01 février 2018

Point ch'orthographe : les mots composés

 

Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les mots composés

Si vous faites parti des abonnés à la newsletter -dans le cas contraire, il vous suffit de rentrer votre adresse mail dans le formulaire à droite-, vous savez que j'ai récemment bataillé avec un accord. Alors que je corrigeais un texte, je me suis heurtée au pluriel du terme « tête-à-tête ». Sans la consultation de mon ami le Bled, impossible d'être certaine de la règle. J'ai immédiatement pensé à l'Écrhistoires ! Pourquoi ne pas aborder cette histoire des mots composés ?

 

orthographe

 

Un mot composé : kézako ?

Mais non ami lecteur, je ne vous prends pas pour des ignares, c'est seulement que j'aime la précision alors autant commencer par le début...

Qu'est-ce qu'un mot composé ? C'est un mot nouveau que l'on a obtenu par juxtaposition de mots déjà existants. Cette juxtaposition peut se faire de plusieurs manières.

On peut souder les mots comme un gentilhomme, un marchepied ou longtemps. Il est aussi possible de les lier par un trait d'union, c'est le cas pour un chasse-neige, un après-midi, un avant-propos. À la place de la ponctuation on peut utiliser une préposition : une salle à manger, une pomme de terre, une machine à laver. Enfin on peut simplement juxtaposer les mots en question, c'est à dire les mettre l'un après l'autre tels une chaise longue, tout à coup ou un compte rendu.

 

La règle c'est la vie !

 

La règle est plutôt simple : les nom et adjectifs s'accordent. Une basse-cour deviendra donc des basses-cours. Si deux noms sont unis par une préposition, en général seul le premier nom s'accorde, tel des chefs-d’œuvre. Enfin, notez que si un adjectif a une valeur adverbial alors il ne s'accordera pas. Voyons deux exemples pour que ce soit un peu plus clair : on dira des haut-parleurs et des long-courriers.

Les verbes, prépositions et adverbes ne s'accordent pas. Cela donnera des laisser-passer et des pince-sans-rire.

Le meilleur exemple pour comprendre la règle sont les mots composés avec le terme « garde ». Lorsque ce dernier est employé comme un nom, il s'accorde : des gardes-malades, des gardes-chasses. Mais si « garde » est utilisé en tant que verbe, il ne s'accordera pas : des garde-manger, des garde-robes.

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Le Chat, de Philippe Geluck

Quand la règle s'emmêle : les cas particuliers

Dans notre belle mais tortueuse langue française, il y a toujours des exceptions. Et ouais... Déjà le sens peut jouer et imposer un pluriel dans un mot composé au singulier. Dans un porte-bagages, la logique veut que l'on mette plusieurs sacs ou valises... Le contraire existe aussi. Ainsi dans des timbres-poste, la préposition « pour » (des timbres pour la poste) est sous-entendue.

Encore plus fort avec cette histoire de sens, on dit des pot-au-feu car on mettra des légumes dans UN pot sur LE feu. Après explication cela semble logique mais, franchement, j'ai tendance à l'oublier pendant que j'écris.

Enfin, une petite règle à se rappeler : le premier mot d'un mot composé se terminant par la voyelle -O ne s'accorde pas. On dira des primo-arrivants et des auto-écoles.

 

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Les mots-composés sont des petits fourbes mais si on garde quelques éléments en tête, on devrait s'en sortir. Et en cas de gros doutes, il suffit d'aller interroger notre pote monsieur Larousse...



Et vous, amis lecteurs, existe-il un point de la langue française que vous auriez besoin de réviser ?

 

Posté par Emilie Cognac à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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25 mai 2017

Point ch'orthographe : les adjectifs de couleur



Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les adjectifs qualificatifs de couleur

 

Mettre des couleurs dans nos mots... Argh que l'argument est joli, poétique, prometteur ! D'un point de vu purement fonctionnel les adjectifs de couleurs semblent indispensables à un texte de fiction. Sauf que -attention point confession- j'ai beaucoup de difficultés avec cette histoire d'accord. À force, lors de mes corrections, de me référer à mon bien-aimé Bled, je maîtrise plutôt le sujet. Toute fière, je me suis dit « Et si je n'étais pas la seule à avoir besoin de révisions ? ».

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La règle c'est la vie !



Oui, oui, le vin rouge aussi c'est la vie - et le chocolat - mais pour l'Écrhistoires, il me semble que les règles d'orthographe nous serons plus utiles, au moins dans un premier temps.

Bon la règle de base est simple : en général les adjectifs qualificatifs de couleur s'accordent avec le nom qu'ils qualifient lorsqu’il n'y en a qu'un. Le pull blanc / les flocons blancs / la neige blanche.

Mais quand l'adjectif est accompagné d'un autre adjectif ou d'un nom, il ne se s'accorde pas :

des yeux bleu pâle, des uniformes vert bouteille, des pierres bleu-vert.

Cette règle -hélas- ne vaut que pour les « vraies » noms de couleur. Quand ceux-ci sont des noms ou des groupes nominaux utilisés comme des images, ils sont TOUJOURS invariables, même seuls :

une tapisserie vermillon, des gants ivoire. Ouais, c'est chiant nul.

Bien sûr, il y a une liste d'exceptions -sinon on pourrait pas embêter nos enfants avec les listes de mots à apprendre par cœur-. Donc les adjectifs suivants sont considérés comme des vraies adjectifs de couleur : mauve, écarlate, incarnat, fauve, rose, pourpre.

 

Quand la grammaire -s'emmêle- s'en mêle...



Les règles d'orthographe nous permettent de savoir comment écrire sans faute. Quant à la grammaire, donne une fonction aux mots, donc un sens.

Et là accorder ou nom un adjectif changera ce qu'on veut montrer au lecteur -s'il connaît la règle, hein... sinon il s'en fout comme de son premier tube de dentifrice.

Prenons des chaussures -parce que les chaussures aussi c'est la vie- :

- si j'écris « des chaussures noir et blanc », sans accord, les chaussures en question seront bicolores.

- Si j'écris « des chaussures noires et blanches », avec accord, cela signifie qu'il y a devant nous des chaussures blanches ET des chaussures noires.

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Prendre des libertés avec les règles : on se le permet ?



Rappelons que la langue française cette avenante catin est vivante, par conséquent, elle évolue, se transforme, s'adapte. Ce qui, je l'avoue, me change parfois en punk de l'orthographe -on ne ricane pas, merci-. Ainsi, traditionnellement -vu que c'est un nom utilisé comme une image- on n'accorde pas châtain : des cheveux châtain. De nos jours on tolère l'accord de châtain en genre, ce qui donnerait : une chevelure châtaine. Sauf que je ne peux pas laisser châtaine dans un texte. IMPOSSIBLE -sinon mes globes oculaires risques fort de prendre la fuite pour rouler sur la surface lisse de mon bureau, ce qui (admettons-le) serait un peu dégueulasse -.



Et vous, amis lecteurs, un point de la langue française à réviser ?