30 novembre 2017

Instant plaisir : le magazine Flow

 

Aujourd'hui sort le dernier numéro du seul magazine auquel je suis fidèle, je t'en parlais d'ailleurs ici ! Comme j'écris mes articles en avance, il me sera impossible de te parler de cet opus. Cette chronique concerne donc le numéro 20, sorti le 12 octobre.

Genre : Magazine

Rythme de parution : tous les deux mois

Numéro : 20

Rédactrice en chef : Gwendoline Michaelis

Prix : 7,50

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Appartenant résolument à la catégorie « Lifestyle » aborde nombre de sujet mais toujours à travers le prisme de la psychologie positive. Bref une revue sans doute très « bobo » ! C'est sans doute pour cela que je l'adore. Depuis que j'ai découvert Flow, je ne manque aucune parution et attends toujours avec impatience le moment où je pourrais le savourer.

Chaque numéro est conçu autour d'un thème, en octobre Enchanter la vie. Ensuite on trouve plusieurs catégories :

- Belles rencontres « Des portraits de personnes créatives talentueuses et une ouverture sur le monde. »

- Esprit libre : « Des sujets qui invitent à la découverte, la réflexion et à avoir une vision positive de la vie. »

- Petits plaisirs : « Du shopping et des recettes pour se faire plaisir. »

- Douceur de vivre : « Des conseils pour rendre son quotidien plus doux.

 

Mon Avis

 

Ce qui frappe quand on feuillette Flow, c'est le soin consacré à la mise en page. Beaucoup d'illustrations sur un papier luxueux avec parfois de vraies prises de risque visuelles.

Ainsi sur l'article « La philosophie au féminin » :

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En parlant illustrations, chaque numéro comporte plusieurs intercalaires facilement détachable montrent le travail d'un artiste. Pour octobre, c'est Irene Sophia qui a été mise à l'honneur. De quoi donner envie de les mettre sous cadre -saluons la qualité de l'impression!- :

Intercalaire

Le prix élevé de Flow ne se justifie pas seulement par le papier, le magazine est un véritable moment de lecture. Par exemple, l'article « Et si on mettait plus de grâce dans notre vie ? » nous donne de véritables pistes pour enchanter la vie sans nous faire la leçon.

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Enfin Flow ne connaîtrait peut-être pas un  tel succès -il a été élu Meilleur titre de presse magazine de l’année 2017, lors du Grand Prix des médias CB News- sans ses cadeaux papeterie. Chaque numéro un ou deux godies nous attendent. Cette fois, ce sont trois pochettes cadeaux :

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Poster, carnets... Ce petit plus ravira les amoureux du papier.

Inutile de le dire : chaque numéro de Flow reste pour une mois une occasion de me poser quelques minutes, de préférence avec une tasse de thé ou de chocolat chaud... Un moment bien-être que je ne raterai pour rien au monde !

 

Vous connaissez Flow ?

 

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09 novembre 2017

L'Âme du monde – Frédéric Lenoir

 

Genre : Conte philosophique

Pays : France

Date de publication : mai 2012

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 60

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Résumé : Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s'appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l'Antiquité appellent l'Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Depuis la sortie de L'Âme du monde, en 2012, j'avais tout fait pour éviter de le lire. Pourquoi ? À cause d'un double traumatisme littéraire. Le premier date de mes années lycée... Il est dû à Zadig ou la Destinée. Alors que j'avais lu et apprécié nombre d'ouvrages considérés par mes pairs comme ennuyeux, j'avoue ne pas avoir survécu à ce vaurien de Voltaire. Puis, la même année que la parution de l'Âme du monde, j'ai eu l'audace de me plonger dans L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle... Expérience désastreuse. Après tout cela, j'avoue que la seule idée de lire ce qu'on me présentait comme un conte spirituel me donnait de l'urticaire.

Sauf que je ne m'étais pas assez renseignée sur l'auteur. Alors que le curriculum vitæ de monsieur Gounelle me laisse un peu dubitative celui de Frédéric Lenoir me semble plutôt rassurant. Philosophe et sociologue, il est chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

C'est pour cela, qu'après avoir tant fui cet ouvrage, j'ai décidé de m'y plonger toute entière.

Mon Avis

 

Ce conte spirituel a été pour moi un joli moment de lecture... Hélas ce genre comporte, et là c'est une question de préférences personnelles, un défaut important : sa brièveté ! En effet j'aurais voulu, en lieu et place d'un court récit de seulement 160 pages, un gros roman riche et foisonnant ! Ou au moins un peu plus de détails... Or un conte a pour principe premier de tendre vers une narration universelle. Une histoire qui parlerait à tous et toutes, au-delà de toute nationalité, de toute religion, de toute culture.

Notons que malgré certains articles et certaines critiques, L'Âme du monde n'est certes pas un Conte philosophique. En effet ce dernier critique la société et le pouvoir en place, ce qui n'est pas tellement le cas du récit de Lenoir -ou de manière totalement superficielle-. De plus rappelons que le Conte philosophique a émergé comme une réponse à la censure que subissaient les philosophes des Lumières.

Bref, j'ai beaucoup aimé L'Âme du monde même si certaines réactions du personnage de l'adolescente -Natina- m'ont semblé un peu ridicules -une telle innocence chez une jeune fille de 14 ans, élevée à l'occidentale, me paraît incohérente-. Mais quelques petites imperfections ne portent guère préjudice à l'ouvrage et je suis sortie de ma lecture bien heureuse d'avoir succombé !

Je vous laisse avec une citation qui m'a particulièrement touchée :

« Malheureux l'homme qui ne sait pas qu'il possède deux grands trésors à l'intérieur de lui-même : la clarté de l'esprit, qui peut le rendre libre, et la bonté du cœur, qui peut le rendre heureux. »

Et vous amis lecteurs, vous aimez les contes philosophiques ?

 

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05 octobre 2017

Des rêves sur papier

 

Dans mon article Projeter pour se révéler, au mois d'avril, je vous parlais de deux méthodes pour visualiser l'avenir que l'on veut : un exercice de Christopher Peterson -professeur de psychologie- et le 10 level up goals. Ces propositions conviendront à ceux qui ressentent une forme d'insatisfaction face à leur existence. Mais même lorsque l'on se sent bien dans sa vie, nous avons des rêves, des projets, des désirs. Dans le flot continu du quotidien, il reste néanmoins facile et presque normal de perdre ces derniers de vu...

Pourquoi ne pas s'atteler sérieusement à la réalisation de ses rêves ?

Bien entendu je ne parle pas ici de fantasmes irréalistes tels que gagner au loto, devenir danseur étoile -alors que vous n'avez jamais pris de cours- ou aller à Poudlard. Il s'agit de ces désirs que l'on remet à plus tard, quand on aura le temps, le courage, assez confiance en soi. Or le premier pas avant de s'atteler à la réalisation de ses rêves est de connaître ses derniers.

I. Bucket list : lâcher la bride à ses rêves

 

Une infirmière en soins palliatifs, Bonnie Ware, a demandé à ses patients quelle étaient leur plus grands regrets. De cette démarche, elle a fait un ouvrage Les 5 regrets des personnes en fin de vie. Ce qui ressort de cette expérience, c'est qu'on ne regrette jamais d'avoir essayer de réaliser ses rêves mais toujours de ne pas avoir tenté le coup.

Pour se lancer, il faut déjà définir ce que nous voulons. Et comme vous connaissez ma passion pour les listes, je vous confiais ici que je collectionne les listes comme d'autres épinglent les papillons, il me paraît logique de vous proposer d'en établir une.

Rien de plus simple : une feuille, un crayon et c'est parti ! Vous pouvez faire des catégories comme : lieux à visiter, choses à apprendre (la guitare ou le mandarin par exemple), oser (se couper les cheveux très courts, aller dans un cours de danse, chanter en public...), donner aux autres (comme faire des dons de sang régulier ou s'engager dans une association), sortir de sa zone de confort / tester des nouveautés (faire un saut à l'élastique, goûte des insectes,...). Personnellement je préfère limiter ma Bucket List à moins de dix points afin me concentrer sur eux et ne pas m'éparpiller...

 

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Si vous avez joué le jeu, vous disposez désormais d'une bucket list tout à vous. Mais comment l'utiliser ? Il ne s'agit pas de vouloir tout réaliser dans l'immédiat. Contentez-vous de choisir un item de la liste, un désir à votre portée. Ensuite demandez-vous comment vous pouvez atteindre ce but ? Pourquoi ? Comment ? Quel coût ? Et oui... Réaliser ses rêves demande quelques efforts !

II. Descriptif et contrat avec soi-même

 

Définir un rêve ou projet en une seule ligne me paraît limité. C'est pourquoi après avoir choisi l'item de votre liste à réaliser en premier, il vous faudra passer à l'étape suivante. Comme je vous le conseillais ci-dessus, prenez d'abord le temps de poser les bases et répondez aux questions suivantes...

Pourquoi voulez-vous faire/apprendre ceci ? Bien comprendre ses motivations vous permettra non seulement d'être sûr de ce que vous voulez mais devrait vous aider à garder votre volonté intacte si les choses se compliquent. Ensuite vous pouvez définir les moyens à mettre en œuvre. Pour apprendre une langue, il pourra s'agir d'acquérir une méthode ou de dégoter un cours. Pour un voyage, ce sera de se renseigner sérieusement sur les conditions de votre périple. Enfin, parce que nous avons souvent des moyens financiers limités, vous pouvez essayer de prévoir quel coût auront vos démarches. Par exemple si vous voulez vous rendre au Japon, définissez un budget puis prévoyez l'argent mensuel à mettre de côté.

Bien sûr certain désirs seront plus longs et compliqués que d'autres à réaliser. Pourtant en mettant par écrit votre « plan », vous aurez déjà effectué le premier pas vers cet accomplissement !

Afin d'ajouter un peu plus de solennité à cette approche vous pouvez très bien passer une sorte de contrat avec vous-même... Du type, « je m'engage à... ». Bien que je n'utilise pas cette méthode, je sais que cela aide certain à garder leurs motivations intactes.

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Materiel pour l'item "Apprendre le japonais"

 

III. Tableau de visualisation et visualisation

 

Si l'écriture introspective vous pose problème et/ou que vos goûts vous portent plus vers le visuel il existe une autre méthode pour « matérialiser » vos désirs : le tableau de visualisation ou vision board. Comme son nom l'indique, il s'agit de mettre votre bucket list en image. J'utilise cet outil depuis quelques mois et je le trouve très intéressant.

Bien entendu vous devez d'abord avoir -au moins en tête- une liste de vos rêves, de préférence des demandes justes et précises. Ensuite -et là c'est la phase que je préfère- prenez le temps de trouver des images pour illustrer vos items. Une fois les illustrations réunies, vous pouvez construire votre vision board.

Plusieurs possibilités s'offrent à vous. La plus classique est d'utiliser un grand tableau en liège sur lequel vous épinglerez vous images. Je n'utilise pas cette option car je n'ai pas envie que mon tableau de visualisation soit à la vue de tous. J'ai donc fait ce dernier à l'aide de deux feuilles perforées que j'ai insérées dans mon journal intime. Ainsi je peux le voir tous les jours.

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Vous pouvez aussi vous tourner vers le numérique en utilisant le site Canva ou des logiciel comme Photoshop ou Gimp.

Peu importe la manière, faire le point sur ce que l'on souhaite et prendre le temps de réfléchir sur les moyens d'y parvenir est passionnant.

Cette démarche fera appelle à votre créativité, vous apportera une meilleure connaissance de vous-même et peut-être l'impulsion qui change les rêves en projets.

 

Et vous, ami lecteur, quel sera votre premier pas en direction de votre rêve ?



28 septembre 2017

L'Art de la méditation – Matthieu Ricard

 

Genre : Essai pratique

Pays : France

Date de publication : 2008

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 30

 

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Résumé : L'art de méditer est une pratique que les plus grands sages poursuivent tout au long de leur vie. Matthieu Ricard vous ouvre le chemin et vous guide pas à pas sur la voie d'une expérience universelle fondée sur l'amour altruiste, la compassion et les bienfaits de la méditation.

Ma découverte de la méditation remonte déjà à quatre ans. Ma thérapeute, devant mon incapacité à lâcher prise, m'avait fortement incitée à essayer à cette pratique. J'ai commencé seule, avec l'aide d'un CD. Il m'aura fallu plusieurs mois pour comprendre à quelle point la méditation impactait positivement ma vie. Puis, il y a deux ans, des soucis de santé sont venus compliquer mon quotidien. Depuis, je vis avec des douleurs chroniques. Sans la méditation pour gérer, la dépression aurait fini par pointer le bout de son vilain nez.

Lorsque j'ai croisé le chemin de l'ouvrage qui nous occupe aujourd'hui, j'ai pensé que cet essai pourrait m'aider à progresser. Et j'apprécie beaucoup monsieur Ricard, dont le Plaidoyer pour l'altruisme a littéralement changé ma vie.

 

Mon Avis

 

Bien que la quatrième de couverture, via une critique de Psychologie Magazine, promette un essai accessible à tous, je pense que L'Art de méditer ne suffira pas pour débuter. Il va sans dire que l'idéal est de s'initier avec un expert ou, du moins, avec des méditations guidées. De mon côté j'ai commencé en autodidacte mais j'ai eu, depuis, la chance d'apprendre d'une professeur de yoga très compétente puis de suivre une formation de méditation Mindfulness sur huit semaines.

Si je reste réservée quant à l'utilité du livre de Matthieu Ricard pour débuter, c'est un ouvrage précieux pour ceux qui veulent avancer dans leur pratique ! L'auteur nous rappelle les bases avant de se pencher sur de multiples formes de méditation : trouver le calme intérieur, méditer sur l'amour altruiste, apaiser la douleur, gérer ses pensées et ses émotions. À chaque thème nous sont proposées plusieurs visualisations. Bref, je sais d'ors et déjà que L'Art de la médiation restera sur ma table de chevet et que j'y reviendrai régulièrement, dans l'espoir de progresser et de découvrir encore de nombreux bienfaits à cette pratique qui a déjà considérablement enrichi ma vie.

 

Et vous, pratiquez-vous la méditation ?

 

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17 août 2017

Et si on arrêtait de se maltraiter ?

 

Le terme bienveillance -grand frère de gratitude- semble sur toutes les lèvres et au bout de tous les stylos. Les magazines bien-être comme les ouvrages de développement personnel nous somment de montrer de la bienveillance envers autrui. Je ne parle pas de gentillesse et encore moins de faiblesse, seulement d'humanité.

Si nous tentons souvent de ne pas nous laisser dominer par nos émotions dans nos rapports avec l'extérieur, nous avons trop souvent tendance à perdre toute mesure quand il s'agit de ce que nous pensons de nous-même. Avant même de tenter de pratiquer la communication non violente pour assainir nos rapports au monde, il s'agit de prendre soin de soi.

I. Nos émotions incarnées : la petite voix intérieure

Possédez-vous une petite voix intérieure ? Vous savez cette entité qui tient aussi bien le rôle de conscience que de donneuse de leçon... Cette petite voix est fortement liée à nos émotions et, selon notre humeur, elle pourra nous encourager comme nous démolir.

Au premier abord, on a l'impression de n'avoir aucune prise sur cette voix. La mienne célèbre parfois mes réussites « Bravo ! » ou me martèle mes limites « Tu es nulle », « Tu n'y arrivera jamais ». Imaginez un enfant de six ans... Il apprend à lire. Or partout où il va, il est accompagné d'un adulte qui ne cesse de clamer : « Tu ne sauras jamais lire ! » « Tu es bête ! » « C'est trop difficile pour toi ! ». Croyez-vous que l'écolier réussira ? Il serait d'un caractère exceptionnel s'il parvenait à faire abstraction de ce personnage malveillant.

Pourquoi serions-nous différent de cet enfant ? Si on laisse notre voix intérieure saper toute notre confiance, nous rabaisser ou nous rappeler nos échecs, comment pourrions-nous avancer dans la vie ?

Avant même de se demander comment rendre cette petite voix bienveillante à notre égard, il s'agit déjà de prendre le temps de l'écouter.

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Un petit exercice pour vous... La prochaine fois que vous vous sentirez mal à l'aise -à cause d'un échec ou d'une situation délicate- prenez le temps de noter ce que vous vous dites. Quels termes emploie cette petite voix ? Si elle utilise des mots qui vous blessent ou vous confortent dans un fonctionnement malsain, vous aurez peut-être envie de cesser cette maltraitance mentale. Pour cela, il faudra déjà comprendre d'où vient cette voix intérieure...

II. Comprendre notre voix intérieure

 

Exercer une influence sur cette petite voix reste compliqué, particulièrement lorsqu'une ou des émotions fortes nous submergent. Il n'y a pas d'antidote miracle mais un long processus puis une pratique imparfaite et résolue de « tendre à la bienveillance ».

Avant toute chose, il s'agit d'écouter cette petite voix. Pas de l'entendre et de se laisser porter par elle, au mépris de notre bien-être, mais d'être attentif à ce qu'elle nous raconte vraiment. D'où vient-elle ? Seulement d'une émotion passagère ? C'est possible. Par exemple quand je perds patience avec mes enfants et me met à crier, je me retrouve à ressentir de la colère contre moi. La petite voix qui s'élève alors me serine que je suis une mauvaise mère, que je suis nulle, incapable de gérer mon rôle. Cette petite voix, qu'exprime-t-elle derrière cette colère ? Un besoin de perfectionnisme impossible à tenir, le besoin d'être une maman bienveillante. Depuis que j'ai compris cela, je ne rumine plus pendant des heures sur ma nullité. Je pose une action juste : si besoin je vais parler avec l'enfant sur lequel j'ai crié. Je lui explique que j'aurais voulu garder mon sang-froid, pourquoi je n'y suis pas parvenue,... Avant, ce genre de crises finissait par une grosse déprime. Désormais, une fois la discussion faite, je me sens encore plus motivée à tendre vers l'éducation que je veux offrir à mes enfants.

Hélas, cette prise de conscience ne suffit pas toujours à gérer cette voix ou -encore mieux- à la remplacer par de la bienveillance. Dans ce cas, la voix en question provient de quelque chose de plus profond, de plus ancien. Une amie souffrant de troubles du comportement alimentaire avait, après chaque crise, un long passage de culpabilité. La petite voix qu'elle entendait lui disait des choses terribles. Après avoir travaillé là-dessus, elle s'est rendu compte que cette voix reprenait à son compte des propos qu'elle avait entendu pendant l'enfance sur son manque de contrôle et sa silhouette pulpeuse.

Savoir d'où viennent les propos malveillants qui s'élèvent en nous est la première étape pour ne plus nous maltraiter. En effet, le processus sera différent selon leur provenance.

III. Changer de voix

 

Travailler sur ces voix n'est pas facile, on a besoin de patience et de courage.

 

Lorsque ces propos naissent d'une émotion, on doit créer un espace suffisant entre soi et l'émotion. Une zone sereine dans laquelle placer une action bienveillante pour soi comme pour les autres. Il existe de nombreuses manières d'apprendre à gérer ses émotions : l'écriture, la méditation, le sport, le yoga, une thérapie,... sont autant d'outils qui peuvent nous aider. Là encore, les maîtres mots sont bienveillance sans complaisance, c'est à dire s'entraîner à regarder nos émotions. Se dire : « Tiens, je ressens de la colère. J'avais besoin de me sentir une mère bienveillante et ma fatigue a pris le dessus. Je vais prendre le temps de laisser passer cette colère puis aller en parler avec ma fille. Lui expliquer les choses pour fermer la crise sur une conversation pertinente. »

Sur le papier, les choses sont simples. Pourtant « simple » ne signifie pas « facile », n'est-ce pas ?

Les voix du passé demandent un travail en amont. Il faut prendre le temps de consoler l'enfant qui a été blessé et façonné par ses voix. Si le passé n'est pas « réglé », il convient de travailler dessus. Ici, les choses sont parfois compliquées à gérer seul, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, que ce soit dans son entourage ou celle d'un professionnel.

 

 

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De manière tout à fait personnelle, j'écris régulièrement ce que me disent ces petites voix. Cette pratique possède un double avantage : elle installe une distance entre mes émotions et moi-même et permet de comprendre d'où viennent tels ou tels termes.

Depuis quelques mois, mes petites voix tendent vers la bienveillance. C'est loin d'être parfait mais, à force, je gère de mieux en mieux mes émotions et parviens à choisir de poser une action qui me convient plutôt que de tomber dans la rumination ou les comportements néfastes. Parfois, quand j'ai l'impression de stagner, je regarde en arrière et je me dis que peu importe l'imperfection, ce qui compte c'est le chemin parcouru et le fait de continuer à avancer.


 

Et vous, ami lecteur, quelles voix vous accompagnent ?




13 juillet 2017

Le Journal Visuel et autres formes de journaux intimes

 

Alors que dans tout les autres domaines, je tente avec force conviction de garder intime mes croyances et conviction, je tombe immanquablement dans le prosélytisme dès que l'écriture est abordée. Ainsi, je reste toute pleine de fierté parce que E. une de mes plus proches amies tient désormais un journal intime, elle qui n'est pas, comme moi, passionnée par l'écriture.

Pour preuve de mon obsession « convertir mon entourage à cette pratique-, la publication dernièrement d'un article sur le sujet.

 

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Convaincre de l'existence de ces bienfaits ne suffit pourtant pas, en général, à convertir mon entourage. Parce que les mots ne sont pas des outils naturels pour tout le monde. Or POURQUOI un journal devrait-il passer nécessairement par l'écrit ? C'est pour tout ceux qui préfèrent d'autres moyens d'expression que je voulais écrire la chronique que je vous livre aujourd'hui.

 

I. Art journal et journal visuel, même chose ou pas ?

 

Pour récolter plus de clics, j'aurais pu titrer cet article l'Art Journal. Ce dernier fait tant d'émules sur les réseaux sociaux. J'avais brièvement évoqué le sujet sur l'Écrhistoires lorsque je rappelais que la créativité est à tout le monde. J'expliquais que c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Personnellement -après avoir essayé plusieurs formes d'expression- je fais la différence entre Art Journal et Journal Visuel.

Le premier est un carnet dans lequel on expérimente diverses techniques autours de l'Art Visuel. Peinture acrylique, gouache, collage, dessin, aquarelle,... Un exercice passionnant mais qui intéresse surtout les adeptes d'Art créatif. Même si la forme reste d'une liberté extraordinaire, l'Art Journal pourrait faire peur à ceux d'entre nous qui ne se sentent pas de dispositions pour les arts plastiques.

Ce que je nomme Journal Visuel c'est le fait de garder une trace de ce que l'on veut -événement ou émotion- de manière la plus simple possible. Ce qui compte c'est s'exprimer. Visuellement, non artistiquement.

 

II. Quand on n'a pas de « prédisposition » pour le dessin, on fait comment ?

 

Un journal visuel sans prétention artistique, voilà ma proposition. Pour commencer pas besoin de grand chose : un cahier, de la colle et un peu de temps. Parce que le terme visuel permet tout, comme nous le montre la définition du terme, sur le site de Larousse : « relatif au sens de la vue », « Relatif aux images, à ce que l'on perçoit par la vue ». Remarquez que toute velléité de faire dans le « beau » est absente. Cela peut simplement consister à coller quelques photos ou des tickets de cinéma, de dessiner des émoticônes pour exprimer l'humeur du jour ou du moment,...

Reste néanmoins que rien ne vous empêche de vous amuser à illustrer ce journal. Comme le Journal Visuel demeure avant toute chose intime, et n'a pas vocation à être publié sur Pinterest ou Instagram, ne vous mettez pas la pression ! Pour débuter, vous pouvez essayer avec des collages composés d'images que vous trouvez belles, de souvenirs qui vous touchent, de papier aux couleurs que vous préférez... Lâchez-vous et, comme un enfant sait admirablement le faire devant une feuille blanche et une boîte de feutres, appréciez simplement cet espace de liberté. Enfin, on peut très bien s'amuser à faire un mixe entre écrit et visuel. Bref, amusez-vous !

Pour aller plus loin il existe des ouvrages, ludiques et pédagogiques, qui permettent à n'importe lequel d'entre nous de dessiner. Je vous en présenterai un ou deux à l'occasion, promis.

 

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Une page de mon Art Journal

 

III. Après le Bujo le Budi

 

Toute mon activité professionnelle tourne autour des mots -les vôtres et les miens-, aussi j'avoue que le soir, fatiguée après ma journée, je n'ai plus très envie de tenir un journal intime au sens où je l'entendais il y a encore cinq ans.

Si j'ai toujours besoin de garder une trace de mon quotidien, je ne le fais plus de la même manière. Laissez-moi vous expliquer...

Depuis quelques années, nous assistons à la déferlante du Bullet Journal. L'idée étant de créer son propre agenda afin d'organiser au mieux son quotidien. J'ai déjà évoqué ce système -dans cet article-. Si j'ai adopté en partie cette pratique, je l'ai tellement adaptée à ce qui me convient qu'elle a donné naissance à une sorte de cousine éloignée. Comme je souffre de la manie de vouloir nommer les choses, j'ai décidé d'appeler celle-ci le Bullet Diary, ou BuDI.

C'est un journal intime qui systématise des rubriques. Voilà ce que ça donne avant que je le complète :

 

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Si ce Bullet Diary vous intéresse, je détaillerais le principe dans un prochain article. Sans doute en août et peut-être avec un DIY pas à pas.

Si vous ne voulez pas manquer cette publication, vous pouvez vous abonner au blog et à sa newsletter (formulaire dans la colonne de droite du site).

 

Et vous, ami lecteur, journal intime ou pas du tout ? Si oui, sous quelle forme ?

 



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29 juin 2017

5 (très) bonnes raisons de tenir un journal intime

 

 

Cette année ce sont les noces de Satin. 24 ans. Vingt-quatre ans de relation intense et passionné entre mon journal intime et moi. Le temps passe et celui-ci s'est transformé pour me suivre : d'un cahier de brouillon en passant par les fameux carnets Moleskine à un espace dans mon Filofax... Peu importe la forme, le ton, j'ai toujours eu le besoin d'écrire en toute confidence. Passée l'adolescence, cette habitude provoque parfois des regards un peu dubitatifs. Voir exaspérés. Pourtant il existe des bénéfices réels à tenir un journal.

Avant de les évoquer, prenons quelques instants pour démystifier cette habitude. Alors NON un journal intime n'est pas forcément un truc rose à cadenas. Encore moins un exercice quotidien à base de « Cher journal, ». Cela peut l'être, si ce format vous ressemble. De mon coté, j'ai abandonné toute velléité de régularité depuis mes treize ans. Je passe parfois plusieurs semaines sans rien écrire. A certaines périodes, mon journal ne rassemble que des dessins. Ou des listes de livres. Ou des poèmes. Ce qui compte c'est simplement de disposer d'un espace où j'écris ce DONT j'ai besoin, là, tout de suite.

 

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Petit aperçu de mes journaux...

I. Développer sa créativité

Pour être un bon kleptomane créatif, notion abordée dans le tout premier article du site, j'encourageais le fait de garder « toujours un carnet/journal sur vous ». Pour noter cette impression, cette citation, ce film, cette couleur ou odeur que l'on intercepte dans le quotidien et qui nourrira, le moment venu, notre vie intérieure.

Journal intime ne rime pas forcément avec les mots. Dans une autre publication, j'abordais d'ailleurs le sujet de l'art journal, journal intime visuel. 

II. Se souvenir des belles choses

Pour les neurosciences, nous avons une prédisposition à voir les choses négatives - comme tout ce qui engendre la peur donc la vigilance – c'est un fonctionnement de survie issu du passé. Voilà pourquoi il nous faudrait faire plus d'effort pour se concentrer sur les événement positifs que sur les difficultés : la résurgence de la joie n'a jamais sauvé une espèce ! Pour cela les listes sont de bons outils – oui, oui, je suis toujours aussi fasciner par les inventaires -. Un journal intime peut être un espace dans lequel noter notre gratitude ou nos petits bonheurs.

 

III. Mieux gérer le quotidien

Mes proches pourraient le confirmer, je suis quelqu'un de pragmatique. J'aime l'utile. D'ailleurs j'ai tendance à trouver agaçante l'habitude qu'ont certains d'opposer le beau à l'utile. Pourquoi ne pas lier les deux ?

Un journal intime est AUSSI un outil pragmatique, pour mieux gérer le présent. Il peut être utile pour formuler des objectifs, des projets,... Et pas seulement.

Au mois de mars, je vous expliquais l'importance de sortir les poubelles intérieures : Notre cœur et notre esprit sont de vraies poubelles : on y accumule des tas de choses, on les laisse pourrir dans un coin. Puis quelques jours/semaines/mois plus tard on s'étonne que la moisissure envahisse tout le reste. Mon journal sert d'abord à cela, accepter et comprendre ce qui est vivant en moi. Récemment confrontée à des soucis de santé, écrire mon angoisse et ma révolte m'a permis de passer cette étape sans la nier.

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IV. Se connaître et s'aimer

Après le volet pragmatique, abordons le domaine du développement personnel. Car on peut écrire pour pour mieux se connaître et /ou changer de regard sur soi... En début d'année, je parlais de journal d'estime de soi qui entre parfaitement dans cette catégorie.

 V. Pour se conjuguer au futur

Les magazines (les livres et même les émissions de TV) ne cessent de nous le seriner : il faut être dans le « Ici et maintenant ». Je ne nie pas les bienfaits de ce précepte et encore moins ceux de la méditation en pleine conscience mais il ne s'agit pas de nier la possibilité du futur. Pour cette raison j'avais publié un article intitulé L'écriture : se projeter pour se révéler : non tenir un journal intime n'est pas nécessairement un acte empli de nostalgie et peutrefléter nos enthousiasmes, nos ambitions, nos appétits pour l'avenir.

 

BONUS POUR LES É CRIVANTS

Si vous faites partie du vaste club des écrivants, la tenue d'un journal prend une autre dimension, vous pouvez l'utiliser pour pratiquer des exercices d'écriture et donc réunir de la matière brute pour tous vos projets.

 

 

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Et vous, ami lecteur, vous tenez un journal ? Pourquoi ?

 

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11 mai 2017

L'acceptation, une notion mal comprise ?

Dans mes ateliers d’Écriture créatrice, le temps passe toujours vite et je regrette de ne pas avoir l'espace suffisant pour certaines questions. J'essaie de donner des outils simples à mes clients et m'efface devant leurs besoins. Heureusement, l'Écrhistoires permet de m'attarder plus longuement sur les notions, de montrer une vision plus subtile de ce que je souhaite transmettre.

L'acceptation, notion complexe, ne saurait se satisfaire de quelques phrases lancées au détour d'une conversation. Du reste un article ne suffira pas à en aborder tous les aspects, j'espère néanmoins proposer quelques pistes intéressantes...



I. Accepter ce qu'on ne peut changer...



La séance le lâcher-prise s'ouvre sur La prière de la sérénité, utilisée aux Alcooliques Anonymes :

AA

 

Dans cette citation réside une première approche de l'acceptation : « Accepter ce qu'on ne peut changer ». Pour comprendre la nécessité d'une telle démarche, nul besoin de subtilité. Il s'agit simplement de ne plus s'épuiser à se battre contre ce qui ne dépend pas de nous.

D'abord ce qui dépend de l'autre. Combien d'entre nous ajoutons de la souffrance dans nos vies parce que nous tentons de réformer ceux qui nous entourent ? Renoncer à transformer autrui est indispensable. Bien sûr, il faut se protéger contre ce qui nous est néfaste mais s’agripper à l’espoir de changer quelqu'un apporte déception et amertume.

Ensuite accepter notre manque de contrôle sur ce que la vie nous offre, en bien comme en mal. Un bon joueur de poker ne va pas passer la partie à pleurer sur les cartes qu'il ne possède pas. Il acceptera celles obtenues pour élaborer la meilleure stratégie possible.

Cette facette de l'acceptation, la plus accessible, met tout le monde d'accord. Pourtant ce qui est simple à comprendre n'est pas toujours facile à mettre en œuvre. Voyez cela comme un entraînement... Oui, on s'entraîne à accepter ce qu'on ne peut changer.

 

Direction



II. Et pour le reste ?



La question de l'acceptation ne concerne pas seulement ce que l'on ne peut changer. Dans l'idéal, on devrait accepter tout que l'existence nous offre : les joies comme les peines, la douleur comme le confort. C'est dans cette phase que les amalgames peuvent surgir. Parce que devant un malheur, une injustice, une maladie, une épreuve, l'acceptation se colore souvent des concepts de pénitence et de résignation. Or accepter n'est en aucun cas se résigner !

Accepter une situation c'est la regarder droit dans les yeux, avec lucidité. C'est la comprendre, l'appréhender, la jauger. Car comment changer ce qu'on connaît mal ?

En quelque sorte l'acceptation est un espace -temporel et psychologique- entre les émotions et la réflexion. Ce n'est pas nier ce qui se passe en nous mais laisser de la place à autre chose qu'un réflexe afin de poser une action juste et sage. En d'autres termes, l'acceptation est une étape nécessaire avant le changement.

Partons d'un exemple concret : la colère face à une injustice. Le Larousse définit la colère ainsi : état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales. La colère est une émotion et, comme le souligne le dictionnaire, elle possède une notion de violence. Comment agir de manière juste lorsque c'est la colère qui nous gouverne ? Cela me semble bien compliqué. Ce n'est pas pour rien que le terme colère vient du latin cholera qui signifie bile...

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Issu des « têtes d’expression  des passions de l’âme» de Charles Le Brun

Lorsque l'on parvient à accepter la situation, à prendre de la distance face elle, si on ne tombe pas dans le piège de la résignation, l'émotion passe et fait place à l'indignation. Une révolte dénuée d'impulsivité et -je l'espère- de barbarie. Alors vient le moment d'agir contre l'injustice. L'esprit clair on peut choisir une action efficace et conforme à nos valeurs.



III. Et l'écriture dans tout ça ?

 

Après deux parties assez abstraites, peut-être trouvez-vous cet article peu en accord avec ma ligne éditoriale : l'écriture. Rappelons que l'objectif serait de s'entraîner à accepter TOUT ce que nous offre l'existence afin non pas de se libérer des émotions mais d'agir en toute conscience. Or -je ne vais pas faire semblant d'être plus sage que je ne le suis- que cela est difficile !

C'est là, dans cette complexité à mettre en œuvre une telle philosophie que l'écriture peut entrer en jeu. Les techniques pour nous aider sont évidemment nombreuses : méditation, thérapies, exercice physique,... Ces pistes demandent un investissement sur la durée et l'intervention de professionnels. Alors en attendant on fait quoi ? On baisse les bras ? Non, on utilise un moyen gratuit et immédiatement à notre portée. Si du moins vous possédez une feuille et un crayon...

Ensuite on écrit sur les expériences fortes que l'on désire accepter. On met un mot sur nos émotions et nos ressentis. On tente de comprendre les situations que l'on rencontre, ce qui se joue dans nos relations, ce qui se passe en nous. Bref on prend du recul et on crée cet espace entre ce que nous propose la vie et les actions que l'on veut mettre en œuvre. Ainsi vous serez en mesure de jouer à partir des cartes dont vous disposez...



 

Et vous, ami lecteur, vous écrivez ce que vous souhaitez accomplir dans le futur ?

 





20 avril 2017

L'écriture : se projeter pour se révéler



Depuis l'ouverture de l'Écrhistoires, j'ai beaucoup parlé de l'écriture comme outil pour rester dans le présent. Pour se maintenir dans  l'«ici et maintenant ». Que ce soit en renforçant son estime de soi ou en exprimant sa gratitude, c'est avant tout au présent que j'ai conjugué la catégorie « Se réécrire ».

L'écriture -si on excepte cette dernière comme outil d'organisation- peut-elle se mettre au service du futur ? De nos projets à venir ? Je prône tous les jours le principe de l'écriture créatrice mais comment peut-elle avoir une influence sur qui nous serons demain ?



I. Le meilleur avenir possible : se connaître



Que ce soit dans ma vie privée, dans mon travail ou pour moi-même, je ne cesse de le répéter : qu'importe nos rêves, nos difficultés, nos ambitions, se connaître nous donne plus de pouvoir sur nos vies. Il en va de même pour notre avenir. Savoir ce que l'on veut semble la base pour réaliser ses désirs.

Christopher Peterson, professeur de psychologie à l'Université du Michigan explique, dans son ouvrage A Primer in Positive Psychology1 avoir proposé à ses étudiant un exercice sur la question. Sur quatre jours consécutifs, il s'agit d'écrire pendant vingt minutes ce que l'on aimeriez que notre existence devienne dans quelques années. Pour se faire, on doit explorer en détail cette projection de l'avenir. Afin que l'expérience soit efficace, il ne faut pas partir dans des fantasmes improbables. Gagner au loto, devenir danseur étoile ou star du rock... Ce qui est demandé c'est de décrire son meilleur avenir possible à partir de ce qui est en notre pouvoir.

L'avantage de prendre du temps pour écrire sur ce que nous aimerions est de clarifier nos désirs. Se projeter dans un avenir complet et précis pour mieux mettre en œuvre les chantiers nécessaires à notre bonheur. Et puis quand notre motivation s’essouffle -et cela arrive toujours à un moment donnée, pas la peine de se culpabiliser pour ça!-, relire cette description peut devenir ce petit coup de pouce qui nous manquait.



II. Au quotidien : le Bullet Journal ou le 10 level up goals

 

L'exercice de Peterson, proposé dans la première partie, peut néanmoins se révéler compliqué. La proposition, très ouverte, provoque parfois l'effet inverse de celui escompté : on se retrouve perdu devant notre feuille / écran / parchemin, comme bloqué par l’imprécision de la question. On sait -presque- toujours voir sa frustration ou son insatisfaction mais quant à expliquer ce qui nous manque pour atteindre plus de bonheur, c'est une autre paire de mitaines. Heureusement il existe d'autres manières, plus douces et guidées de faire un bilan de ce que l'on veut. Une méthode a le vent en poupe sur les réseaux sociaux : le « Level 10 life ».

Cette pratique nous vient de la dernière mode du moment en terme d'organisation de vie : le Bullet Journal. Surnommé BuJo, il consiste à personnaliser un carnet pour se constituer un planning au plus près de ses besoins -plus d'informations ICI-. Après avoir testé le principe quelques semaines, je l'ai adapté à ma personnalité en conservant du Bullet les éléments qui me convenaient. Parmi ces derniers, le 10 level up goals, développé par Hal Elrod dans son ouvrage Miracle Morning.

Pour chaque domaine de votre vie -famille, carrière, santé...- vous évaluez votre actuel niveau de satisfaction sur une échelle de 1 à 10. Puis vous définissez ce qui pourrait améliorer les niveaux en questions. Quelles petites habitudes pouvez-vous prendre maintenant ? Des petits actes faciles et rapides à mettre en place. Lorsque ceux-ci sont ancrés dans votre routine, au bout de quelques mois -voir une année complète-, il sera facile en refaisant le bilan avec l'échelle de 1 à 10 de prendre du recul et voir si votre confort et votre satisfaction se sont améliorés. Si vous voulez plus de détails à ce propos, je vous conseille l'article dédié sur POWA.

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III. Préparer un futur où le passé enseigne

 

Si je crois qu'un être humain peut se transformer, je n'ai rien d'une illuminée qui pense pouvoir faire table rase de ce que nous transportons : nos expériences passées, nos traumatismes, nos succès, nos errances, tout ce qui nous mène à être ce que nous sommes. Se transformer ne revient jamais à nier son passé mais à l'intégrer.On ne se libère pas de sa prison en la tapissant d'explosifs, -on risque surtout de mourir dans sa tentative...-. On se libère en trouvant une issue de secours, en connaissant parfaitement les lieux. La fuite sans un regard en arrière n'est possible que dans les mauvais soap. Même en changeant de vie, nos souvenirs et nos blessures nous accompagnent. Hélas, se transformer demande du temps. Beaucoup de temps. Et, parfois, il est difficile de voir le chemin parcouru. Tenir un journal intime, c'est bien mais si vous êtes prolixe, vous il sera compliqué -voir impossible- de vouloir faire un bilan des années précédentes.

Afin, dans l'avenir, de disposer d'un outil simple pour voir mon évolution dans les domaines les plus variés -du plus léger au plus philosophique-, j'utilise depuis janvier le carnet Q&A a Day Journal (qui existe désormais en français pour ceux qui préfèrent).

 

 

Le principe : une question par jour de l'année et par page. Cinq entrées pour cinq réponses -une par an-. En finalité vous aurez votre évolution pour ces 365 questions. Si je manque de recul pour vous faire un vrai bilan de cette méthode, je pense l'outil intéressant. D'ailleurs je m'amuse bien à remplir mon petit livre chaque soir.

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Et vous, ami lecteur, vous écrivez ce que vous souhaitez accomplir dans le futur ?



1 Peterson C. A Primer in Positive Psychology, New York, Oxford Unisversity Press, 2006

30 mars 2017

L'étrange monde du coloriage pour adultes...



Cinq ans... Cinq ans que l'invasion a commencé. Nos papeteries, nos librairies, nos supermarchés et Internet : le coloriage pour adultes est partout. Depuis le temps, on aurait pu penser que le phénomène se serait essoufflé mais pas tellement. Il s'est seulement démocratisé, passant du nouveau hobby à la mode chez les bobos adeptes d'Art-thérapie à une activité passe-partout coincée entre le tricot et le scrap. De nouveaux chouchous l'ont chassé du rayon nouveauté : le Bullet Journal, les Zentangle,... Mais le coloriage n'est pas mort... Penchons-nous sur son cas.



Ah, non, pas pour moi !

 

Quand on évoque le coloriage, la plupart d'entre nous pense d'abord à une activité pour enfants, le genre qui les occupe dans la salle d'attente du médecin ou au restaurant. Personnellement, cela faisait remonter un souvenir assez triste : celui du service fermé où se trouvait ma grand-mère en maison retraite. Les murs tristes, des personnages âgéess à l’œil hagard qui, dans la petite salle commune, s'appliquaient à ne pas dépasser...

Lorsque je passais devant les livres de mandala et de coloriage anti-stress, je me contentais de leur jeter un coup d’œil méfiant sans m'arrêter. Ma thérapeute, alors que j'avais beaucoup de mal à être dans le moment présent (depuis j'ai découvert les bienfaits de la méditation), m'a conseillée de tenter le coup. Je dois avouer que j'étais plus que sceptique mais nos séances ayant été très constructives, je décidais de lui faire confiance.

 

Crayons

 

La pleine conscience pour les nuls ?

 

Très vite j'ai réalisé pourquoi le coloriage était tant plébiscité. J'avais essayé pas mal de choses pour me détendre. Prendre un bain ne m'aidait pas, mes pensées ressemblaient trop à de la rumination. Le tricot et autres loisirs créatifs ? Je ne suis pas très douée donc je passais plus de temps à m'énerver qu'à lâcher prise. Bref il me fallait une activité qui m'occupe aussi bien les mains que l'esprit sans me fatiguer ni mettre en route mon désir névrosé de perfectionnisme.

Le coloriage a été une vraie découverte. Pendant quinze ou trente minutes, je cessais de me mettre la pression... Ma respiration devenait calme et profonde, je ne pensais plus à la liste de choses à faire et à tous ce que je ne parvenais pas à accomplir. Sans le savoir je découvrais ce qu'être dans le « ici et maintenant » signifiait.

Avec le recul, je me rends compte que c'était le premier pas vers ma découverte de la méditation -et ma thérapeute l'avait prévu-. Aujourd'hui je médite presque tous les jour et ma vie s'est transformée. Le coloriage n'a été qu'un rouage de ce changement... Mais chaque rouage compte.

 

 

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Un vrai acte créatif ?

 

Si ma thérapeute m'avait conseillé le coloriage dans une optique de soins, cette activité a eu pour moi un effet beaucoup plus complet. Adolescente et jeune adulte, le dessin tenait une place de choix dans mes loisirs. Puis les années passant, j'avais complètement rangé mes crayons. Je cantonais mes ambitions créatives à l'écriture et aux mots. Or la pratique d'un art visuel est très épanouissant et, je ne m'en rendais pas compte, pouvait nourrir mon travail d'auteur. Le coloriage, à la portée de tous, m'a permis de redécouvrir le plaisir de jouer avec les couleurs et les formes. Cette activité m'a débarrassé de mes complexes. Très vite, j'ai eu envie de me remettre au dessin puis à la peinture.

Je ne cesse de répéter que la créativité est à tout le monde, qu'il ne faut pas hésiter à sauter le pas mais je sais aussi combien il peut être difficile de se libérer de nos peurs et de nos complexes. C'est pourquoi le coloriage - facile et bon marché - peut être une manière de (re)devenir créatif. Un premier pas pour explorer d'autres techniques.

 

Que ce soit pour lâcher-prise ou libérer sa créativité, c'est un outil facile à expérimenter.

 

Et vous, adeptes de loisirs créatifs ? Si oui, lesquels ?

 

 

Posté par Emilie Cognac à 07:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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