22 mars 2018

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une – Raphaëlle Giordano



Genre : Roman

Pays : France

Date de publication : 2015

Maison d'édition : Pocket pour la présente édition

Prix : 6 euros 95

 

ta-deuxieme-vie-commence-quand-tu-comprends-que-tu-n-en-as-qu-une



Résumé :

" Vous souffrez probablement d'une forme de routinite aiguë.

Une quoi ? "

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps : elle fonce et repart à la conquête de ses rêves...



L'activité que je propose, l'écriture créatrice, s'imprègne de psychologie, de sophprologie, de méditation et de développement personnel. J'utilise ces pratiques alliées à l'écriture pour travailler sur soi. Je suis donc à l’affût de ce qui s'écrit sur ces questions. Même les romans. C'est ainsi que j'ai eu le plaisir de lire le conte L'âme du monde. Je ne pouvais passer à côté du livre de madame Giordano qui,selon la presse et les critiques, est un roman imprégné de ces pratiques. J'ai même lu l’avis de lecteurs qui témoignat que l'ouvrage avait changé leur vie ! D'un autre côté, une amie -dont les opinions sont proches des miennes- m'avait mise en garde : le bouquin l'avait extrêmement déçue. Toutes ces contradictions ne pouvaient que me pousser à lire Ta deuxième vie...



Mon Avis

 

Sur la papier le livre de Raphaëlle Giordano semble alléchant. Une jeune femme, pas malheureuse mais un peu paumée, découvre via un « routinologue » des pratiques inspirantes... Ok. Bon.

Soyons franc ami lecteur, si vous avez aimé l'ouvrage en question, je veux dire vraiment aimé, alors ne lisez pas cet article. Car cela n'a pas été mon cas. Mais alors vraiment pas !

S'il y a bien une chose qui m'agace et... Non, pas m’agace. C'est loin de la vérité. Je reprends : s'il y a bien une chose qui me met hors de moi c'est quand un écrivain -ou un essayiste- prend ses lecteurs pour des mollusques abrutis. Or tout au long de Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, j'ai eu l'inconfortable impression qu'on me prenait pour une demeurée. Remarquez, j'aurais sans doute pu m'en douter car le titre annonce la couleur. Il semble proclamer : tu vois lecteur, voilà ce que tu vas apprendre avec moi ! Vois comme je ne vais pas te divertir, car cela n'a que peu d'intérêt, mais vois de quelle manière tu vas avoir une illumination dans ton petit cerveau atrophié de consommateur alléché par la pseudo-philosophie.

Oui, oui, ce n'est qu'un titre. Mais -et finalement cela signifie sûrement qu'il est bien trouvé- il reflète une caractéristique du récit : la condescendance. Tous les principes exposés par Claude le gourou routinologue sont en gras. Oui, en gras. Comme ça le premier benêt venu -celui auquel l'auteure s'adresse- comprendra bien ce qu'il lui faut retenir de sa lecture. L'usage de la typographie pour instruire la populace... Par Aslan, même les citations sont en gras ! Comme celle d'Aristote, page 41. Argh...

Vous pourrez me dire que peu importe, ce qui compte c'est que madame Giordano permette aux néophytes de découvrir le développement personne. Mouais. Sauf que l'auteure ne se contente pas d'effleurer les notions qu'elle promue, elle les abîme. Déjà parce qu'une pratique mal appliquée peut faire beaucoup de mal mais aussi parce qu'elle nous trompe. Madame Giordano nous raconte un conte où les marraines sont remplacées par la méditation en pleine conscience, la pensée positive -que j'exècre- et la communication non violente. Nous avons le droit à des miracles. De la pleine conscience lyophilisée, aussitôt pratiquée aussitôt comprise. De la communication non violente galvaudée, de la psychologie instantanée -il suffit d'un coup de fil pour que l'héroïne pardonne son père-.

Quel est le risque me demanderez-vous ? Et bien que les lecteurs se jettent dans une de ces pratiques en pensant que ce sera aussi simple. Mais ça ne l'est jamais. Oui, il faut du temps pour qu'une pratique fasse partie de notre vie et la change. Finalement l’itinéraire de l’héroïne ressemble en tout point à ce qu'elle semble être : un mélange de bons sentiments, d’égoïsme et de caprice. Le nombrilisme en sarouel.

Enfin, et de manière tout à fait personnelle, je n'apprécie pas les messages véhiculés par le roman. D'abord l'idée d'un devoir au bonheur. Une forme de tyrannie de la perfection et du changement. L'auteure nous vend une femme qui trouve le bonheur dans la réussite professionnelle -avec un final ridicule-, dans le fait de mitonner de bons petits plats sains à sa famille, et surtout de ne pas sombrer dans la routine. Le vrai bonheur est-il de changer de vie ou de regard pour la sublimer ? Ce que nous dit ce roman c'est que l'on doit en faire plus, toujours plus, et mieux ; que le bonheur se débusque non dans la réalité et les petites choses mais dans la quête de la perfection. Même nos difficultés et nos blessures devraient être maquillées de développement personnel...

Alors non, je ne crois que ce roman puisse profondément changer une vie. Il peut, au mieux, donner envie d'aller voir de plus près quelques pratiques. Au pire il nous vend un chemin de vie irréaliste avec l'impression qu'on n'est -encore une fois- pas à la hauteur. Et de se perdre tant dans une quête mensongère que le bonheur nous semble un fantasme juste bon pour les bobos mangeurs de soja.

 

Si vous l'avez lu, vous avez aimé ?

 

 


25 janvier 2018

Tenir un journal intime - comment ?

 

Peut-être avez-vous eu l'occasion de lire mon article sur les 5 bonnes raisons de tenir un journal intime. Si c'est le cas, vous approuvez peut-être sans vous être lancé. Il faut dire que si cette habitude ne fait pas parti de votre quotidien, c'est parfois un peu étrange de commencer. On ne sait pas forcément de quelle manière s'y prendre... Dans cet article je parle de journal « écrit », pour l'Art Journal c'est par .



 

116464835

 

Un journal... Mais dans quoi ?

Si vous avez plus de dix ans, on oublie le carnet à cadenas ! Surtout que ce système est aussi sécurisé que faire ripaille au bord d'une autoroute. Bien entendu, nul besoin d'investir, après tout j'ai commencé mon journal dans un de ces cahiers de brouillons vendu par cinq. Par contre vous pouvez désirer un support sympa.

 

71ULKbm-akL

Attention toutefois au piège du perfectionnisme : choisir un carnet trop luxueux, en vrai cuir par exemple, risque de vous donner des angoisses si par malheur vous vous risquez à raturer. Personnellement, j'aime que mon journal soit comme ma vie, joyeusement bordélique. Il existe des carnets esthétiques à prix correct, les Clairefontaine, les Moleskine ou les fameux Leuchtturm1917 -chouchous des adeptes du Bullet Journal-.

 

81pataRehyL

Concernant le format du support, le A4 me semble un peu grand. Ensuite cela dépendra de l'usage que vous ferez de votre journal : si vous désirez l'emporter partout une taille de 13 par 21 ou même de 9 par 14 pourrait vous convenir.

Depuis plusieurs mois, je tiens mon propre journal dans mon agenda -un Domino de Filofax en A5-. Lorsque j'ai besoin d'archiver un trimestre, je transfère les feuilles dans des classeurs tout simples.

Et le stylo ? ça n'a, bien sûr, aucune importance. Je déconseille le crayon à papier si vous désirez conservez vos journaux mais un simple bic noir conviendra tout à fait.

 

Question de temps et de régularité

Quand on tient un journal depuis longtemps on ne fait pas vraiment attention à la régularité. Il passe parfois des semaines avec seulement quelques feuillets griffonnées et, dans d'autres périodes, j'écris plusieurs pages par jour. Si je peux me permettre cette souplesse, c'est parce que l'écriture intime fait parti de mon hygiène de vie. Quand on débute, je pense qu'il faut mieux miser sur une certaine régularité. Rien de chronophage toutefois : le but est d'intégrer une routine pas de s'épuiser. Pour la fréquence commencer par un rythme très léger, une ou deux fois par semaine. Livre à vous de multiplier par la suite les séances d'écriture dans votre journal.

 

781585GeorgeGoodwinKilburne-300x236

George Goodwin Kilburne (1839-1924), Penning a Letter

Surtout ne cherchez pas à écrire bien ou joliment. Employez le vocabulaire que vous utilisez habituellement. Un journal intime n'a pas, à priori, de vocation littéraire. Si vous pratiquez l'écriture dite créative, vous pouvez vous amusez avec des consignes. Au fil du temps, votre journal deviendra sans doute un laboratoire d'idée, une usine à créativité. Mais comme pour les autres, ne vous précipitez ni dans le perfectionnisme ni dans un cahier des charges particuliers. Un journal intime doit avant tout rester un espace de liberté.

 

Mais je raconte quoi ?

 

Comme je le disais au-dessus, c'est un espace totalement libre. Certains d'entre vous verront dans cette infinité de possibilités une stimulation à leur créativité, d'autres pourraient se retrouver paralysés : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».

Si vous faites parti de la seconde catégorie, point d'inquiétude, vous pouvez vous appuyer sur un cadre pendant quelques temps. Pourquoi ne pas commencer par répondre au questionnaire de Proust ? Ou encore écrire votre « portrait chinois » ?

Après vous pouvez centrez une partie de votre journal autour d'un thème particulier comme les livres que vous lisez / films que vous voyez ou votre professionnelle/sentimentale/spirituelle. Enfin, n'oubliez pas que vous avez tout loisir s'expérimenter autant de choses que vous le voulez. À force vous verrez ce qui est le plus enrichissant pour vous...

Si vous n'appréciez pas cette liberté, il existe aussi des petits ouvrages très pratique comme celui-ci :

41Yd4NB1SCL

 

Et vous, des conseils à donner pour tenir un journal ?

 

Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 décembre 2017

L'écriture pour gérer son passé...

 

Depuis l'ouverture de l'Écrhistoires, nous avons beaucoup parlé d'écriture pour le futur, que ce soit afin de le planifier et de le rêver ou dans l'intention de l'organiser. Mais le passé ? À moins d'être né ce matin, adulte et vierge de toute expérience, le passé influe sur le présent. En bien, lorsque l'on s'efforce de ne pas répéter certaines souffrances et/ou en mal, quand des regrets, des remords, des douleurs nous empêchent d'accéder à la sérénité. L'écriture peut-elle nous aider à intégrer ce passé et ainsi lui enlever de son pouvoir ? Et de quelle manière ?

 

tenses

 

I. La méthode Brunet... ou l'écriture utilisée pour le SPT

 

Commençons par approcher un procédé thérapeutique qui utilise l'écriture. Il ne s'agira pas de le répéter sans la sécurité de médecins ou soignants, seulement de voir comment l'écriture entre en compt.

En France, c'est le psychologue québécois Alain Brunet qui a proposé cette méthode. Après les attentats du 13 novembre 2015, il a proposé son aide aux victimes souffrant de stress post-traumatique. Ce traitement, qui serait efficace pour 65-70% des personnes prises en charge, dure six semaines avec une séance hebdomadaire de 25 min. Une heure avant le début, le patient prend du propranolol, un bêtabloquant, servant habituellement à combattre les migraines, mais qui permettrait d'effacer la dimension émotionnelle des souvenirs traumatiques. Lors de la première séance le patient est invité à écrire son trauma, à le raconter au présent et à la première personne. La semaine suivante -après avoir pris un nouveau comprimé de propranolol- il relit son récit initial. Le patient en fera de même pendant six semaines et, à la fin, le texte ne devrait plus correspondre à son ressenti. Ce ne serait qu'un souvenir douloureux, sans l'effet dévastateur provoqué par l'état de stress post-traumatique.

Une étude est en cours -sur 400 personnes souffrant de SPT- afin de déterminer l'efficacité de cette méthode.

On peut voir que l'écriture -puis la lecture de son propre texte- tient une place centrale dans cette démarche et confirmerait l'intérêt de celle-ci pour consoler du pasé.

6308847_bd2f06efa8e00fdfc099f80d78421e48d62db470_1000x625

 

II. S'en inspirer, oui mais comment ?

 

Comme je l'expliquais plus haut, il ne s'agit pas d’utiliser cette méthode n'importe comment, elle doit être menée dans un cadre médicale. Ce procédé met seulement en lumière l'utilisation qui peut être faite de l'écriture pour gérer des événements déjà passés.

Raconter les circonstances de ce qui nous fait souffrir ou nous empêche d'avance ne suffit pas. Notre état d'esprit doit être propice à mettre de la distance. Ce recul peut tout à fait être atteint avec des méthodes douces comme la méditation. Personnellement, je pratique toujours au moins 10 min de méditation ou de yoga avant de prendre le stylo pour travailler un événement difficile. Ensuite je raconte ce qui s'est passé et ce que cela provoque en moi. Je ne cherche pas à produire un texte littéraire, seulement à rester franche et précise. Le lendemain, ou quelques jours après, je relis le texte et essaie de comprendre pourquoi et comment l'incident en question provoque tant de souffrance. Je recommence autant de fois que cela me semble nécessaire -en faisant une pause d'au moins 24 h entre chaque « séance ». En général, je finis par relire ce récit sans que cela provoque en moi des émotions disproportionnées.

Dans le cas contraire et si j'en éprouve le besoin, je demande de l'aide. Je considère que si je n'arrive pas à vider l’événement en question de sa charge émotionnelle c'est que j'ai besoin d'aller voir ce qui se cache derrière. Pour cela, je me fais accompagner.

 

BEDARD_CAROL-ANN_COUVERTURE_10MAI

 

III. Pour quelles blessures ?

 

Bien sûr cette démarche -écrire l'élément jusqu'à ce qu'il perde de son pouvoir- n'est pas une solution miracle ni le stylo une baguette magique d'Ollivander ! Si l'écriture peut vous permettre de gérer des situations problématiques, son action possible sur les traumatismes reste dangereuse hors de tout cadre thérapeutique. Pour les traumas anciens ou « lourds » l'écriture peut intervenir mais seulement en complément d'autres stratégies que ce soit médicamenteuse, psychanalytique ou via l'EMDR.

 

rwes9owutki6ftj7h4ag

Le personnage d'Ollivander, vendeur de baguette magique dans Harry Potter

 

De nombreuses études montrent que l'écriture peut être thérapeutique, ce qui me conforte dans l'idée qu'on peut l'utiliser efficacement pour le développement personnel. La tenue de mon journal revêt tout à fait cette fonction : écrire m'aide non seulement à gérer le quotidien mais aussi à digérer les difficultés de la vie.

Selon vous, l'écriture peut-elle aider à gérer le passé ?

 

30 novembre 2017

Instant plaisir : le magazine Flow

 

Aujourd'hui sort le dernier numéro du seul magazine auquel je suis fidèle, je t'en parlais d'ailleurs ici ! Comme j'écris mes articles en avance, il me sera impossible de te parler de cet opus. Cette chronique concerne donc le numéro 20, sorti le 12 octobre.

Genre : Magazine

Rythme de parution : tous les deux mois

Numéro : 20

Rédactrice en chef : Gwendoline Michaelis

Prix : 7,50

Flow-20-avec-code-barres-1140x1419

 

Appartenant résolument à la catégorie « Lifestyle » aborde nombre de sujet mais toujours à travers le prisme de la psychologie positive. Bref une revue sans doute très « bobo » ! C'est sans doute pour cela que je l'adore. Depuis que j'ai découvert Flow, je ne manque aucune parution et attends toujours avec impatience le moment où je pourrais le savourer.

Chaque numéro est conçu autour d'un thème, en octobre Enchanter la vie. Ensuite on trouve plusieurs catégories :

- Belles rencontres « Des portraits de personnes créatives talentueuses et une ouverture sur le monde. »

- Esprit libre : « Des sujets qui invitent à la découverte, la réflexion et à avoir une vision positive de la vie. »

- Petits plaisirs : « Du shopping et des recettes pour se faire plaisir. »

- Douceur de vivre : « Des conseils pour rendre son quotidien plus doux.

 

Mon Avis

 

Ce qui frappe quand on feuillette Flow, c'est le soin consacré à la mise en page. Beaucoup d'illustrations sur un papier luxueux avec parfois de vraies prises de risque visuelles.

Ainsi sur l'article « La philosophie au féminin » :

Philo

En parlant illustrations, chaque numéro comporte plusieurs intercalaires facilement détachable montrent le travail d'un artiste. Pour octobre, c'est Irene Sophia qui a été mise à l'honneur. De quoi donner envie de les mettre sous cadre -saluons la qualité de l'impression!- :

Intercalaire

Le prix élevé de Flow ne se justifie pas seulement par le papier, le magazine est un véritable moment de lecture. Par exemple, l'article « Et si on mettait plus de grâce dans notre vie ? » nous donne de véritables pistes pour enchanter la vie sans nous faire la leçon.

Grâce

Enfin Flow ne connaîtrait peut-être pas un  tel succès -il a été élu Meilleur titre de presse magazine de l’année 2017, lors du Grand Prix des médias CB News- sans ses cadeaux papeterie. Chaque numéro un ou deux godies nous attendent. Cette fois, ce sont trois pochettes cadeaux :

Cado1

Poster, carnets... Ce petit plus ravira les amoureux du papier.

Inutile de le dire : chaque numéro de Flow reste pour une mois une occasion de me poser quelques minutes, de préférence avec une tasse de thé ou de chocolat chaud... Un moment bien-être que je ne raterai pour rien au monde !

 

Vous connaissez Flow ?

 

Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

09 novembre 2017

L'Âme du monde – Frédéric Lenoir

 

Genre : Conte philosophique

Pays : France

Date de publication : mai 2012

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 60

51KCgKFax0L

 

Résumé : Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s'appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l'Antiquité appellent l'Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Depuis la sortie de L'Âme du monde, en 2012, j'avais tout fait pour éviter de le lire. Pourquoi ? À cause d'un double traumatisme littéraire. Le premier date de mes années lycée... Il est dû à Zadig ou la Destinée. Alors que j'avais lu et apprécié nombre d'ouvrages considérés par mes pairs comme ennuyeux, j'avoue ne pas avoir survécu à ce vaurien de Voltaire. Puis, la même année que la parution de l'Âme du monde, j'ai eu l'audace de me plonger dans L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle... Expérience désastreuse. Après tout cela, j'avoue que la seule idée de lire ce qu'on me présentait comme un conte spirituel me donnait de l'urticaire.

Sauf que je ne m'étais pas assez renseignée sur l'auteur. Alors que le curriculum vitæ de monsieur Gounelle me laisse un peu dubitative celui de Frédéric Lenoir me semble plutôt rassurant. Philosophe et sociologue, il est chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

C'est pour cela, qu'après avoir tant fui cet ouvrage, j'ai décidé de m'y plonger toute entière.

Mon Avis

 

Ce conte spirituel a été pour moi un joli moment de lecture... Hélas ce genre comporte, et là c'est une question de préférences personnelles, un défaut important : sa brièveté ! En effet j'aurais voulu, en lieu et place d'un court récit de seulement 160 pages, un gros roman riche et foisonnant ! Ou au moins un peu plus de détails... Or un conte a pour principe premier de tendre vers une narration universelle. Une histoire qui parlerait à tous et toutes, au-delà de toute nationalité, de toute religion, de toute culture.

Notons que malgré certains articles et certaines critiques, L'Âme du monde n'est certes pas un Conte philosophique. En effet ce dernier critique la société et le pouvoir en place, ce qui n'est pas tellement le cas du récit de Lenoir -ou de manière totalement superficielle-. De plus rappelons que le Conte philosophique a émergé comme une réponse à la censure que subissaient les philosophes des Lumières.

Bref, j'ai beaucoup aimé L'Âme du monde même si certaines réactions du personnage de l'adolescente -Natina- m'ont semblé un peu ridicules -une telle innocence chez une jeune fille de 14 ans, élevée à l'occidentale, me paraît incohérente-. Mais quelques petites imperfections ne portent guère préjudice à l'ouvrage et je suis sortie de ma lecture bien heureuse d'avoir succombé !

Je vous laisse avec une citation qui m'a particulièrement touchée :

« Malheureux l'homme qui ne sait pas qu'il possède deux grands trésors à l'intérieur de lui-même : la clarté de l'esprit, qui peut le rendre libre, et la bonté du cœur, qui peut le rendre heureux. »

Et vous amis lecteurs, vous aimez les contes philosophiques ?

 

Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


05 octobre 2017

Des rêves sur papier

 

Dans mon article Projeter pour se révéler, au mois d'avril, je vous parlais de deux méthodes pour visualiser l'avenir que l'on veut : un exercice de Christopher Peterson -professeur de psychologie- et le 10 level up goals. Ces propositions conviendront à ceux qui ressentent une forme d'insatisfaction face à leur existence. Mais même lorsque l'on se sent bien dans sa vie, nous avons des rêves, des projets, des désirs. Dans le flot continu du quotidien, il reste néanmoins facile et presque normal de perdre ces derniers de vu...

Pourquoi ne pas s'atteler sérieusement à la réalisation de ses rêves ?

Bien entendu je ne parle pas ici de fantasmes irréalistes tels que gagner au loto, devenir danseur étoile -alors que vous n'avez jamais pris de cours- ou aller à Poudlard. Il s'agit de ces désirs que l'on remet à plus tard, quand on aura le temps, le courage, assez confiance en soi. Or le premier pas avant de s'atteler à la réalisation de ses rêves est de connaître ses derniers.

I. Bucket list : lâcher la bride à ses rêves

 

Une infirmière en soins palliatifs, Bonnie Ware, a demandé à ses patients quelle étaient leur plus grands regrets. De cette démarche, elle a fait un ouvrage Les 5 regrets des personnes en fin de vie. Ce qui ressort de cette expérience, c'est qu'on ne regrette jamais d'avoir essayer de réaliser ses rêves mais toujours de ne pas avoir tenté le coup.

Pour se lancer, il faut déjà définir ce que nous voulons. Et comme vous connaissez ma passion pour les listes, je vous confiais ici que je collectionne les listes comme d'autres épinglent les papillons, il me paraît logique de vous proposer d'en établir une.

Rien de plus simple : une feuille, un crayon et c'est parti ! Vous pouvez faire des catégories comme : lieux à visiter, choses à apprendre (la guitare ou le mandarin par exemple), oser (se couper les cheveux très courts, aller dans un cours de danse, chanter en public...), donner aux autres (comme faire des dons de sang régulier ou s'engager dans une association), sortir de sa zone de confort / tester des nouveautés (faire un saut à l'élastique, goûte des insectes,...). Personnellement je préfère limiter ma Bucket List à moins de dix points afin me concentrer sur eux et ne pas m'éparpiller...

 

20171003_061421

 

Si vous avez joué le jeu, vous disposez désormais d'une bucket list tout à vous. Mais comment l'utiliser ? Il ne s'agit pas de vouloir tout réaliser dans l'immédiat. Contentez-vous de choisir un item de la liste, un désir à votre portée. Ensuite demandez-vous comment vous pouvez atteindre ce but ? Pourquoi ? Comment ? Quel coût ? Et oui... Réaliser ses rêves demande quelques efforts !

II. Descriptif et contrat avec soi-même

 

Définir un rêve ou projet en une seule ligne me paraît limité. C'est pourquoi après avoir choisi l'item de votre liste à réaliser en premier, il vous faudra passer à l'étape suivante. Comme je vous le conseillais ci-dessus, prenez d'abord le temps de poser les bases et répondez aux questions suivantes...

Pourquoi voulez-vous faire/apprendre ceci ? Bien comprendre ses motivations vous permettra non seulement d'être sûr de ce que vous voulez mais devrait vous aider à garder votre volonté intacte si les choses se compliquent. Ensuite vous pouvez définir les moyens à mettre en œuvre. Pour apprendre une langue, il pourra s'agir d'acquérir une méthode ou de dégoter un cours. Pour un voyage, ce sera de se renseigner sérieusement sur les conditions de votre périple. Enfin, parce que nous avons souvent des moyens financiers limités, vous pouvez essayer de prévoir quel coût auront vos démarches. Par exemple si vous voulez vous rendre au Japon, définissez un budget puis prévoyez l'argent mensuel à mettre de côté.

Bien sûr certain désirs seront plus longs et compliqués que d'autres à réaliser. Pourtant en mettant par écrit votre « plan », vous aurez déjà effectué le premier pas vers cet accomplissement !

Afin d'ajouter un peu plus de solennité à cette approche vous pouvez très bien passer une sorte de contrat avec vous-même... Du type, « je m'engage à... ». Bien que je n'utilise pas cette méthode, je sais que cela aide certain à garder leurs motivations intactes.

20171003_061734

Materiel pour l'item "Apprendre le japonais"

 

III. Tableau de visualisation et visualisation

 

Si l'écriture introspective vous pose problème et/ou que vos goûts vous portent plus vers le visuel il existe une autre méthode pour « matérialiser » vos désirs : le tableau de visualisation ou vision board. Comme son nom l'indique, il s'agit de mettre votre bucket list en image. J'utilise cet outil depuis quelques mois et je le trouve très intéressant.

Bien entendu vous devez d'abord avoir -au moins en tête- une liste de vos rêves, de préférence des demandes justes et précises. Ensuite -et là c'est la phase que je préfère- prenez le temps de trouver des images pour illustrer vos items. Une fois les illustrations réunies, vous pouvez construire votre vision board.

Plusieurs possibilités s'offrent à vous. La plus classique est d'utiliser un grand tableau en liège sur lequel vous épinglerez vous images. Je n'utilise pas cette option car je n'ai pas envie que mon tableau de visualisation soit à la vue de tous. J'ai donc fait ce dernier à l'aide de deux feuilles perforées que j'ai insérées dans mon journal intime. Ainsi je peux le voir tous les jours.

20171003_061916

 

Vous pouvez aussi vous tourner vers le numérique en utilisant le site Canva ou des logiciel comme Photoshop ou Gimp.

Peu importe la manière, faire le point sur ce que l'on souhaite et prendre le temps de réfléchir sur les moyens d'y parvenir est passionnant.

Cette démarche fera appelle à votre créativité, vous apportera une meilleure connaissance de vous-même et peut-être l'impulsion qui change les rêves en projets.

 

Et vous, ami lecteur, quel sera votre premier pas en direction de votre rêve ?



28 septembre 2017

L'Art de la méditation – Matthieu Ricard

 

Genre : Essai pratique

Pays : France

Date de publication : 2008

Maison d'édition : Pocket

Prix : 6 euros 30

 

matthieu-ricard-livre-art-de-la-meditation

Résumé : L'art de méditer est une pratique que les plus grands sages poursuivent tout au long de leur vie. Matthieu Ricard vous ouvre le chemin et vous guide pas à pas sur la voie d'une expérience universelle fondée sur l'amour altruiste, la compassion et les bienfaits de la méditation.

Ma découverte de la méditation remonte déjà à quatre ans. Ma thérapeute, devant mon incapacité à lâcher prise, m'avait fortement incitée à essayer à cette pratique. J'ai commencé seule, avec l'aide d'un CD. Il m'aura fallu plusieurs mois pour comprendre à quelle point la méditation impactait positivement ma vie. Puis, il y a deux ans, des soucis de santé sont venus compliquer mon quotidien. Depuis, je vis avec des douleurs chroniques. Sans la méditation pour gérer, la dépression aurait fini par pointer le bout de son vilain nez.

Lorsque j'ai croisé le chemin de l'ouvrage qui nous occupe aujourd'hui, j'ai pensé que cet essai pourrait m'aider à progresser. Et j'apprécie beaucoup monsieur Ricard, dont le Plaidoyer pour l'altruisme a littéralement changé ma vie.

 

Mon Avis

 

Bien que la quatrième de couverture, via une critique de Psychologie Magazine, promette un essai accessible à tous, je pense que L'Art de méditer ne suffira pas pour débuter. Il va sans dire que l'idéal est de s'initier avec un expert ou, du moins, avec des méditations guidées. De mon côté j'ai commencé en autodidacte mais j'ai eu, depuis, la chance d'apprendre d'une professeur de yoga très compétente puis de suivre une formation de méditation Mindfulness sur huit semaines.

Si je reste réservée quant à l'utilité du livre de Matthieu Ricard pour débuter, c'est un ouvrage précieux pour ceux qui veulent avancer dans leur pratique ! L'auteur nous rappelle les bases avant de se pencher sur de multiples formes de méditation : trouver le calme intérieur, méditer sur l'amour altruiste, apaiser la douleur, gérer ses pensées et ses émotions. À chaque thème nous sont proposées plusieurs visualisations. Bref, je sais d'ors et déjà que L'Art de la médiation restera sur ma table de chevet et que j'y reviendrai régulièrement, dans l'espoir de progresser et de découvrir encore de nombreux bienfaits à cette pratique qui a déjà considérablement enrichi ma vie.

 

Et vous, pratiquez-vous la méditation ?

 

Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 août 2017

Et si on arrêtait de se maltraiter ?

 

Le terme bienveillance -grand frère de gratitude- semble sur toutes les lèvres et au bout de tous les stylos. Les magazines bien-être comme les ouvrages de développement personnel nous somment de montrer de la bienveillance envers autrui. Je ne parle pas de gentillesse et encore moins de faiblesse, seulement d'humanité.

Si nous tentons souvent de ne pas nous laisser dominer par nos émotions dans nos rapports avec l'extérieur, nous avons trop souvent tendance à perdre toute mesure quand il s'agit de ce que nous pensons de nous-même. Avant même de tenter de pratiquer la communication non violente pour assainir nos rapports au monde, il s'agit de prendre soin de soi.

I. Nos émotions incarnées : la petite voix intérieure

Possédez-vous une petite voix intérieure ? Vous savez cette entité qui tient aussi bien le rôle de conscience que de donneuse de leçon... Cette petite voix est fortement liée à nos émotions et, selon notre humeur, elle pourra nous encourager comme nous démolir.

Au premier abord, on a l'impression de n'avoir aucune prise sur cette voix. La mienne célèbre parfois mes réussites « Bravo ! » ou me martèle mes limites « Tu es nulle », « Tu n'y arrivera jamais ». Imaginez un enfant de six ans... Il apprend à lire. Or partout où il va, il est accompagné d'un adulte qui ne cesse de clamer : « Tu ne sauras jamais lire ! » « Tu es bête ! » « C'est trop difficile pour toi ! ». Croyez-vous que l'écolier réussira ? Il serait d'un caractère exceptionnel s'il parvenait à faire abstraction de ce personnage malveillant.

Pourquoi serions-nous différent de cet enfant ? Si on laisse notre voix intérieure saper toute notre confiance, nous rabaisser ou nous rappeler nos échecs, comment pourrions-nous avancer dans la vie ?

Avant même de se demander comment rendre cette petite voix bienveillante à notre égard, il s'agit déjà de prendre le temps de l'écouter.

17005_800x480

 

Un petit exercice pour vous... La prochaine fois que vous vous sentirez mal à l'aise -à cause d'un échec ou d'une situation délicate- prenez le temps de noter ce que vous vous dites. Quels termes emploie cette petite voix ? Si elle utilise des mots qui vous blessent ou vous confortent dans un fonctionnement malsain, vous aurez peut-être envie de cesser cette maltraitance mentale. Pour cela, il faudra déjà comprendre d'où vient cette voix intérieure...

II. Comprendre notre voix intérieure

 

Exercer une influence sur cette petite voix reste compliqué, particulièrement lorsqu'une ou des émotions fortes nous submergent. Il n'y a pas d'antidote miracle mais un long processus puis une pratique imparfaite et résolue de « tendre à la bienveillance ».

Avant toute chose, il s'agit d'écouter cette petite voix. Pas de l'entendre et de se laisser porter par elle, au mépris de notre bien-être, mais d'être attentif à ce qu'elle nous raconte vraiment. D'où vient-elle ? Seulement d'une émotion passagère ? C'est possible. Par exemple quand je perds patience avec mes enfants et me met à crier, je me retrouve à ressentir de la colère contre moi. La petite voix qui s'élève alors me serine que je suis une mauvaise mère, que je suis nulle, incapable de gérer mon rôle. Cette petite voix, qu'exprime-t-elle derrière cette colère ? Un besoin de perfectionnisme impossible à tenir, le besoin d'être une maman bienveillante. Depuis que j'ai compris cela, je ne rumine plus pendant des heures sur ma nullité. Je pose une action juste : si besoin je vais parler avec l'enfant sur lequel j'ai crié. Je lui explique que j'aurais voulu garder mon sang-froid, pourquoi je n'y suis pas parvenue,... Avant, ce genre de crises finissait par une grosse déprime. Désormais, une fois la discussion faite, je me sens encore plus motivée à tendre vers l'éducation que je veux offrir à mes enfants.

Hélas, cette prise de conscience ne suffit pas toujours à gérer cette voix ou -encore mieux- à la remplacer par de la bienveillance. Dans ce cas, la voix en question provient de quelque chose de plus profond, de plus ancien. Une amie souffrant de troubles du comportement alimentaire avait, après chaque crise, un long passage de culpabilité. La petite voix qu'elle entendait lui disait des choses terribles. Après avoir travaillé là-dessus, elle s'est rendu compte que cette voix reprenait à son compte des propos qu'elle avait entendu pendant l'enfance sur son manque de contrôle et sa silhouette pulpeuse.

Savoir d'où viennent les propos malveillants qui s'élèvent en nous est la première étape pour ne plus nous maltraiter. En effet, le processus sera différent selon leur provenance.

III. Changer de voix

 

Travailler sur ces voix n'est pas facile, on a besoin de patience et de courage.

 

Lorsque ces propos naissent d'une émotion, on doit créer un espace suffisant entre soi et l'émotion. Une zone sereine dans laquelle placer une action bienveillante pour soi comme pour les autres. Il existe de nombreuses manières d'apprendre à gérer ses émotions : l'écriture, la méditation, le sport, le yoga, une thérapie,... sont autant d'outils qui peuvent nous aider. Là encore, les maîtres mots sont bienveillance sans complaisance, c'est à dire s'entraîner à regarder nos émotions. Se dire : « Tiens, je ressens de la colère. J'avais besoin de me sentir une mère bienveillante et ma fatigue a pris le dessus. Je vais prendre le temps de laisser passer cette colère puis aller en parler avec ma fille. Lui expliquer les choses pour fermer la crise sur une conversation pertinente. »

Sur le papier, les choses sont simples. Pourtant « simple » ne signifie pas « facile », n'est-ce pas ?

Les voix du passé demandent un travail en amont. Il faut prendre le temps de consoler l'enfant qui a été blessé et façonné par ses voix. Si le passé n'est pas « réglé », il convient de travailler dessus. Ici, les choses sont parfois compliquées à gérer seul, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, que ce soit dans son entourage ou celle d'un professionnel.

 

 

ecrire-roman-temoignage

 

 

De manière tout à fait personnelle, j'écris régulièrement ce que me disent ces petites voix. Cette pratique possède un double avantage : elle installe une distance entre mes émotions et moi-même et permet de comprendre d'où viennent tels ou tels termes.

Depuis quelques mois, mes petites voix tendent vers la bienveillance. C'est loin d'être parfait mais, à force, je gère de mieux en mieux mes émotions et parviens à choisir de poser une action qui me convient plutôt que de tomber dans la rumination ou les comportements néfastes. Parfois, quand j'ai l'impression de stagner, je regarde en arrière et je me dis que peu importe l'imperfection, ce qui compte c'est le chemin parcouru et le fait de continuer à avancer.


 

Et vous, ami lecteur, quelles voix vous accompagnent ?



13 juillet 2017

Le Journal Visuel et autres formes de journaux intimes

 

Alors que dans tout les autres domaines, je tente avec force conviction de garder intime mes croyances et conviction, je tombe immanquablement dans le prosélytisme dès que l'écriture est abordée. Ainsi, je reste toute pleine de fierté parce que E. une de mes plus proches amies tient désormais un journal intime, elle qui n'est pas, comme moi, passionnée par l'écriture.

Pour preuve de mon obsession « convertir mon entourage à cette pratique-, la publication dernièrement d'un article sur le sujet.

 

5 raisonJI

 

Convaincre de l'existence de ces bienfaits ne suffit pourtant pas, en général, à convertir mon entourage. Parce que les mots ne sont pas des outils naturels pour tout le monde. Or POURQUOI un journal devrait-il passer nécessairement par l'écrit ? C'est pour tout ceux qui préfèrent d'autres moyens d'expression que je voulais écrire la chronique que je vous livre aujourd'hui.

 

I. Art journal et journal visuel, même chose ou pas ?

 

Pour récolter plus de clics, j'aurais pu titrer cet article l'Art Journal. Ce dernier fait tant d'émules sur les réseaux sociaux. J'avais brièvement évoqué le sujet sur l'Écrhistoires lorsque je rappelais que la créativité est à tout le monde. J'expliquais que c'est un journal dans lequel on combine l'art et les mots. Personnellement -après avoir essayé plusieurs formes d'expression- je fais la différence entre Art Journal et Journal Visuel.

Le premier est un carnet dans lequel on expérimente diverses techniques autours de l'Art Visuel. Peinture acrylique, gouache, collage, dessin, aquarelle,... Un exercice passionnant mais qui intéresse surtout les adeptes d'Art créatif. Même si la forme reste d'une liberté extraordinaire, l'Art Journal pourrait faire peur à ceux d'entre nous qui ne se sentent pas de dispositions pour les arts plastiques.

Ce que je nomme Journal Visuel c'est le fait de garder une trace de ce que l'on veut -événement ou émotion- de manière la plus simple possible. Ce qui compte c'est s'exprimer. Visuellement, non artistiquement.

 

II. Quand on n'a pas de « prédisposition » pour le dessin, on fait comment ?

 

Un journal visuel sans prétention artistique, voilà ma proposition. Pour commencer pas besoin de grand chose : un cahier, de la colle et un peu de temps. Parce que le terme visuel permet tout, comme nous le montre la définition du terme, sur le site de Larousse : « relatif au sens de la vue », « Relatif aux images, à ce que l'on perçoit par la vue ». Remarquez que toute velléité de faire dans le « beau » est absente. Cela peut simplement consister à coller quelques photos ou des tickets de cinéma, de dessiner des émoticônes pour exprimer l'humeur du jour ou du moment,...

Reste néanmoins que rien ne vous empêche de vous amuser à illustrer ce journal. Comme le Journal Visuel demeure avant toute chose intime, et n'a pas vocation à être publié sur Pinterest ou Instagram, ne vous mettez pas la pression ! Pour débuter, vous pouvez essayer avec des collages composés d'images que vous trouvez belles, de souvenirs qui vous touchent, de papier aux couleurs que vous préférez... Lâchez-vous et, comme un enfant sait admirablement le faire devant une feuille blanche et une boîte de feutres, appréciez simplement cet espace de liberté. Enfin, on peut très bien s'amuser à faire un mixe entre écrit et visuel. Bref, amusez-vous !

Pour aller plus loin il existe des ouvrages, ludiques et pédagogiques, qui permettent à n'importe lequel d'entre nous de dessiner. Je vous en présenterai un ou deux à l'occasion, promis.

 

Art J

Une page de mon Art Journal

 

III. Après le Bujo le Budi

 

Toute mon activité professionnelle tourne autour des mots -les vôtres et les miens-, aussi j'avoue que le soir, fatiguée après ma journée, je n'ai plus très envie de tenir un journal intime au sens où je l'entendais il y a encore cinq ans.

Si j'ai toujours besoin de garder une trace de mon quotidien, je ne le fais plus de la même manière. Laissez-moi vous expliquer...

Depuis quelques années, nous assistons à la déferlante du Bullet Journal. L'idée étant de créer son propre agenda afin d'organiser au mieux son quotidien. J'ai déjà évoqué ce système -dans cet article-. Si j'ai adopté en partie cette pratique, je l'ai tellement adaptée à ce qui me convient qu'elle a donné naissance à une sorte de cousine éloignée. Comme je souffre de la manie de vouloir nommer les choses, j'ai décidé d'appeler celle-ci le Bullet Diary, ou BuDI.

C'est un journal intime qui systématise des rubriques. Voilà ce que ça donne avant que je le complète :

 

BuDi

 

Si ce Bullet Diary vous intéresse, je détaillerais le principe dans un prochain article. Sans doute en août et peut-être avec un DIY pas à pas.

Si vous ne voulez pas manquer cette publication, vous pouvez vous abonner au blog et à sa newsletter (formulaire dans la colonne de droite du site).

 

Et vous, ami lecteur, journal intime ou pas du tout ? Si oui, sous quelle forme ?

 



Posté par Emilie Cognac à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

29 juin 2017

5 (très) bonnes raisons de tenir un journal intime

 

 

Cette année ce sont les noces de Satin. 24 ans. Vingt-quatre ans de relation intense et passionné entre mon journal intime et moi. Le temps passe et celui-ci s'est transformé pour me suivre : d'un cahier de brouillon en passant par les fameux carnets Moleskine à un espace dans mon Filofax... Peu importe la forme, le ton, j'ai toujours eu le besoin d'écrire en toute confidence. Passée l'adolescence, cette habitude provoque parfois des regards un peu dubitatifs. Voir exaspérés. Pourtant il existe des bénéfices réels à tenir un journal.

Avant de les évoquer, prenons quelques instants pour démystifier cette habitude. Alors NON un journal intime n'est pas forcément un truc rose à cadenas. Encore moins un exercice quotidien à base de « Cher journal, ». Cela peut l'être, si ce format vous ressemble. De mon coté, j'ai abandonné toute velléité de régularité depuis mes treize ans. Je passe parfois plusieurs semaines sans rien écrire. A certaines périodes, mon journal ne rassemble que des dessins. Ou des listes de livres. Ou des poèmes. Ce qui compte c'est simplement de disposer d'un espace où j'écris ce DONT j'ai besoin, là, tout de suite.

 

20170621_180540

 

Petit aperçu de mes journaux...

I. Développer sa créativité

Pour être un bon kleptomane créatif, notion abordée dans le tout premier article du site, j'encourageais le fait de garder « toujours un carnet/journal sur vous ». Pour noter cette impression, cette citation, ce film, cette couleur ou odeur que l'on intercepte dans le quotidien et qui nourrira, le moment venu, notre vie intérieure.

Journal intime ne rime pas forcément avec les mots. Dans une autre publication, j'abordais d'ailleurs le sujet de l'art journal, journal intime visuel. 

II. Se souvenir des belles choses

Pour les neurosciences, nous avons une prédisposition à voir les choses négatives - comme tout ce qui engendre la peur donc la vigilance – c'est un fonctionnement de survie issu du passé. Voilà pourquoi il nous faudrait faire plus d'effort pour se concentrer sur les événement positifs que sur les difficultés : la résurgence de la joie n'a jamais sauvé une espèce ! Pour cela les listes sont de bons outils – oui, oui, je suis toujours aussi fasciner par les inventaires -. Un journal intime peut être un espace dans lequel noter notre gratitude ou nos petits bonheurs.

 

III. Mieux gérer le quotidien

Mes proches pourraient le confirmer, je suis quelqu'un de pragmatique. J'aime l'utile. D'ailleurs j'ai tendance à trouver agaçante l'habitude qu'ont certains d'opposer le beau à l'utile. Pourquoi ne pas lier les deux ?

Un journal intime est AUSSI un outil pragmatique, pour mieux gérer le présent. Il peut être utile pour formuler des objectifs, des projets,... Et pas seulement.

Au mois de mars, je vous expliquais l'importance de sortir les poubelles intérieures : Notre cœur et notre esprit sont de vraies poubelles : on y accumule des tas de choses, on les laisse pourrir dans un coin. Puis quelques jours/semaines/mois plus tard on s'étonne que la moisissure envahisse tout le reste. Mon journal sert d'abord à cela, accepter et comprendre ce qui est vivant en moi. Récemment confrontée à des soucis de santé, écrire mon angoisse et ma révolte m'a permis de passer cette étape sans la nier.

20170621_180603

 

IV. Se connaître et s'aimer

Après le volet pragmatique, abordons le domaine du développement personnel. Car on peut écrire pour pour mieux se connaître et /ou changer de regard sur soi... En début d'année, je parlais de journal d'estime de soi qui entre parfaitement dans cette catégorie.

 V. Pour se conjuguer au futur

Les magazines (les livres et même les émissions de TV) ne cessent de nous le seriner : il faut être dans le « Ici et maintenant ». Je ne nie pas les bienfaits de ce précepte et encore moins ceux de la méditation en pleine conscience mais il ne s'agit pas de nier la possibilité du futur. Pour cette raison j'avais publié un article intitulé L'écriture : se projeter pour se révéler : non tenir un journal intime n'est pas nécessairement un acte empli de nostalgie et peutrefléter nos enthousiasmes, nos ambitions, nos appétits pour l'avenir.

 

BONUS POUR LES É CRIVANTS

Si vous faites partie du vaste club des écrivants, la tenue d'un journal prend une autre dimension, vous pouvez l'utiliser pour pratiquer des exercices d'écriture et donc réunir de la matière brute pour tous vos projets.

 

 

5 raisonJI

 

 

Et vous, ami lecteur, vous tenez un journal ? Pourquoi ?

 

Posté par Emilie Cognac à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,