez pas à consulter.

Bref, prenez soin de vous ! 

 

Et vous, souffrez-vous de rester en posture assise ?

 

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13 avril 2017

Écriture, LA clef universelle


       Si vous traînez vos guêtres sur la toile, à la recherche de conseils pour écrire, vous le savez : les règles se suivent et parfois se contredisent. Prévoir ou non un plan, utiliser des verbes de parole ou en minimiser l'usage, faire ou non des fiches de personnages... L'écriture au long court n'est pas chose aisée et on tâtonne avant de trouver notre manière de travailler.

Il existe pourtant un point sur lequel tout le monde se retrouve. Une base que dans toutes les master class, dans tous les ouvrages consacrés à l'écriture, figurant sur tous les sites sérieux : pour écrire, il faut lire ! J'en parlais déjà dans le premier article de l'Écrhistoires...

 

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Jeune femme lisant près d'une fenêtre, Delphin Enjolras

 

Les bienfaits valables pour tous

 

Avant même d'aborder la lecture pour l'écrivant, n’oublions pas ce qu'elle apporte à tous. Souvent ses aficionados mettent en haut de la liste ses bienfaits intellectuels. S'ils demeurent indéniables, ce n'est certes pas ce qui me vient à l'esprit quand je pense au roman qui m'attend paisiblement. Alors quoi ? Laissez-moi emprunter les mots de David Lewis, neuropsychiatre de renom : « S'abandonner à la lecture est une forme ultime de détente ».

Quinze minutes -ou moins- plongée dans une bonne histoire et je me sens aussi bien qu'après une séance de méditation. Pour moi, c'est une façon simple de revenir à « l'ici et maintenant », loin de toute angoisse, de tout tracas, de toute rumination. Un bain moussant à emporter partout avec soi... Pourquoi s'en priver ?

L'avantage avec le côté déstressant de la lecture est qu'il concerne tous les bouquins. Qu'importe le genre, la qualité littéraire, tout ça tout ça ; tant qu'on lit avec plaisir !

 

Le second bienfait universel est l'enrichissement de sa culture générale. Dans la majorité des histoires, il y a quelque chose à apprendre, à comprendre. Même le pire récit nous questionnera. Adolescente, j'ai eu une période «histoire d'amour sur fond historique » -qui a duré looooongtemps-. Encore aujourd'hui j’apprécie les romances froufroutantes. Certains de mes proches -et d'autres- m'ont fait part à ce propos de leur réserve. Si je ne vais pas aller jusqu'à crier au snobisme -quoique-, je dois mettre les points sur les i : c'est en dévorant une des innombrables séries de Benzoni que ma curiosité pour l'histoire s'est éveillée. Quelques mois à suivre une héroïne sur fond de renaissance florentine et je me suis retrouvée, à quinze ans, absorbée dans une biographie de Laurent de Médicis. Cette fenêtre se serait-elle ouverte sans la lecture ? Ce n'est pas certain.

 

Bien-être général, ouverture sur le monde : des bienfaits en pagaille...

Pour les écrivants, lire va bien au-delà...

 

Une mine d'or

Oui, la lecture reste LA formation initiale de quiconque ambitionne d'écrire ! Si vous faites partie de cette caste, lire devrait être une activité quotidienne. Autant que l'écriture. Voici la liste -non exhaustive- de ce que vous apporte(ra) la lecture :

  • Des outils littéraires

On pense souvent à l'orthographe. Lorsque je fréquentais les bancs de l'école -hier selon moi, naguère selon mes enfants...- les dictées étaient mon talon d’Achille. Immanquablement on me conseillait la lecture... Sauf que j'étais déjà fanatique -combien de fois maman a dû m'arracher de quelque roman ?-. Ce qui vaut pour certains ne fonctionne pas pour tous. Mais ce serait dommage de ne pas tenter le coup... Et nous pouvons ajouter l'enrichissement du vocabulaire, la compréhension de ce qui fonctionne (ou pas), des figures de style, des modèles de constructions narratives...

  • Le pillage honnête

Dans mon article, Les trois clefs de l'inspiration, je me permets d'utiliser l'expression « Kleptomane créatif » d'Austin Kleon. Ce pillage honnête englobe les ouvrages qu'on lit. Je ne parle pas de plagiat mais bien de nourrir son inspiration, voir de se trouver des maîtres d'écriture, ces écrivains que l'on admire et qui nous donnent la force de continuer malgré les difficultés.

  • L'épanouissement du sens critique

Plus on lit plus on devient exigeant. On aiguise notre esprit critique, or ce dernier reste un atout pour retravailler un texte.

  • Affiner nos goûts et donc nos envie

Savoir ce que l'on aime lire est le premier pas pour définir ce que l'on désire écrire. Logique.

  • Augmentation des capacités de lecteur

Au dix-huitième siècle, le journaliste et politicien irlandais Richard Steele (1672-1729) l'avait déjà compris : « Lire est à l'esprit ce que la gymnastique est pour le corps. ».

Outre cette gymnastique de la concentration et de la mémoire, vous lirez plus vite, du moins plus efficacement. Pain béni pour l'auteur ! Parce qu'écrire implique de faire des recherches, lire vite vous fera gagner du temps.

 

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La -sublime- Bibliothèque nationale du Chili

Nous l'avons vu, la lecture est une activité cruciale pour progresser. Reste un point que je n'ai pas abordé : les mauvais livres. À titre personnel, j'ai autant -si ce n'est plus- appris des mauvais livres que des bons. Ce phénomène, qui étonnent certains de mes clients, mériterait une chronique à part entière... Aussi je vous laisse pour le noter dans ma To do list...



Et vous, la lecture tient quelle place dans votre vie ?



 

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08 avril 2017

Consigne d'écriture n°3 - « S'inspirer d'une sculpture »

 

La consigne

 

Texte libre à partir d'une œuvre d'art sculpture – Niki de Saint-Phalle (Neuilly-sur-Seine, 1930 – États-Unis, San Diego, 2002), L'arbre-serpents,une sculpture-fontaine, résine et peinture polyuréthane, 1992.

 

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Les Textes

 

EDIT DU 09 AVRIL : Merci à Eerylin et à DURAMEN de leurs participations et de leur confiance. Tout l'intérêt de cette catégorie réside dans de telles contributions. J'espère que d'autres lecteurs se joindront à nous pour les prochaines consignes.

 

Contribution d'Eerylin

 

 

Viens.

 

Approche-toi.

 

S’il te semble que j’ai l’air étrange mais malgré tout familier, c’est que tu me reconnais. Souviens-toi. Sans passé, sans avenir, fragile et changeant, mes couleurs sans nuance éclatent sur mon écorce comme un arc-en-ciel d’émotions. Je suis l’avidité, la gourmandise, impatience qui surgissent et se rétractent en petites têtes de serpents colorés. J’ai le rouge de la créativité, de l’impulsion et du courage, le bleu de la joie, de l’infini et de l’insouciance. Je suis toutes les nuances de la liberté, des découvertes et de la magie. Je suis la vérité pourpre, précieuse et mystérieuse, ta vérité. Je suis ton plus fidèle soutien alors ne m’oublie pas, laisse-moi m’exprimer, laisse-moi vivre et si tu m’offres quelques crayons de couleur, des bulles de savon et des ballons alors promis, juré, craché, je te confierai la jeunesse éternelle, celle de l’enfant au fond de toi.

 

Contribution de DURAMEN

 

Si, lo so, les goûts et les couleurs ma sono un artista !
Pourquoi parles-tu italien ? Tu en prends même l’accent !! Alors que nous somme français !
Perché sono un artista !
Cela fait partie de ton excentricité d’artista, j’imagine ?
Regarde ! Siamo le centre dell'attenzione.
En même temps, tu fais tout pour que nous le sommes. Tu nous fais chanter, danser et nous habille comme des clowns. Regarde, on nous regarde d’un œil perplexe.
Io, dirò admiratif ! Regarde le sourire pétillant de cette petite créature.
Elle est encore naïve à cause de la jeunesse de sa vie. Regarde ses géniteurs, ils se lancent des regards perplexes ! P – E – R – P – L – E – X – E – S ! Perplexes !
Que veux-tu !? Siamo des artistes incompris !

 

Ma production

 

 

Longtemps mes peurs ont été en noir et blanc. Il semble que les cauchemars soient moins effrayants sur une palettes grise.

Longtemps mes peurs ont été en noir et blanc. Les adultes ne comprendront pas. Ils oublient ce genre de choses. Ils oublient de soulever les voiles. Ils possèdent la naïveté de la maturité. Présentez-leur une tragédie en dessin animé et trop souvent ils croiront en une comédie. Présentez-leur les enfers en couleurs et ils se penseront en sécurité. Ils ne repèrent jamais le diable sous un masque de carnaval.

 

Longtemps mes peurs ont été en noir et blanc, angoisses blafardes d’innocence ; la candeur dansant sur la cadence d'une valse monochrome. On ne voit pas ramper le drame qui vient nous mordre. Après que le sang de l'enfance ait sali le sol, mes cauchemars ont changé.

 

Alors mes peurs ont été en couleurs. Les serpents les plus chatoyants sifflèrent sur ma tête. Mes cauchemars répandaient leur venin dans les sillons de ma jeunesse. Les secrets fourchus glissaient sur ma peau tendre, laissant sur ma chaire les plaies les plus pernicieuses.

 

Alors mes peurs ont été en couleurs. Piquant ma pureté pour la moucheter de poison, les boas étouffaient fébrilement ma gorge fragile m'aveuglant de leurs écailles ardentes. Vifs, les carmins merveilleux. Vifs les bleus roi couronnés. Vifs les jaunes ingénus. Vifs les verts bouleversants. Et sous l'éclat des couleurs, se nourrissaient les vipères de ma tragédie personnelle.



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30 mars 2017

L'étrange monde du coloriage pour adultes...



Cinq ans... Cinq ans que l'invasion a commencé. Nos papeteries, nos librairies, nos supermarchés et Internet : le coloriage pour adultes est partout. Depuis le temps, on aurait pu penser que le phénomène se serait essoufflé mais pas tellement. Il s'est seulement démocratisé, passant du nouveau hobby à la mode chez les bobos adeptes d'Art-thérapie à une activité passe-partout coincée entre le tricot et le scrap. De nouveaux chouchous l'ont chassé du rayon nouveauté : le Bullet Journal, les Zentangle,... Mais le coloriage n'est pas mort... Penchons-nous sur son cas.



Ah, non, pas pour moi !

 

Quand on évoque le coloriage, la plupart d'entre nous pense d'abord à une activité pour enfants, le genre qui les occupe dans la salle d'attente du médecin ou au restaurant. Personnellement, cela faisait remonter un souvenir assez triste : celui du service fermé où se trouvait ma grand-mère en maison retraite. Les murs tristes, des personnages âgéess à l’œil hagard qui, dans la petite salle commune, s'appliquaient à ne pas dépasser...

Lorsque je passais devant les livres de mandala et de coloriage anti-stress, je me contentais de leur jeter un coup d’œil méfiant sans m'arrêter. Ma thérapeute, alors que j'avais beaucoup de mal à être dans le moment présent (depuis j'ai découvert les bienfaits de la méditation), m'a conseillée de tenter le coup. Je dois avouer que j'étais plus que sceptique mais nos séances ayant été très constructives, je décidais de lui faire confiance.

 

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La pleine conscience pour les nuls ?

 

Très vite j'ai réalisé pourquoi le coloriage était tant plébiscité. J'avais essayé pas mal de choses pour me détendre. Prendre un bain ne m'aidait pas, mes pensées ressemblaient trop à de la rumination. Le tricot et autres loisirs créatifs ? Je ne suis pas très douée donc je passais plus de temps à m'énerver qu'à lâcher prise. Bref il me fallait une activité qui m'occupe aussi bien les mains que l'esprit sans me fatiguer ni mettre en route mon désir névrosé de perfectionnisme.

Le coloriage a été une vraie découverte. Pendant quinze ou trente minutes, je cessais de me mettre la pression... Ma respiration devenait calme et profonde, je ne pensais plus à la liste de choses à faire et à tous ce que je ne parvenais pas à accomplir. Sans le savoir je découvrais ce qu'être dans le « ici et maintenant » signifiait.

Avec le recul, je me rends compte que c'était le premier pas vers ma découverte de la méditation -et ma thérapeute l'avait prévu-. Aujourd'hui je médite presque tous les jour et ma vie s'est transformée. Le coloriage n'a été qu'un rouage de ce changement... Mais chaque rouage compte.

 

 

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Un vrai acte créatif ?

 

Si ma thérapeute m'avait conseillé le coloriage dans une optique de soins, cette activité a eu pour moi un effet beaucoup plus complet. Adolescente et jeune adulte, le dessin tenait une place de choix dans mes loisirs. Puis les années passant, j'avais complètement rangé mes crayons. Je cantonais mes ambitions créatives à l'écriture et aux mots. Or la pratique d'un art visuel est très épanouissant et, je ne m'en rendais pas compte, pouvait nourrir mon travail d'auteur. Le coloriage, à la portée de tous, m'a permis de redécouvrir le plaisir de jouer avec les couleurs et les formes. Cette activité m'a débarrassé de mes complexes. Très vite, j'ai eu envie de me remettre au dessin puis à la peinture.

Je ne cesse de répéter que la créativité est à tout le monde, qu'il ne faut pas hésiter à sauter le pas mais je sais aussi combien il peut être difficile de se libérer de nos peurs et de nos complexes. C'est pourquoi le coloriage - facile et bon marché - peut être une manière de (re)devenir créatif. Un premier pas pour explorer d'autres techniques.

 

Que ce soit pour lâcher-prise ou libérer sa créativité, c'est un outil facile à expérimenter.

 

Et vous, adeptes de loisirs créatifs ? Si oui, lesquels ?

 

 

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09 mars 2017

L'écriture avec l'Art du Kaizen

 

Le mois dernier, j'abordais la question de l'écriture des scènes de sexe. Thème intéressant maisà destination des écrivants forcenés.

Pour varier, j'avais décidé de proposer en mars une chronique pour ceux qui n'écrivent pas -encore !- régulièrement. Ceux qui voudraient se mettre sérieusement -du moins quotidiennement- à l'écriture mais s'épuisent par avance. Le manque de temps, la difficulté de changer ses habitudes, le perfectionnisme,... autant d'obstacles à un projet à long terme.

Il existe pourtant une solution pour dépasser ces difficultés : le Kaizen, la méthode des petits pas.

Cette proposition nous vient du Japon, par l'entremise de Robert Maurer via son ouvrage Un petit pas peut changer votre vie : la voie du Kaizen. Personnellement, je l'ai découverte grâce à mon magazine fétiche Flow (dont il faudra que je vous parle ici).

 

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Le Kaizen : koi za ko ?

La méthode du Kaizen consiste en un principe très simple : pour atteindre un objectif, nul besoin de s'épuiser à essayer de tout chambouler tout de suite, il suffit d'avancer un petit pas après l'autre.

Là où cela diffère de ce que j'avais pu lire auparavant est que les pas à effectuer sont vraiment minuscules. Vous voulez vous remettre au sport ? Alors commencez par courir une min par jour. Oui une seule petite minute. On peut décider de continuer ainsi aussi longtemps que l'on veut et quand on se sent prêt on ajoute un autre petit pas (pourquoi pas courir 3 min ?). L'idée est qu'avancer sans effort, c'est toujours avancer.

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L'écriture en 4 petits pas...



Le Kaizen peut s'appliquer à tout : le dessin, le sport, vaincre sa timidité et bien sûr...écrire. Pour vous simplifier encore plus la vie, je vous propose de suivre 4 petits pas d'écriture.

Pour cela, ill vous faut : un espace où écrire. Je pense que c'est mieux de centraliser vos productions afin de voir concrètement vos petits pas. Un cahier, un calepin, quelques feuilles de votre agenda ou de votre journal... Bref comme vous voulez.

Ensuite vous choisissez votre premier pas. Par exemple écrire une phrase par jour. Ou pendant une minute. Une fois à l'aise, mais surtout prenez votre temps, vous passez à deux phrases, ou deux minutes. Et voilà !

 

Lao Tseu

 



Suivez gratuitement le programme

« L'écriture créative en 28 jours... »

 

Vous préférez être guidé dans votre démarche ? Je vous propose de suivre le programme « Se (re)mettre à l'écriture créative en 28 jours », pour cela rien de plus simple :

  1. Si ce n'est déjà fait, inscrivez-vous à la newsletter de l'Écrhistoires

  2. Inscrivez-vous directement par mail (emiliecognac@ecrhistoires.fr) ou laissez un commentaire sous l'article dédié à ce programme. ICI

La première session de aura lieu du 01 au 30 avril. Chaque matin, vous recevrez directement dans votre boîte mail un énoncé simple d'écriture, à la portée de tous.

Le programme prend très peu de temps : pas plus d'une minute la première semaine, trois minutes la deuxième, cinq minutes la troisième et sept minutes la dernière. Une manière simple, ludique et accessible de se (re)mettre à l'écriture.

Vous écrivez déjà régulièrement ? Rien ne vous empêche de nous rejoindre pour vous amuser !

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster en commentaires ou à me contacter directemen (emiliecognac@ecrhistoires.fr).

 

Prêt à faire ce petit pas en ma compagnie ?

 

16 février 2017

La créativité est à tout le monde !



En janvier, je prenais le temps de vous présenter les différentes catégories de L'Écrhistoires et concluais avec un visuel que j'affectionne particulièrement :

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La question de la créativité ne faisait l'objet que d'un petit paragraphe or ma certitude qu'elle peut servir à tous et qu'on peut la muscler -sans douleur ni courbature- mérite un article à part entière. Alors pourquoi attendre ?

 

La créativité, mais c'est koi ?

 

Si vous avez traîné vos chausses ici ou , vous avez peut-être remarqué ma tendance à vouloir définir les mots avec précision. Allons donc vérifier ensemble ce que nous dit sir Larousse sur la créativité : capacité, faculté d'invention, d'imagination ; pouvoir créateur. Invention et imagination... À cet étape du schmilblick, j'entends trop souvent mes clients, ceux qui n'osent pas se frotter à la poésie ou à la fiction, s'exclamer : "Mais je n'ai aucune imagination !" Généralement, je respire un bon coup avant de leur montrer qu'ils se trompent. Tous, sans exception.

Commençons par répéter  : tout le monde a de l'imagination donc peut être créatif. Je peux vous le prouver. Il suffit de fermer les yeux et de se revoir enfant. Dans la cour de récréation ou pendant les grandes vacances... Vous avez entre 4 et 10 ans. Souvenez-vous... Pouvez-vous maintenant me jurer que vous n'avez jamais joué à « on dira que je suis » ? et oui... Tous les enfants imaginent les jeux de rôles les plus fous. Nous avons chevauché des montures invisibles, arrêté des méchants, ou sauvé le monde de deux ou trois Armageddon. Pour ça nous nous sommes inspirés des histoires qu'on nous lisait, des séries que l'on regardait ou des héros de notre enfance. Nous devions en avoir de l'imagination pour faire tout cela, non ?

 

La créativité n'est pas l'apanage des artistes

 

Puisque nous naissons tous avec cette capacité à imaginer, à rêver, à inventer, cela signifie qu'au pire, notre créativité est endormie. Il suffit de la réveiller. Avec douceur, hein ! Je ne dis pas qu'il ne lui faudra pas un peu de café pour que la belle retrouve sa concentration, ni que ses muscles ne seront pas ankylosés mais patience... En la stimulant, elle sera bientôt en pleine forme !

Si je pousse mes proches -et même les autres- à réactiver leur créativité ce n'est pas pour faire de tout un chacun un artiste -quoique...-. Mais parce que la créativité est utile à tout le monde.

Prenons quelques situations :

  • un conflit avec un collègue

  • la routine qui pèse sur le couple

  • un enfant dont il faut détourner l'attention pour éviter un caprice

  • décorer une pièce avec un minuscule budget…

Ces suppositions, déclinables à l'infini, inventivité et imagination permettent de les régler facilement et rapidement. La créativité est une qualité humaine plus qu'un talent. Tous les coachs, magasines féminins,... mettent en avant l'organisation et oublient que la créativité est un outil merveilleux pour gérer le quotidien. Et comme toute qualité humaine, elle peut se cultiver !

Dans cette idée, j'ai envie d'aller plus loin...

 

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Encore plus fort : l'art à la portée de tous

 

Si la créativité concerne tout un chacun alors il n'y a qu'un pas à franchir pour l'art. Oui, pourquoi l'art serait-il réservé à quelques élus ? Pas besoin de talent ou de génie pour s'exprimer, il suffit d'avoir envie de le faire et de surpasser ses peurs. En témoigne le succès de l'Art Journal ou Journal Créatif.

Pour faire court c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Il suffit d'aller sur Google Image et de taper « art journal » :

 

Captureartjourn

 

 

...afin de voir qu'avec un peu de colle, de peinture et de créativité tout le monde peut s'emparer de ce formidable exutoire. Et la profusion des résultats nous montre combien ce type de pratique peut être addictif. Cela ne fera pas de nous des Picasso ou des Monet pourtant créer pour le plaisir apporte plaisir, beauté, détente et joie.

Promis, je reviendrai vous en parler plus longuement...

 

En attendant, gardons à l'esprit que l'écriture, la créativité, l'art ne sont que des outils d'expression. Il suffit juste de s'en emparer !

 

Vous offrez-vous la liberté d'être créatif ?

D'explorer plusieurs domaines artistiques ?

 

 

02 février 2017

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

 

Cet article est seulement le deuxième de sa catégorie -retrouvez le premier ici- et j'aborde déjà un sujet coquin... En ce mois de la Saint-Valentin, je pourrais prétexter vouloir rester au plus près du calendrier sauf que non. Ce choix tient à une seule chose : pour moi les scènes de sexe ont longtemps été une épreuve. Parce qu'elles tiennent en un équilibre délicat et produire une bonne scène reste difficile. Il m'aura fallu du temps, et du travail, pour ne plus redouter l'exercice. De ce processus, j'ai appris quelques astuces que je veux partager avec vous. Plus exactement j'ai désormais 5 règles :

 

5 règles

 

 

La préparer en amont

 

Plus votre scène sera préparée, plus l'exercice sera facile. Non seulement la caractérisation de vos personnages doit être solide mais la relation entre les protagonistes doit être claire. Que ces éléments existent dans les chapitres précédents ou seulement dans votre esprit, peu importe, il faut que vous sachiez ce qu'il en est. On ne caresse pas un inconnu de la même manière que la personne qui partage notre vie depuis des années... Une femme complexée et mal à l'aise avec son corps n'agira pas comme une héroïne sûre d'elle et de sa féminité. Bref, les choix que vous ferez devraient, dans l'idéal, découler naturellement de la psychologie de vos personnages.

 

Lui donner une fonction

 

Il existe un principe auquel j'essaie de ne jamais déroger : mes scènes/chapitres doivent avoir une fonction. Les scènes de sexe aussi. Quand je m'apprête à écrire le premier jet d'un passage je me demande toujours à quoi sert une scène.

Deux fonctions principales peuvent motiver une scène : faire avancer le récit ou caractériser un personnage. Peu importe quelle est l'utilité, il doit y en avoir une. À quoi bon le sexe pour le sexe ? même dans un roman érotique...

Lorsqu'un « couple » se tourne autour depuis plusieurs chapitre, la scène en question peut servir à changer leur relation, donc faire avancer le récit. Au début d'un roman, mettre son héros dans une situation érotique peut nous montrer le rapport qu'il entretient avec sa sexualité, avec les femmes,... En d'autres termes donner à voir au lecteur une partie de son fonctionnement psychologique.

Écrire porte fermée

 

Même dans notre société habituée à l'étalage de la nudité, la sexualité reste un domaine qui véhicule des éléments lourds de sens. Écrire une scène de sexe interroge notre propre rapport au corps, à la sensualité et peut bousculer nos tabous. Quand je suis confrontée à un tel passage, je fais particulièrement attention à écrire porte fermée. C'est à dire que je ferme symboliquement la porte au regard des autres. J'écris comme si personne jamais ne devait lire mes mots. Il faut se sentir libre au moment du premier jet. Il sera toujours temps de retravailler la scène par la suite.

 

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 Le Violon d'Ingres - Man Ray

 

 

 

Savoir la délimiter

Parfois quand une scène ne fonctionnait pas ou que j'avais du mal à l'écrire, m'interroger sur ses limites m'a permis de dépasser mes difficultés. J'entends par là quand la scène commence et finit... Il m'est arrivé de supprimer tout le début d'un passage pour débuter le récit dans le feu de l'action et me rendre compte que mon récit gagnait en intensité et en dynamisme. Savoir quand retrouver et/ou quitter les personnages -à quel moment du récit- peut changer beaucoup de choses. N'hésitez donc pas à tester plusieurs versions en jouant sur ces limites.



Éviter les pièges « viande et dentelles »

Grande lectrice, j'ai remarqué que deux pièges guettent les scènes érotiques dans la fiction. J'ai surnommé ces écueils « viande et dentelles ».

  • Viande pour l'effet « viande dans le torchon ». Oui l'image n'est pas ragoutante, comme certaines scènes de sexe complètement ratées. C'est quand l'auteur décide d'appeler une bite une bite, de faire dans le cru mais sans savoir doser. Il ne faut pas tomber dans le mauvais porno. Du genre "Il la fourra jusqu'à la gerde tant elle était trempée".

  • Le second obstacle est celui de la « dentelle ». Le terme évoque, pour moi, les romances ratées. Quand par excès de romantisme et de pudeur, l'auteur se refuse à tout vocabulaire érotique et multiplie les métaphores farfelues. (Une fois j'ai pu lire « bouton magique » utilisé pour clitoris. J'en rigole encore...). Mieux mieux passer outre une scène de sexe et la contourner intelligemment plutôt que de l'écrire la honte au bout du stylo et finir par tomber dans le ridicule.

Legs Eleven Jack Vettriano

Legs Eleven - Jack Vettriano©



Et vous, quels éléments vous posent le plus de difficultés ?

Qu'en est-il des passages érotiques ?

 

 

 

 

19 janvier 2017

Au commencement de l’Écrhistoires



Si vous avez eu la curiosité de parcourir ma page de présentation, vous savez que j'ai ouvert cet espace pour partager mes découvertes autour de l'écriture. Dans mon activité professionnelle, j'aide mes clients de deux manières :

  • en les aidant à développer leurs compétences en écriture

  • en utilisant des exercices simples d'écriture pour leur épanouissement personnel

Les deux catégories principales de l’Écrhistoires étaient toutes trouvées...

 

« Écrire », un artisanat

 

L'écriture créative a traditionnellement pour objectif de rendre accessible des techniques rédactionnelles. Depuis longtemps, dans les universités anglophones, les étudiants peuvent s'initier à la création littéraire et les articles et ouvrages abondent. Hélas, ils sont trop rarement traduits. Dans la catégorie « Ecrire », je partagerai avec vous une partie de ces techniques.

J'ai la conviction que tout le monde peut améliorer ses capacités et j'espère que vous trouverez la preuve que vous aussi vous avez le droit de développer vos compétences. Vous verrez que les possibilités sont vastes que ce soit en terme d'inspiration, comme avec mon article Les 3 clefs de l'inspiration ou autour de thèmes comme la caractérisation des personnages, la description, la nouvelle, l'écriture poétique,...

 

 

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« Se réécrire », l'écriture pour s'épanouir

 

Alors que ma vie et ma profession tournaient déjà autour des mots, le destin a placé sur ma route de grandes difficultés. En me battant pour les surmonter, j'ai eu la confirmation de ce que je soupçonnais depuis longtemps : l'écriture peut nous aider à nous épanouir.

La deuxième facette de mon métier consiste aujourd'hui à mettre l'écriture au service du mieux-être, du mieux-vivre, du mieux-communiquer. Voilà comment est née la catégorie « Se réécrire ». Au fil des articles, j'espère vous offrir des opportunités d'expérimenter à votre tour les formidables pouvoirs de l'écriture...

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À la source : la créativité

 

Alors que je mettais en place ces deux catégories, j'ai eu l'intuition qu'il manquait quelque chose. Un domaine qui, dans ma vie, est à la source de la plupart de mes projets, de mes recherches, de mes apprentissage : la créativité. En comprenant cela, j'ai senti que je devais créer une troisième catégorie. Car au-delà de l'écriture, la créativité peut enrichir notre quotidien, nourrir nos projets, magnifier la routine.

Trop souvent j'entends des gens dire « Je ne suis pas créatif/ive... », « Je n'ai aucune imagination... », « Je ne suis pas manuel(-le) ». D'une petite voix désolée, appuyée parfois d'un soupir de dépit ou de résignation... Et pourtant de la même manière que l'on peut développer sa souplesse avec le yoga, il est possible de nourrir sa créativité !

Voilà comment est née la troisième grande catégorie de ce blog : E-créativité.

 

 

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Et vous, quel est votre rapport à la créativité ?